NdA :

Le nouveau chapitre est arrivé !

Dans celui-ci, il arrivera que S soit appelé autrement que Seth. Pour une liste détaillée de ses différents pseudonymes et noms d'emprunt, je vous conseille de vous referez à mon profil !
Pseudo de ce chapitre, pouvant aussi continuer à apparaitre dans les suivants : Sadistic, Sad, Seth, S.

J'ai aussi une mauvaise nouvelle : Ma connexion internet a été coupée parce que quelqu'un a oublié de la payer ! (Non, ce n'est pas moi ! Grrr...)
Mais elle devrait être rétablie dans les six prochains jours, voir avant ! (Enfin, j'espère !)
Je ne pense pas que la publication s'en fera trop ressentir puisque je peux prendre une heure de connexion en payant par sms quand c'est nécessaire, mais je préfère vous prévenir par sécurité !

Voilà, tout est dit !
Je vous souhaite une très bonne lecture !
Sade.

.

La fragilité des jolies choses.

..

.

V

.

Seth se présenta en taxi devant le portail de la villa d'Alice à neuf heures pile, et paya le chauffeur qui lui adressa un clin d'oeil grivois fort peu apprécié. L'homme n'avait eut de cesse de le regarder embrasser Ethan durant tout le trajet lorsqu'il l'avait reconduit chez lui, l'agaçant fortement. Il avait beau eut lui lancer ses regards les plus meurtriers, à chaque fois qu'il se séparait des lèvres si douces et hautement addictives de son jeune amant, l'homme les fixait. Il ne jugea cependant pas utile de le remettre à sa place, ses pensées à nouveau focalisées sur le mensonge de son amie. Sa seule véritable amie !

La colère tourbillonnait toujours lentement au fond de lui, mais avoir pris Ethan sous la douche, l'avoir encore caressé en l'habillant lui-même comme une poupée, et embrassé sans arrêt dans le taxi, l'avait laissé étonnement heureux, et calme. Il aurait d'ailleurs adoré pouvoir sauter une dernière fois sur son petit amant, mais l'attitude vulgaire du chauffeur l'en avait dissuadé. Il aurait pu demander à celui-ci de s'arrêter dans l'immense forêt qui bordait la chaussée abritant le quartier chic où Ethan vivait avec son père, mais n'aurait pas été à l'aise. Rien que d'avoir imaginé le genre de pensées perverses qui avaient dût trotter dans le cerveau du taximan, toute son excitation était retombée.

Seth entendit la voiture démarrer derrière lui, et s'approcha de l'interphone, non sans avoir aperçu les différentes caméras dissimulées de chaque côté du portail. Avant qu'il n'ait eu le temps de sonner, la grille s'ouvrit, et il remonta lentement l'allée, détaillant l'immense villa de plain-pied aux murs blancs, étincelants sous le soleil qui daignait enfin se montrer. La pelouse vert foncée, parfaitement entretenue, brillait elle aussi sous le ciel bleu, et de chatoyants parterres de fleurs égayaient le jardin d'agréables notes de couleurs.

Un bruit de chute d'eau attira son attention, et fit le tour de l'habitation pour découvrir le reste du domaine. L'arrière avait été aménagé en une sorte de jardin japonais, de minuscules étangs poissonneux et de petites rivières aux cascades artificielles miroitaient çà et là, et étaient enjambées par plusieurs ponts de bois rouge sombre. Des haies à l'aspect sauvage, bien que taillées, délimitaient le jardin au loin, et lorsqu'il se retourna, une immense véranda attira son attention. Celle-ci était ouverte, mais pouvait être totalement refermée en hiver, et abritait une piscine aux courbes sinueuses ainsi qu'un jacuzzi, ne le faisant pas douter un seul instant qu'un sauna devait sûrement être aménagé quelque part. Alice s'était vraiment fait plaisir en achetant cette superbe villa, dans ce quartier chic à l'extérieur de la capitale.

Seth ne put s'empêcher de regretter son incapacité à amener Ethan ici. Il aurait adoré se relaxer dans le bain à remous brulant avec son jeune amant sur les genoux, le prenant lentement en abusant de ses délicieuses lèvres et lui pétrissant les hanches...

