Bonjour à vous, chers lecteurs =)

Tout d'abord, je m'excuse pour cette longue absence mais cette année a été plutôt difficile pour moi. De plus, je me suis consacrée à quelques AT et autres concours, ainsi qu'à mettre en place le Magazine de l'Annuaire du Yaoi qui est enfin sortie mais aussi à mettre à jour mon site où, dorénavant, vous avez la possibilité de télécharger mes fictions.

J'espère, malgré tout, que je ne vous ai pas coupé l'envie de me suivre et que cette suite vous satisfera ^^

Bonne lecture à vous =)

CHAPITRE 16

RETROUVAILLES

Les souvenirs affluaient dans mon esprit. Mon estomac était complètement noué. Je venais à peine de rendre visite à mon frère et voilà que Daïwen apparaissait devant moi. Son regard m'observait avec tristesse. Il savait exactement ce que je pensais, ce que je ressentais. Il ne fit aucun mouvement, ne m'envoya aucun signe. Il me laissait choisir et, quelque part, ce fut ce qui m'incita à le rejoindre.

Je tirai lentement la chaise à lui et m'assis. La bague, à présent brûlante sur mon doigt, vibrait intensément. Je la retirai discrètement alors que la serveuse venait prendre ma commande. Comme j'étais incapable de sortir le moindre son, Daïwen me commanda un chocolat chaud, pensant, sans doute, que cela m'apaiserait. Je l'observai franchement. Il avait un sourire de politesse envers la jeune femme qui insistait pour nous faire commander d'autres choses. Je me surpris à penser qu'il ne possédait plus cet éclat qui m'avait si souvent réchauffé. Il était terne… normal.

Un autre sentiment de malaise me noua l'estomac et j'eus un haut-le-cœur.

− Si tu le permets, fit-il soudainement, me faisant sursauter, on pourrait peut-être allez ailleurs…

Toujours cette étrange incertitude dans la voix et le regard. Daïwen était un homme sûr de lui. Cette attitude me mettait mal à l'aise…

− Kei ?

Mon cœur rata un battement. J'hochai rapidement de la tête et me levai brutalement. Sans le regarder, je me dirigeai vers la porte, traversai le hall et l'entrée de l'hôtel. J'attendis dehors en prenant une grande inspiration. Je le sentis arriver derrière moi. Je marchai sans me retourner. Arrivé devant une ruelle profonde et vide, je m'y enfonçai. Je continuai quelques pas puis me retournai brusquement.

Mes lèvres entrèrent brutalement en contact avec les siennes. Hissé sur la pointe des pieds, je m'agrippai violemment à sa nuque, forçant le passage de sa bouche. Je suçais et mordais ces lèvres qui m'avaient tant manqué. Je buvais à la source comme un assoiffé. Je le sentis hésiter puis, quand il se décida à m'embrasser à son tour, je m'écartai soudainement pour le frapper au torse.

− Je te déteste ! pleurai-je en balançant mes poings aussi fort que j'en étais capable. Tu peux pas savoir à quel point je t'ai détesté !

Il ne réagit pas, me laissa déverser ma colère. Mes paroles étaient des mensonges, je le savais et il le savait également. C'était juste ma colère et ma tristesse qui parlait. Ma souffrance principalement.

− Comment… !? Pourquoi… !?

Je n'arrivais même plus à mettre de l'ordre dans mes pensées. Les bras épais de Daïwen m'encerclèrent alors que sa voix chaude tentait de m'apaiser.

− Je suis désolé, Kei. Ça va aller, tu verras… Ça va aller…

− Je t'aime, Daïwen, reniflai-je.

− Je sais. Pardon…

J'entendis la sincérité et la culpabilité dans sa voix. Plus que tout, cela me calma.

Je restai ainsi dans ses bras un long moment. Retrouver sa chaleur et sa puissance semblait combler un manque dont je savais parfaitement souffrir. J'étais bien, ainsi. Je n'avais plus envie de penser à rien. Je voulais tout oublier comme un mauvais rêve au réveil.

