ROUGE


AUTEUR : Je sais, c'est nul... Mais j'ai une pseudo-excuse : je l'ai écrite en 3e ! Ouais, je sais, ça marche pas...


Cette histoire se déroule dans une ville tout à fait banale, dans un immeuble... Ou plutôt dans un des appartements de cet immeuble pour être exact. Celui-ci se situe entre le troisième et le cinquième étage, quelque part dans l'ombre du couloir du quatrième étage.

Dans cet appartement, il fait noir. Complètement noir. Toutes les lumières sont éteintes, les volets sont fermés, les bougies rangées dans un tiroir. Seule la lueur rouge d'un radio-réveil brille dans la pièce en indiquant l'heure : 21h25.

Sur un canapé, une jeune fille d'à peine 14 ans mange un paquet de chips. Son visage est éclairé par l'éclat bleuâtre de l'écran de télé. Ses yeux sont plantés dessus, vides, hypnotisés par les images de l'écran, un dessin animé pour enfants.

Soudain, l'écran change et une femme apparaît. Ce sont les informations. La voix de la femme éclate dans la pièce, lui donnant pendant un court instant, un semblant de vie.

Flash spécial ! L'assassin qui se fait appeler Rouge a réussi à s'échapper aujourd'hui ! "Rouge" a commis beaucoup de meurtres sans compte celui d'un couple ayant une petite fille dont la police n'a toujours pas réussi à retrouver la trace. La police est actuellement à la recherche de cet assassin, mais prenez quand même des précautions ! Merci de nous avoir écouté, c'est la fin de ce flah spécial...

- Rouge, hein ? La police... Mouais, il n'arrivera rien d'intéressant ce soir. répondit la jeune fille à l'écran insensible.

Oui, il n'arrivera rien. Cela arrive toujours aux autres, jamais à soi. Qui n'a jamais pensé ça ? Et surtout, combien d'entre-nous se sont fait avoir par ce genre de "problèmes" ?

Mademoiselle ne se pose pas autant de question. Elle a dit que cela n'arriverait pas, donc cela n'arrivera pas. Sa parole à force de loi, c'est une adolescente.

L'heure tourne, mais la télévision, elle, reste bien en place. Perfide, elle maintient la donzelle bien devant elle. Même la faim n'arrive pas à la faire bouger. Pourtant, son ventre se plaint assez fort.

Rien n'y arrive ? Si. Un bruit va réussir. Un bruit qui coupe le silence et brise la torpeur de la jeune fille. Le bruit de la sornette de la porte de l'appartement.

La lueur rouge du réveil indique 22h30. Personne ne sonne à une heure pareille. Et tous les membres de la famille auraient téléphoné avant, ou auraient ouvert avec leurs propres clés...

La jeune fille éteint la télévision et attend. Un deuxième coup de sonnette se fait entendre. Elle décide alors de se lever et avance en titubant dans un silence complet. Elle se place devant la porte et regarde à travers le judas. C'est un homme d'environ quarante ans. Prudente la demoiselle se cache, tandis que l'homme dit d'une voix fatiguée :

- Alizée ! S'il te plaît, ouvre-moi ! »

La jeune fille ne comprend pas. Il n'y a pas d'Alizée ici. Cet homme est fou... Ou alors... Oui, il n'y a que cette explication possible. La jeunette décide de changer sa cachette pour aller se cacher dans la cuisine, le coeur battant.

« Mince, je n'ai pas fermé la porte » pense-t-elle.

Trop tard. L'homme l'a remarqué et entre en faisant grincer la porte. Il continue d'appeler cette Alizée inexistante.

- Alizée ? Où es-tu ? Bon, je suppose qu'elle est encore sortie, sans m'avertir, encore une fois... »

« De quoi parle-t-il ? Qui est cette Alizée ? » Pense-t-elle encore.

La jeune fille tente de sortir de la cuisine, mais fait tomber une assiette. Le bruit de porcelaine brisée résonne dans tout l'appartement. Des pas lourds se rapproche de la cachette de la jeune fille. Elle commence à s'éloigner à pas très légers. Bizarrement, elle n'est pas tétanisée : elle ressent un mélange de peur et d'excitation. C'est comme une partie de cache-cache, mais le perdant risque la mort...

La jeunotte se cache dans la chambre, dans le placard. Elle y tient entièrement debout et repousse les vêtements devant son joli minois pour se cacher. Cela fait du bruit, mais comment faire autrement ? Ensuite, elle attend.

Les pas d'abords lointains se rapprochent petit à petit. Ils s'approchent, s'arrêtent. La jeune fille n'ose presque plus respirer. Puis ils repartent et elle sent une onde de soulagement la parcourir. Lorsqu'elle est sûre que l'homme est loin, elle ouvre le placard. Grossière erreur : la porte émet un grincement ressemblant à un rire de sorcière. L'homme revient, alerté par le bruit, faisant grincer de ses pas le plancher, la respiration s'arrête de nouveau. Une minute deux minutes, trois minutes... Les pas repartent.

La jeune fille sort du placard en soupirant de soulagement. Jusqu'ici, rien de la dévoile. La partie de cache-cache se présente bien, c'est elle qui gagne. Le placard se referme sans grincer. On entend des bruits de vaisselle. L'homme fouille sans doute la cuisine. Mais pour trouver quoi ? La donzelle se déplace maintenant jusqu'à la porte et heurte quelque chose, une poupée sans doute, et fait tomber une petite table. Les pas reviennent, plus rapides cette fois, et la demoiselle n'a le temps que de se placer à côté du placard. La porte s'ouvre en grand laissant entrer de la lumière mais pas assez pour dévoiler sa cachette. La jeune fille essaie de faire le moins de bruit possible. La lumière s'allume et elle entend l'homme se rapprocher de sa cachette. Elle espère, espère, mais rien à faire, il la trouve et la regarde droit dans les yeux. Un combat s'engage alors entre les deux regards ; l'un est paniqué, mais cherche à faire croire qu'il est assuré, l'autre est froid, cruel, ironique. Le silence se fait partout, comme si tout le monde savait ce qui allait se préparer. Plus de bruits de voitures, de télévisions, plus de pleurs d'enfants ni de cris, plus rien. Le silence complet. Même les mouches n'osent plus voler et ce, pendant une ou deux secondes. Et puis, la vie reprend son cours, d'un coup, par brisement de ce silence. Une voix a osé le briser. Et cette voix dit :

- Je te laisse le choix : couteau ou revolver ? Dans tous les cas, ce sera... rouge. »

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Encore la voix éclatante de la femme qui présente le journal télévisé.

- Rouge a encore frappé ! Ce matin à 9 heures, les policiers ont retrouvé le cadavre d'une jeune fille et d'un homme d'une quarantaine d'année à leur domicile. Les corps baignaient dans leur propre sang, il y avait un énorme trou dans la poitrine de l'homme. Il semble qu'on lui ait tiré dessus à bout portant. La jeune fille quand à elle a été poignardée à plusieurs endroits. Les policiers n'ont toujours pas réussi à arrêter ce tueur en série qui a déjà fait six victimes...

- Déjà six ? La police est vraiment nulle ! »

Devant une télévision, dans un salon entièrement plongé dans le noir sauf la lueur rougeâtre d'un radio-réveil, une jeune fille mange des chips.

- Ils ne savent pas jouer à cache-cache ! »


FIN