Le calme revint dans la maisonnée, Guillaume et Antoine s'endormirent dans les bras l'un de l'autre. Ils se réveillèrent le lendemain matin à cause du bruit agaçant du réveil matin. Le brun fit taire l'infernale machine du plat de la main.

« Maudit réveil. Bien vite que je fasse un best-seller pour qu'on puisse juste vivre de mon écriture et toi juste dessiner mes couvertures et d'autres choses si tu veux.

-Le dessin est ma façon à moi de m'évader Gui, je ne veux pas en faire mon métier même si j'avoue que ça serait plutôt drôle.

-Alors qu'est-ce que tu attends pour accepter la proposition de ma maison d'éditions.

-Gui, c'est une petite boite, même si tu te vends bien, j'ai peur que tout s'arrête d'un coup. Trouver un boulot de nos jours n'est vraiment pas la chose la plus facile au monde. Je n'ai pas envie que tu meurs de faim, je ne veux pas te perdre. »

Le blond commença à avoir les larmes aux yeux, il pensait tout ce qu'il avait dit et Guillaume le savait. L'auteur s'approcha de son petit ami avec tendresse et lui essuya les larmes qui coulaient sur le visage du tatoué.

« Je dois aller au travail.

-Passe le bonjour à ton patron de ma part.

-Il ne te connaît pas. Il ne lit presque jamais et c'est bien déplorable.

-Les livres n'intéressent que très peu de personnes et je le sais mon amour.

-J'aimerais régler cette histoire de maux soudains. Va voir une voyante au pire.

-Hum, j'espère que ça sera Jeanine, car Irène je ne la supporte pas, je me demande comment elles en sont venues à travailler ensemble.

-Bon, je finis de m'habiller puis j'y vais Gui. »

Antoine finit de se préparer puis donna un bisou à son auteur d'amant, même s'ils n'étaient pas allés plus loin que des baisers et des câlins. Il fila dès qu'il eut son baiser. Guillaume soupira et réveilla le chat. Il lui donna à manger et s'habilla à son tour.

« Je n'ai pas trop le choix je dois voir une voyante puisque je n'aime pas mon psychologue. Ce monsieur Tardis est aussi antipathique qu'Ivonne. A se demander s'ils ne forment pas un couple. »

L'auteur mit sa veste puis ferma l'appartement avant de se diriger à la maison des voix du futur qui était l'endroit où Jeanine et ses collègues exerçaient leurs dons pour autrui. Tarologues, médiums, magnétistes et voyants étaient tous réunis dans ce bâtiment. Si le brun appréciait tant la voyante de plus de soixante ans ce n'était pas seulement pour sa sympathie, mais aussi pour la palette variée de ses pouvoirs spirituels. C'était un bâtiment bleu avec une architecture qui datait du dix-huitième siècle. Selon ses estimations il aurait dit le milieu de ce siècle si particulier. Il entra dans la bâtisse.

« Ah monsieur Solasil, madame Jeanine est là, elle vous attend, elle sentait que vous aviez besoin d'aide, alors elle en a vite fini avec les clients qu'elle recevait aujourd'hui.

-Elle ne change décidément pas, dans ce cas je vais la voir. »

Guillaume attendit que la secrétaire lui ait dit dans qu'elle pièce elle se trouvait pour s'y rendre. La voyante ne changeait pas de pièce aussi facilement mais on ne savait jamais.

« Monsieur Solasil au même endroit que la dernière fois pas besoin de vous indiquer le chemin.

-Merci Madame, j'y vais de ce pas. »

Le brun prit le couloir puis entra dans la quatrième pièce sur la droite. Il alla serrer la main de sa voyante.

« Encore ces douleurs Guillaume ?

-Oui mais j'aimerais montrer toute mon affection à Antoine mais c'est sans succès. J'ai toujours un truc qui m'en empêche.

- Hum, donc c'est lui le bon, celui avec qui tu veux vivre ?

-Oui sans l'ombre d'un doute.

-Alors j'ai quelque chose à te dire Guillaume.

-Je t'écoute.

-Tu as une malédiction qui pèse sur toi.

-Tu peux faire quelque chose pour l'éradiquer.

-Bien sûr, mais ce ne sera pas de tout repos, et il me manque certains éléments.

-Donc, tu pourrais faire quelque chose pour contrer ça ?

-Oui, en espérant que l'au-delà n'aide pas trop la partie adverse.

-Cela serait grave ?

-Tout dépend de l'esprit.

-Comme vous ne pouvez lever cette malédiction tout de suite. Y-a-t-il quelque chose pour contrecarrer cela ? »

La vieille voyante se leva pour aller dans l'armoire située dans la pièce. Elle souleva les objets avec grand fracas. Guillaume ressentit une certaine impatience ce qui de sa part ne lui était jamais arrivé.

« Voilà j'ai un truc pour affaiblir la malédiction.

-Qu'est-ce que c'est ?

-Un bracelet. J'espère que le design n'est pas trop féminin pour toi Guillaume. »

Elle lui présenta le bracelet composé d'étranges perles. Le brun se demanda s'il devait vraiment porter cette chose horrible et difforme. Il formula le souhait silencieusement.

« Malheureusement tu devras le porter.

-Et mince.

-Je suis désolée, mais c'est tout ce que je peux faire pour toi. Il me faudra au pire deux mois pour lever complètement ta malédiction.

-Deux mois ! Ça fait beaucoup.

-La personne qui a fait ça n'est pas un amateur Guillaume, crois-moi.

-Je te crois.

-Mais qu'as-tu fais pour enclencher sa colère ?

-Colère ?

-Oui c'est quelqu'un de très en colère qui a fait ça. As-tu blessé quelqu'un un jour.

-A part peut-être mes ex sinon je ne vois pas qui.

-Il n'y en avait pas un d'entre eux qui avait des pouvoirs psychiques ?

-Je n'en sais rien Jeanine.

-Bien, prends ça et met-le surtout ne t'en sépares pas.

-Ok, je le ferai Jeanine. Merci je te dois combien ?

-Comme d'habitude, le bracelet c'est un emprunt donc pas besoin de payer plus. »

Guillaume paya la voyante avec plein de reconnaissance. Il sortit du bâtiment en soupirant. Il jeta un regard sur le ciel pollué de la ville. Le brun se dit qu'il allait pleuvoir très fort d'ici peu. C'est ce qu'on appelait dans ce petit pays la drache. L'écrivain se dirigea chez lui en passant devant un vendeur arabe qui jouait avec un enfant, ce dernier riait aux éclats. Attendri par la scène, il acheta un kilo de pommes à ce vendeur si sympathique.