† Chapitre 3 †

- Monsieur le Comte, vous avez de la visite.

Le jeune homme aux cheveux châtain cendré releva la tête. Ses cheveux coiffés court sublimaient parfaitement son jeune visage aux traits encore légèrement arrondis, faisant ressortir la clarté de ses yeux vert clairs pétillants. L'homme d'âge assez mûr qui se trouvait dos à lui se tourna, dévoilant un visage avenant mais sévère. Ses cheveux châtain foncé étaient coiffés plus court que son serviteur, sa barbe quant à elle était parfaitement taillée dans une forme géométrique parfaite, avantageant de façon certaine son visage carré. Il était vêtu de riches vêtements rouges qui mettaient son teint en valeur. Il déposa le livre qu'il détenait dans ses mains sur le bureau inondé de paperasse diverses et vairées.

- Fais-le entrer, Damian. Dit-il d'une voix presque solennelle.

- Bien monsieur le Comte. Répondit le jeune homme en s'inclinant.

Il soupira lorsqu'il vit son serviteur quitter la pièce, ce gamin se comportait toujours comme s'il était son serviteur plutôt que son neveu. Il se souvient pourtant des nombreuses remontrances à son égard par rapport à son attitude, il lui rappelait chaque jour qu'il serait lui aussi un Comte et qu'il devait se comporter comme tel. Mais c'était comme parler à un mur d'incompréhension et ça le rendait fou. Soudain, son invité passa la porte de son bureau, suivit de près par Damian qui l'avait guidé jusqu'ici. Aussitôt le Comte se mit à trembler, ses yeux s'éclaircirent aussitôt qu'il reconnut la personne qui avait franchis sa porte.

- Lukas Von Kahlmann. Annonça Damian en s'inclinant une fois encore.

Cette fois le Comte lui-même s'inclina face à la personnalité qui venait lui rendre visite. Lorsqu'il releva la tête, il ne pu s'empêcher d'admirer la prestance de son hôte, toute sa personne dégageait une incroyable élégance et sa majesté. Il aurait été blessé dans son ego ou sa fierté de se voir ainsi éclipsé par ce charisme naturelle s'il ne s'agissait pas là de son souverain.

- Relevez-vous Comte Cäsar.

- Votre majesté, vous….Vous voici enfin de retour. Murmura-t-il sous le coup de l'émotion.

Le prince lui adressa un franc sourire, touché par l'émoi de ce vieil ami.

- Allez-vous enfin reprendre vos fonctions ? Demanda Cäsar, le regard empli d'espoir.

- Mon devoir envers ma famille n'est toujours pas rempli. Répondit-il en fronçant légèrement les sourcils. Mais pour parvenir à mes fins, je me dois d'endosser le rôle qui est le mien.

- Je suis heureux de vous revoir parmi nous votre majesté.

Le Comte pria son invité de s'installer dans le petit salon situé dans la pièce à côté. Les trois vampires s'y installèrent.

- Où en sont vos recherches ? Demanda Lukas.

- Nous n'avons toujours pas trouvé l'identité de cet hybride… En revanche depuis votre départ, les nouvelles ne sont pas des plus rassurantes. Beaucoup des nôtres sont morts, chassé par les chasseurs et certains ont renié l'allégeance qu'ils vouaient à la famille royale…

- C'est une triste nouvelle. Dit le prince alors qu'une lueur de tristesse voila ses deux yeux couleur rubis.

- En revanche, vous gardez quelques puissants alliés qui n'hésiteront pas à répondre à votre demande.

- Envoyez dès ce soir une missive à la Duchesse Rosenberg Maria, au Baron Graaf Lorenz ainsi qu'à la Comtesse Suzanne Ludwig et sa fille Roseline. Ils devraient répondre à ma demande et venir immédiatement nous retrouver ici. Ordonna le prince.

- Cela sera fait à votre demande. S'inclina le Comte.

- Pourquoi ne demandez-vous pas l'aide de tous vos partisans ?

La voix de Damian s'était élevée pour la première fois depuis que le prince était arrivé. Les deux hommes tournèrent leur tête en sa direction. Cäsar lança un regard rapide vers le prince, espérant que l'impertinence de son neveu n'ait pas froissé son invité. Pourtant il fut surprit de constater que le prince n'était nullement offensé.

- Je ne peux demander à tout le monde de me suivre. Répondit Lukas d'une voix posée. Je n'ai décidé de m'entourer que des personnes aux rangs assez élevé pour combattre, il est de mon devoir de protéger mes sujets, je ne peux aisément pas leur ordonner de livrer bataille contre un ennemi que je ne connais pas et risquer de tous les voir se faire exterminer.

- Pardonnez-le votre majesté. S'empressa de s'excuser le Comte. Il est encore jeune et…

- Je n'ai rien à lui pardonner. Répondit Lukas en se levant. Il est en droit de savoir, après tout voici un futur Comte bien prometteur.

Damian fut surprit de la douceur de cet homme, pourtant si impressionnant, qu'il forçait le respect dès que l'on posait ses yeux sur lui. Il se sentit fier et privilégié d'avoir attiré l'attention de son souverain, et sans qu'il en ait eut conscience, il esquissa un sourire timide.

- Cäsar, dites-moi où se trouve Hans ? Demanda Lukas.

- Vizegraf Hans m'a dit qu'il se rendrait dans la région de Frield.

- Très bien, je m'en vais le rejoindre immédiatement.

- Devrais-je vous dépêcher une monture ainsi qu'une escorte ?

- Non, ça ira. Répondit-il en levant une main.

Aussitôt le Comte se leva pour saluer son prince, ce dernier tourna les talons et fut escorté par Damian jusqu'à la porte d'entrée. La région de Frield n'était qu'à trois bonnes heures de chevauchée, il serait largement à temps avant le lever du soleil. Avec toute sa prestance, il se hissa sur son destrier aussi noir que la nuit et ce dernier commença sa course folle.

†.†.†.†

Perdu dans les entrailles des montagnes, une ville s'étendait dans une immense plaine cerclée de grandes montagnes. Atteindre cet endroit éloigné n'était pas chose évidente, il fallait pour cela emprunter le seul chemin possible qui grimpait la plus petite montagne là où les chemins étaient accessibles et sûrs. Surplombant la ville, un château situé au-dessus de la ville trônait fièrement sur le sommet d'une des montagnes. La nuit était tombée et l'astre lunaire n'apparaissait qu'en croissant de lune parfaitement dessiné dans un ciel parsemé de nuages qui voilaient les étoiles.

