Pairing : Fabrice Delait ( alias Andryèss, fils de Kléïa ) & Kaliossya ( fils d'Aïana )

- Léo-Paul ( le mentor des combattants ) & Wanny ( combattante )

- Gat-sen & Léonas

Catégorie : Fantastique / Friendship / Romance / Yaoi / Het / Ansgt / MPreg !

Précédemment : Fabrice venait d'offrir à Kaliossya d'avoir la possibilité de recevoir le pouvoir absolu et révèle à tous l'identité de Ka-alina : sa fille qui vient d'un futur où Andryèss est mort et où les terres restantes finirent par s'effondrer.

Chapitre répondant à des questions mais, d'autres se poseront... mais la fin arrive bientôt...

Ayuluna la voilà enfin cette suite ! désolée pour ce petit retard :)


Bonne lecture !

CHAPITRE 7 / La plus longue nuit

qui porterait des mots...

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Les yeux fermés, Fabrice tremblait en écoutant la mélodie qui émanait du pouvoir absolu de Kaliossya. Elle était douce et majestueuse… elle lui insufflait le sentiment de l'avoir perdu et en enveloppant son maitre d'une aura bleutée, il semblait dormir d'un profond sommeil comme si l'éternité s'affichait sur le visage du jeune souverain. Fabrice secoua nerveusement de la tête. Le corps tremblant, il s'agenouilla pour mieux le visualiser. La magie de ce dernier l'avait physiquement soigné mais elle lui murmurait que l'âme meurtrie, Kaliossya ne voulait plus se battre… ni pour les siens, ni pour lui… Il l'avait si bien brisé que pour un jeune homme tel que Kaliossya, Andryèss l'empêchait de croire en l'amour qu'il aurait pu lui donner. Fabrice tenta de poser une main sur l'épaule de son amant lorsqu'il reçut violemment un éclair qui le traversa chaudement dans tout le corps le faisant reculer rapidement. Le visage défait, il écouta sa mère lui murmurer :

— Sa magie le protège…

A cette seconde, il aurait pu compléter les paroles par un « de toi… » mais, peu importait la sentence, Kaliossya survivrait à Mayar et cela comptait énormément à ses yeux. Il planta son regard métallisé dans celui de sa mère. Le temps d'une seconde, il aurait voulu tout lâcher, tout foutre en l'air mais, les yeux d'une mère ne trompent jamais : une foi inébranlable s'affichait au fond de ses prunelles émeraude. Une force qu'elle semblait lui offrir comme s'il venait à nouveau de naitre. Juste le temps d'un souffle de vie, elle lui redonnait l'espoir que Kaliossya reviendrait… pour lui.

Revigoré, il serra durement de sa main gauche le bâton des Neptys. Cette arme avait un pouvoir qui le dépassait et encore novice dans l'art de la manipuler, il sentait qu'elle le guidait pour accomplir sa destinée : soutenir Kaliossya. Une magie, inconnue et puissante, qui s'alliait parfaitement avec la sienne. Une simple magie que les hommes ne pourraient jamais comprendre. Elle paraissait posséder une âme et, comparable à l'amour de sa mère, il se sentait en sécurité lorsqu'il la détenait entre ses mains.

— Quel est ton plan ? demanda Kléïa qui semblait résolue à suivre son fils jusqu'au bout.

— Vous le saurez tous au moment venue…

La gorge serrée, le jeune Delait savait que le temps était compté avant que Mayar ne revienne avec son armée. Ce n'était pas le moment de flancher. Il posa son regard sur Théo et d'un simple geste de la main, ce dernier parut se rétablir instantanément.

— Nous ne devons pas tarder, informa Fabrice tout en soulevant d'un simple regard métallisé le corps de Kaliossya.

Plus personne n'osait prendre la parole. Fabrice semblait déterminé à affronter Mayar. Tout le monde le suivait dans un silence lourd… un silence qui identique à celui qui précèdait souvent un combat. Ka-alina qui l'observait se souvenait des mots de Kaliossya… des mots qu'elle avait chéris à travers la voix rêveuse de ce dernier. Les yeux fermés durant quelques secondes, elle se rappelait de la première fois qu'il lui en avait vraiment parler. Kaliossya parlait constamment d'Andryèss et, à un âge où elle pouvait tout mémoriser, elle avait vu dans le regard de son père une tristesse dont elle ne comprenait pas encore.

En acceptant de revenir dans le passé, elle savait qu'elle perdrait ses pouvoirs puisqu'elle n'avait aucune existence dans cet espace-temps et, le plus difficile fut de briser son propre père. Se battre contre celui qu'elle avait si longtemps imaginé, lorsque, à la seconde où elle avait posé son regard sur lui, elle avait ressenti la volonté de ce dernier à soutenir Kaliossya, elle était convaincue de son amour pour son jeune père. Chaque coup qu'elle lui avait infligé lui était fatal, autant pour lui que pour elle. Mais, dans son futur, où personne n'avait acquis le pouvoir absolu, elle n'avait qu'à repenser à l'effondrement des terres restantes pour réaliser ce qu'elle était venu accomplir en ces temps de guerre. Le bâton des Neptys, perdue à travers les âges, avait été retrouvé à son époque et sans cet objet, aucun des deux souverains n'aurait pu accéder au pouvoir absolu.

