Chapitre 1

Il a tout pour être heureux dans la vie, tout lui sourit. Un bon train de vie, un job qu'il adore et il essaye par-dessus tout de profiter de la vie au maximum. Car, comme pour la plupart des gens, elle ne lui as pas forcément toujours sourit. Du coup il a très vite appris à ne pas se laisser abattre par les aléas ou les obstacles qui peuvent se dresser devant lui. C'est un battant dans le corps et dans l'âme, avec une force de caractère inébranlable et un mental d'acier. De ce fait il ne se refuse rien, l'une de ses devises … « ne jamais avoir de regret ». Et bien que parfois son boulot l'accapare tellement que ça devient difficile d'y parvenir, pour rien au monde il n'en changerait. Son métier, il a ça dans le sang. Il est né pour ça et l'a toujours su. Ca a toujours été son destin, et quoi qu'il arrive, rien n'aurait pu l'empêcher de réaliser son rêve. Et aujourd'hui il en est là… là où il a toujours voulus être, ayant gravis une à une les marches, un à un les échelons pour atteindre ce niveau, le tout à la seule force de sa volonté. Il n'a jamais rien demandé à personne … « ne jamais être redevable »… encore une devise.

Et pourtant bien qu'il le cache à tous le monde, y compris et surtout à lui-même, il a bien un regret, un petit regret selon lui, mais malgré tout bien présent … ne pas avoir trouvé LA personne avec laquelle partager tout ça. Evidement, il ne vit pas comme un moine bouddhiste ayant fait vœu de chasteté et à souvent de nombreuses conquêtes mais jamais rien de très sérieux, il n'a jamais réussis à s'y résoudre, au grand damne de sa famille et de ses amis. Mais sa carrière est trop importante pour lui, et depuis si longtemps, qu'il en a vite oublié de vivre sa vie personnelle aussi pleinement que sa vie professionnelle. Et les relations sans lendemain sont devenues, au fil du temps, son quotidien. Sans grandes difficultés, il faut bien l'avouer. Il sait parfaitement qu'il plait et que son physique l'avantage pas mal sur les autres.

C'est aussi ce regard des autres vis-à-vis de lui qui lui a donné cet aplomb et cette confiance en lui. Il a 30 ans, il est grand, il est brun, il a ces magnifiques yeux verts émeraude qui vous font tourner la tête, il est tout simplement sexy, il est Capitaine de la Bac au commissariat du 7e à Paris et il s'appel Yann Berthier !

Le commissariat est en ébullition ces derniers temps, c'est une véritable folie. Il manque cruellement de monde et le sous-effectif se fait de plus en plus ressentir chaque jour. Chacun y met du sien, ne compte pas ses heures supplémentaires et ne rechigne pas à la tâche. Après tout, pour la plupart d'entre eux, s'ils sont rentrés dans la Police Nationale c'est pour une bonne raison. Ce métier, on n'y arrive pas par hasard … non … on le choisit. Alors s'il faut en passer par là pour que chaque jour soit meilleur que le précédent et ainsi respecter le serment que chacun a prêté, qu'il en soit ainsi. Et puis ce n'est pas comme-ci ils étaient les seuls dans ce cas. Le problème est considérablement le même dans quasiment tous les commissariats de la région. Le haut commandement leur a pourtant promis de nouvelles recrues il y a plusieurs semaines déjà, suite à bon nombre de réussites à la sortie de l'école de Police, paraît-il. Et d'après les dernières nouvelles, émanant de la commissaire elle-même, les recrues du commissariat du 7e sont attendues pour aujourd'hui. A la grande joie de beaucoup ici, Yann le premier. Bien que cette joie apparente soit nuancée par le fait qu'il est été désigné pour accueillir les bleus et leur faire le sempiternel discours de bienvenue ainsi que la visite guidée des lieux afin qu'ils se familiarisent immédiatement et ne se paument pas a tout bout de champs durant les premiers jours de leur affectation. Le cas s'est malheureusement déjà vérifié et cela s'était révélé une immense perte de temps, et dans la Police le temps est souvent précieux. De ce fait, ce nouvel « accueil » a été mis en place quelques années auparavant et force est de constater que depuis, l'enchainement de l'arrivée et de la prise de poste s'est largement amélioré. A chaque nouvel arrivage, un Capitaine ou un Commandant des différents Services est désigné, le tout dans un roulement afin qu'il n'y ai pas de jaloux. Et cette fois, c'est le Capitaine Berthier qui devras s'y coller, non sans quelques moqueries de la part de ses hommes, qui, le connaissant plutôt bien, plaignent déjà les futurs bleus d'être tombés sur lui. Son caractère, son franc parlé et le bourreau de travail qu'il est, sont bien connus non seulement dans son propre service mais également dans tous les autres, sans exception.

