Note de l'auteur : Bonjour à tous et merci de vous intéresser à mon livre ! m(_ _)m

Pour certains d'entre vous qui ont déjà lu la précédente version, nombre de passages vont vous sembler redondants, mais je peux vous assurer que le fond comme la forme ont beaucoup évolué ! Je vous conseille de le relire afin de mieux comprendre le tome 2 qui ne tardera pas à venir. (et il est mieux que le premier ! X3)

Les chapitres seront postés régulièrement, toutes les unes à deux semaines. (mais si, mais si !)

N'hésitez pas à laisser vos commentaires, vos avis, négatifs ou positifs ! C'est encourageant pour un auteur de se savoir lu. o(^_^)o

La chapitre 1 est un peu mastoc, mais j'espère qu'il ne vous arrêtera pas. (")〜

Bonne lecture ! \(^o^)/


Chapitre I

Il se tenait debout devant elle, fier et droit comme l'imposait sa condition, ses yeux pâles tournés vers la fenêtre. Dehors, le soleil le narguait. Il ne pleura pas lorsque le cuir vint lui entailler la chair. Il serra juste les dents, se répétant infatigablement qu'elle se lasserait, qu'un jour, elle se lasserait de tout ça. La marâtre le saisit par les cheveux pour le gifler de toutes ses forces. Shin tressaillit. Elle, elle riait. Puis elle se mit à hurler, hurler ces atrocités qu'elle répétait sans cesse, à longueur de journée, à qui voulait les entendre. Ça lui soulageait le cœur, semblait-il... Elle lui criait que ses cheveux étaient détestables, que son air maladif, tout ce pathétique dans un corps frêle et faible lui donnait envie de vomir.

-Il aurait fallu se débarrasser de toi ! hurlait-elle dans sa folie.

C'était qu'il la rendait vraiment folle, par moment…

-Mais il n'est pas trop tard, menaçait-elle alors.

Et il fallait accuser le coup, encore et encore. Celle qu'il était pourtant sensé appeler Mère…

-Elle aurait dû t'emporter dans sa tombe, pleurait-elle enfin.

Peut-être oui, songeait Shin alors qu'une rigole de sang défigurait la pâleur de son visage d'enfant. Le coup avait porté, les paroles aussi. Il était l'enfant d'une autre ; pour ça, la marâtre le haïssait. Sûrement avait-elle raison : il lui aurait mieux valu emporter sa mère et mourir en son sein. Mais voilà que Shin lui avait égoïstement survécu ; et cette femme n'était pas la seule à l'en blâmer.

Elle le lâcha enfin et il s'effondra sur le sol. La blessure à la tête le lançait, son dos piquait encore des coups de fouet, chaque mouvement tenait de l'exploit quand son corps tout entier semblait de plomb. La douleur, il la connaissait par cœur ; elle était d'autant plus une amie qu'elle lui permettait d'oublier quelque temps la noirceur d'un mal plus profond : un mal qui ne se tarirait jamais, s'abreuvant sans cesse du reflet que lui renvoyait le miroir. Son image le trahissait ; rien qu'à le voir, on savait. On le redoutait, on l'admirait tout en le craignant. Shin Eodat était une aberration, une monstruosité comme mère nature en faisait quelques fois, arbitrairement, au gré de ses désirs. Vouée à disparaître, vouée à mourir avant même d'être né. Un enfant maudit.

Il se leva difficilement alors que son frère Alec entrait dans la pièce. Malgré le regard peiné qu'il prit la peine de lui jeter, le jeune homme ne s'attarda pas en compassion. Il en était mieux ainsi : la pitié de son frère, il n'en voulait pas ! Le maudit partit aussitôt en direction de sa chambre. Les domestiques s'écartaient sur son passage, yeux rivés sur le tapis rouge qui habillait les larges couloirs du palais. Elle était trop grande, la maison Eodat : il fallait parcourir trop de chemin, croiser trop de monde —trop de haine— pour parvenir à sa chambre. Lorsqu'il en poussa enfin la porte, un soupir vint passer la barrière de ses lèvres encore gonflées d'ecchymoses.

