J'aurais voulu ne jamais avoir ces doigts-là. Non, je ne regrette rien au fond. Mon ancien « moi » revient à la surface, il exprime son désappointement, ses doutes. Il trouve qu'il ne mérite pas tout ça. Moi, je ne dis rien et je décide de faire une croix. Ou un choix, c'est à vous de voir ma foi. Ce « moi » ne comprend toujours pas cet enchaînement d'événements, mais je ne veux pas le savoir; ils furent, sont et seront, un point c'est tout, et je n'ai qu'une envie : exister.

Revenons à mes doigts. Ceux qui ont fait basculer ma destinée d'une certaine manière, comme dans toutes ces histoires que j'ai pu lire, où je riais bêtement quand mes yeux dévoraient leurs univers, intrigues et personnages. Oui, parfois j'étais hilare; quand ce n'était pas le style de l'auteur, c'était à cause de tous ces instants prévisibles, ô combien savoureux tout de même ! Tout ceci n'était possible que dans un univers parallèle.

Prévisible et impossible, deux mots. Parce que, bien sûr, ces fantastiques chevauchées sur le papier, que je suivais au fil des secondes immortelles, ne sont que chimères et ne se produisent jamais dans la vraie vie. Je crois bien que je me suis trompée à ce moment-là, le Destin s'est bien foutu de moi. Ha, ha, ha. Oui, vraiment.

Sans ces doigts, je ne l'aurais jamais trouvé... Non, vraiment, je ne regrette rien.