Bien qu'elle n'ait plus ses pouvoirs, elle avait admiré la magie d'Andryèss et, tout comme celle de Kaliossya, elle avait chacune leur propre couleur. Leur aura était bien plus forte et lumineuse, chose qu'elle n'avait jamais vue dans le futur. Et maintenant ? Comment ce père qu'elle venait à peine de reconnaitre, allait-il se débrouiller pour vaincre Mayar ? Parce que, quoiqu'il en soit, elle connaissait la vérité : Kaliossya devrait se sacrifier.

Elle reprit lentement sa marche en se souvenant que les terres restantes s'effondraient et que la mort d'Andryèss n'avait absolument servi à rien. Pourtant, elle sentait que ce dernier avait un plan et, étant présente à ses côtés, elle comptait bien y participer. Comme le lui avait dit son frère, elle devrait tout faire pour se montrer digne d'être leur fille… Ses lèvres s'étirèrent en un sourire, elle était tout aussi forte que Fabrice mais elle avait autant de doute que Kaliossya. Elle retrouva facilement tous les combattants dans la salle commune. Elle contempla chacun de ses hommes qui avaient écrit leur histoire. Ce sentiment d'être privilégiée et honorée de se retrouver face à ceux qui avaient construit la réputation d'Elévance, elle sentait une immense fierté.

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Dans la salle de présence, la magie du jeune Delait déposait le corps de son amant au sol. Il ne pouvait pas le toucher sans se risquer de recevoir une violente décharge alors, il s'agenouilla quelques instants. Il se pencha doucement en lui murmurant des mots qui lui indiqueraient combien il l'aimait ses enfants et lui… Les yeux clos, il échappa un soupir de fatigue. Ce n'était pas le moment de fléchir. Il ouvrit rapidement ses paupières pour regarder une dernière fois Kaliossya avant de sortir le pas décidé.

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Ka-alina souriait devant cette garde royale lorsqu'elle tourna son regard sur l'entrée. Andryèss venait de pénétrer en tonnant :

— K-EDIA, isolation de la pièce.

— Bien, Brice.

Plus aucun son ne pouvait franchir les murs. Fabrice, en fixant chacun des combattants, commença d'une voix qui reflétait la dureté de ses choix :

— Parfait. Je veux que cette nuit, chacun se repose. Mayar sera surement de retour dans deux jours et je veux que nous soyons prêts à l'accueillir. Gat-sen et Léonas, vous vous occuperez de recruter le maximum d'hommes qui peuvent monter les Griffes-d'aigles tout en sachant manier une arme. Une épée serait plus adéquate. Laissez les gardes veiller la demeure. Lyèss et Ka-alina, vous vous occuperez de faire la même chose avec les hommes des enfants de la terre.

— Mais, coupa Théo, ils ne peuvent pas respirer notre air !

Le regard métallisé de Fabrice s'afficha subitement avant de reprendre catégoriquement :

— Théo. Je sais ce que je fais.

— Bien, répondit-il en inclinant son buste.

— Mère et Léo-Paul, vous veillerez à ce que les Griffes-d'aigles se préparent à cette bataille. Wanny et Théo, vous vous occupez de m'établir un endroit où nous pourrions mettre les blessés. Galan, soyez épaulé par tous ceux qui peuvent vous être utile.

Tout le monde le regardait fièrement et, en acceptant leurs devoirs, ils écoutèrent :

— Je ne vous cache pas que la bataille va être rude. Mayar croit que je ne le tuerais pas à cause de Kaliossya et je veux pouvoir jouer là-dessus. Bien. Maintenant, je vais vous expliquer mon plan de défense.

Ka-alina voyait un homme qui semblait peser chacune de ses décisions. Elle écoutait attentivement ce que projetait de faire son père puis, en hochant de la tête, elle dut admettre que cela devrait surement marcher.

— Il se peut qu'il y ait des imprévus mais j'approfondirais tout cela, demain, devant les Neptys et nos hommes. Maintenant, allez tous vous coucher.

Fabrice tremblait intérieurement. Il donnait surement l'apparence d'un homme rempli de certitudes mais, au fond de lui, il n'avait aucune confiance en ce nouvel ordre. Pourtant, il croyait en Kaliossya et, en prenant une respiration, il fallait que cela fonctionne. Si son propre sacrifice dans le futur avait échoué alors, ce plan était son dernier espoir. Las de cette longue soirée, la salle se vida rapidement. Seule sa fille était restée. Immobile, cette dernière le fixait d'un regard qui paraissait lui en vouloir.

— Ka-alina, aurais-tu une chose à me dire ? demanda-t-il froidement pour éviter de se laisser emporter par ses émotions.

La jeune fille s'avança jusqu'à lui puis, en posant une main sur la joue d'Andryèss, elle avait envie de lui combien elle l'aimait mais, en reconnaissant le regard de son père, identique au sien, elle s'en alla en lui souriant.

— Ka-alina, chuchota Fabrice… moi aussi.

