Flocon de sourire

D'abord la beauté
Se faire happer par les flocons nocturnes,
Tourbillonnant comme autant de feux d'artifices près de mon visage.
Bal crépusculaire obligeant à marcher les yeux perdus dans l'infini de leurs danses.

D'abord la beauté,
Ensuite le vertige.
Le sol qui bascule sous mes pas, ce monde qui se renverse,
Se pliant aux caprices du vol des fées des flocons
Déformations du temps, dérobade du sol sous mes pieds,
Et là, constante, unique point central de ma chute en moi-même,
Ce rideau magique d'étincelles de froid.

D'abord la beauté,
Ensuite le vertige,
Enfin la fusion.
Ce flocon posé au coin de ma lèvre,
Brûlure éphémère, intense, vivante,
Baiser de neige tendre et violent, cadeau glacé dans la nuit.
Qui me plonge au cœur de mes tourbillons intérieurs.
Je m'épanouis dans le secret, et je fleuris dans l'ambigüité.
Je me nourris de regards volés,
D'instants figés d'avant les choix, là où tout est encore possible.
Je me nourris de feuilles mortes et des baisers du froid,
Des caresses du lac et de sensations fugitives.
Et je me fuis trop souvent pour préserver ces moments hors du temps.

Olga Grandjean

30 novembre 2010