Bonjour ou bonsoir !

Me voici de retour avec une nouvelle fiction, cette fois en plusieurs chapitres, mais très courts. C'est une expérience, un style que je voulais essayer, en prenant comme POV un des personnages de mon scénario (soit dit en passant, le même scénario que pour le personnage de l'OS que j'ai publié précédemment). Pas besoin de connaître quoique ce soit avant de s'attaquer au texte. Attendez-vous seulement à des formulations étranges, des passages qui ne veulent rien dire. C'est que j'ai essayé de mettre un peu de folie même dans ma façon d'écrire. Veuillez m'excuser par avance des diverses fautes de frappe ou d'inattention (je me relis rarement), et j'espère que vous passerez un bon moment et que mon texte n'est pas trop difficile à comprendre.

Infos :

Titre: C'est bien ce que je pensais.

Rating: T pour d'éventuels soucis de compréhension et d'analyse du texte.

Résumé: "Je ne pense pas être amoureuse. Je ne pense pas ressentir quoique ce soit. Je ne pense pas vivre. Pourtant, je meurs, du moins, je vais mourir un jour ou l'autre, et le plus tôt sera le mieux, donc, théoriquement, je suis censée vivre juste avant. Mais, étrangement, je n'en ressens pas les effets. Je ne souris pas comme les autres, je ne parle pas autant. Peut être parce que je suis moins débile que tout le reste de l'humanité. Ou bien encore plus, tout cela reste à voir."

Voilà voilà, bonne lecture ! ^^


Je ne pense pas être amoureuse. Je ne pense pas ressentir quoique ce soit. Je ne pense pas vivre. Pourtant, je meurs, du moins, je vais mourir un jour ou l'autre, et le plus tôt sera le mieux, donc, théoriquement, je suis censée vivre juste avant. Mais, étrangement, je n'en ressens pas les effets. Je ne souris pas comme les autres, je ne parle pas autant. Peut être parce que je suis moins débile que tout le reste de l'humanité. Ou bien encore plus, tout cela reste à voir.

En tout cas, je ne perçois pas le monde comme les autres. Je ne le perçois plus depuis longtemps. Je ne fais que le regarder, le regarder mourir sans rien dire, en attendant mon heure. Je n'ai pas le droit de penser à autre chose qu'à ce que je pense actuellement. Pas le droit ni l'envie de songer à quelque chose qui me ferait plaisir, au bien, aux sentiments autres que la haine que l'on pourrait avoir. Je laisse ma seule amie m'envahir, m'empêcher de penser à ce qui pourrait me faire du mal. Il n'y a qu'elle qui s'intéresse à moi, me veut auprès d'elle, et c'est réciproque. J'en suis dépendante. Les autres peuvent bien crever, elle, elle fait partie de moi, et si je pars, il n'y a qu'elle que je regretterai. Même si je sais pertinemment qu'elle partira avec moi. Elle respire l'air que je respire, incarne le silence dont j'aimerais faire preuve, même dans ma tête, elle n'a pas vraiment de visage, d'yeux qui pourraient ressembler à ceux d'une autre, de cheveux qui pourraient rappeler ceux de quelqu'un que l'on connaît. Et pourtant, dès le premier coup d'œil, on comprend immédiatement qu'il s'agit de ma jumelle. Il n'y a qu'à elle que je daigne adresser un sentiment quelque peu plus chaleureux, car il n'y a qu'elle qui me comprend.

J'avance la reine ébène sur le plateau. Elle prend sa dame d'ivoire et effectue le même geste. Encore une partie sans victoires, on pourrait y rester toute notre vie, il faut toujours que l'on se retrouve bloquées, sans aucune de nous pour faire un échec et mat. Mais voilà que déjà j'entends des pas vifs qui s'approchent de ma chambre. Encore lui. J'aimerais tellement l'oublier.

Mon amie se cache et je la regarde faire sans rien dire. Elle a l'habitude. La revoilà à mes pieds.

La porte s'ouvre. Un humain de sexe masculin entre dans ma chambre. Cet humain ne vaut pas mieux que les autres. Bien qu'il soit mon frère de sang, je le place au même titre que tous les autres êtres humains, peut être même en dessous d'eux. Mais j'ai beau le mépriser, il s'entête à vouloir rester supérieur, autoritaire, histoire de faire un minimum semblant d'assumer une espèce de rôle d'aîné de la maison.

- Toi. À table.

Il repart comme il est entré.

Et oui, je ne suis qu'un "toi" que l'on me jette de temps à autre au visage, ou un "hé". Mais je ne veux pas plus. C'est déjà trop. Le vide que je suis ne devrait même pas porter de nom, aussi court et péjoratif soit-il. Je devrais... Ou plutôt, je ne devrais plus. Mais mon amie me dit qu'il faut que je reste encore un peu et que j'arrête de penser à tout ça, que cela me fait souffrir aussi. Elle me dit aussi que si je ne veux plus souffrir je dois arrêter de penser et l'écouter. La pensée est le mal, ne plus penser est le bien, le mal est le bien et le bien est le mal. J'ai encore un peu peur d'elle, mais peu à peu je lui obéis.

Et qui sait, un jour peut être retrouverai-je le salut.