Figée devant l'encadrement de la porte, elle avait longtemps attendu qu'un jour il puisse lui dire ses mots. Les larmes bloquées au bord des yeux, elle reprit son chemin en se mordant les lèvres. Elle comprenait que son père devait garder l'esprit libre pour vaincre efficacement Mayar.

... ... ...

Gat-sen qui marchait à côté de Léonas entendit soudainement l'écho de la voix froide de Théo.

— Gat-sen !

En se retournant, ses yeux se plantèrent sur un jeune homme en colère. Théo venait de dépasser Léo-Paul en lui prenant le fouet et d'un geste rageur, il l'envoya le bout de l'objet s'enrouler autour de sa taille, le paralysant avec ses bras. Le temps de dire « quoi ? » Théo lui décocha une droite en plein estomac. Cambré sur lui-même, il grogna avant de recevoir deux coups de paume violents qui le fit brutalement percuter contre le mur. Un léger rire franchit de sa gorge en comprenant que son petit-frère lui en voulait. Le souffle coupé, Gat-sen lança une pique :

— C'est tout ce que tu sais faire petit !

De rage, le conseiller se jeta sur son ainé qui se laissa choir sur le sol. Les poings serrés et assis sur les cuisses du combattant, il croisa le regard noisette de ce dernier. Il avait envie de lui redonner une autre raclée mais, le sentiment d'avoir été manipulé paraissait le rendre insignifiant aux yeux des autres… comme si, il n'avait plus sa place.

— Pourquoi ne m'as-tu rien dit ? demanda-t-il en respirant par à coup, j'avais le droit de savoir ce que vous complotiez derrière mon dos !

Wanny qui retenait son fiancé d'une main les observait sans intervenir. Théo, ancien combattant, prouvait qu'il n'avait rien perdu de ses entrainements. Il avait toujours autant de force que d'agilité. A sa place, elle aurait surement agi de la même façon. Le couloir à peine éclairé, elle contemplait devant elle l'amour d'un jeune homme pour son frère. Bien que Gat-sen jouait les farceurs, il avait toujours veillé sur Théo et cela même s'il n'avait plus rien qui les rapprochait. D'une certaine manière, ces deux hommes s'aimaient sans réellement savoir que leur complicité était devenue presqu'un emblème.

Pensaient-ils que personne n'avait rien vu ? Gat-sen aurait donné sa vie pour le conseillé et jamais, jamais il ne l'aurait donné en pâture. Mais, en ces temps où la perte d'un membre était insupportable, Théo avait dû prendre cet aparté comme une trahison. Il était peut-être jeune mais il n'était pas fait de papier. Il savait encaisser les coups…

— Dann… souffla enfin l'ainé, j'avais ordre de ne rien te dire…

— Pourquoi ! tonna Théo en le fusillant de son regard noir,… parce que je suis jeune et stupide ! Parce que vous ne me comptiez plus parmi les combattants ! Vous croyez que je me suis ramolli en devenant conseiller ! Je te signale que je sais me battre !

— Tu vas arrêter de te croire exclu du groupe ! répondit durement Gat-sen, je sais ce que tu vaux ! Tout le monde le sait !

Théo parut soudainement se calmer et presque honteux de s'être laissé emporté qu'il lui murmura comme un enfant pris en faute :

— Alors pourquoi ?

Théo lui décocha une petite gifle lorsque son ainé osa rire de lui.

— Aiiiieeeuu ! Mais c'est que t'es une petite brute ma parole ! se moqua Gat-sen.

Les yeux dans les yeux, le temps d'une longue seconde où ils avaient toujours cette fâcheuse tendance à se crier dessus, le sérieux semblait revenir lorsque Gat-sen y lisait de l'incompréhension.

— Écoute moucheron, tu aurais été mis au courant, tu n'aurais pas agi comme tu l'as fait et Mayar devait être convaincu qu'Andryèss ne jouait pas la comédie… ça y est t'as pigé… finit-il par dire en recevant une tape sur la tête,… aiiieeuuu… mais arrête de me frapper !

— Crevette, répondit Théo en posant une joue contre une épaule de son ainé…

— Moi aussi je t'aime mon petit Dann…

Le plus jeune ferma ses paupières en répondant d'un grognement. Il adorait Gat-sen. C'était devenu sa seule raison de survivre alors, en se croyant inutile, il avait cru que ce dernier avait fait le choix de l'abandonner. Il se mordit la lèvre inférieure en se disant que son cœur avait toujours confiance en son ainé : abruti à ses heures mais, un frère qu'il aimait par-dessus tout. Wanny sourit devant cette scène. Ils étaient si mignons qu'elle demanda à K-EDIA de prendre une photo.

— Bon, ce n'est pas tout, le moucheron mais, t'es lourd, reprit Gat-sen en faisant mine de souffrir sous son poids.

Théo commença à se lever mais, un rictus amusé aux coins des lèvres, il se pencha près d'une de ses oreilles pour lui chuchoter à voix basse :

— J'en connais un qui va passer une bonne nuit…

En le voyant se relever rapidement, Théo se dissimula derrière le corps de Léonas.

