Résumé :

Les plumes ne font pas l'ange, pas plus que les cornes ne font le démon. Mikaren n'est plus près de l'oublier, après avoir rencontré Valiel, ce chasseur céleste au comportement étrange, et qu'il a tant désiré comprendre. Le comprendre au point d'en accepter son véritable héritage... et d'y trouver bien plus encore. OS. Yaoi !

NdA :

Un One-shot imprévu, mais dont l'idée me trottait en tête depuis un bon moment.
Quelques mots et termes sont inventés pour les besoins de cet univers, qui est aussi de moi, même s'il part d'une idée très classique, mais je pense que tout est très clair. Mikaren et Valiel sont aussi ma propriété exclusive, respectez-les ! (Ouaw, je n'avais encore jamais pu faire de disclamer disant que des personnages m'appartiennent... Je devrais peut-être le faire sur mes autres fics avec S, c'est super agréable... ^^)

J'espère qu'il vous plaira !

(Petite note : Mikaren se prononce Mika-renne... ^^)

Edit : Version recorrigée, même si d'autres fautes m'ont peut-être encore échappées, les coquines...


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Pour une histoire d'éternité

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Mais bordel qu'est-ce qu'il fout là cet ange de merde, assis sur ce lampadaire en pleine nuit ? Et pourquoi ses ailes sont sorties ? Est-ce que moi je me balade parmi les humains les cornes pointées et la queue au vent ? Je ne crois pas non !

Tch... Mais c'est qu'il est fier en plus ! Je le vois sourire, dans son petit débardeur blanc moulant, et son pantalon de cuir tout aussi virginal... Ses pieds nus se balancent doucement dans le vide, et je peux même voir des bandelettes pendre de ses chevilles et avant-bras. Il avait froid peut-être ? C'est... bizarre.

Moi, au moins, je porte des vêtements un peu plus discrets, un jeans stone noir, étroit sur les hanches, un peu plus large sur mes bottines sombres, et un débardeur du même noir sous une veste en cuir cintrée, et laissée ouverte. Ce genre de tenue me permet de me fondre dans la masse, malgré mes yeux rouges, sur lesquels on m'a conseillé de poser des lunettes de soleil, ou des lentilles marron. Je n'ai pas encore eu l'occasion de m'en procurer.

Il a de jolies boucles claires, presque blanches, et je peux voir de l'or les strier, comme de vrais fils... C'est vraiment joli. Les miennes sont sombres, et nous avons presque la même courte façon de les porter, bien que ma coiffure soit moins...disciplinée que la sienne. Il a l'air un peu plus grand que moi, aussi, mais pas plus musclé, et ce détail me fait bêtement sourire. Sa peau semble aussi blanche que la mienne est mate.

Ses traits sont fins, un peu féminins, avec de hautes pommettes et une bouche à l'air gourmande. Il y passe la langue, les faisant briller doucement.

Ses grands yeux sont bleus, je pense... Il fait un peu trop sombre pour pouvoir en être sûr, malgré mon excellente vision.

Mais pourquoi il me regarde maintenant ?

Ah... Je vois...

C'est vrai que m'arrêter en pleine traversée de cette avenue, déserte à cette heure de la nuit, pour mater un ange perché sur un lampadaire, c'est assez peu discret, et surtout très intriguant, puisqu'aucun humain n'est censé pouvoir le voir dans sa forme primaire sans qu'il ne le désire.

« Bonsoir petit démon ! » chuchote-t-il d'une voix étonnement basse en me faisant signe, mon ouïe diabolique me permettant de l'entendre parfaitement.

Hey merde, je suis donc... repéré. Je n'ai pas envie de me battre bordel !

Je recule un pied, prenant déjà position, ma main partant pour se saisir du petit Katana glissé dans mon dos, et j'essaye de préparer une stratégie de sortie. Pas de fuite ! De sortie, merci de ne pas confondre.

C'est juste que ce n'est que ma deuxième visite, seul, dans le monde humain, et que je me suis toujours battu avec mon mentor, Simiel.

Je suis ce qu'on pourrait appeler un adolescent, en fait, du haut de mes quinze années terrestres, et je ne tiens pas à mourir maintenant. Pourquoi d'ailleurs les anges sont-ils si prompte à nous tuer, et le font-ils si souvent, au lieu de nous exorciser, pratique de moins en moins répandue, et qui leur permettait pourtant de nous purifier pour nous renvoyer chez nous et surtout, nous y garder une longue période, le temps qu'on se calme, putain de merde ? La dernière de nos multiples guerres est terminée depuis longtemps !

Oui, je suis grossier ! Et je m'en fou carrément.

L'ange saute de son perchoir, atterrissant souplement en fléchissant les genoux pour amortir sa chute, ses ailes n'ayant fait que s'écarter très légèrement pour la ralentir, et je flippe complètement.
Mais bordel, où est Simiel quand j'ai besoin de lui ?

Mes boucles noires me retombent dans les yeux, m'agaçant et me faisant souffler sans quitter l'ennemi du regard.

Je n'aime pas la façon dont il me regarde, et tripote le manche de sa faucille dorée qui dépasse derrière ses reins. Ça m'inquiète. Vivement même, surtout quand je vois enfin plus clairement ses yeux, et que je découvre qu'ils sont d'un bleu turquoise, presque fluo, et qu'ils n'ont plus de pupilles au centre. Il est puissant, et ne se bride absolument pas ! C'est bien ma veine...

Je laisse mes propres pouvoirs se réveiller, et je sens le rouge de mes iris étreindre mes pupilles, et les faire disparaitre. Je le sens, parce que ma vision se fait infiniment plus nette, me permettant de voir jusqu'au grain de sa peau opaline, lorsque je me concentre, et encore, j'en ai à peine besoin.

Je peux maintenant voir son aura, et j'en fais un bond en arrière.

« Putain de bordel de merde ! »

« Mais c'est qu'il est grossier, le petit démon. » ronronne l'ange.

Son aura est... plus qu'inquiétante.

D'habitude, les auras d'ange sont tout autant à couper le souffler, mais pas de cette manière !

Elle est totalement argentée, avec des volutes d'or. Superbe.

Mais elles aussi envahie de tourbillons noirs, comme de la fumée, là où le doré fait plutôt comme de l'eau. Les nuages sombres semblent aspirer l'or en eux, et le ternissent violemment.

C'est un spectacle tellement flippant que je ne me rends pas compte d'avoir reculé, jusqu'à ce que l'ombre d'une ruelle ne me recouvre.

L'ange m'a suivi, avançant sans toucher le sol, ses grandes ailes de plumes blanches immobiles. Il lévite, et je n'en vois qu'encore moins l'intérêt de garder sortit ces deux membres encombrants. Mais elles sont aussi très belles...

Je n'ai encore jamais touché un ange. Les seules fois où j'en ai combattu, je tirai avec mon arc d'aube aux flèches fendeuses. Et je me bafferai pour ne pas l'avoir emmené, et de m'être contenter de prendre ce petit Katana avec un nom tarabiscoté, que Simiel m'avait offert à la première pousse de mes cornes. Je le trouvais superbe, et c'est encore le cas aujourd'hui, avec sa poignée de fils de soie noirs, brodée d'argent, sa lame brillante, et gravée à mon nom, et à la devise de notre clan.

Aussi brillant que la lune, aussi sombre que la nuit.

C'est une devise simple, pleine de dualité, et faite d'un immense paradoxe, comme un vrai démon, et je l'ai toujours adorée.

Je repense au fait de n'avoir jamais touché d'ange. Les plumes de ses ailes me fascinent. Sa peau blanche aussi, qui semble luire dans la pénombre.

