Bonjour, ici je vous présente une nouvelle courte qui est mon premier projet terminé, en ce moment je travaille sur un deuxième texte qui racontera le passé plus ou moins troublant du héros principal.

Sur ce je vous souhaites une bonne lecture et n'hésitez pas à me donner vos avis concernant le style d'écriture, les fautes et vos impressions.


Miroir d'une personnalité

« En une nuit tout a changé, ma maladie, ma personnalité, mes sentiments et ma vie… »

Un matin la pluie martelait les fenêtres de l'appartement d'une jeune femme, qui contre son gré s'apprêtait à partir dans un hôpital. Comme à son habitude elle était en retard car l'autre avait démoli son réveil. De temps en temps il devient violent mais jamais au point de tuer, pourtant c'est ce qu'il a fait.

Lui adresser la parole dans un lieu publique lui valait toutes les insultes possibles et inimaginables. Déjà qu'elle n'avait jamais eu d'amis, enfin, il est mort dans un tragique accident…

Plus d'une semaine qu'elle ne lui avait pas adressé la parole, tout se tenait pour le mieux depuis leur problème du mois dernier.

Machinalement la jeune femme se leva de son lit, malgré son retard et son train à prendre, celle-ci marchait d'une lenteur calculée comme si chacun de ses pas la rapprochaient d'un danger imminent. Le sol de son appartement était sale et jonché de détritus en tous genres, vêtements sales, vaisselle entassée, bibelots cassés et bien d'autres objets couverts de poussière. En regardant le sol elle annonça d'une voie lasse et enrouée:

-Je ferai le ménage demain.

Le seul problème étant que tous les matins elle répétait toujours la même phrase et ce depuis plus de sept ans. L'état du sol n'était pas la seule chose déplorable à remarquer, les mur était jonché de graffitis pour la plupart des symboles ou des mots n'existant dans aucune langue.

Une fois arrivée devant le miroir de sa salle de bain si on puisse dire ainsi étant donné la saleté amassée avec le temps, celle-ci se regarda longuement et se décrivit. Aucun sentiment n'émanait de son visage pourtant serein, tel un être n'étant pas doté de volonté. Ses cheveux étaient coupés irrégulièrement étant donné que celle-ci insupporte les salons de coiffure. Comment imaginer que deux personnalités se disputent ce corps…

Un bourdonnement retentit dans ses oreilles comme à chaque fois qu'il lui parlait, puis il cessa et une voix dénuée d'émotion prit la parole.

« Que fais-tu? Tu souhaites vraiment aller dans cet hôpital miteux. »

La haine et la colère étaient à présent perceptibles dans sa voix.

« On finira camisolés, on nous fera avaler des médocs bizarres, ça va nous rendre fous! »

Sachant son appartement vide, la jeune femme savait que c'était son autre, elle mit ses mains sur ses oreilles et murmura d'une voix presque imperceptible:

-Laisse-moi tranquille.

La jeune femme était mal à l'aise à la gare, portant des vêtements sales, usés et démodés, beaucoup de gens la regardaient telle une SDF. Ces commentaires la blessaient au plus profond de son être et même en quémandant de l'aide personne ne l'aiderait ou dans le cas contraire comprendrait ce qu'elle ressent.

Celle-ci posa un maigre sac à dos à ses pieds puis scruta la gare de part en part à la recherche du médecin qui venait la chercher. Après un bon quart d'heure de recherche au sein de la gare elle fit demi-tour et sortit de la gare quand une voix la héla. Se retournant brusquement la jeune femme se retrouva en face d'un homme la dominant d'une bonne tête. Il avait des cheveux blond cendré, des yeux d'un vert profond et l'allure de tous les jeunes médecins, mal fringués et pourtant sûrs d'eux et de leurs réussites.

Soudain son corps entier arrêta de bouger, l'autre s'énervait et tentait de prendre le contrôle en lui vrillant les tympans.