— Attends que je m'ôte ce fouet et que je t'attrape ! maugréa-t-il avant de sursauter à la voix de Ka-alina qui arriva à ce moment tonna :

— Mais qu'est-ce que vous foutez-là ! Andryèss a été claire ! Tout le monde au repos et que ça saute !

Théo éclata de rire en faisant signe de la main pendant que Léo-Paul et Wanny souriaient.

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Gat-sen soupira lorsqu'il s'aperçut que Léonas le suivait jusqu'à l'étage où seules les chambres disponibles étaient réservées aux combattants. Arrivé devant sa porte, il pivota pour faire face à son ainé :

— Léonas, quoiqu'il ait pu se pass…

Il fut coupé par le simple contact des lèvres de Léonas. Les yeux subitement assassins, il repoussa vivement ce dernier.

— Je… bredouilla-t-il totalement troublé par ce geste inattendu…

Léonas ouvrit la porte en le poussant à l'intérieur de la chambre et, en la refermant, il se permit de tonner :

— K-EDIA, isolation totale de la pièce !

— Bien, Léonas, dit-elle en les laissant seuls.

Le regard toujours aussi noir, Gat-sen n'en croyait pas ses oreilles :

— K-EDIA ! hurla-t-il… reviens tout de suite !

Trop tard… une fois l'isolation effectuée et K-EDIA partie s'occuper de ses autres tâches, il n'y avait que le demandeur qui pouvait la désactiver. Le jeune combattant grogna avant de croiser des bras tout en toisant son ainé qui osait émettre un sourire.

— Écoute… je ne sais pas ce que tu as cru mais, tu t'es juste trompé ! Je ne suis pas intéressé par toi et encore moins par un homme ! D'ailleurs, j'avais une femme et un fils ! Et toi, bah, tu… je… finit-il par bafouiller devant le regard étincelant de son interlocuteur.

— Je crois que tu n'en es pas certain… susurra Léonas en le plaquant gentiment contre le mur,… je crois que tu en as autant envie mais, dit-il en caressant le cou offert de sa langue humide,… tu le nies…

— Je…

Léonas releva le menton du plus jeune pour l'obliger à le regarder. Il était beau. Des cheveux bruns et aussi long que les siens… des yeux à le transpercer d'une lame… il le désirait mais, il n'était pas un homme qui forçait. Il glissa sa main contre la nuque de Gat-sen et, en approchant un peu plus près de son oreille, il lui chuchota :

— Ce n'est seulement pas qu'une question de sexe… tu me plais… vraiment…

Gat-sen qui sentait son corps flancher autant que son cœur palpitait avec rage dans sa poitrine en eut le souffle coupé. Les jambes flageolantes, il n'était pas habitué à cela… pas à être dragué par un homme… Il n'avait rien au fait que cela en soit un mais il ne l'avait jamais envisagé. Pourtant, son corps vibrait en sentant la chaleur de Léonas et ces mots… ces simples mots : tu me plais…

Léonas qui attendait une réponse le lâcha en reculant. Il était persuadé que le jeune homme était attiré par lui mais, peut-être qu'avec le temps, il avait oublié de comprendre les lueurs indicatives des yeux. Il avait aimé un homme deux années plus tôt… un homme qui lui avait sauvé par la suite la vie en le protégeant des attaques de Mayar. Ce dernier avait peut-être le visage de Kaliossya mais il n'avait pas la grandeur d'âme de son jumeau. Mayar, à l'âge où il s'était rebellé, avait décidé de s'approprier la terre des vies… mais, la communauté des Neptys n'était pas encore prête à affronter ce gamin qui déployait une telle fureur contre les siens qu'une grande partie mourut par ses attaques. A peine âgé de seize ans, Mayar avait détruit une grande partie de son clan et celui qu'il avait longuement aimé.

Il se souvint que sa communauté avait dû partir sur l'île des condamnés. Une terre où les hommes se cachaient de la vie. Où la leur semblait attendre une fin… mais, ils étaient arrivés tard. Mayar avait déjà fait un nettoyage en embarquant leurs enfants. Sur les cinq grandes îles, les traites qui se joignirent à Mayar restèrent sur l'île des mortuaires où ils établirent leur armée. Léonas et Sylvrien avaient accepté les hommes des condamnés à les rejoindre. Ces derniers ne souhaitaient plus subir la colère de la terre et encore moins celle de Mayar. Lorsque Léonas avait vu pour la première fois Gat-sen sur le lit d'infirmerie, son cœur s'était mis à battre violemment. Il pensait que plus personne ne lui ferait de l'effet…

— Bien, répondit Léonas dont l'estomac se nouait à ses mots, je me serais seulement trompé.

Il pivota en prenant sur lui la déception lorsqu'une main empoigna son bras. Il sentait Gat-sen qui hésitait et, en se tournant sur lui, il l'enlaça tout contre lui.

— Puis-je dormir avec toi ? demanda-t-il en espérant une réponse positive.