La petite pièce était morte depuis longtemps. Tout dans les murs à l'imité parquet appelait l'obscurité. C'était une chambre vieillie, abîmée par les sentiments trop noirs de celui qui l'habitait. Sobre dans le choix des meubles jusqu'au grincement du lit, épurée de tout ce qui pouvait la rendre chaleureuse, elle ne servait que de triste habitacle et malgré la large fenêtre qui trouait le mur, la lumière du soleil ne semblait même plus vouloir y entrer. Les débris de verre qui gisaient sur le sol étaient le seul signe de vie qui l'animait. Shin les évita machinalement mais revenant sur sa décision, il en saisit un morceau. C'était le miroir qu'il avait brisé la veille ; bientôt, une femme de chambre viendrait le changer. Eh quoi ? Il détestait les miroirs ; depuis le temps, ne l'avait-elle pas compris ? L'image que lui renvoyait le métal était terne et sans vie : des cheveux d'un blanc laiteux qui glissaient sur des épaules affaissées, encadrant un visage aux reflets fantasmagoriques. Des yeux trop clairs au travers desquels on semblait pouvoir voir. Ni noir, ni bleu, ni brun, juste une teinte grisâtre tellement sinistre. D'année en année il ne s'arrangeait pas, quinze printemps et il n'avait jamais était aussi chétif, aussi délicat, d'apparence si fragile. Il trouva alors un charme nouveau au filet de sang qui rehaussait sa pâleur affligeante. Elle était si belle cette couleur, ce rouge vermeil qui peignait et recouvrait tout d'une couche brillante et indomptable. Du bout du doigt, il la poussa à parcourir ses lèvres, puis lécha timidement le nectar interdit. Le goût du sang lui resta longtemps dans la gorge.


Les hautes tours d'Elyn brillaient sous le soleil levant. Tout luisait, flamboyait, étincelait à Elyn. C'était une ville riche et prospère grouillant, fourmillant de vie au milieu des nuages. Par-delà la petite fenêtre, l'enfant pouvait apercevoir le dôme du Sénat où se réunissaient son père et d'autres chefs de famille pour ce qu'ils appelaient le Grand Conseil. Des nobles portant fièrement le nom glorieux de leur maison. Des hommes, seulement des hommes, décidant de l'avenir du monde comme d'un copieux dîner pour un fameux salon qui arborerait leur blason. Et ils décidaient ainsi du sort des pauvres, du sort des riches, celui des chercheurs comme des militaires pour lesquels son père avait farouchement gagné sa place.

En illustre famille de généraux —bien que politiciens à leurs heures perdues—, la famille Eodat était rapidement devenue l'une des plus grande fortune d'Elyn. Et qui possédait l'argent, disposait du pouvoir. Le fils aîné, Zétès, avait su s'approprier les faveurs des plus grands pour son intelligence et sa finesse d'esprit. Il dirigeait à présent la quatrième flotte aérienne, une compagnie connue pour son dévouement et sa combativité. « Ce sont les hommes qui dirigent ce monde, qui plus est s'ils sont militaires de carrière » : c'était une phrase que le chef de la famille Eodat assénait aux salons, gratifiant son fils aîné d'un bras autour des épaules et affinant sa moustache brune de l'autre main. Il arborait sourire satisfait et air hautain en jetant quelques fiers coups d'oeil à l'enfant prodige. Celui-ci était d'une nature calme et réfléchie ; sur les traces de Père, il nourrissait le sang-froid qui coule les grands hommes. S'il ne s'exprimait toujours que d'un ton posé, sans l'accent superflu caractéristique des nobles de son rang, la pertinence de ses réflexions étonnait toujours ses pairs. Zétès n'était pas sophiste mais réellement intelligent. Il gardait cependant une petite tare de caractère que le temps et l'expérience prendraient soin d'effacer : une agressivité latente, une impatience titilleuse. L'aîné des Eodat exécrait tout particulièrement les lents d'esprit et ce qui ne se passait pas comme il l'avait prévu. De ça, ses réactions quelques fois inattendues cataloguaient encore le prodige dans la fougue de la jeunesse.