« Tu peux toujours en louer une pour quelques jours. » l'interrompit la voix d'Alice depuis l'intérieur de la véranda.

« Si je loue une villa pareil pour cette mission, autant aller sur la côte. J'adorerais lui faire prendre un peu de couleur. Même si sa peau pâle est adorable quand il rougit... » répondit-il, rêveur, en allant la rejoindre.

Alice se haussa sur la pointe des pieds pour déposer un rapide baiser sur ses lèvres, puis l'entraina à l'intérieur. Ils arrivèrent dans un salon lumineux aux meubles clairs et canapés de cuir beige, mais elle ne lui laissa pas le temps de s'y attarder, pas plus que sur le jeune homme qui se trouvait assis dans l'un des fauteuils, dos à eux, pianotant furieusement sur un ordinateur portable au son d'une lourde musique électronique.

Elle l'entraina dans un hall au parquet sombre et aux murs d'un vert turquoise foncé à liseré d'argent, et commença l'énumération des pièces devant lesquels ils passaient :

« Cuisine. » indiqua-t-elle en ouvrant une porte donnant effectivement sur une cuisine tout équipée au meuble en métal et plan de travail en pierre noire, design et moderne.

Elle passa à la suivante, l'ouvrant aussi :

« Salle à manger et-»

« Alice ! » l'arrêta-t-il. « Plus tard. Montre-moi ma chambre avant que je ne t'étrangle. Je dois encore régler quelques détails. »

Elle fit une moue déçue, mais n'eut absolument pas l'air effrayée, et le conduisit dans un couloir attenant jusqu'à la pièce qu'elle lui avait aménagée. Elle sortit un trousseau de clés du petit pull noir qu'elle portait sur un jeans moulant et des bottes à talons de même couleur que l'ensemble, et détacha trois d'entre elles.

« Celle-ci c'est la grille, la porte d'entrée pour celle-là, et ta chambre c'est la noire. » expliqua-t-elle en déverrouillant la lourde porte de bois sombre, puis les lui donnant.

Seth remarqua que celle-ci était blindée, et haussa un sourcil en empochant les clés.

« Toutes les chambres sont pensées comme des pièces de survies indépendantes. Ne me regarde pas comme ça ! J'ai acheté la maison dans cet état ! J'ai juste repeint, refait le jardin — magnifique, n'est-ce pas ? — et changé quelques petites choses mineures dans la déco ! »

« Je vois... »

« Elles comportent donc toutes un système de renouvellement d'air autonome, des portes blindées, sont insonorisées, ont une salle de bain personnelle, et comme dans toute la maison, les vitres sont renforcées, à l'épreuve des balles, et même d'un bazooka selon l'agent immobilier ! Elles ont aussi un coffre spécial, encastré dans l'un des murs de la salle de bain, avec trousse de secours, couvertures coupe-feu, extincteur, ration de survie, et plein d'autres choses ! » pépia-t-elle, aux anges.

« Et je suppose que tu as fait creuser un souterrain qui permet de s'enfuir en douce aussi ? » railla-t-il.

« Non, il existait déjà ! Je me suis juste assurée que personne ne puisse jamais en entendre parler... Il n'a qu'un seul accès par contre, depuis ma chambre. Deuxième porte sur ta gauche. » précisa-t-elle en lui indiquant la direction opposée à celle qu'ils avaient prise, comme si la possibilité qu'ils puissent subir un siège était bien réelle.

« Il y a aussi des caméras qui surveillent tout le domaine... Pense à désactiver toi même celles de ta chambre quand tu y es, ce n'est pas moi qui m'occupe de la surveillance à ce niveau-là, mais mon chef de la sécurité. La salle de contrôle se trouve au sous-sol, donc tu ne risques pas de le croiser souvent, mais je te le présenterai. Oh, et chaque partie de la maison peut-être verrouillée indépendamment des autres... Voici les codes d'alarmes pour ta chambre et pour désactiver les caméras qui en dépendent. Le boitier se trouve au-dessus de ta table de nuit de gauche, et les autres infos pratiques se trouvent dans l'ordinateur, sur le bureau. »

Seth prit le papier qu'elle lui tendait, et le lut rapidement avant de le lui rendre.