Gat-sen ne savait plus vraiment ce qu'il faisait mais, à l'approche de la bataille, il avait besoin de sentir quelqu'un à ses côtés… de sentir Léonas près de lui. Il s'écarta de son ainé pour lui saisir la main. En silence, ils se dirigèrent vers le lit. L'un en face de l'autre, ils quittèrent leur ensemble de combattant pour se retrouver en boxer. Gat-sen tremblait comme jamais il n'avait ressenti. Immobile, il contempla le corps parfait de Léonas. Ce dernier s'allongea sur le matelas en l'invitant à le rejoindre. Le plus jeune déglutit puis, il prit place en sentant soudainement la chaleur de son ainé l'envahir.

— Puis-je m'endormir avec toi dans mes bras ?

Le corps parcouru de frissons, il leva son regard sur Léonas. Non, il ne voulait pas s'endormir sans avoir pu sentir des mains le caresser. Gat-sen prit son courage et comme un adolescent, il déposa ses lèvres tremblantes contre celles de Léonas. Les yeux fermés, il savoura langoureusement leur baiser pendant que l'ainé semblait découvrir le corps de son jeune amant.

Les jambes entremêlées, ils s'essoufflèrent rapidement avant de s'écarter de quelques centimètres. Gat-sen sentait une envie le consumer de l'intérieur. Le corps totalement à la merci de Léonas, il le laissa se positionner au-dessus de lui. Leurs regards s'accrochèrent et le temps d'une seconde, leurs respirations se saccadèrent au rythme de leur battement de cœur. Quoi qu'ils en pensèrent à cet instant, ils avaient envie… envie de chaleur… envie d'aller plus loin.

Léonas déposa ses lèvres contre celles du plus jeune et plus rien ne semblait les retenir. L'écho de leurs gémissements résonna rapidement dans la pièce. Gat-sen ressentait un tourbillon de sensation qui le fit cambrer sous le poids de son ainé. De ses mains baladeuses, la peau nue frémissait en faisant héler des sons de contentement de son ainé. Leurs bassins ondulaient au gré de leurs désirs. Léonas qui le regardait se mouvoir sous son corps…le trouvait beau et sensuel. Il le voulait à lui… très vite, il glissa une main sous le boxer de son jeune amant pour le lui ôter. Nu, l'un contre l'autre, les souffles entrecoupés, ils se sourirent en tremblant de nervosité.

— Je… n'ai… commença le plus jeune.

— Chut,… je vais être doux… répondit Léonas en lui baisant le cou.

Gat-sen sentait une chaleur brulante au bas de son ventre. Les yeux fixés sur son ainé, il posa ses mains sur le torse chaud de ce dernier. Il dut admettre que Léonas était drôlement bien foutu et, en plissant des paupières, il gémit en sentant des doigts le pénétrer, l'excitant encore davantage. Il se mordit une lèvre pour éviter de crier… Les baisers fougueux, les danses bouleversantes de leur langue le firent gémir des sons de satisfaction de plus en plus bruyant puis, le corps tremblotant, Léonas s'insinua en lui. Gat-sen laissa échapper un cri de douleur avant de s'habituer à cette intrusion. La gorge sèche, il se perdit quelques secondes dans les yeux de son ainé… ils brillaient d'une flamme ardente… ils pétillaient de désir… ils étincelaient d'un sentiment d'amour qui parut le bouleverser…

Dans les bras de l'un, les mouvements à la fois doux et bestiaux, ils s'embrassèrent en hélant plus fort de leur voix rauque… leurs mains s'ancrèrent dans la peau de leur amant, leurs bas-ventres papillonnaient de plus en plus vite… jusqu'à les pousser à exploser de jouissance… une seconde éternelle où dans leur cri commun, ils hurlèrent le nom tant chéri… La peau surement rougi et transpirante, leurs corps s'étaient parfaitement imbriqués et, le temps de reprendre leurs respirations, Léonas roula sur le côté sans le lâcher d'une main.

— Je sais que ça peut te paraitre tôt, déclara l'ainé, mais, dans quelques jours, c'est la grande bataille qui s'annonce… et j'aimerais te dire que, je…

— Non ! coupa Gat-sen dont le cœur se remettait à peine de ce qu'ils venaient de faire ensemble,… je veux que tu me le dises après…

Blotti dans les bras de son ainé, il ne voulait pas savoir de quoi leur avenir serait fait. Ils venaient de faire l'amour… et cela lui suffisait parce que devoir encore lire dans les yeux d'une personne qu'il chérissait de la peur lui était devenu insupportable. Il avait aimé qu'il le caresse… aimait de l'entendre gémir… juste aimer que ce soit finalement lui… Alors, en fermant ses paupières, il voulait pour une fois s'endormir en paix avec la personne qui lui avait volé son cœur…

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Ka-alina qui préférait prendre l'air après avoir quitté les combattants trouva Lyèss. Ce dernier contemplait le ciel et, les bras en appui contre la rambarde, elle le rejoignit. Elle sourit en le voyant tourner son visage dans sa direction puis, en s'installant juste à ses côtés, ils restèrent tous les deux silencieux. C'était un instant de repos où sous la caresse de la brise semblait les alléger d'un futur fardeau. Andryèss avait un plan qui leur paraissait envisageable et ils avaient foi en lui.

— Pourquoi être venu jusqu'ici ? demanda Lyèss en passant ses mains dans ses cheveux avant de planter son regard gris dans celui de la jeune fille.

