Note de l'auteur : Bonsoir bonsoir ! Me voilà de retour, comme promis (et surtout ENFIN ! ^^), avec une nouvelle histoire : Le réveil de la Déesse. La publication aura lieu tous les dimanches matins (bon, ici, je me suis réveillé trop tard ^^) et devrait durer une douzaine de semaines (de tête). L'écriture est entièrement terminée et il ne me reste plus qu'à faire une relecture orthographique assidue de chaque chapitre. Comme d'habitude, je répondrai aux commentaires anonymes éventuels dans le chapitre suivant, ou, si c'est déjà fini, sur mon profil.

Je vous souhaite une bonne lecture et un bon divertissement

catly

Teneombre


Chapitre 1

Rentrée

- Aetiher Ga'Ian !

La musique tendre qui se déversait dans ses oreilles ne suffit pas à couvrir l'appel. Elle jeta un coup d'œil autour d'elle. Un vieil homme scannait la foule du regard, de l'autre côté de la cours, tandis que la plupart des élèves discutaient par petits groupes. C'était l'heure pour les anciennes alliances de se reformer avant les dix mois de guerres psychologiques propres aux lycéens.

Personne ne l'avait abordée.

Une chance.

Il faut dire aussi qu'elle cumulait les critères négatifs : nouvelle dans l'établissement Saint Espoir, vêtue avec excentricité - encore qu'il y a quelques dizaines d'années, les longues capes à capuchons capable de dissimuler tout le corps et bien d'autres choses, étaient à la mode -, solitaire et surtout, difforme.

Elle se décida enfin à bouger lorsque le rythme de la musique changea, devenant plus profond.
Doucement.

Chaque mouvement était une torture, chaque minute d'immobilité, une heure en enfer. Mais elle endurait cela depuis plus de dix ans alors son visage resta impassible. De toute façon, dissimulé sous le capuchon de sa cape verte et bleue, personne ne le remarquait.

Les élèves s'écartèrent. Elle supporta les regards, les doigts pointés vers elle et les murmures, courbée sous le poids de sa bosse.

Elle frôla un professeur étonné et alla se mettre contre le mur du fond, quelques mètres derrières ses nouveaux camarades de classe. Elle ferma les yeux et se laissa emporter par la mélodie La Dryade du groupe Gris, la couleur de son humeur depuis bien longtemps.

Les dernière notes de piano quittaient ses écouteurs lorsqu'il lui fallut fermer son baladeur pour suivre la trentaine d'adolescents surexcités.

Elle rentra dans la classe en bonne dernière et forcement, toutes les tables du fond étaient prises. En revanche, celle dans le coin près de la fenêtre n'était occupée que par un garçon. Elle se dirigea lentement vers lui, profitant que les élèves chahutaient pour éviter d'être trop remarquée. Elle se glissa derrière son nouveau voisin et s'assit dans un léger grognement de douleur. À gauche, la fenêtre, à droite, toute la classe. C'était parfait. Elle tira sa trousse et quelques feuilles de son sac et les étala sur sa part de table avant d'attendre que le professeur ait fini de tenter en quelques phrases de ramener un calme tout à fait relatif.

- Bien. Nous allons pouvoir commencer. Je me présente : Michel Dubois. J'enseigne normalement le français mais je serrais pour vous votre professeur principal. Nous ne nous croiserons pas en dehors des heures de vie de classe puisque vous êtes en terminale scientifique. Cependant, je reste persuadé que l'expression vous serra très utile dans votre vie et la classe n'a pas besoin, je suis sûr, d'une heure par semaine pour avoir un comportement correct au lycée. En conséquent, je vous demanderai à chaque fois de venir devant tout le monde pour vous exprimer sur un texte, par exemple, de vous ou d'un autre. Il est évident que votre absence ne sera pas transmise à l'administration : moins on est, plus cela sera convivial. Pour l'heure, puisque vous n'étiez pas prévenus et que je n'ai rien à vous dire, je vous libère. Vous prendrez une feuille en sortant. J'y ai mis vos emplois du temps et la liste des diverses fournitures indispensables pour vos travaux pratiques. Je vous rassure tout de suite, même si certains articles n'étaient pas mentionnés l'année dernière, votre matériel de première suffira.

Il désigna un tas de polycopiés posé sur la table juste à côté de la porte qu'il ouvrit avant de conclure en souhaitant à la classe un bon week-end.

Aeither était soufflée. Elle n'avait pas eu souvent à faire au système scolaire mais une chose était certaine : Monsieur Dubois était un sacré lascar dans le milieu. Il n'y avait eu ni rengaine sur le bac, ni exhortation à travailler tout du long de l'année. Il avait même fait fi du programme pour ajouter sa petite touche personnelle. Elle allait ranger ses affaires lorsqu'elle remarqua une feuille qui n'était pas la sienne, au-dessus de son paquet.

Elle tourna la tête vers son voisin mais elle n'eut que le temps de voir ses cheveux courts s'éloigner dans le couloir. Elle reporta son attention sur les quelques mots qui étaient tracés là :

Ailes blanches,

Ailes noires.

Elles apportent la vie,

Elles vivent de mort.

Deux parts d'une même divinité.
À jamais ennemies.

J'ai supposé que tu préférerais un coin sûr et cette place m'a paru appropriée. Je suis celui qui doit se charger de ta relative sécurité cette année.

Arthur Davis, agent de la S.P.A.

Elle fixa le dernier sigle, surprise. Mais le poème code était le bon et cela expliquait cette place providentielle dans la classe : les élèves ne pouvaient la voir qu'en se retournant et sur son rang, l'agent Davis leur cachait la vue. Elle se retint de justesse de hausser les épaules et rangea ses affaires sous le regard chaleureux du professeur.
Elle s'empara de la grille des horaires et quitta la salle. Vendredi et le seul " cours " de cette journée venait de s'achever. Elle se dirigea donc vers la sortie et fut surprise d'y trouver son père qui l'attendait sur sa moto. Elle devait être la seule à ignorer que les rentrées au lycée étaient aussi courtes. Ensemble, ils quittèrent Béthune pour de longues heures de route vers la Bretagne et ceux qu'elle considérait depuis toujours comme les siens. Deux jours de pur bonheur.

Ça, c'était du week-end.