Tandis que la mélodie douce et typique de la nuit berçait les habitants endormis, un cri lointain se fit entendre avant de se perdre dans un écho. Des chauves-souris s'envolèrent par dizaine, tout autant paniquée que dérangée par les cris qui se dérobèrent de leur cachette. A travers les fenêtres de la belle bâtisse, on pouvait apercevoir la danse hypnotique des flammes. Les cris s'intensifiaient, résonnant dans le hall du château. Dans la salle à manger, les chaises étaient alignées et trois silhouettes y étaient installées face à un homme de taille moyenne. Ce dernier avait les cheveux mi- longs et bruns, des mèches de ses cheveux soyeux tombaient devant son œil droit d'où l'on pouvait deviner un cache-œil de cuir. Son autre œil quant à lui était d'un bleu étincelant. Son visage bien que superbe, dégageait une certaine froideur, il jaugeait avec mépris les corps assis devant lui, les bras croisés.

Les corps de ses victimes étaient désarticulés, ressemblant à des poupées brisées. Il se mit à soupirer tout en reportant son attention sur son dernier prisonnier.

- Bien, nous voici arrivé à votre tour, très chère. Dit-il d'une voix froide.

La femme était assise sur la dernière chaise de la rangée et aussi la dernière en vie. Ses yeux étaient tinté de rouge et ses crocs dépassaient de se pulpeuses lèvres. Elle se débattait dans le vide, comme si quelque chose la retenait sur sa chaise, ses longs cheveux roux, décoiffé par ses mouvements brusques, descendaient en cascade sur ses épaules dénudées. L'homme à l'œil de glace leva sa main devant lui et aussitôt sa victime fut paralysée. Lentement, il leva légèrement ses doigts, forçant le visage de la femme à se relever.

- Maintenant, Baronne Freihrau Rosalia, dites-moi tout ce que vous savez à propos de celui qui vous commande. Gronda-t-il.

- Je ne sais rien ! Relâchez-moi ! Ordonna-t-elle.

- Je jure de vous tirer toutes les informations que vous détenez, de gré ou de force. Siffla son tortionnaire en resserrant son emprise sur la femme, entaillant sa peau d'albâtre. Ce que vous m'avez vu faire sur vos comparses était bien loin de mes véritables talents. Vous feriez mieux de ne pas me contrarier, Baronne.

- Si je vous dis tout ce que je sais, me laisserez-vous la vie sauve ? Supplia-t-elle du regard alors qu'une lueur d'espoir brillait au fond de se yeux rouge sang.

- Dites-moi tout, je vous écoute.

Visiblement, Rosalia hésita. La femme se mordit la lèvre inférieure, prise dans un terrible dilemme, pourtant lorsque ses iris rouges se posèrent sur les corps mutilés de ses complices, elle eut un haut le cœur. Vaincue, elle baissa la tête.

- Je…Je m'occupe d'enlever des humains. Dit-elle d'une faible voix. On m'a ordonné de les envoyer ensuite jusqu'à un entrepôt. C'est là le rôle que je dois tenir, je vous le jure.

- Pourquoi enlevez-vous des humains ? Et où se situe cet entrepôt ? Tonna le beau tortionnaire de sa voix rauque.

- Je ne sais pourquoi, je ne fais qu'obéir aux ordres… L'entrepôt se situe dans la région voisine, aux abords du lac d'Eibsee.

- Qui vient les récupérer ? Et qui vous ordonne cela ?

- Il s'agit de la même personne. Je ne connais ni son nom, ni ses motivations.

- Pourquoi obéir à cet inconnu ? Interrogea-t-il d'un ton sec.

- J'ai le loisir de garder quelques humains pour la consommation personnelle, il m'a également promis que mon rang s'élèverait à mesure que je lui fournissais des humains et il m'a assurée que je ne serais pas pourchassé par les chasseurs.

- Etait-ce un hybride ? Aboya le bel homme, le regard dur.

- N…Non. Bégaya-t-elle, effrayée. Il s'agissait d'un vampire, comme vous et moi. Gémit-elle. Je vous en prie, je ne sais rien de plus ! Libérez-moi ! Je vous en supplie !

- N'avez-vous aucune information quant à l'hybride qui mena à l'assassina du roi ? Insista-t-il en resserrant son pouvoir sur elle.

- J…Je ne sais rien…Essaya-t-elle de dire malgré la forte pression autour de sa gorge.

Le bel homme s'écarta enfin de sa proie, la laissant reprendre son souffle. Elle sentit son corps lui revenir peu à peu, reprenant ses moyens.

- Hans ! S'écria une voix derrière lui.

Le vicomte se retourna aussitôt. Son visage froid et inexpressif se changea aussitôt lorsqu'il reconnu son prince. Un éclair de fierté brillait dans son unique œil bleu lorsqu'il contemplait Lukas, il s'inclina respectueusement avant de se relever. Ça faisait maintenant quelques années qu'il n'avait pas vu le prince, apparemment les années l'avaient rendu plus fort et grand. Bien qu'il fut touché de retrouver celui qu'il avait toujours protégé, il ne le montra pas, se cachant derrière un masque d'impassibilité.

- Votre majesté ! Dit-il d'une voix grave. Je suis si heureux de vous revoir.

- Lukas Von Kahlmann…Murmura difficilement Rosalia, massant sa gorge douloureuse.

- Hans, que se passe-t-il ? Demanda-t-il en posant son regard sur les cadavres ainsi que la Baronne.

- Votre majesté, je… ! S'écria Rosalia avant d'être bâillonnée par le pouvoir de Hans qui lui jeta un regard noir.

- Mon prince, cette traîtresse a reçu l'ordre d'enlever des humains et de les emmener dans un entrepôt, il semblerait qu'elle détienne ces ordres d'un vampire, le tout pour gagner en rang et s'assurer qu'elle ne soit pas chassée par les hybrides. Résuma le victomte.