« Que fait un petit démon comme toi dehors, parmi les humains, à une heure aussi tardive ? » susurre l'ennemi, d'une voix que je qualifierais bien de sensuelle, si je ne me sentais pas aussi près de la fin.

Je ne sais même pas quoi lui répondre. Je suis ici... parce que je le pouvais. Et que j'en avais envie. J'ai désormais l'autorisation de voyager entre nos mondes, seul, sans contrainte, et je suis venu, par curiosité.

« Ça ne te regarde pas ! »

Voilà. C'est bien plus simple comme ça.

Je sens le sol inégal sous moi, mes bottines de cuirs raclant le pavement alors que je recule à nouveau. Mais pas parce qu'il avance, non non ! Je recule parce que c'est mon choix. Oui, voilà.

Mais que je suis pitoyable à me mentir comme ça... Surtout aussi mal !

« Petit démon aurait-il envie de jouer ce soir ? » chuchote-t-il, plissant ses jolis yeux toujours aussi turquoise.

« Petit démon aimerait bien rentrer chez lui plutôt ! »

Il éclate de rire, et moi je tremble. Je sens un mur contre mon dos, et je n'ose même pas lever les yeux pour voir si je pourrais le sauter avant qu'il ne me tranche la gorge avec sa serpe d'argent, ou sa faucille dorée, au choix.

« Tu m'as l'air fort jeune, petit démon. Je n'arrive pas à savoir... De quel cycle es-tu ? »

Je me mords violemment la lèvre pour ne pas répondre, et ma main, que j'ai gardée sur mon Katana tout ce temps, se resserre spasmodiquement. J'aimerais le sortir, me mettre en garde, quelque chose ! Mais je suis paralysé, et mon autre main se crispe elle aussi, sur le vide, alors que je plie légèrement les genoux, prêt à bondir, même si je n'ai aucune idée d'où.

L'ange semble agacé, maintenant qu'il a compris que je ne répondrais pas, et je flippe encore plus. Peut-être que je devrais quand même essayer ? Peut-être que je pourrais parlementer de cette manière, et arriver à me sauver les cornes ? Ce serait bien...

Je vois soudainement du rouge apparaître dans son aura, et je me raidis entièrement. Ce rouge là, comme du sang, qui se tord et se contorsionne dans le noir et va tacher l'or et l'argent, je le connais bien. C'est le rouge de la colère, du danger. On m'a aussi dit qu'il représentait parfois un désir explosif, mais les anges n'étant pas comme nous, je doute que cela ne s'applique un jour à l'un d'eux.

Un petit rire rauque, et pourtant doux, me fait sursauter, et je me focalise à nouveau sur lui, et non pas sur cette aura effrayante, et pourtant fascinante, qui l'entoure.

« Petit démon est vraiment... sexy. » ronronne-t-il alors, me faisant me demander s'il n'aurait pas été croisé avec un Nekoni, bien que je n'aie encore jamais entendu parler de croisement d'hybrides félidé avec des anges.

Mais sa gorge semble pourtant capable de produire ce type de son, et cela aussi, me fascine. Je pense qu'il le voit, parce qu'un petit sourire soulève lentement le coin de la commissure droite de ses lèvres. C'est étrange, encore un peu, et je dirai que c'est un sourire carnassier.

« Petit démon... aurait-il envie de se faire manger ? »

Oula ! Doucement ! Me hurle mon cerveau. Oui, c'est bien un sourire carnassier, y a plus aucun doute. Par contre je ne savais pas qu'il existait des types d'anges mangeur de démon. Chez nous, il y a évidemment une sous-espèce spécialisée dans la « dégustation » d'êtres célestes, mais ce n'est pas tout à fait pareil ! Si ?

L'ange porte soudainement son index à sa bouche, et le mordille. Pourquoi fait-il ça d'abord ?

Sa main libre s'est appuyée sur sa hanche, et tout son poids se porte sur cette jambe, l'autre nonchalamment tendue, dans une posture désinvolte, et terriblement aguichante.

Mais pourquoi diable essaye-t-il de m'aguicher ?

C'est le boulot des incubes, succubes, et autres démons de la chair ça ! Et surement pas d'un ange !

D'ailleurs, à bien y réfléchir, personne ne m'a encore jamais aguiché. Ni dragué, et encore moins courtisé. Il faut dire aussi que je suis trop jeune pour la reproduction, et n'ai de même aucun exploit à mon actif susceptible d'intéresser les femelles, en plus d'avoir essayer de me faire le plus discret possible pour n'éveiller aucun intérêt du côté des mâles.

Je prends brutalement conscience, alors que je fixe toujours ce doigt qu'il lèche maintenant langoureusement du bout de la langue, que son aura est en train de diminuer. Ce n'est pas normal... À Moins que... Non !

Je me concentre, et tout redevient apparent, juste à temps pour assister à l'inimaginable : Le dernier maillon de la chaine aux couleurs de son aura se referme, et je me retrouve attaché par le cou à son poignet droit, spirituellement parlant. Ce salaud a détourné mon attention pour brider mes pouvoirs, et je me suis fait avoir comme un bleu.

« Petit démon aurait dû faire plus attention ! » ricane ce connard angélique.

Je sors, enfin !, mon Katana de son fourreau, et m'apprête à engager le combat, quand je le vois tirer sur la chaîne. Normalement, il n'y aurait dût avoir qu'un affaiblissement soudain de mes pouvoirs, une secousse dans ma propre aura, mais non, là, je tombe carrément à genoux, le collier spirituel m'étouffant, et toutes mes forces m'abandonnant.

Je lâche mon arme, qui roule pitoyablement au sol, pour porter mes mains au collier, et je le sens, étonnement solide et tangible, au point d'en découvrir la matière sous la pulpe de mes doigts. J'ai l'impression qu'il est fait de cuir, cerclé de fer, alors qu'il est censé être constitué d'aura immatérielle. Mon regard tombe sur la chaine, et je la découvre luisante et cliquetante, là où elle devrait m'apparaitre tout aussi éthérée. Je ne comprends pas, mon souffle est difficile, l'ange me regarde étouffer, mes yeux rouges ayant retrouvé leurs pupilles noires, et je sais que tous mes pouvoirs sont désormais totalement scellés jusqu'à ce que j'arrive à briser la chaine, ou le tuer.

L'étreinte autour de mon cou se desserre, et mon front heurte douloureusement le sol pendant que je respire. Ma gorge me fait mal, et je m'attends à entendre le bruit de sa faucille à tout moment, le sifflement doux qui annoncera sa venue, et enverra ma tête rouler tout comme mon Katana l'a fait plus tôt.

Seulement, rien ne vient, et je me contente d'ouvrir les paupières, difficilement, pour essayer de me relever. J'appuie de mes deux mains aux ongles noirs sur le sol rugueux, et pousse, réussissant à me redresser, toujours assis, mais au moins droit maintenant.

Je sursaute en le découvrant si proche, agenouillé devant moi, avec un air soucieux qui disparait dès que je le regarde. Un sourire étire ses lèvres sensuelles, et je le trouve cruel.

« Qu'est-ce... tu attends... de moi ? »

Ma voix est rauque, et je halète toujours un peu. Je me sens vraiment con, pris comme un débutant par une approche aussi grossière.

« Je veux jouer. » chuchote-t-il en m'attrapant le menton, et il plaque sa bouche sur la mienne, me faisant écarquiller les yeux.

J'essaye de me reculer, poussant sur son torse pour m'aider, mais son bras libre entoure mes épaules, et me maintient collé à lui alors qu'il m'oblige à me dresser sur les genoux, en me gardant contre son corps.

Je sens ses dents mordiller ma lèvre inférieure, et en dernier recours, j'essaye de tourner la tête, mais il me tient la mâchoire.