« Tu es vraiment parano Al...»

« Mais non ! J'ai juste fait une petite folie, c'est tout ! »

Ils rirent tous les deux, puis elle le laissa découvrir lui même son nouveau chez lui. Alors qu'elle s'apprêtait à tourner à l'angle du couloir, il la héla :

« Et ma moto ? Elle est dans la Batcave ? » plaisanta-t-il.

« Désolée, je n'ai qu'une cave à vin en bas en plus de la salle de contrôle ! Elle est sagement au garage, et j'ai vérifié qu'elle tourne correctement. Tout est nickel ! » s'écria-t-elle en disparaissant, visiblement soulagée d'être toujours en vie.

Il sourit, puis poussa plus avant la lourde porte pour entrer dans sa nouvelle chambre. Quelques caisses en bois étaient empilées dans un coin, mais une bonne partie de ses affaires avaient déjà étaient déballée, contrairement à ce qu'elle lui avait dit la veille.

Un immense lit à baldaquin en fer forgé et bois sombre trônait au centre, appuyé contre le mur du fond, et de fines draperies en soies noir et rouge pendaient des montants. Il y distingua aussi plusieurs anneaux et attaches de métal, ainsi qu'un jeu de cordes de coton noires. Elle avait vraiment pensé à tout... Encore lui faudrait-il trouver un partenaire qu'il puisse amener ici !

Il s'avança sur le parquet noir dans lequel étaient incrustées des circonvolutions en argent. Il s'agissait de contreplaqué, mais l'effet des veines du bois, brillantes comme du mercure en fusion, était magnifique. Continuant son inspection, il s'approcha d'un bureau de métal noir et de verre sur lequel était installé l'ordinateur dont elle lui avait parlé. Il l'alluma avant de continuer.

Les murs étaient peints en rouge sombre, et une grande baie vitrée munie d'une porte-fenêtre donnait sur le jardin japonais, avec l'un des bassins où évoluaient plusieurs poissons-koïs juste après le patio fait en teck.
Une immense armoire du même bois d'ébène que les deux tables de nuit couvrait la moitié d'un mur de la pièce, avec plusieurs miroirs sur les portes coulissantes, et il en ouvrit une. Ses vêtements, arrivés dans deux valises avec les caisses en bois, étaient déjà pendus ou pliés impeccablement, et il eut un sourire tendre. Alice, de quelques années son ainée, ne pouvait jamais s'empêcher de se comporter comme une grande soeur à son égard, et bien qu'il soit sûr qu'elle devait avoir une bonne à temps partiel, il savait que c'était elle qui avait rangé ses affaires. Refermant l'armoire, il avisa une commode toujours du même bois, et ouvrit le premier tiroir.

Là, rangé dans des espaces prévus pour et tendu de velours, reposaient ses couteaux et rasoirs à manche préférés, certains dans leurs boîtes recouvertes de cuirs, pour ceux en possédant. Dans le suivant se trouvaient les armes à feu qu'il avait demandé à Alice de se procurer pour lui, et dont il ne comptait pas se servir, sauf énorme imprévu. Et après ce qu'il venait de découvrir à propos du père d'Ethan, il espérait sincèrement qu'il n'y en ait pas d'autres.

Le dernier tiroir contenait par contre des objets destinés à un tout autre type de jeux... Il le referma en se tournant vers le lit, s'approchant des montants à la tête de celui-ci, et caressa les cordelettes noires de coton tressé qui s'enroulaient autour de la colonne de bois sombre entourée de volutes de fer forgées. L'image d'Ethan, attaché avec ses techniques de Shibari préférées, nu et totalement offert sur le lit aux draps de soies rouges, s'imposa immédiatement dans son esprit.

« Tch... Maudit gamin ! » pesta-t-il en s'éloignant pour aller découvrir la salle de bain.

Il doutait fort de ne jamais pouvoir pratiquer ce genre de chose avec la petite créature fragile qu'était sa cible, puisqu'il devait se l'attacher... sentimentalement ! Et donc faire dans le conventionnel. Au moins, pour l'instant. Rien ne l'empêcherait de laisser un jour une conversation dérivée sur ce genre de sujet, et de jauger les réactions de son jeune amant... En espérant qu'elles soient positives.