- Baronne, par quelle méthode enlèves-tu ces humains ? Si ces derniers avaient eut vent de cela, ils dépêcheraient une armée d'hybride pour vous tuer… Demanda Lukas. Comment pouvez-vous donc avoir la certitude d'être en sécurité ?

- Les…Les goules, votre majesté. Articula-t-elle lorsqu'elle pu reprendre l'usage de la parole.

- Que veux-tu dire par là ? Gronda Hans.

- Il…Il contrôle les goules. Je n'ai qu'à enlever des humains au milieu des attaques de goules, personne ne se rend compte des disparitions durant le chaos d'une attaque.

- Je vois… Continua Hans, fronçant un peu plus les sourcils. Et les hybrides ?

- Il n'en est pas venu ici depuis que je l'ai rencontré. Avoua-t-elle. C'est…C'est comme s'ils ne savaient pas.

- Ou qu'ils ne désirent pas intervenir. Dit Lukas, dissimulant difficilement sa colère. Peut-être tout cela est-elle l'œuvre de cet assassin… Murmura-t-il, les dents serrées. As-tu envoyé des humains récemment ?

- Non, ils sont toujours dans leurs cachots.

- Allons voir s'ils savent quelque chose. Ordonna Lukas en tournant les talons, prenant la direction de l'escalier qui menait au sous-sol.

Alors que Rosalia allait se lever, le Vicomte sortit une dague de sa manche et dans un geste incroyablement rapide et précis, il planta la lame dans son cœur. La femme resta immobile et baissa ses yeux à présent revenu à leur couleur naturelle noisette. Son dernier souffle s'échappa de ses lèvres tandis que son corps retomba lourdement sur sa chaise. Lukas se retourna, alerté par les gémissements de douleur de la vampire. Lorsqu'il comprit ce qu'Hans avait fait, une immense colère l'envahit, si bien que des ombres s'échappèrent du sol. Hans ne broncha pas lorsqu'une pique d'ombre fonça sur lui. Celle-ci s'arrêta à quelques centimètres à peine de lui.

- Hans ! Gronda Lukas, pourquoi l'as-tu tuée ?!

- Je ne sais que trop bien à quel point de telles mesures vous attriste, mon prince. Mais cela est nécessaire. Ce sont des traîtres qui cachaient des informations. Quelle confiance pourrions-nous leur donner après qu'ils aient décidé de vous trahir ?

Lukas resta silencieux, ses yeux rouges parcourent les corps inertes et ensanglanté des vampires. La peine se lisait aisément dans ses yeux, pourtant il reprit rapidement contenance, enfilant un masque d'impassibilité. Les ombres disparurent aussi vite qu'elles étaient apparues, le prince tourna les talons et s'engagea dans l'escalier. Il savait pertinemment que le Vicomte avait raison, mais voir la mort de ses congénères ne lui rappelait que trop cette nuit où il perdit tout. Hans le suivit en silence, tout deux descendirent au sous-sol, là où étaient parqué des dizaines d'humains dans une cage. Aussitôt un mouvement de panique se fit ressentir parmi les prisonniers qui se regroupèrent, tel du bétail effrayé. Lukas se posta face à eux, fermement campé sur ses deux pieds. Ses yeux d'un rouge étincelant se tintèrent lentement de la couleur du soleil, devant finalement aussi beau que de l'or en fusion. Les humains se détendirent immédiatement, comme envoûté.

- Dites-moi tout ce que vous savez de ces vampires. Ordonna Lukas d'une voix rauque.

La foule murmura des paroles incompréhensibles et le prince en déduisit qu'ils ne savaient pas pourquoi ni par qui ils avaient été enlevé.

- Avez-vous vu, ou entendu parler d'un hybride durant votre enfermement ? Continua Lukas d'une voix sèche qui trahissait son agacement.

Là encore, la question n'apporta aucune réponse. Le prince se mordit les lèvres. Qu'espérait-il, après tout ? Ces pauvres créatures inutiles ne pouvaient pas lui apporter les réponses qu'il cherchait, ils ne savaient probablement absolument rien.

- Votre majesté, que faisons-nous à présent ? Demanda Hans en s'avançant vers son prince.

- Nous devons nous rendre à l'entrepôt dont nous a parlé la Baronne. Où se situe-t-il ?

- Au lac d'Eibsee. Ce n'est pas très loin d'ici, mais le jour est sur le point de se lever, nous devrions attendre ce soir.

- C'est entendu, demain soir nous nous y rendrons. Conclu Lukas avant de quitter la pièce, laissant les humains parqué dans leur cellule, sans un regard pour eux.

†.†.†.†

Valhein avait finalement passé la nuit bien accompagné, après la visite de Frantz, le beau chasseur était sur ses gardes, si bien qu'il ne trouva pas le sommeil. Las d'attendre sans rien faire l'aube, il descendit au rez-de-chaussée, les servantes étaient en train de nettoyer assidûment l'endroit pour que le lendemain il soit propre comme un sous neuf. Sa présence déclencha des petits cris de stupeur auprès des femmes qui n'étaient visiblement pas habituées à rencontrer un chasseur. Le jeune homme ne fit pas attention à leur présence et il s'installa au bar vide. Il remarqua rapidement les regards que lui lançaient les humaines, un mélange de désir et de crainte. Le chasseur remarqua l'une d'elle, une jeune femme plutôt timide mais mignonne. Cette dernière s'avançait vers lui, dans une démarche qui se voulait sûre d'elle, ses yeux noisettes encré dans les siens même si elle détournait fréquemment les yeux, gênée.

- Monsieur, vous ne devriez pas être là. Dit-elle d'une petite voix.

- Je ne trouve pas le sommeil. Répondit-il simplement.

Les joues de la jeune fille étaient rosé tandis qu'elle se voulait plus ferme.

- Regagnez vos appartements s'il vous plaît.

- En quoi ma présence vous dérange-t-elle ? Demanda-t-il d'une voix agacé.

- Ce n'est pas convenant, c'est déconcentrant de sentir votre regard sur nous. Avoua la jeune fille.

- Si vous m'aidez à trouver le sommeil, je veux bien m'en aller. Murmura-t-il à son oreille.

Son visage devint si rouge qu'un sourire carnassier s'esquissa bien malgré lui sur ses lèvres. La petite blonde était plutôt mignonne se dit-il. La jeune fille frissonna lorsqu'elle rencontra le regard de prédateur que lui jetait Valhein, mais derrière sa crainte, elle sentit son corps vaciller.