— Pour le bâton, répondit-elle en levant légèrement son visage… et pouvoir rencontrer mon père, Andryèss.

Le jeune combattant hocha seulement de la tête. Kléïa lui avait vaguement parlé de la mission de Ka-alina.

— J'ai entendu plusieurs fois… reprit-elle d'une voix soudainement rêveuse, Kaliossya pleurer pendant qu'il croyait que mon frère et moi dormions… j'ai vu le résultat d'un amour déchiré… j'ai vu de la déception dans les yeux de mon père à chaque fois qu'il me parlait d'Andryèss… et parfois, dit-elle d'une voix tremblante, je l'entendais dire à K-EDIA qu'il aurait préféré mourir pour ne pas à endurer son absence… mais, Kaliossya est fort, il a su nous élever avec la foi du nouvel ordre…

Lyèss resta silencieux… Que dire après ça ? Que rajouter quand, dans le futur de cette Ka-alina Fabrice s'était sacrifié pour rien ? Le silence… cela était amplement suffisant. Lyèss avait vu évolué Fabrice et, fier d'être parmi eux, il sentait que les forces des Neptys et des Elévançois allaient permettre d'affronter Mayar. Le regard perdu sur l'horizon foncé, il demanda tout de même :

— La bataille qui nous opposera à Mayar sera lourde et toi qui viens de loin, penses-tu repartir ?

Un léger rire résonna à son oreille. Le jeune combattant la contempla quelques secondes. Elle était le portrait de Kaliossya et ses yeux émeraude semblaient facilement le piéger. Il reprit sa position initiale en l'entendant lui répondre :

— Là d'où je viens, il n'y a plus de terres… alors, mon chez moi, c'est ici, auprès de mes pères…

— Mais, tu n'as plus de magies ?

— Non… mais j'ai foi en ce nouvel ordre,… je sais que certaines choses peuvent changer tout comme,… souffla-t-elle d'une voix vibrante d'émotion, certaines choses ne pourront pas l'être… il y a des choix personnels qui sont bien plus fortes que la raison… bien plus forte que d'être des humains… parce que, finalement, on apprend à vivre en sachant que pour la liberté revienne, il faut des sacrifices…

Lyèss n'appréciait pas du tout ces paroles. Il se doutait bien que la bataille contre Mayar serait la conséquence d'une lourde perte et, en soupirant, il se rendait compte que sans cela, les terres restantes seraient condamnées à disparaitre… et, le corps frémissant à cette pensée, ce serait la fin de l'humanité.

— Pourquoi ne l'appelles-tu pas Fabrice ?

— Je l'ai toujours connu sous le nom d'Andryèss… puis, Kaliossya ne l'employait que rarement… comme si, seul le prénom paraissait le briser… murmura-t-elle en croisant le regard brillant de son ainé,… il l'aimait encore quand il est mort en m'ouvrant le passage…

— Mais,… s'étonna Lyèss, pourquoi le nouvel ordre ne lui a rien dit ? je veux dire, il aurait dû le soutenir ?

— Kaliossya a échoué et sa sentence était de subir le poids d'une grande perte : celle des hommes.

A ces mots, le jeune combattant sentit avec effroi la mesure de ce fardeau.

— Comment ont-ils pu oser lui faire cela ? Kaliossya n'était pas…

— Lyèss, coupa-t-elle en posant une main sur son épaule, mon père s'y était fait… maintenant que je suis là et qu'Andryèss semble déterminer à vaincre Mayar, je veux pouvoir croire que dans cette ligne temporelle, le nouvel ordre saura le guider.

Côte à côte, le combattant saisit la main de Ka-alina et, ensemble, ils continuèrent à regarder la beauté d'Elevance. La fille de Kaliossya n'avait jamais réellement su qui représentait le nouvel ordre… mais contrairement à son père, ce dernier les avait déjà rencontrés… Il ne lui avait jamais rien dit… et, le cœur battant, elle avait bon espoir de croire que Fabrice saurait qui se dissimulait derrière cette loi.

... ... ...

En haut du toit de la demeure de Kaliossya se tenait Galan. Le regard fermé, il priait le nouvel ordre. Le cœur assombri par le retour de Ka-alina, il avait bien compris que le destin des deux souverains était bien plus funeste que ce qu'il pensait. Cependant, en sachant tout cela, il attendait Sylvrien depuis plusieurs minutes : son pupille. Galan n'aspirait qu'à une seule chose : sa fin. Celle qui le récompenserait d'une nuit éternelle de paix car, sa vie, il l'avait dédié à ces êtres hors du commun. Il avait vécu bien plus d'année que tous ceux réuni à Elévance. Il était les yeux et les oreilles du nouvel ordre, il était le premier des Neptys et surtout, il était l'instigateur des naissances de Kaliossya et d'Andryèss.

— Maitre, entendit-il en se retournant sur Sylvrien.

— Mon garçon… souffla-t-il en lui souriant.

— Je ne suis plus le petit garçon que tu as connu, rit-il en se postant à ses côtés, je suis aussi vieux que toi…

— Mais, contrairement à moi,… à mes yeux, tu le resteras…

— Je sais…

Galan avait accueilli et élevé cet homme dans l'espoir que la communauté des Neptys se forme. Il n'en fut point déçu. Sylvrien tenait autant qu'à lui à cette prospérité.