Des trois enfants Eodat, Zétès était bien le seul que la marâtre semblait apprécier —bien qu'il fût l'enfant d'une autre à l'instar d'Alec, le second et de Shin, l'enfant maudit—. À la mort de Victoria, le père Eodat s'était remarié avec la comtesse de Vurion lui engendrant un dernier fils à présent âgé de sept ans et qui répondait au nom de Lilyan.

Les cloches de la cathédrale retentirent. Shin se redressa doucement dans son lit. Ses longs cheveux blancs se rangèrent d'eux-mêmes sur son dos voûté, on pouvait encore y voir les cicatrices que lui avait laissées la main trop lourde de sa mère. Cependant, la morsure du fouet ou celle de la cravache qui giflait son dos et ses mains ne l'affligeait pas tant que l'humiliation d'être ainsi brimé devant ses frères. Ce déshonneur n'alimentait que davantage l'important complexe d'infériorité qu'il ressentait déjà vis-à-vis d'eux. Il n'avait jamais été question d'amour. Ses frères n'avaient après tout jamais montré un seul signe de révolte contre les violences qu'il subissait. Ils ne lui avaient offert que leur compassion ou leur pitié, mais que pouvait-on faire de ce genre de sentiments sinon s'en désoler ? Quand bien même leurs mines compatissantes pouvaient lui offrir un semblant de réconfort, elles ne soulignaient aussi que trop bien l'indifférence de Père. Comment pouvait-on si bien fermer les yeux sur le malheur de son fils ? Savait-il seulement ? songeait Shin dans sa détresse. La réponse était évidente, il ne voulait seulement pas la voir. Lorsqu'il s'agissait de son maudit de fils, le patriarche se montrait impassible, comme s'il ne méritait pas plus d'attention qu'une poterie de décoration offerte par quelque petit bourgeois de la région espérant gagner la sympathie des grands Eodat. Pas même une considération, tout juste bon à se fondre au décor dans le silence le plus total. Voilà un rôle bien triste que lui avait assigné son père. Mais Shin ne s'en plaignait plus, à personne. Dès qu'il avait appris le pourquoi de tout ce mépris, il ne s'en était plus jamais plaint. Il avait appris à accepter le regard haineux de ses proches, l'indifférence des gens qu'il croisait, leur peur ou bien leur dégoût. Il avait appris à supporter les moqueries de ses camarades et la tristesse de ses frères. Car c'était lui et personne d'autre qui avait tué sa propre mère. Comme pour tous les enfants maudits, Shin Eodat était l'assassin de la femme qui lui avait donné la vie.

Victoria Eodat avait succombé à l'âge de trente-six ans en donnant naissance à son troisième fils. Les maudits répandaient, à l'état de fœtus, un poison mortel dans le ventre de leur mère. Une fois séparées de l'enfant, les femmes ne pouvaient plus lutter contre le venin et elles en mouraient rapidement. C'était le fardeau des enfants-démons. Fardeau que Shin portait bien plus difficilement que le simple fait d'être un maudit. S'ils restaient des êtres suffisamment précieux à l'armée pour ne pas se voir noyer à la naissance, on ne leur pardonnait guère. Considérés en entités supérieures par la société, ils n'en étaient pas moins haïs pour leur différence et le danger que le démon niché en leur sein représentait une fois arrivé à maturité.