- Viens avec moi. Susurra-t-il.

Il se leva, entrainant la jeune fille avec lui en posant sa main sur ses hanches sous les regards très envieux des autres humaines. Sans résister, elle suivit cet homme au charme dévastateur. Elle se retrouva dans sa chambre, le bel hybride alla s'asseoir sur son lit et lui lança un regard de défis. La jeune femme ne put s'empêcher de le contempler, ses yeux étincelant et argenté brillaient dans la pénombre qu'offrait la nuit tandis que les faibles lueurs des flammes des bougies dessinaient leurs ombres sur les murs. Ses cheveux miel décoiffés tombaient sensuellement devant ses yeux perçants et son visage d'ange esquissait ce sourire hautain qui lui fit battre son cœur. Elle ne contrôlait plus son corps tandis qu'elle avançait jusqu'à lui. Elle se plaça entre ses deux jambes, debout face à lui. Son souffle se fit plus court et son corps s'échauffa. Valhein commença à ôter ses vêtements, dévoilant un torse magnifiquement sculpté par les combats. La jeune femme était pétrifiée devant cette statue grecque qui s'offrait devant elle. Il haussa un sourcil en lui jetant un regard de braise.

- Comment comptes-tu faire en gardant tes vêtements ?

La voix rauque du beau chasseur fut sursauter la jeune fille, mais machinalement, ses fines mains se glissèrent vers ses vêtements qu'elle ôta timidement. Elle s'offrit à la vue perçante de l'homme qui n'avait pas bougé d'un pouce, observant avec satisfaction son corps jeune et frais. Le chasseur tendit le bras et d'un mouvement, la tira à lui pour la renverser sur le matelas. Le petit cri qu'elle échappa lorsqu'elle rencontra le matelas lui décrocha un rire satisfait, dévoilant ses deux canines éclatantes. Fascinée, l'humaine avança sa main, dans l'espoir de les toucher. Mais elle fut arrêtée par la main du chasseur qui plaqua la sienne sur le lit.

Son corps de femme réclamait avec désespoir son contact, trahit par sa chaleur ardente et l'humidité de son intimité, timidement, elle ondula, cherchant le beau corps ferme et vigoureux de Valhein. Il lui écarta lui cuisses, tout en libérant de son autre main son intimité emprisonné dans sa prison de tissu. Elle réprima un hoquet de surprise lorsqu'elle aperçut son sexe à la dimension plus qu'honorable, fasciné, elle se permit de le toucher. Sa chaleur était incroyable et sous ses caresses, le membre s'endurcissait. Valhein quant à lui s'empara de l'un de ses seins et le pétrit avec fougue tandis qu'elle réprimait des gémissements. Il s'enfonça lentement en elle, le temps qu'elle s'habitue à sa présence.

Lorsqu'il la sentit se détendre, il entama un va-et-vient qui ravit la jeune fille. Les cris qu'elle poussait encouragèrent le chasseur à s'enfoncer plus violemment, lui relevant même les jambes. Enhardit, il donna des coups de butoirs de plus en plus brusque, jusqu'à ce qu'ils atteignent ensemble le point de non-retour. Valhein se retira, satisfait. Bien que cela ne l'aurait pas dérangé outre mesure de réitérer ce corps à corps sensuel, la jeune femme quant à elle semblait se remettre encore difficilement de leurs ébats. Le chasseur se leva et s'enferma dans la salle d'eau, le temps de laver son corps. Lorsqu'il revint dans sa chambre, il constata que son amante s'était endormie sur le lit.

L'hybride soupira, il s'avança vers elle, bien décidé à la réveiller pour qu'elle s'en aille, cependant il renonça à son dessein lorsqu'il vit son visage si paisible. Il rassembla ses affaires, s'apprêtant à partir pour rejoindre le Nord de la région. Habillé, il ajusta ses ceintures de munitions sur ses hanches, puis il rangea ses précieux revolvers dans leurs étuis avant de saisir son sac dont il calla la hanse sur son épaule. Il jeta un regard par-dessus son épaule et s'aperçut que le fragile corps féminin complètement nu tremblait légèrement. Il s'avança jusqu'à la porte et posa sa main sur la poignée qu'il actionna afin d'ouvrir la porte. Il fit un pas avant de s'arrêter. Alors qu'il se blâmait déjà de son attitude, il retourna auprès de la jeune fille et recouvrit le corps de la couverture avant de quitter pour de bon la chambre.

Plus rien ne le retenait dans la région, les contrats étaient tous très vieux, voir plus d'actualité. Il commanda un repas au bar pour reprendre des forces avant de partir. Alors qu'il mangeait, son esprit n'était pas tranquille, il sentait que quelque chose clochait avec les chasseurs. Pourquoi personne ne s'occupait des contrats ? Pourquoi n'y avait-il que très peu de chasseur dans le coin ? La plupart étaient au Sud du pays alors que le Nord était très souvent attaqué. Ce n'était pas logique… Sa cuillère se suspendit dans les aires, s'arrêtant juste avant ses lèvres entrouvertes. Il jeta un coup d'œil à l'hybride qui était assis non loin de lui. Les questions lui brûlaient les lèvres mais il ne savait pas comment entamer le sujet. Mille et une façon d'aborder son confrère lui vint en tête, mais toute lui semblait vraiment ridicule. Il chercha autour de lui s'il y avait une autre personne à qui adresser la parole, mais l'endroit était désespérément désert.

- Hey, toi. Interpella finalement Valhein, fatigué de réfléchir.

- Hum ? Répondit le chasseur.

- Dis-moi, pourquoi y-a-t-il autant de contrat non rempli ?

- Parce que peu à peu tout le monde se dirige vers le Sud, là-bas c'est plus sûr. Et puis ces contrats-là ne sont plus valides. Soit les vampires ont disparu, soit ils ont migré… Du coup il ne reste plus beaucoup de vampire dans la région, voir plus du tout. Par contre les goules sont assez nombreuses.

- Alors où sont les chasseurs ?

- Devant-toi mon petit. Répondit-il, las. Du coup nous restons ici pour contenir les goules, mais ces temps-ci elles sont moins nombreuses et se dirigent plus vers le Sud, l'Est et l'Ouest.

