Bonjour tout le monde

Petits messages du dimanche matin avant le chapitre. Vous commencez à en avoir l'habitude n'est ce pas!

- Des remerciement bien sur pour tout ceux qui m'ont laissé un commentaire

- Une publicité, toujours la même pour la fiction Fondue au Noir de ma meilleure amie Miss de Lune

- Et pour finir, il existe un excellent forum francophone sur FP, nommé la Guilde de l'Original ( myforums/Guilde-de-lOriginal/749691/), avec peu de membres mais très sympathique. Et nous voudrions faire une semaine du commentaire pour sensibiliser les auteurs et lecteurs à l'importance de ce petit mot en bas de page. Si vous voulez participer, venez vous inscrire !

Maintenant, je vous dis bonne lecture et à dimanche prochain!


Chapitre 2

À la sortie du hangar, le soleil brillait fort et les éblouit. Ils prirent la direction de la boutique de fleurs. Takama, qui n'était jamais sortie de son hangar de jour, était fascinée. Le quartier où habitait Mathias était très lumineux en comparaison du sien. Déjà, il était composé de maisons et non de hangars ou de maisons de fortunes. Une fois passée la limite du quartier, elle avait découvert de belles maisons, certaines en pierres, d'autres en bois. C'était très hétéroclite mais avec tellement de couleurs. Et en plus, le soleil de l'été faisait ressortir le tout. Elle s'émerveillait d'un rien: le vert des boiseries, le jaune orangé des crépis. Les maisons n'étaient pas bien grandes mais les gens en prenaient bien soin. Le quartier ne semblait pas des plus riches. Ça n'était pas les beaux et vieux appartements du centre parisien mais il régnait dans cet endroit une atmosphère joyeuse. Les gens qu'ils croisaient leur souriaient et ne faisaient pas de réflexion sur la couleur de peau de Takama. Pour la première fois depuis bien longtemps, Takama souriait. Elle se sentait libre et heureuse. Soudain, Mathias s'arrêta net. Il regarda son amie et sourit.

"Tu te plais ici, hein."

Elle sourit. Ça n'était pas une question de la part du jeune homme. Il savait qu'à Bréquita, elle n'était pas heureuse. Sa lionne avait besoin de liberté, et Montabaré devait être comme un rêve pour elle.

"Tiens, regarde la boutique là-bas."

Takama suivit le doigt de son ami et son regard se posa sur une très jolie petite maison. Elle était recouverte d'un crépi beige. Les volets et la porte étaient bleu pâle et devant il y avait des fleurs, beaucoup de fleurs: des roses de toutes les couleurs, des marguerites, des lys… Au-dessus de la porte, était accrochée une enseigne blanche avec écrit dessus "La rosé du jardin".

"Oh, c'est trop mignon! J'adore ! C'est là que travaille Fleur ?"
"Oui, c'est là. Et encore, tu n'as rien vu… À l'intérieur, il y a des bouquets magnifiques. À chaque fois, Fleur me donne des noms, mais je n'arrive pas à m'en souvenir. En tout cas, tu vas voir, Fleur et sa patronne Madeleine ont des mains de fées."
"J'ai hâte de voir tout ça… On entre ?"

Elle ne laissa pas à Mathias le temps de lui répondre. Elle lui attrapa la main et courut vers la boutique, un immense sourire aux lèvres. Elle ne l'avait jamais dit à Mathias, mais elle adorait les fleurs. En particulier les roses. Lorsqu'ils entrèrent dans le magasin, tout deux profitèrent de la fraîcheur. Cela contrastait avec les 40°C de l'extérieur. Les yeux de Takama pétillaient. Cela faisait tellement longtemps qu'elle n'avait pas été au contact de fleurs. Des roses, des freesias, des lys, des roses encore, des fleurs de toutes les couleurs partout dans le magasin… Elle fit le tour du magasin en un clin d'œil, profitant des odeurs magiques de l'air. Elle s'accroupit pour sentir l'odeur délicieuse des roses anciennes d'un des bouquets.

"Je peux vous aider ?"

Takama leva les yeux et aperçut un grand sourire et des yeux bleus qui la regardaient. Elle lui sourit en retour. C'était sans aucun doute Fleur.

"Vous souhaitez un renseignement précis Mademoiselle ?" Demanda la jeune femme d'une voix très douce
"Bonjour Fleur." Lui répondit Takama avec un sourire en se relevant.

Fleur la regarda d'un air surpris, presque sur la défensive. Qui était cette jeune personne ? Elle ne l'avait jamais vue. Ni dans le magasin, ni en dehors, et pourtant, elle connaissait son prénom. Cela ne lui plaisait pas vraiment. Mathias lui avait dit de se méfier de ce genre de personne. Soudain, elle sentit deux mains se poser sur ses yeux et elle se raidit. Elle avait eu raison d'avoir peur… Mais pourquoi ne s'était elle pas enfuie ?