− Veux-tu… hésita-t-il, veux-tu venir avec moi ? J'ai une chambre à l'hôtel… ou préfères-tu rester ici ?

Je ne lui répondis pas tout de suite. Je ne voulais pas réfléchir tout de suite. Mais je savais qu'on ne pouvait pas rester éternellement comme ça.

− Vaut mieux se planquer que se taper l'affiche. Surtout avec ma tête, ajoutai-je d'une voix brisée.

Il rit gentiment, pas le bon rire chaleureux que j'avais l'habitude d'entendre. Juste un rire de circonstance.

Nous retournâmes sur nos pas et je le suivis jusqu'à sa chambre sans regarder autour de moi. Mon monde était obscurité, Daïwen ma seule lumière. Le seul à pouvoir m'éclaircir les idées.

Je m'installai au pied du lit et attendis. Je ne sais pas exactement ce que j'attendais mais je le fis. Je voulais qu'il parle. Qu'il me donne une explication.

− Kei, m'appela-t-il en s'installant à mes côtés tout en gardant une certaine distance. Kei, s'il te plaît, regarde-moi.

Je relevai difficilement la tête et affrontai son regard. Un éclat d'inquiétude brillait dans ses yeux bleus alors que les miens s'emplissaient encore de larmes. Il soupira, presque dépité, et ça me mit hors de moi.

− Pourquoi, Daïwen !? Pourquoi as-tu réagi comme ça ? Pourquoi avoir attaqué mon frère !? Son désaccord ne méritait pas un tel sort !

− Je sais, fit-il d'une voix tranchante tout en replantant son regard dans le mien. C'était une erreur ! Une simple erreur de jugement.

− Une erreur de jugement ? Non, Daïwen ! M'amenait dans un café en plein centre-ville, c'était une erreur de jugement. Utiliser un sort aussi dévastateur, c'était volontaire !

Il soupira à nouveau et se leva.

− Crois-moi, chéri, ce n'était pas mon intention de blesser ton frère.

Je gardai une face stoïque alors que son mot d'amour me mit dans tous mes états.

− Je ne comprends pas, Daïwen…

− Je sais, m'interrompit-il. Je sais que tu ne comprends pas… car je ne te dis pas tout.

Mon cœur se fit encore plus lourd dans ma poitrine mais je l'encourageai d'un signe de tête à s'expliquer. Il revint s'assoir à mes côtés et reprit sans me regarder :

− J'ai, en quelque sorte, des ennemis.

Je fronçai les sourcils mais ne dis rien, le laissant poursuivre.

− Ces ennemis ont vu quelque chose d'exceptionnel et je les savais à mes trousses. Je croyais le prisme m'être destiné, Kei, je te le jure.

Il prit mes mains et affronta de nouveau mon regard. Quelque chose me gênait mais j'étais incapable de comprendre quoi.

− Quel genre d'ennemis ? La vérité, Daïwen, fis-je quand je le sentis se détourner. Si tu m'aimes vraiment, après tout ce qui s'est passé, tu me la dois.

− Le genre d'ennemis que je ne peux t'expliquer pour le moment. Je t'ai mis en danger. C'est ma faute ce qui est arrivé à ton frère.

− Pourquoi avoir fui ?

Il rit cyniquement.

− À cause de ces ennemis, Kei. Comment je pourrais expliquer à la police quelque chose d'aussi compliqué ?

− Je n'en sais rien puisque tu ne me dis rien.

− Et c'est mieux ainsi. Fais-moi confiance, Kei.

Il plaça ses mains de part et d'autres de mon visage. Il posa délicatement ses lèvres sur les miennes et me murmura :

− Tu es quelqu'un d'exceptionnel, Kei. Ne l'oublie pas. Et je t'aime.

− Je sais, répondis-je bien que son sourire me noua l'estomac. Je t'aime, Daïwen. Toujours.