-….Comme si elles ne faisaient que passer… ? Murmura Valhein pour lui-même.

Cela expliquerait le peu de chasseur dans le coin alors que les hordes de goules ont été signalée ici. Pensa-t-il. Les chasseurs suivent simplement le flux de migration des goules. Cependant, l'instinct du chasseur lui dictait de se rendre plus au Nord encore pour découvrir ce qu'il s'y tramait. Plongé dans ses pensées, le bel hybride au visage d'ange ne remarqua pas le groupe de chasseur s'installer à côté de lui.

- Ha tiens.

La voix féminine interrompit ses pensées et il tourna la tête. Il reconnut la chasseresse aux cheveux courts, Sam et à côté d'elle, Erick et Frantz. En voyant le dernier chasseur, son expression s'assombrit aussitôt. Valhein préféra ignorer ses voisins, finissant tranquillement son repas sous le regard exaspéré de Sam qui n'aimait visiblement pas qu'on l'ignore.

- Tu sais, peu importe que tu sois connu ou quoi, tu pourrais au moins nous saluer. Siffla-t-elle en levant une main pour appeler Mina.

- Pourquoi devrais-je vous saluer. Répondit le jeune homme sans quitter son repas des yeux.

- Sam…Murmura Erick en posant une main réconfortante sur le bras de la femme.

- Laisse-moi Erick ! S'écria-t-elle en dégageant d'un geste brusque la large main du chasseur. Il se prend pour qui, lui ?!

Valhein termina la dernière bouchée de son repas, déposa une pièce sur le bois brute du comptoir et se leva en saisissant son sac. Sans un regard pour eux, il se dirigea vers la sortie.

- Lâche-moi Erick ! Cria-t-elle à présent furieuse. Je vais m'occuper de son cas !

A ces mots, Valhein s'arrêta. Le silence tomba dans l'auberge comme un couperet, le peu de gens présent déglutirent avec difficulté. Sam s'immobilisa aussitôt, figée par l'aura menaçante de Valhein qui envahit la pièce. Il tourna à peine la tête, jetant un regard glaciale au groupe d'hybride qui l'avait importuné. La chasseresse se mit à trembler, mais resta incapable de s'enfuir, clouée au sol telle une biche figée par sa proie.

- Je t'ai sauvé la vie, mais ne pense pas que ça m'empêchera de te l'ôter. Gronda-t-il. Si vous tenez à m'affronter, sortez tout les trois, je n'ai pas de temps à perdre. Continua-t-il en souriant de façon inquiétante.

Personne ne broncha, tous étaient terrorisés par la présence oppressante du chasseur. Valhein quitta finalement les lieux, sachant pertinemment qu'ils n'oseraient jamais le défier. Il ne remarqua pas le regard étincelant de Frantz le dévorant des yeux avec envie. Valhein retrouva son cheval, se hissa sur son dos et parti au galop. Direction le Nord. Il dû s'arrêter pour s'occuper des quelques goules perdues qui hantaient les bois, puis dans un village pour toucher la récompense et se ravitailler un peu.

Le soleil commençait déjà à décliner lorsqu'il arriva dans une ville recluse dans les montagnes et assez difficile d'accès puisqu'un seul chemin escarpé l'amena jusqu'à elle. Le paysage était sombre, les nuages couvrant le ciel n'aidait vraiment pas à apprécier la vue imprenable des nombreuses maisons aléatoirement bâtis au contrebas. Son regard se porta automatiquement au lointain château en hauteur qui surveillait la ville. Il descendit dans la ville et remarqua la fatigue et la tristesse gravées sur les visages des habitants. Il ne trouva aucune auberge de chasseur pour récupérer des contrats, des informations ou un toit, pour la bonne raison qu'elle avait fermée depuis longtemps.

Il erra plusieurs heures dans les rues de la grande ville, cherchant comment obtenir des informations où même un toit pour la nuit. Il arriva sur une place et repéra rapidement une taverne, il attacha les rênes de son destrier à l'entrée. Lorsqu'il franchit la porte de l'établissement, il fut aussitôt attaqué par une désagréable odeur de crasse si bien qu'il grimaça légèrement. Le bois du bâtiment était usé, voir pourri à certains endroit. Tout reflétait la pauvreté de la ville plongé dans ce qui semblait d'interminables ténèbres à cause du mauvais temps perpétuel. Les gens de la taverne se retournèrent, intrigué par le nouvel arrivant, les yeux s'écarquillèrent lorsqu'ils reconnurent un hybride. Valhein alla directement voir l'homme qui tenait l'établissement, sans se soucier des regards qui suivaient chacun de ses pas. Les murmures s'élevèrent alors que les regards, la surprise passée, se faisaient menaçant et méfiant.

- Hybride, que viens-tu faire par ici ? Demanda le tavernier en fronçant les sourcils.

- Vous n'avez aucun contrat dans le coin ?

- Non, ça fait bien longtemps que l'endroit a été abandonné par les chasseurs… Siffla-t-il, jetant un regard colérique à Valhein.

- N'y-a-t-il aucune activité suspecte dans votre ville ? S'étonna Valhein.

- Si vous voulez parlez des hordes de goules qui nous attaquent sans arrêt, alors non, aucune. Répondit sèchement l'homme.

- Des hordes de goules ?

- Ne faites pas semblant de ne rien savoir, hybride ! Vous autres avaient arrêté de venir ici et vous nous avez abandonné pour conclure des contrats bien moins contraignants ! Accusa l'homme.

Valhein resta pensif, c'était vraiment étrange. Pourquoi n'avaient-ils pas eu vent d'attaques dans cette ville ? C'était comme si quelque chose se tramait, une chose qui le dépassait. Bien loin des simples attaques de goule ou des vampires, non tout cela semblait avoir été orchestré.

- Quand à eu lieu la dernière attaque de goule ? Demanda Valhein, fronçant les sourcils devant la gravité de ses pensées.

- Qu'est-ce que ça peut vous foutre ? Aboya l'homme tandis que les clients commençaient à se lever, menaçant.

Valhein sorti aussitôt ses revolvers, pointant l'un sur le front du tavernier et l'autre vers les clients.