Son bras glisse de mes épaules jusqu'à mes reins, me rapprochant encore de lui, et je peux distinctement sentir quelque chose de dur au niveau de son bas-ventre, et qui se presse contre le mien. Je n'aime pas ça. Ce n'est vraiment pas bon signe, surtout pour moi.

Le seul ange de pure souche n'ayant jamais eu ce genre de comportement est devenu un exclu, le paradis lui est interdit, et il erre désormais jusqu'en enfer, ennemi de tous, et très dangereux à ce que l'ont dit.

Je ne peux que prier tous les démons supérieurs pour que ce ne soit pas lui, sinon il me fera sien, avant de me tuer. Ou pire, de me laisser la vie, mais en m'ayant tellement détruit que je ne serais plus que la preuve vivante de sa dépravation, et pour toujours devenu la putain d'un ange, sans plus jamais être capable d'être ou de faire quoi que ce soit d'autre.

L'ange commence à s'énerver, ses dents s'enfoncent profondément dans mes lèvres, et je peux sentir de petits crocs, comme ceux d'un chat, percer la chair tendre. Les larmes me montent aux yeux, et je suis tellement terrifié que je me mets à trembler.

Un hoquet me fait ouvrir la bouche alors que je sens sa main s'infiltrer dans l'arrière de mon pantalon, et même sous mon boxer. Cette fois, ça y est, je pleure. Je ne sais plus me retenir.

Je suis si jeune, si naïf, et plus d'un démon m'a même déjà traité d'innocent. Je n'y peux rien, je ne suis pas comme la plupart d'entre eux. Le mal, je le connais bien, mais il ne m'amuse pas non plus. Ni la dépravation, ni la décadence. Alors oui, je suis aussi innocent et pur qu'un démon peut l'être. Je n'ai encore jamais goûté au plaisir du meurtre d'humain, de la manipulation, de la trahison, du péché, des vices, et encore moins à celui de la chair.

Mais je sais parfaitement ce que cet ange va me faire, et je me sens tellement impuissant que j'en ai la nausée, en sentant sa langue venir glisser contre la mienne, puis parcourir ma bouche. Elle caresse mon palais, puis mes gencives, avant d'aller taquiner mes crocs, se blessant même dessus. Une goutte de son sang touche alors ma langue, et je me sens électrifié.

Je ne comprends pas... J'ai chaud ! Tellement chaud ! De la lave coule dans mes veines, et mes mains viennent se saisir de son visage pour le presser mieux, pour pouvoir enfoncer ma langue dans sa bouche à mon tour, et je cherche sa blessure, lui arrachant un gémissement étrange. Me rendant compte qu'il ne saigne plus, je le mords, et le sang, chaud et doux, afflue dans ma bouche. C'est si bon... Je n'avais encore jamais gouté cela non plus.

Un petit rire me fait reculer brusquement, et je me sens honteux. Cet ange est démoniaque ! Comment a-t-il fait pour me rendre aussi fou en si peu de temps ? Je ne me comprends plus, alors que je sens mon entrejambe si dur, si palpitant, et que je vois sa main s'en approcher avec envie.

Je recule, et m'étale de tout mon long sur le sol froid en me rattrapant douloureusement sur les coudes, qui malgré ma veste de cuir, semblent s'être écorchés.

« Petit démon est si mignon ! » rit-il tout bas, et je me sens frissonner.

« Qu'est-ce que... qu'est-ce que tu m'as fait putain ? Qu'est-ce que j'ai ? »

J'ai crié, mais je m'en moque. Je sens toujours ce feu qui dévaste tout en moi, et je me sens moite, brulant, mou, et si tendu en même temps que je suis vraiment totalement perdu.

« Mikaren est si adorable... » susurre l'ange, et je me fige.

« Co... Comment connais-tu mon prénom ? »

« Mmmh... Je sais tout de Mika. Tout de toi, petit démon Mikaren. Sauf ton cycle, comme je te l'ai déjà demandé, mais tu n'as pas répondu... »

« Je vais entrer dans mon quatrième au prochain solstice de feu. »

Pourquoi est-ce que je lui ai répondu moi ?

Oh mon démon... Pourquoi il se lèche les lèvres comme ça ?
Pourquoi il s'avance vers moi à quatre pattes ?
Pourquoi ses ailes semblent-elles rapetisser, et s'affiner ? Normalement elles ne deviennent comme ça que quand ils ont besoin de plus de légèreté, pendant les combats par exemple, et en contrepartie, ils ne peuvent voler que peu de temps, même s'ils risquent de devoir le faire, et que c'est pour cela qu'ils gardent leurs ailes, plutôt que de les repliées complètement.
Pourquoi diable a-t-il besoin de plus de facilité à se mouvoir ?

Sa main s'enroule autour de la chaine, ses doigts se refermant avec l'index en dernier, dans un mouvement invitant, mais je ne bouge pas, comme il semblait s'y attendre, et il tire doucement pour me forcer à me redresser sur les coudes.

« Qui... qui es-tu ? » réussis-je à souffler juste avant qu'il ne reprenne ma bouche.

J'ai peur de sa réponse, alors je le devance, comme si le dire plus vite rendrait cela moins... affolant ? Effrayant ? Terrifiant...

« Tu es... c'est toi qui... Étienne... »

Je me suis totalement emmêlé contre ses lèvres, mais j'ai réussi à le dire. Cet ange psychopathe se raidit totalement, et c'est à son tour d'écarquiller les yeux de surprise. Étonné que j'aie entendu parler de lui et l'aie reconnu peut-être ?

Mais pourquoi il éclate de rire ce con ? Sa tête vient s'échouer contre mon épaule, et je regarde la courbe créer par son dos trembler sous ses éclats, le fin tissu de son débardeur blanc ne semblant presque rien cacher à mes yeux curieux, sans parler des longues fentes horizontales qui le parcourent. Je suis fasciné par les plumes de ses ailes à nouveau, et des filaments d'or et d'argent qui semblent courir en elles.

Finalement, comme il ne se calme toujours pas, je l'attrape par ses boucles si claires, et le tire en arrière. Un grondement sourd, comme celui d'un fauve, se fait entendre, venant de sa gorge, et il se saisit de mes boucles sombres, tirant pareillement. On doit avoir l'air con, comme ça, la gorge offerte, le dos un peu cambré pour soulager la douleur de notre cuir chevelu, à genoux l'un en face de l'autre.

Je le vois alors reprendre la chaine qui me relie à lui, et un sourire mauvais déforme son visage, le rendant diaboliquement sensuel. Je devrais me tuer moi-même, pour penser ce genre de connerie dans un moment comme celui-ci. Il se met à la serrer autour de sa main, en l'enroulant, et le collier se resserre magiquement autour de mon cou, me faisant suffoquer.

« Étienne... Non... » gémis-je stupidement.

Comme s'il allait se laisser apitoyer !

Ma prise sur ses boucles blanches se relâche, le peu de force qui m'était revenu disparaissant à nouveau, et je bleuis. J'en suis sûr.

« Ne m'appelle pas comme ça ! » siffle alors l'ange.

Je ne comprends pas. Il renie son passé peut-être, ce con ?

Ses lèvres se plaquent à nouveau durement contre les miennes, et la pression se relâche soudainement. Je chute en arrière, l'ange sur moi, sa main se glissant sous mes reins pour me cambrer contre lui, l'autre toujours dans mes cheveux, bien que ne faisant plus que me tenir fermement, sans tirer.

D'un coup de genou impatient, il m'écarte les cuisses, et s'allonge entre elles en me faisant rougir violemment. Je sens son sexe, totalement bandé, se frotter contre le mien à travers nos vêtements, et je découvre avec horreur et frissons que, moi aussi, je me durcis à nouveau.

Ça doit être un cauchemar, ce n'est pas possible autrement.