Il entra dans la salle de bain, et fut une nouvelle fois étonné du luxe que son amie s'était permis. Celle-ci était recouverte de marbre blanc et noir du sol au plafond, veiné de gris. Une immense vasque taillée dans celui-ci faisait office de baignoire, quatre robinets en inox mat servant à la remplir. Un long comptoir fait de la même pierre courrait le long d'un mur, avec des creux creusés à même le marbre formant deux éviers. Plusieurs flacons et récipients de verres contenaient différents produits identifiables grâce à des étiquettes calligraphiées à la main, et il se demanda un instant s'il ne se serait pas trompé tellement cette profusion de produits de soin lui semblait exagérée. Il trouva alors une note couverte de la jolie écriture d'Alice :

Je sais qu'il ne te faut que ton délicieux savon et ton shampoing adoré habituellement, mais essaye quand même ce que je t'ai préparé ! Sauf si tu as trop peur du risque... Tes produits habituels sont dans l'armoire sous les éviers. Oui, la petite porte en bois noire là... Vas-y, regarde ! Alors, ça va mieux ?

Elle le connaissait si bien... car oui, il avait immédiatement vérifié, et sortit le flacon de son savon au jasmin et autre fleur blanche, ainsi que le shampoing au bois de santal qu'il avait découvert lors d'une mission en Asie. Il était loin de faire attention à lui comme certains hommes du vingt-et-unième siècle, mis à part pour ses longs cheveux, et son savon auquel il s'était habitué et dont il adorait l'odeur. Ses anciens longs cheveux, se rappela-t-il tristement en s'apercevant dans l'immense glace qui surplombait le comptoir de marbre. Il avisa la cabine de douche en verre dans le reflet de celle-ci, ravi de constater qu'il n'aurait pas à se baigner tous les jours. C'était un plaisir fort agréable, mais il aimait aussi pouvoir se laver rapidement. Surtout qu'il n'avait personne avec qui partager la baignoire, et que c'était en fait l'une des seules raisons pour laquelle il aurait pu la préférer à une simple douche.

Ressortant de la salle d'eau après avoir déposé les flacons à côté des lavabos, il s'installa dans le fauteuil de bureau en cuir noir, le trouvant fort confortable, et configura l'ordinateur qu'il avait allumé au début de son inspection. Après avoir changé les différents mots de passe, il sortit son téléphone portable et celui qu'il avait pris dans le coffre de sa chambre d'hôtel pour activer la ligne sécurisée dont il avait donné le numéro à Ethan. Il y enregistra aussi celui du jeune garçon, et chargea ensuite à distance les informations contenues d'un ordinateur à l'autre, les synchronisant pour ses besoins futurs.

Pris par une curiosité soudaine, il démarra le programme de géolocalisation, et constata qu'Ethan était chez lui. Il chercha alors les plans de la maison de Muller dans les dossiers qu'Alice avait mis à sa disposition sur les différents disques durs, et put ainsi vérifier que celui-ci était en fait dans sa chambre.

En quittant l'hôtel avec son jeune amant, il avait porté une attention toute particulière aux personnes à l'extérieur, et n'avait constaté aucun comportement suspect, ni qui que ce soit qui les aurait suivis. Il avait donc supposé que le traqueur ne servait qu'en cas d'urgence, et que Muller ne surveillait pas plus son fils qu'un parent normal. Cela l'avait grandement soulagé, et avait aussi énormément contribué à faire retomber sa colère envers Alice. Après tout, maintenant qu'il s'était engagé dans cette mission, autant la portée à son terme. S n'avait jamais été du genre à refuser un défi, et encore moins à abandonner, quelle que soit la dangerosité de celui-ci. Puis Ethan lui plaisait aussi énormément, et devoir le séduire comportait de nombreux avantages, à commencer par son corps qu'il trouvait extrêmement désirable. Le garçon était fort beau, en plus d'être adorable, et il ne comptait certainement pas se priver d'une proie dans son style, surtout s'il pouvait empêcher un accord d'être signé entre les différents services de renseignements américains et Interpol par la même occasion. Cela comporterait bien trop de risque, et s'il n'avait pas été aussi inconsidérément pris dans sa relation tumultueuse avec son ex-petit ami, jamais il ne serait passé à côté d'un projet de cette envergure. Matt lui avait vraiment retourné le cerveau...