- J'ai déjà tué des hordes de goules et des vampires bien plus nombreux et dangereux que vous. Réagit-il de façon agressive. Maintenant si vous voulez m'affronter, je vous attends.

Aussitôt les clients se rassirent, effrayé par le regard perçant du chasseur. Valhein quant à lui tira le tavernier par le col, pointant toujours de son arme sa tête.

- Alors ? S'impatienta Valhein.

- Qu….Quelques jours à peine. Répondit-il faiblement. Laissez-moi !

Sachant qu'il en tirerait pas plus d'informations, le bel hybride aux cheveux d'or lâcha sa prise et rangea ses armes. Il quitta les lieux sans aucun regret et dans un silence pesant. Valhein allait détacher son cheval, lorsqu'il entendit derrière lui un groupe d'homme éméché s'avancer dans sa direction. Il prit le parti de les ignorer, préférant s'occuper de son animal. Pourtant le groupe vint à sa rencontre.

- Hey ! Toi-là ! Interpella l'un d'eux.

Valhein se retourna en silence, les jaugeant avec mépris. C'est alors que celui qui l'avait appelé tapa du coude son voisin afin d'avoir son attention.

- Hey ! C'est un de ces enfoirés d'Hybrides !

- Hein ?! T'es sûr ? S'exclama son compère.

- Ouais, regarde ses yeux, ils sont gris !

Val sentit une main saisir son épaule avant de le forcer à s'écarter de son destrier. Les hommes l'encerclèrent avec de grands sourires vicieux.

- La rumeur disait qu'ils étaient d'une beauté telle, qu'aucun humain ne pouvait les égaler ! Eh bien pour une fois, la rumeur était fondée...Dit-il en passant sa langue sur sa lèvre inférieure, une lueur perverse dans le regard.

- C'est vrai qu'il est vachement beau l'enfoiré...

Val perçait de ses yeux gris les quatre hommes qui se prenaient pour des durs de dur.

- Me faites pas chier ou je m'occuperais de votre cas... Répondit Val d'un calme surprenant.

- Ah ouais ? Et tu nous feras quoi, hein ? Les Hybrides n'ont pas le droit de toucher aux humains... Allez ramène-toi on...

Il fut coupé par les trois canons du revolver qui était entré dans sa bouche. Le regard mauvais, Val souriait de toutes ses dents tandis que les trois autres balourds reculaient terrifiés.

- On n'a pas le droit de toucher aux humains ? Mais qui t'a raconté une telle connerie ? Je pourrais très bien vous tuer tous, ici même...Et alors ? Qui vengera votre mort ? Et surtout, qui oserait me dire quoi que se soit ? Hum...? Dit-il en plongeant ses superbes yeux dans ceux humidifiés par les larmes de l'imbécile.

Dans le silence de la ville, aucun des quatre hommes n'osait ne serait-ce bouger ou parler, trop anxieux du sort que leur réservait l'Hybride. Il n'y avait pas grand monde dans les rues, à cause de la psychose que créait les attaques de goules, et personne d'ici n'oserait lever un doigt sur le chasseur. Ils étaient dans la merde, et ils le savaient.

- Pas de chance, aujourd'hui je ne suis pas d'humeur...

Un coup de feu retentit, explosant la bouche dans laquelle se trouvait les canons du revolver. Le visage explosa littéralement, répandant des morceaux de chairs un peu partout. Les trois autres commencèrent à courir en hurlant. Val sortit alors sa deuxième arme et les abattit sans problème, d'une balle en plein cœur qui les tua sur le coup. D'un air dégoûté, il retira son revolver de la tête où à présent un gros trou sanglant remplaçait le visage, laissant tomber le cadavre au sol. Le chasseur émit un soupir de dédain en regardant les corps étendu à ses pieds, il ne s'attarda pas dans le coin, montant son cheval. Il se dirigeait vers la sombre forteresse qu'il soupçonnait d'être le repaire d'un vampire agissant dans l'ombre et dirigeant les goules à attaquer la ville pour quelques sombres raisons. Alors qu'il se dirigeait vers la sortie de la ville, des cris l'interpellèrent, non loin de là, une femme d'âge mûr suppliait les passants. Il s'agissait d'une paysanne en déduisit Valhein en remarquant ses vêtements usés et sales, la femme attrapait désespérément les hommes qui lui semblait fort pour quémander leur aide, rejeté par ces derniers de gestes brusques, elle essayait ensuite d'attirer la sympathie de mère de famille. Mais ces dernières tournaient la tête, faisant semblant de ne pas voir la détresse dans ses cris. Il tira sur les rênes et observa la femme s'agiter.

- Je vous en supplie ! Aidez-moi ! Implorait-elle toujours.

- Lâche-nous la grappe, vieille folle ! Cracha un des passants. Ton mari et ton fils sont morts, nous n'y pouvons rien ! Laisse-nous en paix à présent !

- C'est faux ! C'est faux ! Répéta-t-elle, désespérée.

Cette fois, elle fut rejeté si fort qu'elle tomba à terre, plongeant dans la boue. Alors que les larmes ravageaient ses joues, sombrant dans le désespoir, une main lui fut tendue. Elle leva les yeux, incrédule et lorsqu'elle rencontra les iris argenté de Valhein, elle eut le souffle coupé.

- Êtes-vous…Un ange ? Articula-t-elle avec difficulté, tendant une main tremblante à celle puissante du chasseur.

- Loin de là. Répondit-il d'une voix détachée.

Il aida la femme à se relever et celle-ci eut le droit à quelques secondes pour reprendre ses esprits.

- Que se passe-t-il ? Demanda Valhein en levant un sourcil interrogatif.

- Ô aidez-moi, je vous en supplie ! Vous êtes mon seul espoir !

Elle s'effondra en pleurs, désarmant le beau chasseur, peu habitué à ce genre d'effusion. La paysanne n'avait pas lâché sa main, la serrant entre les siennes avec le peu de force qu'il lui restait, la chérissant comme si c'était là le plus grand trésor de l'univers. S'il avait écouté sa raison, Valhein l'aurait rejeté, il aurait tourné le dos et serait parti. Mais quelque chose en lui l'en empêchait. Une douleur pinça son cœur tandis qu'il laissa la femme reprendre contenance.