La main qui ne me force pas à rester cambré se glisse sous mes vêtements, caressant mon torse avidement, et va pincer un de mes tétons en me faisant gémir. Je veux lui dire d'arrêter, mais son baiser brulant m'en empêche. Sa langue se faufile entre mes lèvres, et joue avec la mienne lascivement, me faisant m'enflammer à nouveau. Je me mets à me frotter contre lui, accentuant encore la pression de nos verges bandées, et j'aimerais les sortir pour pouvoir les branler ensemble. Cette idée me fait frissonner, et je me sens totalement différent. Il n'y a plus rien d'innocent dans mon esprit, alors que je griffe son dos en passant par les espaces libres que laissent les longues fentes dans son débardeur blanc. Ses ailes ont disparues, et je regrette un instant de ne pas avoir pu les caresser.

« Je... Tu... Comment... » soupiré-je, perdu, n'arrivant pas à formuler toute une question à cause de ses lèvres qui reviennent prendre les miennes à chaque fois.

« Valiel. Tu peux gémir Valiel... » souffle-t-il en s'éloignant légèrement, son haleine sucrée balayant mon visage et me faisant l'aspirer goulument.

Je suis on ne peut plus surpris. J'ai entendu parler de lui. Il est un peu plus âgé que moi en années humaines, mais chez les anges, comme les démons, l'apparence physique reste fort trompeuse, et je ne l'avais pas jugé sur elle. Étienne est un très vieil ange, tandis que lui fait presque partie de ma génération ! C'est un chasseur, et un bon, à ce qu'il paraît, ayant déjà un tableau de chasse bien fourni.

Mais cela n'explique pas pourquoi il a dit tout connaître de moi !

« Pourquoi ? » chuchoté-je.

« Parce que... toi. »

Comme si ça expliquait tout !

Mais il a déjà à nouveau fondu sur mes lèvres, et je n'arrive pas à le repousser. Je ne le veux tout simplement pas. Je sais que c'est un ange, que je suis un démon, et qu'il n'y a même plus son sang pour expliquer mon état, sa langue ayant déjà entièrement cicatrisé. Ça n'a plus d'importance.

Tout ce qui compte, c'est la façon qu'il a de me dévorer la mâchoire, puis le cou, sa main caressant toujours mon torse, l'autre malaxant ma hanche, toujours glissée sous moi. Je m'agrippe à lui, mes bras remontant pour se saisir de ses épaules en s'appuyant sur son dos, et je me tends pour mieux me frotter contre lui.

Soudain, je sens l'air changer autour de nous, et j'ouvre les yeux, que j'avais fermés sous ses baisers. Il fait sombre, mais différemment de la ruelle, et je l'éloigne de ma bouche le temps de découvrir où il nous a éthérés.

C'est une chapelle, très ancienne, au mur nu et aux statues brisées, faites de pierres beige pâle, et des dizaines de cierges s'allument autour de nous sur un claquement de ses doigts. Elle n'a jamais dû être consacrée correctement si je peux y entrer sans y avoir été invité. Sauf si elle lui appartient, évidemment.

Je rougis brutalement en découvrant qu'il m'a allongé sur l'autel, et qu'un tissu de velours rouge fort épais se trouve sous nous. Lui s'est totalement redressé, à genoux entre mes jambes, et s'attaque déjà à la fine ceinture de cuir noir de mon jeans. Sa lourde boucle en argent tinte, et je ne sais pas pourquoi, mais j'ai hâte maintenant. Je n'ai plus peur d'être la pute d'un ange. Peut-être parce qu'il n'est pas le Étienne qui me terrifie, et qui a brisé tant de démons bien plus puissants que moi.

Mais je pense que c'est plutôt dû à l'expression douce du beau visage de l'ange, à ses traits fins, et son regard, lumineux, quand il le relève sur moi. Il ouvre le bouton de mon pantalon, et je baisse les yeux en rougissant quand j'entends le bruit de la fermeture éclair qu'il descend. Il tire sur le jeans, et je soulève les fesses, comme par réflexe, pour l'aider à me l'enlever. Mon boxer part avec, mes chaussettes et bottines aussi, et je me redresse sur un signe de lui pour enlever ma veste et mon débardeur noir.

Je me laisse retomber sur l'autel, nu et si apeuré à nouveau que je le vois s'en rendre compte.

« Mika... » chuchote-t-il en se penchant, venant me soulever la nuque pour m'embrasser doucement.

C'est délicat, tendre, comme baiser, surtout comparé aux précédents. Ses longs doigts fins s'enroulent autour de mon sexe, et je gémis sourdement. Il me caresse lentement, dévoilant mon gland pour le taquiner du pouce en étalant le peu de liquide qui s'en est échappé, et je frémis. Puis il me branle, de plus en plus rapidement, et putain que c'est bon !

Ça n'a plus rien à voir avec le peu de plaisir que je me suis déjà donné moi-même, et je le sens sourire contre mes lèvres. Il va ensuite presser son visage dans mon cou, le mordillant et le léchant. Je regarde alors sa main entourant ma verge, le contraste entre ma peau mate, et la sienne, si pâle, diaphane. C'est superbe...

La façon dont sa prise se resserre en arrivant au sommet de ma virilité me fait trembler à chacun de ses mouvements en haletant. Je n'en peux plus...

Valiel descend de mon cou jusqu'à mon épaule, mordillant le creux en me faisant rire, et j'entends son grognement quand je donne un coup de reins involontaire, mon sexe dans sa main dérapant un peu.

Il descend plus bas, léchant ma clavicule, et s'attaque à l'un de mes tétons. La sensation est étrange, je ne me les suis jamais caressés, et il me semble étonnement sensible, alors que je me tords sur l'étoffe rouge recouvrant l'autel. Il en agace la pointe durcie et gonflée de sang du bout des crocs en m'arrachant des râles rauques, sa main accélérant encore sur ma verge.

Puis il va grignoter l'autre, mais je sens son impatience quand il se redresse pour retirer rapidement ses vêtements, jetant pantalon de cuir et haut blanc au sol, arrachant même certaines bandelettes qui se déroulent autour de nous. Il ne porte aucun sous-vêtement, et j'aime le constater. Cela m'excite encore plus, et je découvre un membre long, et large, à l'air aussi dur que la pierre de l'autel où nous sommes sur le point de pécher... si ce n'est pas déjà fait.

Il pivote soudainement, s'asseyant sur le haut de mon torse. Je ne comprends pas tout de suite, jusqu'à ce que je sente sa bouche englober d'un seul mouvement mon sexe en me faisant crier. Puis il redresse un peu son bassin, et s'installe mieux, tout en tétant le bout de mon gland goulument. Ses genoux viennent encadrer mon visage, et je peux voir une goutte de désir perler de la petite fente rosée au sommet de sa verge pâle. Je sors la langue, et la passe dessus en agrippant ses fesses. Puis j'entrouvre les lèvres, et le laisse se glisser entre elles.

J'adore me sentir dans sa bouche, alors qu'il se trouve dans la mienne. C'est démentiel.
Ses hanches se mettent en mouvement, et je ne fais rien pour l'arrêter. C'est la première fois que je fais ça, alors je préfère le laisser diriger. C'est plus facile, et je n'ai plus qu'à me focaliser sur ce que je ressens. Sur mon sexe contre lequel je sens sa langue se presser, faisant office de guide, et la cavité humide et brulante me transforme en petit démon gémissant autour d'une virilité dont je trouve le goût délicieux. Je sens aussi son parfum, floral pour sa peau la tantôt, épicé et presque musqué pour son entrejambe maintenant : J'adore.

Sa chair chaude et dure glisse entre mes lèvres de plus en plus rapidement, sa peau si douce frottant sur ma langue, déposant son désir, et je sens que je vais jouir. C'est bien trop bon.

