L'homme écrivait dans un silence religieux, à peine troublé par le bruit de la plume sur le papier et les ronronnements du chat. L'écriture de son histoire avançait tranquillement, il venait de finir une scène d'action, riche en rebondissements. Cet homme s'appelait Guillaume, trente ans, il avait les cheveux bruns très courts et un peu en bataille. Il portait un vieux jean usé par le temps et la pluie qui tombait souvent dans son petit pays. Guillaume, un peu épuisé, se levait pour se préparer un café quand, soudan, le chat monta sur son bureau pour manifester sa présence.

« Qu'est que tu veux le chat ?

-Miaou.

-Ok je vais te donner à manger. »

Guillaume ouvrit la porte de son buffet où se trouvait la nourriture pour ce félin affamé, c'était un chat tigré roux, un peu goinfre mais adorable comme tout quand il s'agissait de se faire pardonné. Il mit la nourriture dans un bol et le posa sur son carrelage.

« Bon appétit petit canaillou.

-Miah. »

Le chat mangea avec appétit. Guillaume se dirigea vers son bureau mais il fut arrêté par les petits bras de son amant. Antoine, un homme blond, coupe carrée. Ce denier avait les bras tatoués pour une obscure raison.

« Mon chéri encore en train d'écrire.

-C'est comme ça que je gagne ma vie mon petit rebelle.

-Eh arrête de m'appeler comme ça.

-Ok Antoine va te coucher, j'arrive.

-Tu me le promets ?

-Oui. »

Guillaume captura tendrement les lèvres de son partenaire. Antoine tenta alors d'approfondir le baiser mais le brun poussa le blond avec un air désolé. Il était adorable son petit tatoué dans sa chemise trop grande pour lui. Il s'apprêtait à poursuivre son travail quand il se rendit compte qu'il avait oublié de se faire un café entre le chat et son petit ami. Le brun ébouriffa encore plus ses cheveux et s'empressa de le faire. Après quinze bonnes minutes, Guillaume se versa une tasse de café bien chaud.

Il poursuivit son écriture, jusqu'à l'aube, sans se soucier des bruits provenant de l'extérieur. A la fin de son trentième chapitre, l'écrivain se décida à rejoindre son cher blond en espérant qu'il se fût endormi. C'était donc à pas de loup qu'il se dirigea vers le lit commun. Antoine, au contraire, fut réveillé par les bruits venant de l'extérieur.

« Guillaume j'ai peur serait-ce des cambrioleurs ?

-Maintenant à cette heure !

-J'aime pas ce quartier, se plaignit Antoine.

-J'ai choisi le premier appartement que j'ai pu trouver mon chéri.

-Mais quand même Corromeuse. Je sais que tu aimes être près de Liège mais ici je flippe comme pas possible.

-Mais je suis là pour te protéger mon chéri.

-Merci mon cœur. »

Guillaume s'installa sur le lit et commença à caresser tendrement son amant, qui se laissa faire. Il finit par embrasser le brun qui avait gagné son cœur.

« Quand irons-nous plus loin que les bisous Gui ?

-Bientôt, quand je serai sûr que je suis le bon pour toi. J'ai fait tellement de mal autour de moi que j'ai peur de m'engager.

-Mais Gui, je t'aime de toute mon âme et cela depuis des années.

-Des années ? Attends deux secondes.

-Oui, dit Antoine.

-Cela ne fait que six mois que l'on s'est rencontrés.

-Pour toi oui, mais moi je t'avais remarqué bien avant. Tu vois ce tatouage au-dessus du coude de mon bras gauche.

-Ces mots « Mi amor » date de cette époque, dit Guillaume en retraçant les fameuses lettres exécutées de main de maître par le tatoueur.

-Non bien plus tard, mais tu vois ma flamme.

-Oui

-Eh ben je l'ai faite à mes dix-huit ans

-Quoi ça fait six ans que tu m'aimes et tu n'es pas venu m'aborder une seule fois ?

-J'étais fort timide à l'époque.