"Alors Fleur, on ne reconnaît plus ses amis ?" Dit Mathias d'une voix rieuse, lâchant le visage de la jeune femme. Cette dernière se retourna vivement. Ses yeux bleus d'habitude si doux semblaient lancer des éclairs.
"Mathias, tu n'es vraiment qu'un idiot ! Un idiot fini, même ! Tu m'a fait tellement peur… "
"Oh Fleur, tu exagères. Tu sais que j'aime bien te faire des blagues ! Et ne crie pas trop fort, tu vas faire peur aux clients…"

Pour ça, Mathias n'avait pas tort. Tout les gens présents à ce moment dans la boutique les regardaient avec de grands yeux. Ils se demandaient bien ce qu'il avait bien pu se passer pour mettre en colère la si douce vendeuse de ''La rosé du jardin". Takama, elle, n'en menait pas large. Si les deux amis commençaient à se chamailler, ils risquaient sans s'en rendre compte de la mettre en danger. Elle n'avait rien à faire là et il ne fallait surtout pas qu'elle se fasse remarquer. Elle lança un regard suppliant à Mathias pour qu'il réagisse. Il capta vite ce regard et, voyant que Fleur ne semblait pas comprendre, il prit les rênes de la conversation.

"Dis, Fleur, si on allait de l'autre côté pour finir cette discussion? Ça serait plus simple, non?"

Cela sembla calmer quelques instants Fleur. Elle reprit son doux sourire pour leur répondre mais elle n'allait pas laisser ça passer si vite.

"D'accord attendez-moi derrière, je vais prévenir Mado que je vais prendre une pose."

Et elle partit à l'autre bout du magasin. Mathias saisit la main de Takama et l'emmena vers l'atelier. Cette dernière ne disait pas un mot. Elle suivait son ami et c'était tout. L'euphorie de la première sortie était passée et la peur était de retour. Elle avait beau se sentir très bien ici, ça n'était pas chez elle. Elle n'était chez elle nulle part. La voix douce mais néanmoins stricte de Fleur se fit entendre.

" Alors ? Qu'est-ce que vous faites ici ?"
" Calme-toi Fleur… Je ne t'avais jamais vue aussi tendue. Qu'est-ce qui t'arrive ?"

Fleur souffla un instant et sembla se calmer tout doucement.

" Je ne sais pas ce qu'il se passe mais depuis ce matin, il y a des gens bizarres qui passent dans la boutique. Ils sont habillés tout en noir et ils sortent tous sans rien acheter. Je ne sais pas ce qui se trame ici mais ça ne sent pas bon du tout. Madeleine ne cesse de marmonner "c'est bizarre tout ça" et elle stresse aussi. Ce n'est pas bon pour les ventes en plus, et ça nous énerve toute les deux… Vous n'avez rien remarqué ?"

"C'est bizarre, non, je n'ai rien vu de tout ça... " Il regarda Takama qui commençait à trembler. "Ne t'inquiète pas, ils ne feront pas de rafles dans le quartier" Puis il se retourna vers Fleur "Tiens d'ailleurs, je ne vous ai pas présentées. Fleur, je te présente Takama. C'est l'amie qu'on devait aller voir cet après-midi."

Fleur sourit. "J'avais compris. "Répondit-elle doucement. "Tu sais Mathias, ça n'est pas tous les jours que je vois quelqu'un avec la peau de cette couleur dans ma boutique"

Takama la regarda avec un regard noir. Certes, sa peau était un peu plus jaune que les gens du pays et ses yeux légèrement bridés mais elle ne supportait pas qu'on lui fasse des réflexion comme ça. Fleur s'excusa quand elle remarqua le regard et la gène de Mathias.

"Je suis désolée si ce que je t'ai dit a pu te blesser. Je n'ai pas fait attention. C'est juste que …" Elle s'arrêta quelques secondes puis reprit. "Ça n'est pas commun. Ici il n'y a pas une personne qui ait un gramme de sang étranger. Quand il y en a, c'est qu'ils viennent d'un quartier voisin. Et puis, Mathias m'a tellement parlé de toi que je t'aurai reconnue entre mille en temps normal. Mais là… D'ailleurs, ça n'est pas dangereux que tu sois là ?"

Takama soupira. "Tu sais, ici ou ailleurs, je ne suis en sécurité nulle part. Je ne suis pas chez moi, ici. Mais j'avais tellement besoin de prendre l'air. Tu sais, depuis une semaine, les rafles ont commencé, je ne sors plus du tout. Je n'en peux plus. J'avais besoin d'air."