Mon corps se tend, et je relâche son sexe pour crier en me cabrant. Je sens ma verge pulser dans sa bouche alors qu'un orgasme dévastateur me terrasse, et je retombe mollement sur l'autel. Je le sens se retirer, et se remettre entre mes cuisses, alors que j'essaye d'ouvrir les yeux, sonné par cette explosion de plaisir qui ne ressemble en rien à celui que j'ai déjà pu me donner seul.

« Mmh... Mika a bon goût ! » ronronne-t-il après avoir avalé, tirant la langue pour me faire voir qu'il n'y a plus rien, mis à part le muscle humide à la teinte devenue un peu blanche, et je rougis.

Je n'arrive toujours pas à croire qu'un ange me fasse ça. C'est... n'importe quoi. Le monde à l'envers. Le ciel en enfer, l'enfer au paradis, et moi perdu dans la luxure sûrement quelque part dans les limbes.

J'en veux plus, et je sens mes cornes devenir plus grandes, petites pointes sombres au sommet de mon crâne, perdu dans mes boucles noires, et je sais qu'elles doivent briller à la lumière changeante des bougies. Il le remarque, et se lèche les lèvres avec gourmandise. Je crois que je flippe de nouveau... J'ai peur qu'il ne découvre mon véritable héritage, celui que je soupçonne d'être à l'origine de mes réactions étranges.

« Mikaren... » chuchote-t-il en se penchant pour prendre mon visage entre ses mains.

Ses pouces passent doucement sur mes joues, les caressant presque affectueusement, et moi je suis totalement perdu.

« Est-ce que je peux te pervertir encore un peu plus, joli petit démon ? »

Je me mords nerveusement la lèvre. J'en ai tellement envie... Mais je ne devrais pas ! C'est un putain d'ange bordel ! Et surtout, c'est interdit.

Si pour nous, démons, violer des anges est une chose courante, à ce que j'ai compris, eux ne le font jamais. Le seul à l'avoir fait est un banni.

Et je suppose surtout que s'envoyer en l'air avec un démon consentant, ça doit être encore pire. Je ne veux d'ailleurs même pas imaginer la sentence dans le cas d'un démon le faisant avec un ange, de notre côté, nous sommes intolérables, et je doute qu'une simple exclusion attende le fautif.

Je ne comprends donc toujours pas...

« P... Pourquoi ? »

« Si tu savais... »

Ses grands yeux turquoise ont retrouvé leurs pupilles depuis un moment, et je me perds un peu plus en eux, comme dans un océan. Je veux savoir, et comprendre.

« Dis-moi, Valiel. »

Il me sourit, et je peux tout autant jurer que celui-ci est aussi tendre que l'autre était carnassier.

« Est-ce que le désir à besoin d'être expliqué ? » répondit-il tout bas, et je vois son expression devenir triste.

Moi aussi, je me sens déçu. Alors c'est juste du désir ? Il n'y a rien d'autre à comprendre derrière ? Rien de plus profond, et significatif ? Juste un ange pervers qui désire un démon encore innocent ?

« Retourne-toi petit démon. »

Je ne comprends pas trop, mais m'exécute malgré tout en me mettant à quatre pattes.

« Je te ferai l'amour après. »

« Les démons ne font pas l'amour. » répété-je comme on me l'avait tant dit en m'appuyant sur mes coudes, le regard dans le vague et voyant juste les flammes des centaines de petits cierges luire brillamment.

« Et les anges ne sont pas censés baiser. » rit-il doucement en posant ses mains sur mes hanches.

Je me sens si déçu... Je le laisse faire, parce que je me sens soudainement vide. J'espérais vraiment que tout cela veuille dire quelque chose, et ne soit pas juste une réponse à un besoin aussi primaire.

Je pose mon front sur mes bras repliés, la croupe offerte, et j'attends. Mes crocs agacent ma lèvre, et je sens à nouveau le collier d'aura autour de mon cou. J'en ai envie de pleurer à nouveau, tellement c'est pitoyable.

Un démon de mon rang, jeune ou non, n'a pas à se laisser enculer par qui que ce soit sans le vouloir, et encore moins par un ange ! Bordel...

Pourquoi ne fait-il rien ? Je sens ses mains sur moi, mais rien de plus. Et je n'ose pas me retourner...

Ses doigts courent sur ma peau, descendent sur mes reins, et me font cambrer le dos. Je me sens vraiment bien trop exposé, et je sens mes jambes se mettre à trembler.

Il ne fait toujours rien, et la panique continue de monter en moi. J'aimerais tant pouvoir me défaire de cette chaine ! Je pourrais au moins essayer de me battre...

J'entends un bruissement derrière moi, et j'ose finalement jeter un oeil. Je le regrette immédiatement. Ses ailes sont déployées, immenses, au-dessus de nous alors qu'il se penche, et je le trouve effrayant. Sa main vient saisir mon menton, et me force à tourner encore plus la tête vers lui, manquant me briser la nuque. Ses lèvres chaudes se posent sur les miennes, et je le laisse faire.

Son bras encercle mon cou, et il prend appui de l'autre main à côté de moi. Je sens sa verge, dure et brulante, se glisser entre mes fesses, et se frotter contre l'endroit le plus intime de mon corps. J'en tremble encore plus, et je me tends vers lui.

Je suis ridicule... Sa langue domine totalement ce baiser, que je ne me souviens même pas avoir accepté en ouvrant la bouche, et il fait glisser son sexe de plus en plus vite entre mes fesses. Mais je veux plus !

Je pousse une petite plainte, et un ronronnement sourd me répond. Je sens mon héritage se déclencher, et si je n'avais pas les yeux déjà clos, je les fermerais sous la honte que je ressens.

« C'est ça Mikaren... Laisse-toi aller... » chuchote cet ange pervers contre ma joue, les lèvres presser dessus.

Je ne comprends pas ce qu'il entend par là, mais je sais que je résiste de toutes mes forces contre ma condition. J'ai toujours voulu être un démon chasseur. J'ai beau avoir été adopté, je n'ai jamais accepté le fait que je ne puisse pas l'être à cause du sang qui coule dans mes veines. Mes parents adoptifs m'ont toujours accepté ainsi, et promis que je serais chasseur. Ils ont tout fait pour que cela puisse être le cas, allant même jusqu'à me faire prendre comme élève par Simiel, et j'ai dû m'entrainer bien plus, et apprendre des techniques normalement innées, pour pouvoir un jour le devenir pleinement.

Mais là, je sens mon héritage de démon de la chair prendre possession de moi, et j'ai si peur... Je ne sais pas ce que cela va donner. D'habitude, les rares fois où je l'ai senti sur le point de se déclencher, j'ai toujours su le repousser.

Je sens ma queue de démon pousser au bas de mon dos, et mes cornes pointer encore plus à travers mon crâne.

Valiel va chuchoter dans mon oreille, et je frémis violemment. Je ne comprends pourtant pas ce qu'il dit, puisqu'il parle dans une des langues angéliques que je n'ai pas encore apprises.

« Va... Valiel... Arrête... Je... »

« Petit démon ne me comprend pas ? »

Je secoue la tête, gêné. Son sexe est désormais simplement pressé contre le bas de mes reins, et j'ai tellement envie qu'il revienne contre mon intimité...

Ma queue lui chatouille le ventre en essayant de se décoincer de nos corps, et il rit doucement en rentrant le sien pour lui laisser la place de se faufiler. Le bras qui enserre ma gorge me relâche, et il va la saisir. J'en couine, pitoyablement.

Personne ne l'a jamais touchée, mis à part ma mère d'adoption, quand j'étais petit et qu'elle me lavait. Je suis le seul à la savoir aussi sensible, et cela me gêne.

