Et on continue !

le chapitre 5 :


Nous nous installons dans le parc, aujourd'hui, ce n'est que la découverte du lycée. Donc nous avons rien d'obligatoire, à part le discours des aînés à 15h, je crois que cette année c'est les sept princes qui le font. Ils sont en seconde année (comme comparaison moi je suis en première année) mais ce n'est pas important, ce sont quand même les princes. J'ai vraiment hâte. Ce sera la première fois que je les verrais car ils sont généralement très entourés et protégés. D'autant plus que je pourrais les voir pendant toute l'année. Il parait qu'ils ressemblent à des anges, que cela se voit qu'ils sont frères grâce à leurs beautés, autant uniques les unes que les autres même s'ils sont très différents, les uns des autres.

Maraude est appuyée sur le buste de Shyre qui, lui, est contre un Rasikia (un arbre avec un tronc très conséquent, sa sève est argentée et elle possède de grandes vertus curatives. Ses feuilles sont un dégradé de rose-orange au rouge-bordeaux du printemps à l'automne). Kiana et moi nous sommes sur un banc juste à côté d'eux.

Le paysage est magnifique, le terrain est en pente et la Tasaida s'arrête juste devant le lac (à cause de la composition de la terre assez spéciale ici les lacs sont de couleur violette-bleu au lieu d'une couleur normal comme le vert kaki ou anis par exemple, cette teinte donne un charme certain au paysage) et les plaines de la Psondan (ce sont comme je l'ai dis avant des plaines qui semblent interminables entourées des montagnes de Samoris et de Valmente) en arrière-plan… C'est superbe.

« -Bon, nous regardons cet emploi du temps ou pas ?, demande Kiana.

-Bien sûr, dis-je en même temps que je le sors. Alors… Le lundi il y a … Arts ménagers puis deux heures d'arts. Nous avons une pause pour manger et ensuite histoire, contrôle du corps et philosophie.

-Quoi ? Nous n'avons pas d'heures de pause entre les cours ?, me coupe Shyre (c'est très mal poli, il faut lui apprendre les bonnes manières à celui-là !).

-Laisse moi finir tu veux bien ?! Non mais (je ne vais pas me laisser marcher sur les doigts par lui, même si c'est mon ami) ! Soit un peu patient dis donc !, je lui réponds sur le même ton.

-Euh… Ok…, souffle-t-il.

-Bon, reprend, Lily, s'il te plait. Sinon nous y sommes encore demain, rajoute Maraude en me tendant mon emploi du temps que j'avais lâcher.

-Hey ! Pour…, je commence.

-Continue, émet-elle si fermement que je ne vois pas quoi dire (et pourtant je ne me tais pas facilement).

-D'accord… Alors donc, le mardi, nous commençons par deux heures d'arts et philosophie ensuite. Pause et après cours de cristielyen et calligraphie, contrôle du corps (encore une fois ?!) et arts ménagers. Par la suite, le mercredi, nous avons trois heures, successivement, économie, contrôle du corps (non mais c'est pas vrai nous en avons tous les jours ou quoi ? Non pas que le professeur soit pas bien à regarder mais quand même…) et arts ménagers.

-Quoi ? Mais nous avons tous les jours les cours d'arts ménagers et de contrôle du corps (tiens j'avais pas vu que c'était pareil pour les arts ménagers) ou c'est juste moi qui suis paranoïaque ?, énonce Nana. »

Il y a un grand silence où Kiana ne semble pas se rendre compte de ce qu'elle a fait. Dodo me regarde avec de grands yeux pour savoir ma réaction et Shyre soupire longuement. Il fait aussi un sourire supérieur (je n'aime pas ça !) à mon amie. Et Kiana regarde, enfin, vers moi et comprends ce qu'elle a fait.

« Ohh… Excuse-moi Liara. Je ne voulais pas t'interrompre, formule-t-elle en baissant la tête.

-Mouais (je ne suis pas très convaincue parce que faire ça trente secondes après que je l'ai reproché à Shyre… Ce n'est pas vraiment de l'hasard non ? Bon je vais passer parce que sinon nous en finirons jamais)… Donc… Reprenons, le jeudi, nous avons économie, en seconde heure contrôle du corps et arts ménagers. Nous nous posons deux heures pour déjeuner et ensuite cristielyen et calligraphie, contrôle du corps (deux fois dans une seule journée ? Ils veulent nous achever ?) et histoire. Le vendredi, c'est histoire, contrôle du corps, cristielyen plus calligraphie, pause. Nous reprenons avec deux heures d'arts puis arts ménagers. Pour finir, le samedi (la seule heure de pause à part à midi !) , à dix heures, il y a contrôle du corps et comme bouclage de la semaine c'est des arts ménagers, je termine, la respiration un peu courte.