Mathias la regarda avec un sourire triste. Takama se leva et alla se poser à la fenêtre. Elle regarda le soleil qui brillait dehors et sourit doucement.

Fleur se leva et alla la rejoindre. "C'est joli hein ?" Lui dit-elle doucement.
Takama tourna la tête vers Fleur qui ouvrait la fenêtre.
"D'ici, on voit tout le quartier et même plus encore. Tu veux que je te montre ?"

Les yeux de la jeune femme se mirent à briller. Elle rêvait de voir la ville. Quand elle était dans son pays, on lui avait tant parlé de la ville lumière. Beaucoup disait que c'était la plus belle ville du monde. Mais depuis qu'elle était arrivée ici, la seule chose qu'elle avait vue, c'était les hangars tout rouillés de Bréquita. Paris… Le rêve qui n'était pas devenu réalité… Un de plus.

Fleur lui montra les différents endroits à connaître. Des vestiges de l'ancien Paris comme la tour Eiffel à la tour des Anges, la plus grande tour construite en commémoration de la crise de 2024. Fleur, en plus des fleurs, était passionnée d'Histoire. Et en plus elle était très intéressante à écouter. Mathias les avait rejointes et ils profitaient ensemble de la petite leçon d'Histoire de Scolaria made by Fleur. Ça n'était pas la première fois qu'ils faisaient ça tous les deux, mais regarder les yeux de Takama qui brillaient, c'était magique. Ils étaient tellement passionnés par les histoires de Fleur qu'ils ne virent pas le temps passer. Et ce ne fut que lorsque les panneaux lumineux de l'Intervision s'allumèrent qu'ils se rendirent compte que la nuit était en train de tomber.

La voix de Maître Carval, le Ditracteur de Scolaria et chef des armés, se fit entendre.

"Mes très chers habitants de Scolaria,

Comme vous avez pu le remarquer, nous avons effectué dans les différentes villes, et plus particulièrement dans Paris, des rafles pour renvoyer chez eux les gens qui ne sont pas d'ici. J'ai été particulièrement surpris par les résultats. Nous avons arrêté plus de 1500 personnes non répertoriés dans nos dossiers. Ce sont des gens venus de tous les pays du monde, de pays qui n'ont pas réussi à faire face à la crise de 2024. Pourquoi nous, qui avons réussi à nous en sortir, pourquoi nous, qui avons du travailler dû pour la surmonter, devrions laisser nos places à des gens venus de pays qui n'ont pas fait plus d'effort ? C'est pour cela que vous devez nous aider à nous débarrasser de tout ces gens. Ils ne méritent pas d'avoir leur place parmi nous. Nous comptons donc sur vous pour nous aider à les ramener chez eux. Je compte sur vous tous. Souvenez-vous, vous êtes les acteurs d'un pays meilleur. Merci de votre attention, vous pouvez vaquer à vos occupations. Mais n'oubliez pas de garder vos yeux ouverts !

Bonne fin de journée dans notre beau pays de Scolaria."

Puis les écrans se sont mis à diffuser des images des différentes arrestations de la journée. On y voyait des personnes habillées de noir arrêter de façon brutale des gens et les emmener avec eux.

"Mathias c'est mon père !" Se mit tout à coup à crier Takama. "C'est mon père!"
"De quoi est-ce que tu parles ? Où ça ?" répondit il
"Sur l'image, à l'intermission. Vous le voyez, hein?"

Mais le temps que Mathias et Fleur regardent l'image avec précision, elle avait changé. Takama se précipita en bas des escaliers.

"Attend, n'y va pas toute seule, c'est trop dangereux !" Lui cria Matthias
"Attendre, mais attendre quoi ? Que mon père soit mort ou pire, renvoyé en Risari ? Je vais aller dans notre cache et si il n'est pas là-bas, je le retrouverai. J'ai promis à maman avant qu'elle ne meurt que jamais je ne le laisserais seul. Et je tiendrai ma promesse," soufflât-elle tout doucement avant d'ouvrir la porte et de s'enfuir dans le noir.
"Attend, on vient avec toi !" Cria Fleur en attrapant la main de Matthias qui la regarda d'un drôle d'air. "Quoi ? On ne va pas la laisser toute seule là-bas. Tu sais où c'est ?"
"Oui, je connais même un raccourci." lui répondit-il.
"Alors qu'est-ce qu'on attend ? "

Fleur et Mathias se mirent à la poursuite de leur amie dans la nuit noire de Paris… La retrouver dans cette noirceur n'allait pas être une mince affaire mais leur motivation était sans faille.


PS: Ah et juste pour information il n'y a pas de fautes de frappe pour le mot Dictrateur, c'est un mélange entre détracteur et dictateur.