Ses doigts la presse, caresse sa douceur, je la sais très soyeuse, et il remonte jusqu'à sa naissance. Il en gratouille la base, et voilà que je me mets à gémir ! Mon diable... Je suis si pitoyable...

« Mika aime se faire caresser la queue ? » chuchote-t-il d'un ton pervers dans mon oreille, et je rougis.

Il vient mordiller la pointe de mon oreille, qui s'est elle aussi allongée, et je sens ses dents buter contre les anneaux en or qui se trouvent à mon cartilage. Puis sa main glisse à nouveau sur toute la longueur de ma queue, et il va en titiller l'extrémité. Je sens ses doigts découvrir le rebord net du cuir, et s'amuser de sa forme de flèche. C'est si sensible... Je me tords sous lui.

« Mikaren... Je... J'ai envie de toi... » susurre-t-il si bas que je crois avoir mal entendu.

J'essaye de le regarder, mais je n'y arrive pas, son visage restant obstinément pressé dans mon cou, sa langue titillant le creux si sensible qui s'y trouve.

« Dis-moi, Mika... Comment un démon de la chair peut-il suivre une formation de chasseur ? »

Je me raidis totalement. Il sait... Mais comment ? Mes cornes ne sont pas un indicatif suffisant, et, après tout, nous sommes nombreux à avoir le même genre de queue... La mienne n'a rien qui puisse m'identifier vraiment, et j'ai perdu l'odeur qui aurait pu me trahir il y a longtemps, au contact de ma nouvelle famille. Je n'ai en plus aucun tatouage symbolique. Alors, comment ?

« Je t'ai dit, je sais tout de toi... Et ce que je ne sais pas encore, j'aimerais vraiment l'apprendre... » chuchote-t-il comme s'il avait lu mes pensées.

Je ne comprends pas !

Ça m'agace. M'énerve même.

Et son sexe est revenu se nicher entre mes fesses, frottant durement contre l'anneau de muscles de mon intimité, et je me sens me détendre à nouveau... Bien que les tremblements me reprennent. Mais je le sens, ce sont des tremblements d'impatience maintenant.

J'ai envie de laisser mon héritage se déclencher, qu'il me prenne... Est-ce pour ça que j'ai réagi ainsi, dans la ruelle ? Est-il un chasseur spécialisé, et est-ce pour ça que son bridage de pouvoirs me fait autant d'effet ? Je suppose...

« Oh Mika... Mika... Laisse-moi te baiser... »

Je sursaute.

« Non, mais t'es malade ! Tu sais ce que je suis, et tu veux me baiser pour ça ? Parce que je suis un putain d'incube, ça te branche de me la foutre bien profond, sale putain de pervers ? »

J'ai hurlé en lui balançant mon coude dans le plexus solaire, et il s'effondre en bas de l'autel. Dans sa chute, la chaine est violemment tendue, et je sens toutes mes forces m'abandonner à nouveau alors que j'essayais de me relever.

Je n'arrive plus à voir son aura depuis un moment déjà, mais je suis sûr qu'elle doit être horriblement rouge et noir maintenant. Il a l'air tellement en colère...

Il se relève et... Pourquoi ramasse-t-il sa faucille, et pas ses vêtements ? Il va me tuer parce que je me suis refusé ? Oui, et c'est sans doute mieux ainsi.

Je le regarde s'approcher, toujours à genoux sur ce maudit autel, le front presser contre le velours doux parce que je suis incapable de me redresser, avec le collier spirituel qui me serre la gorge. Je ne peux m'empêcher de l'admirer, comme un idiot.

Il est superbe, avec sa peau blanche, à l'air aussi dur que du marbre, ses muscles dignes des statues grecques des humains, et son regard turquoise qui me transperce. Mon regard à moi s'attarde sur son ventre plat aux abdominaux marqués, et descend jusqu'à sa verge dressée.

Il m'excite, ce sexe toujours bandé à la peau tout aussi pâle que le reste de son corps, et je peux voir un peu de liquide s'en échapper. Juste une goutte, qui roule sur sa longueur, et me fait saliver en me léchant les lèvres. Il le voit, et moi je sens mes crocs s'allonger. Mon héritage a presque fini de se déclencher. Il ne pourra sans doute jamais le faire totalement, à cause du scellé de la chaine, et je trouve stupide qu'après l'avoir tant rejeté, je vais mourir sans savoir ce que cela fait vraiment, d'être un incube à part entière, et pas un jeune démon idiot qui aurait mieux fait de rester bien au chaud dans son cercle, au fin fond des enfers.

Il est maintenant face à moi, et glisse sa faucille dans un des maillons de la chaine. Je fronce les sourcils, et il brise l'anneau. Je l'entends distinctement, et le bruit m'agresse les oreilles alors que les maillons d'aura chutent au sol. Je ne savais pas que cela faisait autant de vacarme !

« Suce-moi, Mikaren. »

Quoi ?

Il me libère, et maintenant il veut que je le suce ? Mais il a vraiment un problème ce démon ! Pardon, cet ange... C'est que j'en viendrais presque à l'oublier, malgré ses ailes blanches et sa peau diaphane !

Il m'attrape par les cheveux, et m'attire contre le bord de l'autel. Je me laisse mollement faire, mes forces ne me sont pas encore assez revenues que pour déjà me battre. Il presse mon nez contre les quelques poils blonds qui entourent son sexe, et je respire profondément son odeur masculine. Il se guide entre mes lèvres de sa main libre, et je les écarte docilement. J'en ai envie, de toute façon, alors à quoi bon résister... je le suce, et j'adore ça. Ça glisse si bien sur ma langue, et son gout est si bon...

Je dois vraiment être un putain d'incube pour aimer ça à ce point-là.

J'ai toujours les fesses remontées, et je sens ses doigts frotter entre elles, passant et repassant sur ce point si sensible qui me fait me dandiner sur mes genoux. Je le laisse encore une fois me baiser la bouche, et j'apprécie tous les frottements. Il me tourne de temps en temps la tête différemment, et j'aime me sentir manipulé ainsi. J'ai l'impression que cet ange pourrait me faire faire tout ce qu'il veut.

« Oui... Voilà petit démon... Laisse-toi aller... » chuchote-t-il, et moi je me contente de garder les yeux fermés, savourant le goût de cette verge épaisse qui va et vient dans ma bouche.

Je sens l'un de ses doigts se presser de manière plus insistante, et il l'enfonce doucement en moi. Mon héritage doit être activé maintenant, parce qu'en plus d'adorer la sensation, je ne ressens aucune douleur. Il doit le remarquer, parce qu'il rajoute immédiatement son majeur, et je le sens taper contre le noeud de ce plaisir secret propre à tout les mâles.

Je crie autour de son membre, et je me mets à onduler pour faire pénétrer ses doigts plus loin en moi. Je l'entends rire de mon empressement, mais il ne sait pas à quel point c'est bon pour moi, ce qu'il me fait.

Je gémis maintenant sans arrêt, à chaque heurt contre ma prostate, et je sens son sexe se raidir sous ma langue. Je sais ce que cela signifie, et j'essaye de me préparer du mieux que je peux.

« Ce que tu es chaud petit démon... Et si serré autour de mes doigts... Tu sens ? » ronronne-t-il en remuant ses doigts et les écartant.

J'ouvre enfin les yeux, honteux, et les lève vers lui. Il est si beau, avec son sourire pervers et ses boucles blanches et or... Ses pupilles ont à nouveau disparues, et je me sens doucement partir. Il se met à haleter soudainement, et je comprends qu'enfin, lui aussi éprouve un plaisir puissant. Je me mets à bouger de moi-même en me redressant légèrement sur les coudes, pompant sa verge. Je veux qu'il me le donne. J'en ai tellement envie...