— Fabrice sait, déclara soudainement Galan.

— Que sait-il au juste ? s'étonna Sylvrien.

— Qui représente le nouvel ordre.

— …

Que pouvait-il répondre à cela ? Depuis que Fabrice avait acquis le pouvoir absolu, cette magie semblait lui révéler des secrets qu'eux-mêmes tentaient encore de cacher.

— Est-ce donc inquiétant ? demanda Sylvrien.

— Je ne pense pas, murmura Galan,… je pense que la vérité sur le nouvel ordre devra un jour éclaté mais, ce sera à Andryèss d'en décider…

— Oui… répondit le pupille du médecin,… as-tu hâte de rejoindre les tiens ? demanda-t-il d'un ton incertain.

— Je vis depuis si longtemps… j'ai vu le monde sombrer dans le chaos… je l'ai vu revenir lentement à la vie… j'ai suivi le nouvel ordre et, dit-il en plantant ses yeux brillant dans ceux de son ami,… oui, j'ai envie de pouvoir fermer les yeux…

— Tu me manqueras, père.

Galan sourit devant ce simple mot. Il n'avait pas revu Sylvrien depuis plusieurs années, occupés à former les rangs des Neptys et, à cette seconde, il était redevenu le temps d'une nuit, le père de cet homme qui n'avait plus besoin de ses conseils. Galan enlaça son ami en lui murmurant à l'oreille :

— Je suis fière de ce que tu as construits sur la terre des vies. Fière de t'avoir eu à mes côtés, mon enfant.

Sylvrien, les larmes bloquées au bord des yeux, ne savaient plus où se mettre.

— Bordel ! Galan ! s'écria-t-il d'une voix vibrante,… comment fais-tu pour me faire pleurer ? À mon âge, je ne devrais plus !

Le médecin éclata de rire tout en l'étreignant encore davantage. Tel un père à son fils, Galan semblait lui faire un adieu… car, lorsque tout sera fini, lorsque les terres reviendront prendre leurs places… lorsque des lois se restaureront,… il s'en ira…

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'' Kaliossya, allongé et recroquevillé du côté de son épaule gauche, fermait durement des paupières. Les larmes de douleur ne cessaient de couler sur ses joues. Les lèvres déformées en un rictus de peine, il hoquetait bruyamment. Au milieu de cet espace où le temps paraissait éternel, il tournait le dos à la lumière où deux ombres semblaient attirés son attention mais, ils ne parvinrent nullement à le sortir de sa perdition.

Pour lui, l'enfant choisi du nouvel ordre… l'enfant choisi de la terre… Fabrice le détestait… il le haïssait pour ce qu'il était… alors, plus rien n'avait d'importance… il avait détruit ce qu'il avait de plus cher : leur enfant. Le corps secoué, il ramenait encore davantage ses genoux près de son torse et en sanglotant, il n'arrivait plus à se contrôler. De toute façon, se disait-il, à quoi bon ? Tout était fini…

— Kaliossya… entendit-il enfin d'une voix inconnue.

— Noooonnn… marmonna-t-il à travers ses cris de douleur, laissez-moi !

Il voulait mourir… rejoindre son bébé qu'il venait de perdre… et peu importait s'il était en droit de procréer ou pas : il avait senti la vie à l'intérieur de lui… il l'avait aimé à la seconde où, d'une main posée sur son ventre encore plat, il avait senti les battements de cœur… mais, là, maintenant, il ne sentait plus rien… Il avait perdu… tout perdu…

— Kaliossya, réitéra la voix qui s'approchait inéluctablement de lui.

Le souffle saccadé, sa gorge le tiraillait tant qu'il ne put répondre. Il ne supportait plus cette souffrance. Il aurait préféré mourir ou… ne jamais avoir vu le jour…

— Regarde-moi… lui murmura la voix devant lui,… regardes-nous…

Les dents blanches dévoilées par ses lèvres empreintes de tristesse, il réussit à lever ses paupières mais, les yeux totalement flous, il ne distingua que deux êtres qui s'agenouillèrent à ses pieds.

— Kaliossya… entendit-il de la seconde voix qu'il connaissait : le nouvel ordre.

A cette seconde, ses larmes redoublèrent en laissant échapper tout l'amour qu'il avait pour Fabrice… un sentiment qu'il commençait à haïr du plus profond de lui. Un sentiment qu'il regrettait amèrement d'avoir éprouvé pour un seul homme… une émotion qui le tuait à petit feu… le détruisant de l'intérieur pour n'en faire qu'une pauvre épave. Il était tout simplement fini. Si cela n'avait tenu qu'à lui, il se serait relevé pour leur dire ce qu'il pensait de leur satanée prédiction qui lui avait couté la vie de son enfant ! Il se serait mis à leur hurler de rage toute la haine qu'il ressentait à cette seconde ! Leur dire combien, il n'en avait plus rien à faire ! Que le monde dans lequel les hommes vivaient ne méritait pas d'être sauvé ! Que sa vie ne valait pas d'être celle qu'il avait ! Mais, Kaliossya avait toujours un cœur pur… un cœur qui aimait les humains… il était l'enfant qui réunirait deux races.