La voix de la marâtre résonna, ça n'annonçait rien de bon. Elle s'énervait, pestait, vociférait des « bon à rien de maudit ». Il ne faudrait pas tarder à rejoindre le salon, songea Shin. Il entendit alors des pas légers sur le tapis de velours qui courrait le long du couloir avant que l'on ne frappât doucement à la porte. Celle-ci s'ouvrit aussitôt puis se referma. Une petite silhouette se tenait debout dans la pénombre, mais dès qu'elle s'aperçut que Shin ne dormait plus, elle s'empressa de venir le rejoindre, sautant sur son lit. Le matelas s'affaissa aussitôt et les lattes grincèrent malgré la légèreté de l'enfant qui le fixait de ses grands yeux. Il avait le visage rond et rose, la peau fraîche et les yeux pétillants d'intelligence, du vert émeraude que tous ses frères arboraient. Ses cheveux dorés étaient aussi blonds que les blés des serres du quartier 42. C'était son jeune frère, Lilyan.

-Mère te demande de descendre. Elle est en colère. Elle va te taper ?

-Peut-être, répondit Shin d'une voix endormie, puis il se leva et entreprit de s'habiller.

Lilyan décela une pointe de tristesse mais avant même de tenter de le réconforter, Shin lui demanda de sortir. Dans la pénombre, le petit ne pouvait guère distinguer les longues balafres qui lui striaient le dos mais quand bien même serait-il au courant, le maudit préférait lui en épargner le spectacle.

Shin se glissa discrètement dans le salon après avoir traîné le pied aussi longtemps que possible dans le grand escalier qui recoupait les étages de la maison. C'était une vaste pièce lumineuse où se laissaient paresser de jolies petites tables rondes entre de confortables fauteuils bien rebondis. Au centre de la pièce, un piano à queue noir si bien verni que toute la salle s'y reflétait et sur les murs, les peintures des cousins cousines qui, bien que très laides, donnaient une petite touche personnalisée à un salon qui se voulait familial. Non loin du mur, une longue table couverte d'une nappe brodée de lys exhibait assiettes pleines, bols de lait et petits pains. Quelques parents s'étaient joints au petit-déjeuner, les privilégiés, disait-on. On ne tourna pas le regard lorsque l'enfant vint s'asseoir en bout de table, mais détectant comme une odeur nauséabonde, les narines se retroussèrent et les sourcils se froncèrent. Le malaise se dissipa pourtant bien vite : la maîtresse de maison aimait à railler le maudit dès le petit matin, aussi, les convives s'en réjouirent comme d'un bon spectacle. Shin dut supporter les longues plaintes de sa mère et les ricanements de son frère Alec qu'elle dénigrait presque autant que lui. Elle avait ses raisons car Alec était un jeune homme intelligent mais rebelle. Bien que possédant les capacités suffisantes pour finir major de sa classe, il se complaisait à la place de bon dernier. Il se riait du regard des autres et des reproches de ses parents tant et si bien qu'il était presque aussi honteux pour la famille de parler de lui que de l'enfant maudit. Alec s'était teint les cheveux en rouge pour marquer son indépendance, mais ça ne s'était malheureusement pas arrêté là puisqu'il s'était aussi fait tatouer le symbole de mort sur l'épaule droite qu'il avait peu après entrelacé à celui de l'infidélité, puis deux mois plus tard, à celui du guerrier. Petit à petit, le tatouage glissait le long de son bras décrivant son humeur du moment à l'aide de lettres, de dessins ou de signes tous plus provoquant les uns que les autres. Shin ne put s'empêcher de sourire lorsque la marâtre fit remarquer qu'Alec dévoyait ses frères par son comportement irresponsable. Sûrement référait-elle au jour où il avait incité le très sage Lilyan à barbouiller les murs d'ébène du bureau patriarcal à l'aide d'une peinture jaune indélébile, mais Shin pensait à un tout autre jour. Un jour où son frère l'avait traîné de force dans le cagibi d'un marginal qui lui avait tatoué l'emblème des prostituées sur la plante du pied gauche.

