A/N: C'est mon tout premier texte sur fictionpress! N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez (mais si possible ne tapez pas trop fort...)!

Monsieur est dans son fauteuil. Il sonne Alfred, qui entre.

MONSIEUR: Alfred, faites donc seller mon cheval, je me sens d'humeur à monter.

ALFRED: Bien Monsieur. Puis-je demander à Monsieur lequel de ses chevaux Monsieur veut-il monter ?

MONSIEUR: Ah, c'est bien vrai que j'en ai plus d'un. Je l'oublie toujours. Il me semble chaque jour que je n'ai qu'un cheval.

ALFRED: Cela s'explique, Monsieur.

MONSIEUR: Tiens donc ?

ALFRED: C'est-à-dire que Monsieur monte toujours le même cheval, ce qui explique que Monsieur pense n'en avoir qu'un.

MONSIEUR: Vraiment ? Etrange phénomène. Pourquoi ne monterais-je qu'un seul de mes chevaux, puisque j'en ai plusieurs ?

ALFRED: C'est que chaque jour, lorsque je demande à Monsieur quel cheval Monsieur veut monter, Monsieur répond « le même qu'hier ».

MONSIEUR: C'est vrai après tout, lorsqu'on a été satisfait, pourquoi changer ? Mais puisque vous le dites, peut-être vais-je changer aujourd'hui. Oui, somme toute il faut savoir palier à l'imprévu, car l'homme est une espèce en perpétuelle évolution. Aujourd'hui, Alfred, je monterai donc le cheval que je n'ai pas monté hier.

ALFRED: Bien sûr Monsieur. Mais puis-je savoir duquel des chevaux que Monsieur n'a pas montés hier Monsieur veut-il parler ?

MONSIEUR: Diable ! Il y en a donc plus d'un ? Je voudrais bien n'en avoir que deux. Mais puisqu'il en est ainsi, il faut savoir accepter ce que la Fortune vous octroie. Combien donc ai-je de chevaux ?

ALFRED: Quatre, Monsieur.

MONSIEUR: Tant que ça ?

ALFRED: Oui Monsieur. Vous avez un hongre bai, une jument grise et une autre alezane et un étalon noir.

MONSIEUR: Vraiment… Je pensais n'avoir que le noir. C'est moins salissant. Quand donc ai-je acheté les suivants ?

ALFRED: Monsieur a d'abord acheté la jument alezane, lors d'une vente aux enchères en Normandie…

MONSIEUR: C'est vrai, je m'en souviens. C'était un jour de grand soleil.

ALFRED: Ahem, en fait, non. Ce jour là, il y avait un gros orage au-dessus de la zone de Monsieur. C'est d'ailleurs ainsi que Monsieur a sélectionné sa jument. Elle était la seule à avoir peur de l'orage et a blessé son palefrenier qui tentait de la calmer.

MONSIEUR: Parfaitement, c'était le plus évident ! L'orage est dangereux, tant pour les chevaux que pour les hommes. Il est naturel pour un cheval d'avoir peur de l'orage. Ainsi, du moins, cette jument me sauvera toujours des intempéries. Vraiment, j'ai eu une très bonne idée en achetant cette jument.

ALFRED: Tout à fait Monsieur.

MONSIEUR: Bien sûr. (Un temps, puis) Alfred ! Voyons, cessez ce babillage incessant. Enfin, je suis fait pour penser que je suis un génie et vous êtes payé pour le dire ! Alors que nous savons tous deux que ce n'est pas le cas. Alors cessez ces cérémonies de mots obséquieux et rabat-joie !

ALFRED: Bien Monsieur.

MONSIEUR: Et faites seller mon cheval.

ALFRED: Lequel, Monsieur ?

MONSIEUR: Oh, le même qu'hier.