Je m'écartai de lui et me relevai.

− Mais là, maintenant, je ne sais pas si je peux avoir confiance en toi. Pas tant qu'Attaro est dans cet état.

Il ne répondit rien et me laissa m'en aller.

Mon cœur était tellement lourd que j'avais qu'une envie de l'arracher de ma poitrine pour enfin pouvoir respirer correctement. Tout ce temps, je pensais que le revoir me suffirait, me soulagerait… alors qu'en réalité, Daïwen n'a fait que soulever encore plus de questions.

Je passai les portes vitrées d'un pas lent. La fraîcheur du hall me fit frissonner. À l'accueil, j'inscrivis mon nom, comme le règlement le voulait, puis me dirigeai vers les ascenseurs. Arrivé au quatrième étage, je pris le couloir de droite et allai vers la chambre 28. Je franchis la porte et sursautai en voyant ma mère assise face à moi, sa main serrant celle, inanimée, de son fils aîné.

− Kenny ? Que fais-tu là !?

Son ton, sec, me paralysa.

− Je viens rendre visite… me sentis-je stupide de préciser.

Elle se leva d'un mouvement brusque, arrangea le drap pour couvrir correctement Attaro, puis m'ordonna :

− Ferme la porte.

Je m'exécutai en silence, profitant de lui tourner le dos pour prendre une longue inspiration, avant de venir à ses côtés. Elle avait tiré ses longs cheveux blonds en une queue-de-cheval haute. Ses traits étaient tirés par la fatigue, et une pointe de culpabilité naquit dans ma poitrine, mais ce fut surtout son regard bleu foncé et perçant qui me fit détourner les yeux. J'observai alors mon grand frère, le teint pâle, les cheveux blonds propres mais indisciplinés. Il semblait paisible à dormir ainsi mais les tuyaux qui étaient reliés à divers endroits de son corps me prouvaient qu'il allait mal.

− Je peux savoir ce que tu as fait ?

Sa voix froide me sortit de mes réflexions.

− Comment ça ? demandai-je, un peu perdu.

− Le magistère est venu me voir.

Je déglutis mais décidai de jouer la carte de l'innocence.

− Le magistère ? Pourquoi ?

J'espérais que ma voix ne me trahit pas trop mais face à son regard pénétrant, je pensai avoir raté mon coup.

− Ils m'ont dit… Ton école t'a fermé à la magie, n'est-ce pas ?

Ne pouvant plus nier, j'hochai de la tête en confirmant :

− Oui, ils m'ont dit qu'ils t'appelleraient. Apparemment… j'ai subi un drôle de sort…

Elle soupira longuement en secouant la tête. Son expression se radoucit et elle murmura :

− Ce doit être ce type…

J'eus subitement un malaise.

− Après Attaro, il veut s'en prendre à toi, continua-t-elle sans me regarder. C'est à cause de lui.

Mon cœur battait à tout rompre et je refusais de comprendre ce qu'elle sous-entendait.

− Rassure-moi, Keina, fit-elle en me regardant à nouveau. Dis-moi que tu n'as pas recroisé ce type depuis cet été. Dis-moi que tu vas bien et que tu ne risques rien dans cette école.

Son air inquiet me déstabilisa et je commençais à suffoquer.

− Je les ai prévenu, pour que tu y sois en sécurité, chéri. Je ne laisserai personne te faire du mal… Kenny ?

Je m'affalai sur le sol, l'air me manquant. Mes jambes succombèrent sous mon poids et je commençai à voir des tâches noires.

− Kenny !? entendis-je ma mère s'affoler avant de sentir ses mains sur moi.

Ou peut-être était-ce celles des infirmiers qui tentaient de me retourner ? Mais je luttai. Sur le dos, j'avais l'impression que jamais je ne retrouverai mon souffle. Je me débattis mais la force me fit rapidement défaut et je sombrai alors dans l'inconscience.

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