Sans savoir pourquoi, il eut envie d'appeler Ethan. Pour lui parler, simplement. Il chercha le numéro préenregistré dans le répertoire du gsm qu'il lui avait entièrement dédié, mais se figea au moment d'appuyer sur la touche d'appel.

Pourquoi voulait-il parler à Ethan ? Il n'avait rien à lui dire ! Et comme il n'avait encore aucune idée de quand il pourrait revoir le jeune garçon, il n'avait strictement aucune raison de devoir le joindre. Un amoureux transi n'en aurait pas eu besoin; mais il n'en était pas un. Alors pourquoi avait-il envie de lui parler ? Certes, sa voix basse, bien que toujours un peu enfantine, lui plaisait énormément, mais ce n'était pas une raison suffisante pour ça ! Ce constat l'énerva profondément. Oui, Ethan était quelqu'un de fragile. Mais certainement pas au point d'avoir besoin d'être appelé et cajoler alors qu'ils venaient de se quitter. Son comportement, inédit, le laissa perplexe. Il referma d'un geste brusque le clapet du cellulaire, et le remit en poche.

La nouvelle chemise blanche qu'il avait mise au matin le serra désagréablement lorsqu'il s'étira paresseusement, bras au-dessus de la tête, et il la retira avec sa veste de cuir qu'il n'avait pas encore enlevé depuis son arrivé. Il portait un débardeur noir cintré en dessous, et soupira en se demandant ce qui pouvait bien lui prendre. Il chercha ensuite ses cigarettes, mais découvrit son paquet vide. Exaspéré, il se décida finalement à rejoindre Alice et son invité dont il ignorait tout, et éteignit l'ordinateur avant de quitter la chambre.

Dans le couloir, l'un de ses téléphones vibra, et il sortit celui qu'il utilisait habituellement pour découvrir qu'il s'agissait en fait de l'autre. L'écran affichait la réception d'un nouveau SMS, et il ne put s'empêcher de sourire bêtement tout en se rendant au salon et lisant ce qu'Ethan lui avait écrit. Il s'assit dans le canapé de cuir clair sans prêter attention à Alice et au jeune homme portant un gilet gris à capuche assis dans un fauteuil face à eux, et continua sa lecture, attendri. Les amies du jeune garçon l'avaient visiblement couvert, et son père ne se doutait de rien, ce qui était une bonne chose. Mais c'était surtout la façon dont son petit amant lui écrivait qu'il trouvait vraiment naïve, mais si mignonne...

« On peut savoir ce qui te fait avoir un sourire aussi idiot mon ange ? » demanda alors son amie.

« Hein ? » fit-il en relevant la tête, surpris. « Oh, rien. Juste un message d'Ethan. »

« Et... ? » insista Alice.

« Et quoi ? »

« Je pense qu'elle veut savoir ce qu'il dit. » intervint alors l'inconnu, attirant seulement son attention sur lui.

Seth fronça les sourcils, son message, ainsi que la question de son amie, totalement oubliés, et se leva pour aller tirer sur le capuchon du jeune homme qui lui descendait presque jusqu'aux yeux. Une lourde chevelure rouge vif fut libérée, croulant sur les épaules de l'inconnu, et Seth ne put retenir un ricanement en l'ébouriffant joyeusement. Finalement, son propriétaire la remit en place en quelque mouvement agacé, une raie sur le côté la séparant en deux, tandis que Seth retournait s'assoir.

« Je parie qu'Alice t'interdis de les couper, mis à part les pointes une fois tous les 4mois si possible, lors d'un rituel capillaire hyper barbant ! » railla-t-il.

« Comment tu... ? » demanda le jeune homme sans même parvenir à la fin de sa question, soufflé.

« Parce qu'elle me faisait pareil, avant qu'un incident ne m'oblige à les sacrifier. » ria-t-il doucement sous l'oeil furieux de son amie.

« Sadistic, je te présente Yakov Metcherski. Il est Russe. Je l'ai rencontré il y a quelques années en Irak, il bossait pour une société de sécurité privée, mais il a aussi fait pas mal de mercenariat beaucoup moins... légal. » expliqua Alice en essayant de ne pas laisser paraître son agacement.