- Je…Je vous prie de m'excuser. Réussit-elle à dire entre deux sanglots.

- Vous devez être bien désespérée pour faire appel à mes services. Railla Valhein.

- Peu importe qui ou ce que vous êtes, si vous m'aidez, vous êtes un héros. Suivez-moi, ma maison est juste ici.

Elle pointa du doigt une vieille bâtisse à moitié ravagée et dont les murs semblaient tenir presque surnaturellement. Il la suivit, accompagné de son destrier sont il n'avait pas lâché les brides. Il laissa sa monture devant la porte d'entrée et suivit la pauvre femme dans sa maison délabrée où les meubles étaient pour la plupart cassé ou à moitié brûlé. Alors que ses yeux parcourraient les murs détruits, la femme l'installa sur l'une des seules chaises rescapées.

- Ne faites pas attention à ma pauvre demeure, elle n'a plus le même visage depuis l'attaque. Dit-elle d'une voix étranglée. Je vous en supplie, il faut que vous retrouviez mon fils ! Je vous donnerais tout ce que j'ai, mais retrouvez-le !

- L'homme de tout à l'heure a dit que votre fils et votre mari étaient morts.

- Mon mari est effectivement décédé durant l'attaque, mais pas mon fils ! S'écria-t-elle. Je le sais ! Il est encore en vie ! Il faut le retrouver avant qu'il ne soit trop tard !

- Comment pouvez-vous en être si certaine ? Insista Valhein.

- Je le sens au plus profond de moi ! Gémit-elle en se crispant ses doigts sur sa robe, au niveau de son ventre. Le lien qui existe entre la mère et son enfant est quelque chose d'indestructible.

Le visage de Valhein s'assombrit aussitôt et son regard se fit plus dur. Il n'avait qu'une envie et de quitter cet endroit, mais son corps refusait de bouger. Il ne pouvait qu'écouter cette femme pleurer son enfant et le supplier de lui venir en aide.

- Mon enfant a été enlevé ! Ces choses ne l'ont pas dévoré, nous n'avons pas trouvé son corps, contrairement à celui de mon mari. Même si les autres refusent de le croire, je sais que plusieurs personnes sont portées disparues !

Malgré son malaise en présence de cette femme, ce qu'elle disait était plutôt intéressant.

- Où pensez-vous qu'il ait été emmené ? Demanda Valhein, intrigué.

- Je n'en sais rien. Avoua la femme. Mais je sais qu'il est en vie ! Insista-t-elle.

- Très bien. Je vais voir ce que je peux faire. Céda Valhein dans un soupire.

Il se leva. Il fut arrêté par la paysanne qui, les larmes aux yeux, remerciait chaleureusement l'hybride. La nuit ne tarderait pas à tomber, le soleil disparaissant plutôt vite derrière l'horizon. Les rues étaient à présent plus désertes que jamais, tous se terraient, terrifié. Il chevaucha son cheval qui l'emmena jusqu'au château perché dans les montagnes. La bâtisse était plutôt grande, et il s'en dégageait un sentiment d'oppression intense. Tout était lugubre, des murs sombres et délavés aux endroits où la pluie s'écoulait, jusqu'aux gargouilles qui gardaient l'entrée qui semblaient l'observer, il n'aimait pas beaucoup ce sentiment.

Il entra avec la plus grande prudence, arme en main, ses yeux perçants détaillant les lieux et son ouïe à la recherche du moindre son. Il fouilla l'endroit, pièce après pièce, mais aucun signe de vie. Lorsqu'il débarqua dans la salle à manger, il découvrit des chaises alignées sur lesquelles étaient assis des cadavres. Il s'approcha en silence, toujours prudent dans ce lieu hostile. Il observa attentivement les corps et souleva leurs lèvres du bout de son arme, révélant des canines pointues. Comme il s'en doutait, il s'agissait là de vampire ! Il remarqua ensuite les sévices subits par les corps sans vie, ils avaient été torturés. Et pas par n'importe qui…D'autres vampires !

- C'est quoi ce bordel…Murmura Valhein malgré lui.

Il put aisément dire que le tortionnaire était particulièrement dangereux au vue des blessures, il devait posséder un puissant pouvoir et être un noble de haute lignée. L'idée qu'il puisse affronter ce vampire le fit frémir d'impatience et un sourire de prédateur apparut sur son doux visage. La chasse promettait d'être passionnante ! Il ne lui restait à présent plus que le sous-sol à vérifier pour trouver le garçon. Il descendit prudemment et trouva les humains enfermés dans l'un des cachots. Tous eurent un mouvement de recul lorsqu'ils virent Valhein, terrifiés. L'hybride tira dans le cadenas qui retenait les chaines autour des barreaux de fer. Le dispositif de sécurité explosa sous l'impact, faisant glisser les chaines au sol dans un bruit métallique. Les portes s'ouvrirent d'elles-mêmes sous le regard ébahit des prisonniers, qui n'osaient toujours pas bouger.

- Quelqu'un sait ce qu'il s'est passé avec les vampires ? Demanda le chasseur.

Aucune réponse ne lui fut donnée, trop choqué, aucun de broncha.

- Oye ! Je vous ai posé une question ! Insista le chasseur, à bout de patience.

A ce moment-là, les têtes se secouèrent vigoureusement. L'hybride soupira, comprenant qu'il ne tirerait rien d'eux. Il indiqua les escaliers de son revolver.

- Allez, rentrez chez-vous, je n'ai pas que ça à faire, moi.

Bien qu'hésitant, les premiers à sortirent furent rapidement prit d'adrénaline et partirent en courant, et bientôt tout le troupeau suivit. Il ne restait plus personne, mis à part un gamin qui restait debout face à lui, le fixant de ses grands yeux bleus.

- Toi, viens avec moi. Ta mère m'a envoyé te chercher.

Valhein tourna les talons et s'engagea dans l'escalier. Soudain, il fut arrêté par la petite main qui s'agrippa à son pantalon, l'empêchant d'avancer. Ses yeux argentés sondèrent les deux saphirs brillants du petit garçon.

- Deux hommes sont descendus ici hier soir. Dit-il d'une voix monocorde.

L'intérêt de l'hybride fut immédiatement titillé par les dires du petit. Il se retourna complètement pour lui faire face, attendant la suite du récit avec toute son attention.