— Kaliossya…

Les yeux fermés, il murmura seulement entre ses sanglots :

— C'est fini… je n'ai plus la force…

— Non, tout ne fait que commencer mon fils…

Kaliossya éclata à nouveau en pleurs… comment osait-il l'appeler ainsi ? Comment osait-il faire de lui le pantin d'une destinée dont il n'avait jamais rien demandé ? La respiration extrêmement bloquée, il s'essuya rageusement les yeux et, en fixant l'un des deux hommes, il ne put encore retenir ses larmes de déceptions… Pourquoi plus rien n'avait-il de sens ?

— Léo… Paul ? bredouilla-t-il en tentant de retenir ses sanglots.

— Non, répondit la voix qui l'avait toujours suivi depuis le choix de l'avoir guidé pour devenir le futur souverain,… Léo-Paul est juste fait à mon image…

Kaliossya roula pour leur tourner le dos. Il y avait trop de choses qu'il ne comprenait plus et là, il s'en foutait. Alors, une main sur la bouche, il brailla fortement :

— Rendez-moi mon bébé ! Rendez-moi mon enfant !

La douleur n'avait plus de nom que celui de Fabrice… il l'avait juste anéanti…

— Il ne te les a jamais enlevé… entendit-il en apercevant soudainement deux ombres à l'image d'enfants qui marchaient dans sa direction.

Le cœur palpitant à cette vision, ses lèvres tremblèrent tant que sa gorge se serra atrocement en émettant des cris d'incertitudes.

— Tes jumeaux… vos jumeaux…

— Mensonges ! cingla-t-il…

— Non, regarde-les biens… comme autrefois, lorsque tu parlais avec Andryèss qui n'était qu'un fœtus, tes enfants sont là pour te prouver qu'ils sont bien en vie.

Sans bouger de sa position allongée, il discerna une petite fille aussi brune que lui et un petit garçon aussi blond que son second père. Ils s'accroupirent devant lui et, de leurs petites mains, ils le caressèrent.

— C'est vrai ? demanda-t-il avec espoir,… ils… ils sont… encore en…

— Ils sont encore en toi.

Les larmes débordant des yeux, il avait du mal à tout saisir. Il avait vu le regard métallisé, glacial et dur, se poser sur lui. Il avait lu tout le dégout qu'il insufflait à Fabrice.

— Mais… bredouilla-t-il, j'ai… je l'ai ressenti…

— Il le fallait… Andryèss t'a offert le pouvoir absolu et pour que ta propre magie te protège, il devait te briser… te briser si profondément qu'il a réussi…

— Kaliossya, chuchota enfin la première voix inconnue…

— Qui êtes-vous ?

— Je crois que tu viens de le comprendre…

Le jeune mage regardait ses jumeaux comme si, tout cela n'était qu'un rêve éveillé. Il prit le temps de s'assoir en tailleur et, en les blottissant tout contre lui, il se sentait enfin revenir à la vie… ses enfants étaient bien là.

— Kaliossya, le temps ici s'écoule plus vite qu'à l'extérieur à cause de ton nouveau pouvoir… mais elle te retient prisonnière…

— Pourquoi ?

— Parce qu'elle te garde en vie, telle est son rôle, répondit la seconde voix.

Le cœur battant, Kaliossya ferma ses yeux car, pendant ce temps, la bataille venait déjà de débuter…''

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A l'extérieur, contrairement à Kaliossya, rien n'avait encore commencé… Il était coincé dans un monde que sa magie avait enveloppé de ses pouvoirs.

En attendant, dehors, un souffle de vent qui colportait l'essence de l'étrange force qui veillait en tout cela valsait pour regarder le nouveau monde. Un monde où une seconde chance allait être offerte aux humains. Elle posait ses yeux sur Gat-sen et Léonas… profondément endormi… elle veillait au repos de Wanny, tendrement enlacée par son fiancé… elle souriait de voir Théodann qui ne s'agitait plus au milieu de ses songes… elle contemplait Ka-alina et Lyèss qui partaient chacun dans leur chambre… elle fixait Galan et Sylvrien qui continuaient à se raconter leurs histoires d'autrefois… puis, elle finit par poser son regard sur Fabrice qui s'était allongé à côté du corps de Kaliossya.

Pour leur porter un peu de chance, elle chanta une mélodie… une mélodie pour ceux qui allait se battre pour l'amour des leurs, pour leurs survies, pour leurs libertés… et pour qu'un jour, leurs enfants puissent connaitre la vérité tant attendue de Kaliossya et d'Andryèss… Elle insérait entre ses airs le chant de ces anciens humains qui s'étaient autrefois battu entre eux… elle dissimulait entre chacun de ses souffles une romance qui appartenait à ces êtres venus d'ailleurs… Un mélange qui, au son de sa voix, donnait une alliance des plus inattendue… elle n'avait jamais envisagé de les aider mais, force était de constater que le nouvel ordre aimait la race humaine.

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A suivre…

Chapitre 8 : Résurrection