-Et ben… Il est bien chargé cet emploi du temps, vous ne trouvez pas ? (et comment ! Nous sommes remplis, pas une heure de pause, à part le samedi matin), commente Shyre.

-Je suis d'accord avec toi, Shishy, mais il faut voir le point positif. Dans ces cours, il ne faut juste qu'être tranquille, à part, peut être, dans les cours de Contrôle du Corps. Monsieur Divousy semble assez exigeant, rajoute Maraude. Et pour la deuxième partie de l'année, vous pensez qu'ils nous les donneront après la magic liberty, c'est ça ?

- Je crois, et puis, de toute façon, nous ne pouvons pas y faire grand-chose, rétorque Kiana (la voix de la sagesse a parlé).

-Je suis d'accord avec toi, mais c'est l'espoir qui fait vivre, n'est-ce pas vrai ? J'aurais bien aimé les avoir avant, je contre.

-Changement de sujet !, s'exclame Shyre (il n'aime pas forcement quand nous faisons des débats toutes les trois, généralement c'est vrai que à la fin nous finissons par se crêper le chignon). Alors les filles vous le trouvez comment le prof ?

-Trop beau !, dis-je en même temps que Kiana.

-Hey ! Transmission de pensées !

-Hey ! Transmission de pensées !

-C'est toi !

-C'est toi !

-Alors moi ?!

-Alors moi ?!

-Nous !?

-Nous !?

-Euh…

-Euh…

-Nous sommes…

-Complètement…

-En symbiose…

-C'est bizarre…

-Non ?

-Non ? »

Nous nous arrêtons là et nous nous regardons interloquées.

« -Waouh ! Les filles, si nous ne vous connaissons pas, franchement, des démonstrations de ce genre vous rendent hyper flippantes (je ne peux pas donner mon avis étant donné que je suis toujours impliquée directement dans ces moments à part).

-Je suis d'accord avec toi, Shishy même si, pour moi, à chaque fois, je suis aussi fascinée. Et puis, puisque je les ai rencontrés au début du collège, ces moments sont plutôt hilarants, tu ne trouve pas ?, rajoute Maraude, avant de se plier en deux en rigolant.

-Oui, c'est vrai que c'est vraiment comique. Nous ne savons jamais quand cela va se passer. Mais, au fait, vous savez comment ça marche ?

-Nous n'en savons rien non plus, je lui réponds (quoique je pense que ce n'est pas vraiment la réponse à laquelle il s'attendait)

-Mais je crois que c'est parce que nous avons grandit ensemble, depuis notre petite enfance, rétorque Kiana.

-C'est en effet plausible, dit Maraude, après s'être calmée (elle ne rigole pas souvent à part quand elle est avec nous, son père est très stricte et veut que le calme et l'ordre règne dans sa maison donc pas de fou rire. Elle ne peut être elle-même que lorsqu'elle est avec nous).

-Tu respire tellement la sagesse, mon flocon éternel, tu es génialissime (encore un de ces surnoms stupides. Ne rigole pas Liara, ne rigole pas. Bon… Vu le regard assassin que Shyre me lance j'ai échoué à me retenir) ?

-Désolé…, je chuchote à l'adresse de Shishy.

-Désolé de quoi ?, demande Maraude (zut… je pensais qu'elle était trop absorbée par sa conversation avec Kiana pour nous écouter)

-Rien d'important ne t'en fait pas.

-Bon… Ok. »

Je retourne m'asseoir à côté de Kiana et nous profitons tous du silence qui semble infini (le plus fondamental c'est le ''semble '' bien sûr) puis…

« -Mesdemoiselles, monsieur. Je vous conseillerai d'aller déjeuner maintenant dans la Fairyroom (quel nom étrange vous ne trouvez pas ?) car le repas n'est servi que de 11h30 à 14h30 et il est précisément 13h37. D'autant plus que le discours des ainées commence à 15h et qu'il est obligatoire d'arriver à l'heure, dit une femme ayant sans doute la quarantaine étant arrivée sans que nous l'entendions. »

Elle paraît très gentille et juste à peine stricte, son visage est un peu rond et elle respire une impression de bonté et de générosité. Ses cheveux bleus électrique sont coupés court et finissent en plusieurs pointes désordonnées (même leur couleur n'est pas choquante, cela semble naturel chez elle). Ses yeux, bleus océan cette fois-ci, expriment la plus grande tolérance. Je pense que ça doit être un professeur très bien pour pouvoir équilibrer cette douceur avec son exigence. Elle doit sans doute enseigner un cours comme la Magie de Soin ou quelque chose comme ça.