Enfin, je le vois rejeter la tête en arrière avec un râle rauque, et le sperme gicle au fond de ma gorge. Je déglutis, un peu difficilement, mais je le suce jusqu'à ce que tout soit sorti. C'est un peu amer, mais j'adore ce goût, et je comprends que c'est forcément à cause de ce que je suis, que ça me plait autant.

Il me relâche enfin, son sexe radouci glissant hors de ma bouche, et c'est avec fierté que je le vois tituber un instant. Ses doigts sortent de mon corps, et je ne peux m'empêcher de me contracter pour essayer de le retenir.

« Mika est un petit démon très gourmand ! » rit-il, et je ne peux que rougir parce qu'il a raison.

J'en veux encore... Plus... Tellement plus...

« Je vais te donner ce que tu veux, Mikaren. » chuchote-t-il en venant me caresser la joue, avec un sourire doux. « Mais tu dois me promettre qu'après t'avoir baisé, tu me laisseras te faire l'amour. »

Je fronce les sourcils, parce que je ne comprends pas. Où est l'intérêt, puisque c'est la même chose ? Je me trémousse sur mes genoux, la croupe toujours offerte, en poussant une petite plainte quémandeuse qui me fait rougir à nouveau tellement je me sens... bien.

C'est bizarre. Je ne me sens plus pitoyable. Je me sens juste incroyablement bien, même si j'ai l'impression d'être incomplet. Ma queue bat l'air derrière moi, et je ne peux m'empêcher de la tendre vers lui pour la glisser sous son menton dans une caresse invitante. Je le vois tressaillir, puis ce sourire pervers que je me mets à adorer revient sur son joli visage angélique.

« Tu me promets ? »

« Oui... »

Ma voix est étonnement rauque, comme si je n'avais plus parlé depuis des années, et j'ai la gorge un peu douloureuse. Il m'attrape alors par les hanches, et me tire sur le ventre jusqu'au bord de l'autel, mes pieds venant se poser au sol. Son bassin se glisse entre mes jambes, et je sens le bout de son sexe se frotter contre mes bourses.

Puis il se guide contre mon intimité, et je sens tout mon corps se tendre. J'ai l'impression que mon être ne désire plus que de le sentir plonger en moi, et sa verge s'enfonce. Il m'ouvre, et c'est délicieux...

Putain... C'est si bon...

« Tu m'en vois ravi ! »

Hey merde... J'ai parlé à voix haute...

Mes mains viennent agripper le bord opposé de l'autel de pierre, que je sens aussi dur que son sexe en moi sous le velours rouge.

Il me pénètre, et je ne ressens aucune des douleurs dont certains démons plus âgés m'ont parlé. Je ne ressens que ce plaisir d'être ainsi rempli, et quand son bas-ventre touche enfin mes fesses, je ne peux m'empêcher de geindre pour qu'il bouge.

« Petit démon est si impatient... » ricane-t-il, et je me mets à acquiescer frénétiquement de la tête.

« S'il... s'il te plait... bouge ! »

« Tu n'as pas mal ? »

« Mais putain même si j'avais mal on s'en fout ! BAISE-MOI ! »

Je l'entends éclater de rire derrière moi, et l'une de ses mains vient se saisir de ma nuque, alors qu'il se recule. Le frottement est si bon que mes jambes tremblent violemment, et je remercie l'enfer d'être à moitié couché sur cet autel supposé consacré, parce que sinon je serais déjà à genoux, si pas effondré au sol. Il se renfonce lentement, et je gémis. Puis je sens son front se poser sur mon épaule, et il halète durement.

« Putain Mika... Tu es si étroit... si moite et chaud, autour de moi... »

Bordel ! Un ange jure, avec sa queue toute au fond de mon cul... Le monde tourne à l'envers, et moi je me retiens de lui dire à quel point il est dur et brulant, et surtout combien j'ai envie de le garder là pour l'éternité... Je me sens si bien, et enfin, si complet... Je suis un putain d'incube heureux.

Mais je le serais encore plus s'il bougeait bordel !

« Val... Viens... Prends-moi... »

Il sourit contre ma peau, et me lèche doucement jusqu'à la nuque, où il mordille et aspire ma chair, et je suis sûr que, malgré mon teint de bronze, tout le monde pourra voir cette marque. Mais je m'en moque. J'aime ce qu'il me fait, et je le sens enfin s'activer, ses reins ondulants, et son sexe m'écartelant délicatement. J'ai l'impression qu'il se retient, et je sens ses mains malaxer doucement mes hanches.

« Tu... as dit... que... mmh... tu allais... me... aaaah... baiser... »

Ouaw. Ça a été une des choses les plus dures que j'ai jamais eues à dire, avec cette verge épaisse qui frotte et appuie contre ma prostate. C'est de la folie pure... et c'est tellement bon !

Il ricane, et accélère. De lourds coups de boutoir s'abattent en moi, et je crie :

« Oh mon démon ! Oui ! Mmmh... Vas-y ! Encore ! Plus fort... aaaanh... Val... »

C'est moi qui hurle comme ça ? Putain... Mais je n'y peux rien, ce qu'il me fait me rend fou, et il faut bien que je l'encourage !

Il se redresse, et m'attrape sous le genou droit, qu'il me force à remonter, et écarter en le posant sur l'autel. Je me félicite de ma souplesse, et ses doigts s'enfoncent dans ma cuisse et ma hanche alors qu'il me pilonne durement. Je l'entends haleter et soupirer, et j'essaye de contenir mes cris. Juste un peu, parce que j'aime l'entendre lui. Je sers et froisse le velours rouge sous moi, et me propulse en arrière. Nos peaux claquent l'une contre l'autre, et je trouve ce son délicieux. Mon héritage est totalement activé, je sens son plaisir gronder tout autant que le mien, et me cambre pour changer l'angle de sa pénétration, lui arrachant un râle rauque en augmentant les sensations, autant pour lui que pour moi.

Ma queue se glisse sous moi, et vient se saisir de mon sexe alors que j'essaye de me soulever un peu sur les avant-bras, et elle me branle violemment. J'ai l'impression que je vais mourir. Et si c'est vraiment le cas, je serai au moins mort foutrement heureux.

Sa cadence se fait encore plus rude, et je sens ses ongles percer ma chair.

Mes crocs blessent mes lèvres, et j'ai envie de gouter encore à son sang. Je me souviens que cela, c'est une particularité de mon clan d'origine, et pas des incubes en général. Je me sens presque fier de ça, alors qu'avant, je l'avais toujours rejeté en essayant de l'oublier, cet héritage indésirable. Je devrais haïr les anges, de m'avoir retiré ma famille en la massacrant, mais en fait, je ne l'ai jamais vraiment connue, étant bien trop jeune à l'époque de leur mort, et donc je ne ressens rien, ni pour eux, ni pour leurs assassins. Peut-être que si c'était le cas, je détesterais ce qui m'arrive, mais là... Je prends un pied phénoménal, à recevoir les coups de reins de cet ange pervers qui me fait tellement de bien.

« Ton... ton bras ! » supplié-je.

Il semble comprendre, et lâche ma hanche pour passer son bras devant moi, comme pour m'enlacer, alors que de l'autre il soutient toujours mon genou posé sur l'autel. J'empoigne son poignet, et le tourne jusqu'à voir la jolie veine bleue qui bat sous sa peau d'albâtre. Je plante mes crocs, violemment, et je le sens me mordre la nuque au même moment. J'aspire de toute mes forces, et l'orgasme me terrasse, ma queue se resserrant autour de ma verge et drainant le tout. Je l'entends feuler contre ma chair meurtrie, et il boit mon sang aussi en éjaculant durement. Je peux sentir son sexe pulser en moi, et je gémis encore. C'est chaud, et doux.