Seth prit le temps de détailler le jeune Russe, dont le nom lui disait vaguement quelque chose. Doté d'une superbe chevelure d'un rouge flamboyant qui lui descendait jusque sous les épaules, il semblait aussi grand que lui, bien qu'il était difficile d'en être totalement sur comme il était assis, l'ordinateur portable toujours sur les genoux. Sa musculature lui semblait fort proche de la sienne, fine et déliée, et sa peau était blanche, bien qu'un peu bronzée. De grands yeux verts-émeraude pétillants le dévisageaient tout autant, curieux, sous de minces sourcils à la ligne brisée, l'un d'eux barré d'une petite cicatrice. Son nez droit et ses lèvres pleines, dont celle du bas était légèrement bombée et portait un anneau noir sur le côté droit, complétaient un visage qui lui semblait presque aussi félin que le sien, et Seth ne put s'empêcher de se demander si Alice ne l'avait pas choisi uniquement pour son physique à tomber.

« Tu me passeras son dossier plus tard. Toi et moi on a d'autres choses à régler avant. » finit-il par décider en se léchant les lèvres, loin d'être insensible à la manière proche d'un animal en chasse dont l'autre le regardait aussi, bien qu'il s'agissait sûrement d'un intérêt tout professionnel : il était fort courant dans ce type de milieu de se jauger, et pour commencer, cela passait toujours immanquablement par le physique. Un type nerveux, transpirant, et au regard fuyant était évidemment à éviter comme la peste ! Il n'était donc pas étonnant qu'ils se scrutent tous les deux, même si Alice se portait garante de l'un comme de l'autre.

Mais Seth était sûr que s'ils n'étaient pas réunis uniquement dans un but professionnel, il aurait bien fait de ce Yakov son prochain diner. Cela faisait bien longtemps qu'il n'avait pas eu envie de chasser uniquement pour le plaisir, sa relation avec Matt l'ayant fait devenir étonnement fidèle. Tellement, en fait, que même Torn n'avait pu le détourner de son petit-ami, et ce malgré ses suppliques et crises de larmes, suivies de véritable mission de séduction. Il avait d'ailleurs dû se résoudre à arrêter ses visites à l'hôpital où son « ami » était interné, car ces assauts répétés et incessants menaçaient de le rendre extrêmement violent à son égard. Enfin, plus et différemment qu'habituellement. Il serait en fait grand temps qu'il retourne le voir, maintenant que toute cette histoire avec Matt était derrière lui...

Il releva les yeux du téléphone portable qu'il tenait toujours, n'ayant pas eu conscience de les baisser dans ses réflexions, et tomba sur le regard vert et rieur du jeune Russe. Celui-ci semblait fort amusé par quelque chose, et S fronça les sourcils. Pour avoir toujours une grande maîtrise de ses expressions et émotions extérieures, sauf s'il souhaitait les montrer, il savait qu'il n'avait rien laissé paraître de ces pensées, et ne comprenait pas d'où pouvait bien venir son amusement.

Yakov brisa finalement leur contact visuel en se levant pour aller jusqu'au bureau dans un coin du salon au mur blanc cassé, et posa son ordinateur portable sur le meuble de bois clair pour le connecter à un autre. Seth put se faire une idée de sa taille, identique à la sienne, et profita de ce qu'il soit presque dos à lui pour le détailler à nouveau.

Le jeune Russe portait un pantalon en toile vert-kaki de style militaire sous son pull à capuche gris. Le bas du pantalon entrait dans une paire de bottines noire, le faisant bouffer légèrement, et le tissu de celui-ci moulait légèrement ses fesses et sa taille mince, que Seth lorgna sans vergogne jusqu'à s'attirer une tape sur le crâne de la part d'Alice. Il ne put s'empêcher de sourire. Après tout, regarder n'est pas toucher !

Seulement, au fur et à mesure de son examen visuel plus approfondi, une douce chaleur l'avait envahi, et il fut bien forcé de reconnaitre que, malgré sa nuit avec Ethan, et le second round sous la douche, sa libido lui était revenue en pleine forme. L'abstinence qu'il avait supportée avec plaisir après sa rupture ne la lui avait rendue qu'encore plus décuplée, et il ne se faisait aucune illusion : Yakov lui plaisait. Plus encore, il l'excitait.