« -Ah… Merci beaucoup de nous avoir prévenu madame… ?

-Oh ! Excusez-moi, j'ai oublié de me présenter. Je m'appelle Madame Malogna et j'enseigne ici les Duels (quoi ? Les Duels ? Alors là je ne m'y attendais pas. Liara, ma chère, tu t'es royalement plantée).

-D'accord, merci encore pour votre aide Madame, lui répond Shyre avant que nous partons en direction du first. »

Nous marchons en compagnie d'un silence de plomb (ce qui d'après moi n'est pas très agréable au sens figuré ni très pratique si nous le prenons au sens réel). Nous suivons plusieurs groupes d'élèves qui semblent aller dans la même direction puis nous arrivons devant deux portes, tous les élèves sont déjà rentrés.

Ces portes sont titanesques, complètement sculptées de fleurs, feuilles, animaux, arbres et paysages divers dans les plus purs matériaux (cristal, or, argent, bronze, onyx, diamant et d'autres pierres précieuses et semi-précieuses). Ces portes pourraient être, sans doute, une des œuvres d'art les plus magnifiques du monde, au moins à mon avis (il peut être assez fiable étant donné que ma mère, depuis que je suis en âge de marcher, m'emmène dans toutes les galeries d'art de Cristielya). Au milieu de cette merveille il existe, gravé, le nom de la salle ''Fairyroom'' (la salle des fées), je me demande bien pourquoi elle se nomme comme ça.

J'ouvre les portes (poussée par Kiana encore, si elle voulait tellement entrer elle aurait pu le faire soi-même non ?) qui malgré leur gigantesque gabarit ne pèse pas plus qu'une plume alors qu'elles doivent bien faire cinquante centimètres de largeur et quatre mètres de hauteur.

Oh… Ma… Arail… Je comprends maintenant le nom de cette salle. C'est une pièce énormément spacieuse (presque infinie), ses murs changent de couleurs et de même pour le plafond (trop génialissime, on dirait un arc en ciel qui entour toute la pièce). Cette salle est un ensemble de plusieurs centaines d'alvéoles où tous les élèves de transition déjeunent à midi (nourrir tous ces élèves cristielyens ou pas encore, ça ne doit pas être simple il y en a plus de 2 000 quand même).

Ces alvéoles sont suffisamment intimes pour que nous n'entendons pas ce qui se dit dans celle d'à côté (elles sont sans doute insonorisée puisque nous pouvons voir ce qui se passe à l'intérieur mais nous n'entendons même pas un chuchotement) mais pas trop. Elles sont parfaites. Il a des grandes banquettes sur tout le pourtour des compartiments. Ces derniers sont géniaux et modelables car ils peuvent changer selon le nombre d'élèves voulant manger ensemble et peuvent donner un paysage demandé (par exemple si vous voulez manger sur le bord de mer devant un couché de soleil c'est totalement possible. Ce n'est pas génial ?).

Je vous ai dit pourquoi je savais maintenant la raison de ce nom si spécial pour cette pièce. Tout simplement parce que ce sont des fées qui contrôlent tout ici : le service l'accueil la cuisine (apparemment mais je ne peux pas le prouver) le nettoyage… Elles forment un véritable ballet des plus complexes mais tellement bien exécuté que tout parait si simple quand ce sont eux qui le font.

Mais attention ce ne sont pas les petites fées sorties directement de vos contes et légendes loufoques. Les fées d'ici font une taille normale (petit détail non négligeable). Ce sont des hommes et des femmes d'une beauté stupéfiante, leurs ailes sont d'environ d'une taille entre deux et trois mètres et elles sont rattachées (ce n'est pas vraiment le bon mot pour l'expliquer mais je n'ai trouvé rien d'autre) entre les omoplates. Elles peuvent correctement marcher mais préfèrent généralement voler (ce que je comprends tout à fait). Elles ont aussi un détail reconnaissable à part leurs ailes, ils ont chacun un tatouage inimitable sur le côté de l'œil droit qui sont la preuve de leur identité (comme l'ADN pour vous). Ce sont des êtres calmes, serviables (un peu trop même de temps en temps) et d'une gentillesse colossale. Je suis ébahie devant tant de beauté. Je n'arrive plus à bouger jusqu'à que je reçois quelque chose que personne ne voudrait (enfin je pense, à part les sados-masos bien sûr) : une gifle.


Qu'en pensez vous ?