Il n'a qu'une envie … rentrer chez lui, prendre une bonne douche salvatrice et décontractante et se glisser sous les draps, bien ancré dans son lit pour une nuit de sommeil réparatrice. Cela fait maintenant plus de 36 heures qu'il est en service et près de 12 heures qu'il ne tiens que grâce aux cafés ingurgités. Apparemment, d'après les bruits de couloir, les Bleus commencent à se faire connaître les uns après les autres à l'accueil. Quand son téléphone sonne. C'est sa voisine d'à côté qui le prévient qu'il y a une fuite d'eau dans son logement et qu'il doit se présenter afin que le plombier puisse vérifier si les dégâts de celle-ci ont touchés son loft ou non. Il prends sa veste, ses clés de moto et descends en quatrième vitesse trouver la commissaire pour la prévenir de son départ précipité et de la raison pour laquelle il ne peux pas accueillir les nouvelles recrues. La commissaire l'excuse et après l'avoir laissé reprendre sa course effrénée, attrape le Commandant Duval et l'assigne à la tâche d'un ton sans appel, afin qu'il n'essaie pas de se défiler. Yann arrive au rez-de-chaussée, passe devant l'accueil où il aperçoit les nouvelles têtes du commissariat et ne peux s'empêcher de sourire et de se dire que cette fuite d'eau est peut-être une aubaine finalement. Il n'aurait probablement pas supporté toute une après-midi avec eux.

Il est 14h30 quand il enfourche son bolide avec cette aisance qui le caractérise et le rends tellement attirant auprès de le gente féminine notamment et fait vrombir le moteur de la cylindrée. Il prend ensuite la route en direction de son loft. Il n'a pas une minute à perdre vu l'urgence de la situation. La circulation est danse dans Paris en règle générale, mais par chance, vu l'heure peu avancée de l'après-midi, il se permet d'accélérer un peu plus que de raison. Malgré tout ses efforts, il se demande dans quel état il va bien pouvoir retrouver son habitation, et la fatigue accumulée n'aidant pas vraiment, il a du mal à se concentrer sur la route comme il le devrait. Pourtant il sait qu'il doit se ressaisir, alors il décélère légèrement et reprend contenance afin d'avoir ses yeux et son esprit uniquement focalisé sur la route. Bien que son loft ne soit pas très éloigné du commissariat. Mais il est bien placé pour savoir que les plus habituels et plus petits trajets sont souvent les plus dangereux, voir fatals.

Il a désormais reprit ses esprits et retourne fixée son attention sur la route. Il empreinte les petites rues qu'il connait par chœur afin de regagner son domicile qui n'est maintenant plus très loin. Il remonte la pente presque automatiquement. A l'autre bout de celle-ci, une voiture s'engage elle aussi dans la ruelle mais semble arriver bien plus vite que la vitesse autorisée. Yann, qui continue son avancée, ne fait pas attention à cette masse de tôle qui se rapproche précipitamment de lui. Il a peine le temps de lever les yeux vers elle, qu'au même instant un énorme bruit sourd retentit entre les murs des immeubles qui délimite la voie. S'en suit un profond silence… puis plus rien …