Mille excuses pour le retard considérable dans la publication... j'espère que ce chapitre vous plaira, même s'il ne me convient pas vraiment. tout m'appartient, sauf la géniale chanson de la chanteuse Anaïs ^^

bonne lecture =)


La démone ouvrit les yeux.

Elle était dans une baignoire. En sous-vêtements.

Elle nota rapidement que sa peau avait encore noirci, avant de se demander comment elle avait bien pu atterrir là.

Gina leva la tête et vit Ayn, qui la fixait d'un air profondément inquiet.

A sa vue, la démone ressentit une douleur sourde, et malgré tout l'amour qu'elle portait à son amie, son corps eut un mouvement de recul instinctif.

Ayn ne manqua pas de la remarquer, mais ne le montra pas, si ce n'est par son regard, qui se fit infiniment triste quelques millièmes de secondes.

Elle se ressaisit et s'exclama d'une voix enjouée :

-oh mon dieu, Gina, tu es réveillée ! C'est merveilleux !

En temps normal, elle se serait jetée dans les bras de son amie, mais les circonstances étant loin d'être normales, elle se contenta de lui tendre la main afin que la démone puisse se redresser et sortir de la baignoire.

Gina remarqua qu'Ayn avait recouvré l'usage de ses jambes et une vague de soulagement la traversa. Elle n'avait pas souffert en vain.

Elles se retrouvèrent face à face, Gina encore trempée et frissonnante. La démone surprit le regard plein d'amertume d'Ayn quand celle ci aperçut l'énorme hématome rouge qui s'étalait sur son dos.

La blonde ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais Gina lui posa un doigt sur les lèvres :

-Tu n'as pas à t'excuser. Ça n'est pas ta faute.

-Bien sûr que...

-Non, coupa Gina. La chose qui m'a fait ça, et après tout ça n'est pas si grave, n'est pas toi. Nous avons toutes les deux ces choses au fond de nous, mais je te promets que bientôt...

Une sonnerie de téléphone retentit.

« C'est toi que j'ai... au fond de moi. Peut être un alien ? Pa, pa, palapala »

Elle sursautèrent toutes deux et Ayn sortit précipitamment de la salle de bain, jetant un regard d'excuse à Gina, tandis qu'Anaïs reprenait avec entrain : « Peut être une angine ? ».

La démone soupira, et saisit une des serviettes bleu pâle qui pendait au porte-serviettes chauffant.

A ce seul mouvement, son corps protesta de douleur, aussi s'emmitoufla t-elle dans la serviette chaude pour faire passer ces vagues de souffrance.

Elle se laissa glisser le long du mur, s'assurant que la serviette formait bien un rempart protecteur entre la carrelage froid et sa peau.

Elle soupira de nouveau, et songea à combien elle avait été proche de faire une bêtise les instants précédents.

Elle s'était pourtant juré de ne plus faire de promesse, surtout pas à Ayn. D'autant qu'elle avait failli par la même occasion lui dévoiler ses sentiments. La blonde était si proche d'elle...

Gina secoua la tête afin de chasser ces pensées, et remercia intérieurement la personne qui avait appelé Ayn.

« En parlant de ça..., songea t-elle.

La démone tendit l'oreille pour saisir des brides de discussion : Ayn parlait avec animation, et malgré la porte presque close, Gina n'avait aucun mal à entendre.

« -Maman, je vais bien !

Silence.

-Non, je n'ai pas froid !

Gina sourit : la plus grande peur de la mère d'Ayn, d'origine italienne, avait toujours été que sa fille eût trop froid.

-Et non, je ne te dirai pas où nous sommes, dit la lamia d'une voix ferme.

-...

-Parce que je n'ai aucune envie que tu le saches !

-...

-Ecoute moi. Gina... traverse une mauvaise passe, et après tout ce qu'elle a fait pour moi, je ne peux pas... Non, je ne peux pas non plus rentrer avec elle.

-...

-Mes études attendront ! Bon sang, maman, c'est ma meilleure amie !

Son ton devenait de plus en plus dur. Ayn resta alors longtemps sans rien dire. Si longtemps que Gina commença à penser qu'elle avait raccroché, et se levait pour rejoindre son amie quand celle-ci reprit la parole d'une voix faible et triste :

-J'ignore où est Jimmy. Et je sais que papa ne va pas très bien mais... ne me demande pas de revenir. Au revoir.

Ayn éloigna le portable de son oreille, et le posa doucement sur la table.

-Sortez d'où vous êtes, vous deux, je sais que vous avez écouté, dit elle avec un léger sourire.

Tout honteux d'avoir été repérés à écouter aux portes, Fitzgerald et Gina sortirent respectivement de la chambre de Gina et de la salle de bain. Tous deux arboraient un air mi-contrit, mi-amusé, si tant est qu'un chat puisse arborer ce genre d'expression.

-Excuse nous, dirent ils en cœur.

Gina, tout en s'approchant de son amie, reprit un visage plus sérieux, car les traits fatigués de celle-ci étaient empreints d'une tristesse et d'une inquiétude qui paraissaient grandir de secondes en secondes.

Elle s'arrêta à longueur de bras de son amie, ne sachant que faire pour l'aider ou la réconforter. Après un silence, elle déclara :


-Je suis navrée de t'avoir entraînée là dedans. A cause de moi, tu as du arrêter tes études et laisser ta famille, tout cela pour une maudite affaire de famille, dans laquelle tu t'es retrouvée embarquée, alors qu'elle ne concernait en rien. Je ne suis qu'une sombre idiote et je...

Ayn écouta sans mot dire les excuses de Gina, non parce qu'elle en voulait à la démone, mais parce qu'elle ignorait comment lui faire comprendre qu'elle avait tort. Quand elle entendit la fille aux cheveux rouges se traiter d'idiote, elle leva les yeux au ciel, et son esprit fatigué ne trouva rien de mieux pour interrompre la démone que de lui saisir l'épaule, se mettre sur la pointe des pieds (car Gina était plus grande qu'elle) et de l'embrasser.

L'effet fut radical.