« À moi... » chuchote-t-il, et je le sens lécher la morsure doucement.

C'est agréable, et je frissonne. J'aime sentir cette tendresse, après tout ce plaisir sauvage.

Son sexe glisse hors de moi, et je sens sa semence couler le long de ma cuisse quand il me laisse reposer mon pied à terre. Il me relève, et me tourne vers lui.

Je le vois, le rouge aux joues, les yeux totalement turquoise, sans plus aucune pupille, et ses boucles pâles en batailles sur son front, ses ailes disparues, et je le trouve magnifique. Il m'attire doucement contre lui en m'enlaçant, et m'embrasse. Sa langue me semble si soyeuse, quand elle se glisse dans ma bouche, et je me bats lentement contre elle, appréciant chaque contact et soupirant doucement quand il me relâche.

« Je t'observe depuis si longtemps maintenant, Mikaren. »

Cet aveu me déstabilise. Il est vrai que cela fait déjà plusieurs années humaines que je viens sur terre, avec Simiel. Mais entendre qu'un ange ait pu s'intéresser à moi, surtout pour autre chose que me tuer, me laisse perplexe. Et mon mentor ne l'aurait jamais remarqué ? Cet ange doit être puissant... ou très doué. Je penche pour les deux, je crois.

Il me prend par la main, et m'entraine jusqu'à une alcôve remplie de coussins rouge sombre. Je m'y laisse pousser, sur le ventre, et son corps vient à nouveau recouvrir le mien. Il se met à me lécher la tempe, puis la joue, et va jusque dans mon cou. Il s'attarde ensuite sur la blessure qu'il m'a faite, et je la sens cicatriser doucement, un peu de son aura semblant accélérer le processus.

Il descend le long de ma colonne, lapant la sueur, et se met à ronronner tout en me léchant. Ce son, et cette caresse humide me détendent complètement. Je me sens si bien...

Il glisse la langue entre mes fesses, et au lieu d'en éprouver de la gêne, je me cambre simplement en inclinant le bassin pour lui faciliter l'accès. Il me nettoie entièrement, et descend entre mes cuisses pour enlever ma semence qui y a coulé.

Puis il me fait me retourner, et s'attaque à mon ventre, mes aines, et je gémis en souhaitant qu'il suce à nouveau mon sexe. Je le sens se gonfler de sang, et il me regarde en souriant, ses yeux pétillant alors que ses pupilles noires luisent désormais dans l'ombre de la lumière douce des bougies.

« Petit démon aurait encore envie ? »

Je rougis doucement, ma queue s'enroulant autour de ma taille et mes bras se resserrant sur mon torse, et il rit de mon trouble. Il se penche et reprend mes lèvres, et moi je ne peux qu'écarter les cuisses quand il s'allonge sur mon corps offert.

Je sais qu'il a fait quelque chose de spécial, à me prendre sur cet autel et me marquer de ses dents pendant qu'on échangeait nos sangs, mais je ne pense qu'à la promesse qu'il m'a fait dire, et j'ai vraiment envie qu'il me fasse l'amour maintenant.

Sa verge est déjà raide, et je tends la main pour la caresser. Il en a l'air heureux, alors j'accélère, le faisant soupirer, et même gémir tandis que je le branle avec ardeur. J'aime voir ses traits fins se déformer sous le plaisir, mais il finit par m'arrêter, et chasse ma queue quand j'essaye de le reprendre discrètement pendant qu'il baise mes lèvres à nouveau. Il ricane, et se guide contre mon intimité encore humide de salive et de sperme ayant fini par s'écouler encore.

Il s'enfonce en moi avec la même douceur que la première fois, mais cette fois-ci je ne suis pas pressé qu'il me prenne durement. J'ai envie de cette étrange tendresse, totalement incongrue entre un ange et un démon. Je me demande si d'autres l'ont déjà fait avant nous, et je suppose que oui. Depuis le début des temps, cela à surement dût arriver plus d'une fois. Mais je nous sens tout de même spéciales malgré ça, et je suis toujours aussi bêtement heureux.

« Mikaren... » soupire-t-il en se mettant en mouvement lentement.

J'ai l'impression qu'il veut rajouter quelque chose, mais il me fixe simplement, le plaisir noyant ses iris, et faisant disparaitre ses pupilles. Je sais que mes yeux rouges ne doivent par être mieux, et suppose qu'en plus, ma sclérotique doit être devenue presque fluorescente, d'un blanc trop pur et tranchant avec la couleur sanglante de mes iris. Mais je m'en moque. Il n'a pas l'air dégouté par mon côté démoniaque, et j'aime ça. J'aime qu'il sache ce que je suis, ce qu'il est, et que pourtant, il me fasse l'amour tendrement.

Ce n'est plus cet étrange désir explosif, ni mon héritage qui me donne envie de le sentir en moi. Non, c'est juste le garçon que je suis, qui aime le sentir aller et venir.

Sa verge dure heurte ma prostate, et je me cambre en criant son nom. Il a l'air d'apprécier, et recommence. Finalement, je pense qu'il est d'accord pour me faire l'amour... violemment. Je souris en le regardant perdre le contrôle, et il vient ravager ma bouche, ruant en moi en me faisant me tordre sous son corps mince et puissant.

« Valiel... »

Je gémis contre ses lèvres, m'accrochant désespérément à lui en roulant des hanches, et je me perds en buvant les sons rauques qui s'échappent de sa gorge. Je ne sais plus si j'ai vraiment envie de comprendre le pourquoi de tout cela. Simplement pouvoir en profiter en m'abandonnant totalement me semble déjà tellement merveilleux...

« Mika... Mon Mika... »

J'aime entendre sa possessivité, et je ne peux que répondre de la même manière, en l'appelant mon Valiel.

Il se redresse sur ses mains, et me pilonne durement. Je le sens entrer et sortir complètement de moi à un rythme infernal, et je crie en me cambrant. Le plaisir se fait trop fort, et j'ai l'impression que jamais il ne cessera de monter. Ses ailes se déploient derrière lui, et il se penche pour mordre mes lèvres. Je lui rends sa morsure en feulant, et nos sangs se mélangent dans notre baiser, allumant un véritable brasier dans mon corps. Je jouis sans comprendre, une onde de plaisir incroyable me terrassant tandis que je me cabre en éjaculant entre nos corps. Je n'ai même pas eu besoin de me caresser, et ma queue est en fait enroulée autour de lui. Il me regarde, et je l'entends chuchoter d'une voix rauque et sensuelle juste après s'être libéré brutalement en moi, acte accompagné d'un doux gémissement à mon nom :

« Tu es à moi maintenant Mikaren. Pour l'éternité. »

La marque sur ma nuque se met à chauffer doucement, et je souris comme un idiot, parce que j'ai enfin compris.
J'ai compris le sens de tout ceci, et sa signification profonde. Et ça me rend heureux, parce que je n'ai qu'une envie, c'est de rester dans ses bras, et ce pour l'éternité, surtout en le voyant me sourire ainsi, et se pencher pour encore m'embrasser.

Et visiblement, cette envie est plus que partagée, jusqu'à nous avoir liés pour l'éternité.

Fin.


Un avis ? Un clic de souris !

Edit : Je pense peut-être réécrire sur eux un de ces jours... Peut-être que je le ferai du point de vue de Valiel, aussi... Si ça vous tente, vous savez quoi faire !

Edit n°2 : Après avoir lu mes premières reviews, je pense pouvoir dire que l'idée de développer plus l'univers et d'explorer mieux les personnages vous branche plus que pas mal... Donc je pense que je vais faire un autre OS sur eux... On verra pour quand.
N'hésitez pas à me dire si l'idée d'un POV de Valiel vous branche aussi, que je ne fonce pas droit dans le mur si vous préférez rester avec petit démon Mikaren !