- Ils étaient vraiment très beaux, mais ils faisaient aussi très peur. Expliqua l'enfant, ne lâchant toujours pas le vêtement de l'hybride. Je me suis caché derrière les autres prisonniers, espérant qu'ils ne me voient pas, j'ai fermé les yeux et je me suis recroquevillé sur moi-même. Je ne voulais pas qu'ils m'emmènent. Se justifia-t-il en baissant les yeux. Je n'ai rien vu mais j'ai tout entendu. Ils voulaient savoir si nous savions quelque chose sur ceux qui nous avaient enfermés et aussi à propos d'un hybride. Mais personne ne savaient rien. Alors que je pensais qu'ils allaient nous tuer, ils sont partis.

Valhein fronça les sourcils devant le récit du petit. C'était tout de même étrange que ces vampires n'aient même pas tué l'un d'eux. Ils étaient simplement repartis, comme ça ?

- Je pense que c'est le vampire aux yeux rouge qui a envoûté tout le monde. Après qu'ils soient parti, j'ai essayé de parler aux autres mais personne ne m'a répondu pendant au moins deux bonnes minutes, ils étaient immobiles et silencieux comme des marionnettes. C'était effrayant. Dit-il en serrant le pantalon un peu plus fort entre ses doigts. Mais lorsqu'ils se sont remis à parler, ils ne se souvenaient de rien.

- Sais-tu où ces vampires sont allés ?

- Ils ont parlé d'un entrepôt vers le lac d'Eibsee. Répondit docilement l'enfant.

- Quand sont-ils partis ?

- Ils avaient dit prendre la route cette nuit.

Valhein tiqua. Il les avait loupés de peu apparemment. Il jeta un regard à l'enfant qui tremblait légèrement mais dont le regard déterminé imposait un certain respect. L'hybride se saisit de l'enfant, le soulevant d'un bras. Assis sur son bras, ses mains cherchèrent immédiatement son cou pour ne pas perdre l'équilibre.

- Allons-y, ta mère t'attend. Dit-il simplement, regardant droit devant lui.

Il monta les marches et rejoignit sa monture qui l'attendait à l'extérieur. Il se hissa sur son dos et cala l'enfant devant lui, assis sur sa selle. Durant le trajet, le chasseur évita soigneusement le regard du gamin, alors que ce dernier le contemplait comme s'il s'agissait d'un dieu, Valhein préféra se concentrer sur le futur affrontement qui aurait lieu durant la nuit.

- Êtes-vous un chasseur ? Osa enfin demander la petite voix du garçon.

- Oui. Répondit-il d'une voix sèche.

- Est-ce que je peux moi aussi devenir comme vous ?

La question innocente de l'enfant déstabilisa le chasseur qui ne put s'empêcher de lui jeter un regard ahuri. Ce dernier lui répondit d'un timide sourire, mais l'admiration qui étincelait dans ses yeux bleus n'avaient pas faibli. Valhein posa une de ses mains sur le sommet du crâne du garçon, caressant doucement ses cheveux châtains, tandis que ses yeux se relevaient vers la route qu'ils descendaient au galop.

- Non, tu ne peux pas. Répondit-il finalement d'une voix calme.

Arrivé en ville, il alla directement dans la demeure de la paysanne. Les autres prisonniers n'avaient pas encore rejoins la ville, mais ils seraient bientôt de retour parmi les leurs. Valhein descendit de son cheval et attrapa la taille de l'enfant, l'aidant à rejoindre la terre ferme. Il se dirigea ensuite vers la maison du petit qui avait attrapé sa main. Il déglutit difficilement en sentant les doigts du garçon serrer sa main et sans qu'il ne se l'explique, il serra à son tour les mains fragiles de l'enfant. Arrivé sur le seuil, il frappa à la porte de bois qui manqua de s'effondrer sous la force de l'hybride. La femme ouvrit la porte précipitamment. Lorsqu'elle reconnu l'hybride, ses yeux s'écarquillèrent de surprise puis elle vit un petit corps blottit contre lui, maintenant fermement les vêtements de l'homme. Les larmes coulèrent aussitôt et elle s'effondra au sol, tremblante. L'enfant fut presque happé par la mère qui l'enlaça fort contre elle. Lentement, l'enfant lâcha l'hybride et joignit ses larmes, retenue depuis bien trop longtemps, à celles de sa mère. Valhein hésita un instant à quitter les lieux, inquiet. Il observa le garçon qui rendait l'accolade à sa mère, plongeant son visage dans son cou. La femme reprit lentement contenance et enfin se releva. Son sourire contrastait avec les larmes qui refusaient de quitter ses joues, la main toujours en contact avec son petit qu'elle venait de retrouver, elle s'inclina.

- Je ne sais pas comment vous remercier, je vous donnerais tout ce que je possède pour rembourser ma dette.

- Je n'ai pas le temps. Répondit-il en tournant les talons.

Sous le regard étonné de la mère et de l'enfant, il remonta en selle. Il se tourna néanmoins avant de lancer son destrier au galop, et dit :

- Si vous voulez vraiment me remercier. Prenez soin de lui.

Il n'attendit aucune réponse, il fila dans la nuit avec pour objectif de retrouver ses proies. Enfin, il s'approchait de ses gibiers, et ce soir, il festoiera sur leur cadavre.


yayublackeu's 13 : J'espère que c'est une frustration positive =) ! Et malheureusement, je crois que ce n'est qu'un début! Je compte vous frustrer encore pas mal de fois je le crains :p

: Merci à toi :) ! Je compte bien te la faire aimer d'avantage encore !

hinata-lou : Ohh ! Heureuse de te compter parmi mes compagnons de lecture ! J'espère que la suite te plaira =)

Aislinn Laoran : IMPARDONNABLE ! Je te châtierai volontiers pour cela ! x)

Mais oui, notre Valhein est parfait ~ ! Et comme tu dis, son bel amant aura pas mal de fil à retordre avec lui...Mais c'est mieux comme ça, non ? ;)

kioko1999 : Je suis contente d'entendre ça (enfin, lire plutôt) xD merci à toi !

Et hop-là ! Le chapitre 3 est de sortie ! J'espère qu'il vous aura plu ! Et on se retrouve pour le prochain chapitre ~~ !