« Va t'en reste pas là imbécile, il est hors de question d'aller là-bas ».

Sachant cet homme capable de l'aider elle ne réagit pas à la remarque de son alter et lui adressa un bref bonjour, celui-ci lui répondit d'une voix douce pourtant stressée:

-Bonjour vous êtes Alice n'est-ce pas ou c'est l'autre?

-Non, je suis bien Alice, répondit-elle penaude.

-Bon je me présente, je suis Eliott médecin spécialisé en psychiatrie et je me chargerai de votre situation. Vous avez pris des affaires j'imagine?

Alice désigna son maigre sac, puis Eliott lança:

-Notre train va partir, allons-y.

Dans la gare du village où la jeune femme allait peut-être passer le restant de ses jours, rien, les alentours du chemin de fer étaient presque déserts, pas d'agitation par rapport à la ville. Lorsqu'ils furent sortis du bâtiment, pas même une route en béton, juste un petit chemin en terre battue, entouré de divers champs de céréales. Mais une camionnette les attendait, Eliott prit le volant puis ils roulèrent trois bons kilomètres avant d'arriver à l'entrée d'une forêt, la jeune femme se posait un tas de questions sur le centre mais ne pipa mot, un peu plus loin, ils aperçurent un petit village « cul de sac » entouré de forêt, en dehors de l'entrée, il n'y avait pas de sortie. Devant la plupart des maison, il y avait des bancs où des personnes âgées siégeaient et discutaient entre elles en échangeant des tasses de thé ou de café.

Ils arrivèrent devant un bâtiment à trois étages, aucune terrasse et à chaque étage se trouvaient des barreaux aux fenêtres - pour empêcher d'éventuels suicides.

Eliott fit entrer la concernée dans le bâtiment, lorsqu'elle franchit la porte un groupe de personnes composé d'infirmières, de médecins et d'habitants l'accueillit. Elle ne répondit rien et passa devant sans y prêter la moindre attention, Eliott arriva avec un grand sourire et annonça:

-Je vais te montrer ta chambre.

Elle hocha la tête en signe approbateur puis suivit Eliott jusqu'à sa chambre. Sans grande surprise pour Alice la pièce était petite, celle-ci composée d'un lit simple collé au mur du fond avec une table de chevet, une fenêtre à barreaux et des toilettes séparées par une porte.

-Voilà ta chambre, elle n'est pas très grande mais j'espère que tu t'y sentiras à l'aise. Quelqu'un te fera visiter tout le centre et si tu as besoin de quelque chose, les infirmières sont là, n'hésite pas.

Sur ces mot Eliott quitta la pièce. Alice lança son sac dans le coin de la pièce puis s'affala sur le lit,l'autre commençait à lui parler d'évasion, d'être libre, qu'à l'extérieur elle pourrait facilement tourner la page et passer à autre chose.

Elle balaya ces idées de son esprit, mais ce meurtre, son meurtre, elle ne pourra jamais l'oublier, le visage de ce type qui jamais ne s'effacera de sa mémoire. Tout le sang, tout son sang. Cette sensation de sentir les entrailles encore chaudes de cet homme dans les mains.

Alice se pencha au-dessus du lit et vomit. La peur s'empara d'elle et la pétrifia, plus jamais elle ne souhaitait récidiver à cause de lui. Cet autre qui lui donne des ordres, qui masque sa volonté, son caractère.

Celle-ci roulait sur le côté, montait ses genoux à son cou et prit sa tête entre ses mains tremblantes. Des larmes coulaient sur ses joues. Se renfermant sur elle-même voulant oublier à jamais.

Elle retira sa ceinture de son jean débraillé, l'accrocha au plafond puis autour de son cou. Elle finira bien par tout oublier et se le pardonner, le meurtre, de son seul et unique ami.

Fin.


Merci d'avoir lu et donnez moi vos impressions.