Mais c'était désormais une tout autre excitation que celle qu'il avait ressentie avec sa cible qui l'électrisait... Ce n'était pas celle de prendre, mais bien d'être pris. Cela ne lui était plus arrivé depuis des années, et il en fut un instant troublé, avant de reposer son regard sur le jeune Russe. Il n'en laissa toujours rien transparaitre, mis à part son regard insistant que seule son amie pouvait voir, mais, intérieurement, la douce chaleur qui avait fait son apparition s'étendait lentement jusqu'au creux de ses reins, et il s'autorisa un léger mordillement de sa lèvre inférieure en se détournant de cette source d'excitation tout à fait inattendue. Il ne manquerait plus que cela interfère avec ses objectifs ! Évidemment, son côté le plus lubrique lui signala que, pour parer à tout problème futur, il suffirait d'assouvir ce nouveau besoin, et puis de ne plus y penser... C'était tentant. Beaucoup trop tentant, et il pouvait à nouveau sentir le regard perçant d'Alice posé sur lui.

Le jeune Russe tapota encore quelques secondes sur les deux claviers, puis revint finalement s'assoir, sans avoir aucune idée du trouble qui avait envahi Seth.

« J'ai entendu parler de toi. » se rappela finalement S, se souvenant dans quelles circonstances il avaient déjà entendu ce nom, et ce qui avait été dit.

« Vraiment ? En bien j'espère ! »

« Tch... J'ai surtout entendu dire que tu t'étais fait abandonner en pleine jungle par trois de tes équipiers pour avoir engrossé la soeur de l'un d'eux ! » ricana-t-il, bien que ce ne fut pas la seule chose qu'on lui ait dite sur ce jeune mercenaire bourré de talent.

Mais l'envie de le taquiner était bien trop forte, petite vengeance pour l'état dans lequel il avait involontaire plongé son corps devenu si facile à échauffer. S avait toujours détester perdre le contrôle, surtout sur lui même, et il n'arrivait pas à se calmer aussi vite qu'il l'aurait voulu.

« Putain ! C'était pas moi qui l'aie foutu en cloque bordel de merde ! » s'emporta Yakov en se relevant d'un bon. « D'ailleurs ça a été réglé par un foutu test de paternité, c'était pas moi ! » continua-t-il à s'emporter vivement, ses longs cheveux rouges cascadant sur ses épaules et une mèche venant lui chatouiller le nez.

Il souffla bruyamment, la faisant voleter, en croisant les bras. Ses superbes yeux émeraude semblaient lancer des éclairs, et Seth le trouva sublime. Ce n'avait pas été une idée très brillante de chercher à le titiller ainsi, la colère le rendant encore plus beau et désirable.

« Tu fais ce que tu veux de ta queue Yakov. Et je n'ai pas de soeur, de toute façon. » finit-il par conclure, souhaiter mettre un terme à cet échange assez mal commencé, et s'installant plus confortablement en se laissant aller contre le dossier en cuir clair.

Un briquet percuta durement sa tempe, qu'il frotta en se tournant vers Alice. La jeune femme le fusillait littéralement du regard, et il reprit :

« Enfin, pas de soeur que tu risques de mettre en cloque ! » ria-t-il en relançant le briquet à son amie.

Yakov se laissa retomber dans le fauteuil en ramenant ses longs cheveux derrière une épaule d'un mouvement de tête qui alluma le regard de Seth. Le jeune Russe avait l'air abasourdi :

« C'est ta soeur ? »

« Hey non ! Surtout pas ! Aïeuh ! Alice, arrête ! »

La jeune femme, joueuse, lui lançait d'autres petits objets, tel son paquet de cigarettes, et venait de l'atteindre sur l'arête du nez avec le coin de celui-ci, le faisant gronder sourdement.