-Eh ben ça alors, tu as bien changé depuis. »

Antoine prit les épaules de son compagnon. Ils se regardèrent intensément les yeux dans les yeux. C'est Guillaume qui craqua le premier en serrant le blond. Ce dernier sourit car il savait que cet homme, il l'avait eu grâce à sa patience et à son tatoueur. Ce dernier était devenu une sorte de confident bien qu'il croyait que Guillaume fût une femme. Il avait gardé son homosexualité cachée de tous jusqu'au jour où enfin, il avait capturé l'auteur dans ses filets.

Les bruits se firent plus insistants. Les deux hommes toujours serrés l'un contre l'autre tendirent l'oreille.

« Je vais voir Antoine, reste ici.

-Non, je viens hors de question que je te perde.

- Tu ne me perdras pas.

-Ne me prend pas pour un imbécile, je sais comment tu as quitté tes anciennes conquêtes pourquoi crois-tu que j'ai tatoué cette couronne d'épine sur mon bras droit.

-Tu m'espionnais comme un steaker, j'avoue que c'est un peu flippant.

-Il ne faut pas avoir peur mon chéri, je t'aime. »

Ce soir était une soirée révélations pour le brun. Il savait qu'Antoine lui cachait des choses mais pas celle-là. Donc il prit sa chaise de bureau et s'assit dessus un peu dépité.

« Si tu as d'autres trucs à dire, eh ben c'est le moment apparemment la peur te délie la langue Antoine.

-Mais non

-Moi je vois qui si. »

Le plus petit retourna sur le grand lit laissant son petit-ami sur sa chaise de bureau.

« Ah je n'aurais pas dû arrêter d'écrire ce soir, mais j'avais sommeil. Bon me voilà repartit pour cinq chapitres. »

L'homme son stylo en main recommença à écrire. L'héroïne de son histoire arrivait devant un des grands ennemis qu'elle devait affronter. Sous la plume de l'écrivain, elle se battait avec hargne mais, elle n'y arriverait pas seule. Elle parviendrait à le vaincre avec l'aide d'un ancien ennemi, mais cette héroïne n'acceptait pas ce sort. Elle se sentait forte. Après un gros chapitre de négociations, la jeune fille finit par accepter résolument son sort. L'écrivain avait réussi son effet si bien qu'il poussa un soupir de soulagement puis il enchaîna avec le combat et, enfin termina d'écrire la victoire de son héroïne.

« Faire des romans Fantasy, c'est vraiment le pied, s'exclama le brun. »

Le chat sauta sur les genoux de son maître et se mit en boule. Il caressa le petit animal, puis le prit délicatement pour le poser sur le sol, mais il remonta aussitôt sur ses genoux.

« Tu vas pas t'y mettre toi aussi.

-Miah

-Roh toi et ton maître vous êtes pareils.

-Miaou. »

Le fameux maître du chat tigré prit l'auteur dans ses bras.

« Alors moi et mon chat nous sommes pareils

-Oui Antoine exactement pareil.

-On déménagera Gui ?

-Bon j'ai compris ce quartier te fait peur. Pourtant avec tous tes tatouages je te croyais plus courageux.

-Chacun d'entre eux représentent une blessure de mon âme.

-Eh ben, elle doit être sacrément arrangée ton âme.

-Beaucoup d'entre elles ont été causées par ma famille et toi mon chéri.

-Je l'avais compris merci, cria Guillaume en colère.

-Tu me déteste mon amour ?

-Bien sûr que non mais je suis juste en colère contre moi. Pourquoi ne t'ai-je pas remarqué plus tôt !

-Ne t'en veux pas mon écrivain d'amour. J'étais vachement bien caché.

-Pourtant un gars aussi tatoué que toi ça se voit.

-Pas si tu sais que les chemises et les pulls un peu larges peuvent te cacher. »

Antoine entendit encore un bruit et sursauta. Guillaume n'en pouvait plus de ce potin infernal, il se décida à sortir pour chasser l'intrus.

« Mon chéri habille-toi un peu plus, dis Antoine.

-Ok. »

Le brun prit une veste pendue sur un meuble et l'enfila vite pour aller voir dehors, Guillaume eut alors un choc en sortant : les nains de jardin avait disparu.