Zétès brillait par son absence. Il était parti tôt ce matin-là, convié par l'état-major à une importante réunion stratégique. Il en était ainsi depuis un moment déjà. L'armée s'agitait. On commençait à jaser car l'état de guerre froide entre Elyn et Né'var semblait de plus en plus compromis. Cette paix glaciale et instable qui n'était en réalité qu'une course à l'armement allait bientôt prendre fin. C'était en tout cas ce qui se disait et les elyens croyaient dur comme fer à la victoire de leur nation. Zétès semblait néanmoins plus réservé. Les sections d'espionnages étaient facilement contrées et le secret militaire bien gardé. Les cieux allaient bientôt trembler devant la puissance des deux plus grandes nations d'Elyonia.

Une fois de plus, la discussion s'orienta autour de l'aîné et du patriarche. La mère semblait vouloir inculquer les notions d'honneur et de fierté du nom à son jeune protégé Lilyan. Ne se souciant guère de tout cela, Alec fit remarquer que si la guerre éclatait, ce serait les Enfers qui seraient le plus à plaindre avec tous les vaisseaux et les morts qui leur tomberaient sur la tête. S'ensuivit une série de raillerie de la part des oncles et tantes, le mot semblait gronder dans les cœurs : les Enfers, ça ne s'abordait pas si légèrement ! Le garçon en rit, fidèle à lui-même, mais Shin fronça les sourcils. Dès qu'il serait levé de table, il parlerait avec son frère.


-Alec ! lui cria l'enfant mais comme à son habitude le grand frère l'ignora. Vous avez parlé des Enfers. Cela m'intrigue. Voilà un moment que j'en entends parler ici et là, mais je ne parviens jamais à savoir ce que c'est. Comme si…

-C'était tabou ? termina Alec avec un air énigmatique.

-Oui, murmura Shin, le cœur battant.

Le frère continua sa route sans un mot en direction des escaliers mais Shin ne se laissa pas distancer et restait sur ses talons. Las de le sentir dans son dos, Alec se tourna vers lui un sourire narquois sur les lèvres :

-Les Enfers ? C'est là où on va te jeter sale maudit !

L'enfant se figea dans le sol alors que son frère s'éloignait à grands pas en ricanant.

-Sais-tu ce qu'il y a sous tes pieds, Shin ? Tu devrais te poser la question…

Le maudit se retourna vivement : adossé au mur se tenait l'un de ses oncles dont il ne connaissait pas le nom. Un chercheur disait-on, assez fameux et plutôt doué dans ce qu'il faisait. Il semblait travailler pour une branche secrète de la médecine financée par les plus hauts dignitaires du pays. C'était un excentrique aux cheveux bruns en bataille portant de grandes lunettes et une blouse blanche sur le dos. Il fumait cigarette sur cigarette avec un air débonnaire qui ne lui allait pas. Sa voix traînait, dégoulinait avec nonchalance, mais son regard toujours attentif semblait calculer le moindre geste. Shin ne l'avait jamais apprécié. Peut-être était-ce parce qu'il le dévisageait toujours à la manière d'un boucher qui lorgne le bétail du voisin, avec cet air de scientifique qui ne demande qu'un nouveau cobaye à disséquer. Ou alors était-ce le regard d'un enfant dévorant des yeux un nouveau jouet ? Dans tous les cas, jamais Shin ne vit dans ses yeux une once de considération, ni pour lui, ni pour aucun membre de sa grande famille. Cet homme était juste un érudit égocentrique se délectant des sciences et arpentant les méandres de son petit monde fantaisiste avec une jubilation. Shin ne put s'empêcher pourtant de s'intéresser —plus qu'il ne l'aurait dû— aux paroles de son oncle.

-Que voulez-vous dire ?

Un sourire étira les lèvres du scientifique.

-Tu veux savoir ? Tu n'as qu'à y aller. C'est en bas.

Il agita la main comme pour chasser un insecte et rebroussa chemin. Cela ne servait à rien de le rattraper : cet homme n'en dirait pas plus. Shin fixa le sol. Un tapis de velours rouge y paressait couvrant un carrelage blanc laiteux. Il n'y avait rien d'autre sous ses pieds que le luxe et l'orgueil des Eodat à perte de vue.