« Disons que c'est comme si elle était ma soeur, voilà. Et je doute fort que tu arrives à la faire tomber enceinte avant qu'elle ne t'ait raccourcit de quelques bons centimètres ! »

Les genoux de Yakov se resserrent alors qu'il portait les mains à son entrejambe dans un réflexe typiquement masculin, mais Alice prit la parole :

« Sacha est la petite soeur de Yaki, S. Je pense que ce serait plutôt d'elle dont on devrait se méfier si ce genre d'accident arrivait ! »

« Sa soeur ? »

Seth était étonné. Il reporta son attention sur le Russe, mais ne vit toujours pas de traits communs lui rappelant Sacha. Yakov avait des yeux en amande, là où la petite chose menue qu'était la maîtresse de son amie les avait plutôt ronds, ainsi que ses joues, tandis que le jeune homme avait des pommettes assez hautes, et un menton un peu pointu. En fait, la jeune fille était tout en rondeur au niveau du visage, là où celui de son frère était fait de lignes et d'angles, et Seth le trouvait beaucoup plus beau.

S'arrachant au sourire qui étira les lèvres pleines et sensuelles du jeune Russe, il trancha :

« Je ne vois aucune ressemblance, mais en même temps je n'ai pas vraiment fait attention, puisqu'en plus d'être une fille, pour lesquels je n'ai que fort peu d'intérêt à l'heure actuelle, c'est surtout ton jouet. »

Un feulement se fit entendre, venant de Yakov, et S vit son amie prendre une mine contrite. Il comprit tout de suite :

« Ce n'est plus un jouet, n'est-ce pas ? »

« Non... » souffla Alice.

« Je m'en doutais. Et arrête de flipper ! Je suis content pour toi. Si vous êtes bien ensemble, moi ça me va. »

Alice se décontracta en recevant cette sorte de bénédiction de la part de celui qu'elle considérait un peu comme son petit frère, et un sourire rayonnant étira ses lèvres rouge vif.

« T'aurais une clope ma belle ? J'ai oublié d'en racheter. » demanda ensuite Seth, son envie n'étant pas passée.

« Attends, j'ai ramené des fardes de Pologne. » intervint Yakov en fouillant dans le sac de style militaire à ses pieds.

Il en sortit une farde de fausses Gauloises bleues, et la lui tendit. Lorsque S s'en saisit, il effleura les doigts du jeune Russe, et fut étonné de la décharge de désir qui le traversa.

Ce n'était pas normal. Pas à ce point, et il se sentit profondément troublé.

« Ravie de voir que vous vous entendez aussi bien, puisque tu pars avec Yakov pour la Thaïlande dès demain ! » annonça soudainement Alice avec un sourire profondément sadique qui fit se figer S sur place, la cigarette qu'il venait de sortir d'un des paquets à mi-chemin de ses lèvres.

Fin du chapitre cinq.

Je sais qu'il ne se passait pas grand-chose dans ce chapitre, mais comme vous avez dût le remarquer, cette fiction suit lentement son cours. Aucun besoin de précipiter les choses ! Puis je n'aurais pas pu le découper autrement si je m'avançais plus loin...

Pas mal d'éclaircissements vont suivre dans le prochain chapitre, alors je vous conseille de déjà sortir votre cerveau de votre boîte crânienne, de vous munir d'une brosse à dents et d'un bon savon antiseptique pour vous le nettoyer dans toutes ses courbes et ses plis, parce que ce sera assez complexe ! Même si je ferai évidemment mon maximum pour que tout soit clair, net, et précis !

Par contre c'est fou toutes les recherches que je suis en train de faire pour être sure de ne pas vous raconter de bêtises dans ce qui va suivre... Mais c'est tant mieux ! Au plus j'avance, au plus ce projet me tient à coeur, et j'aime m'y plonger à 100 % !

Le rythme de publication pourrait donc passer à quelques jours de plus, mais tout arrive à point à qui sait attendre ! Et puis vous connaissez la chanson maintenant, si la suite vous intéresse, et que ce n'est pas encore fait, une seule solution : la mettre en alerte !

À très vite, et n'oubliez pas, les reviews sont mon seul salaire, alors n'hésitez pas ! Ça fait toujours plaisir, même si vous avez une critique négative, du moment que vous argumentiez, et que ça puisse me permettre de m'améliorer, tout me va ! Mais je prends aussi les positives, bien évidemment ! ^^

Sade.