Cette fois ces personnages m'appartiennent *rire sadique*

Wilson et Clemens mirent vingt minutes à traverser les rues animées de Londres pour atterrir en province et une demi-heure pour trouver l'appartement où résidait monsieur Morelli.

Le quartier était plutôt calme, charmant pour les familles.

Mais Morelli était seul selon les témoignages récoltés et les interrogatoires serrés.

Morelli fut marié à une actrice anglaise peu connue mais il y eut arrivé quelque événement qui déclencha le départ de son épouse.

Wilson trouva une place devant l'immeuble en question et ils ouvrirent les portières de la voiture de service en choeur.

Pendant que Clemens arrangea son casque de police et soupira un bon coup, fatigué de cette rude journée, son compagnon d'enquête entra dans l'immeuble et s'avança jusqu'à la boîte aux lettres pour découvrir le numéro de l'appartement.

«Morelli habite bien là...c'est fini pour lui...on y va ? »

Le cadre était froid ce jour là.Les nuages étaient couleur encre, comme les feuilles du chêne qui abritait le regard de quelques voisins, quelques fenêtres au deuxième étage.

Quelques habitants du quartier se baladaient ici et là pour disparaître aussitôt qu'ils furent venus.

Un léger vent caressait l'uniforme des agents et la moustache imposante de Wilson.

Ce dernier quand il vu son jeune coéquipier pour la première fois, il ne fut pas très enchanté.

Il était le meilleur dans sa brigade et il travaillait parfaitement tout seul.

Mais il fallu qu'un jeune homme ambitieux travaillait corps et âme pour les enquêtes résolues avec brio pour chaque brigade.

Les collègues montèrent d'un pas assuré, le vieil escalier couvert d'un tapis coquet beige du petit hall qui avait une allure plus étouffante avec le vert foncé comme peinture sur les murs.

Quand ils arrivèrent au premier étage, des petites gravures aidèrent les deux enquêteurs.

«Morelli habite au numéro cinq..Au fond à gauche.. »

Ils trouvèrent donc sans difficulté la porte de l'humble demeure de Morelli et Clemens toqua aussitôt sans violence à la place de son aîné.

Pour ne pas l'affoler et qu'il se tire sans daigner nous ouvrir.

Plaisantait Clemens pendant le trajet alors que Wilson serrait de plus en plus ses poings sur le volant en parlant de la procédure de l'arrestation.

Ils attendirent même pas une minute avant qu'un homme corpulent les ouvre, un sourire poli aux lèvres..avant qu'il remarqua l'uniforme particulier des policiers anglais.

Mais il ne perdit pas son calme.

Habillé d'un pull rouge en laine, ses yeux vifs mais adoucis par ses petites rides aux coins de ses lèvres, et ses pattes d'oie, Morelli semblait être quelqu'un d'honnête à première vue...Comme beaucoup de personnes qui ont été arrêtées le long de leur carrière.C'était là, la surprise du métier.

Pantalon crème et chaussures cirées, les cheveux plaqués en arrière comme beaucoup d'autres à cet époque.

Mais Morelli ne fut pas seul dans son modeste jeune homme assis sur un énorme fauteuil en cuir, sûrement un héritage, en train de feuilleter un livre de centaines de pages, les genoux ramenés à sa poitrine.

Tout près d'une fenêtre grande ouverte, menant à un escalier de secours.

Clemens et Wilson furent étonnés de cette présence presque enfantine mais ce n'était pas pour cela qu'ils étaient venus.

«Adrian Morelli ? Vous êtes en état d'arrestation pour tentative de meurtre... »

Monsieur Morelli, pour deuxième surprise des policiers, écouta attentivement Clemens.

Il afficha même une mine défaite et coupable, tête baissée, au lieu de nier l'accusation.

Comme s'il savait que c'était la fin..il s'humidifia donc ses lèvres grossières avant d'affronter le regard de Clemens qui devint doux comme si il comprenait et celui de Wilson qui était, au contraire, menaçant.

«Je...je..ne voulais pas que cela prenne une telle tournure...Je ne voulais pas lui faire du mal..

-Je comprends monsieur...mais vous devez nous suivre.. »

L'aîné claqua sa langue, son collègue devenait trop doux des fois..

«Bien..je...je peux aller prendre quelques affaires ?

-Oui bien sûr..et...jeune homme ? »

Le meurtrier se retourna, le jeune homme se leva pour scruter les deux visiteurs, le livre à la main.

Il était mince, flottant dans son pull bleu marine, son pantalon noir usé, quelques coutures qui dépassaient. Les cheveux noirs bouclés cachaient presque ses yeux d'un gris métal mais fatigués, marqués par de terribles cernes.

«Oh...c'est..personne..un jeune garçon qui est venu pour faire le ménage, je l'ai récompensé en l'autorisant à rester lire un peu. »

Wilson ne crut pas une seule seconde à cette explication mais il s'en ficha presque, tandis que le brun ouvrit la bouche, voulant contredire les mots du meurtrier pour la refermer aussitôt.

« Bien..allez-y, cherchez vos affaires mais d'abord dites à votre invité de quitter les lieux.

-Merci messieurs...,Souffla t'il en souriant faiblement et en reculant la main droite posée sur la porte, je...reviens... »

Erreur..La porte se referma d'un coup, les enquêteurs, reculèrent d'un pas par instinct avant de se jeter sur la porte.

«Cours Alexander ! » hurla Morelli à son invité, suivi de chocs métalliques réguliers et rapides.

Clemens sut reconnaître aussitôt l'origine du bruit et s'élança vers la fenêtre à droite du fauteuil tandis que Wilson cria ses directives.

«Va choper Morelli !moi je vais essayer de les coincer mais tire qu'en dernier ressort ! »

Pendant que Wilson descendit par l'entrée principale sans reprendre son souffle, Clemens prit les escaliers de secours pour apercevoir la forme massive de Morelli sur le toit et se remettre à sa poursuite.

Il se sentit libre à sauter et à flotter presque dans les airs, laissant même voltiger son casque pour le récupérer aussitôt mais ce n'était pas le bon moment de se sentir comme un oiseau..

Il n'y eut pas de vent, qu'une légère brise mais cela ne suffisait pas à essouffler le jeune inspecteur pleine de promesses.

Morelli, après avoir sauté du toit conjoint de celui où il atterrit, se retourna pour se laisser glisser le long de la gouttière avant de s'échapper du jardin en vain.

La voiture de service s'interposa entre le criminel et sa sortie de secours.

L'italien leva immédiatement les mains en l' chose fut évidente désormais, il était foutu.

Wilson retint le meurtrier tandis qu'un détail d'une importance assez particulière traversa son esprit.

Il leva la tête vers le toit où se pointait son collègue.

«Le gamin ! » Il criait pour que son camarade l'entende, faisant grincer les dents de Morelli car ses pauvres oreilles étaient si proches de la bouche du policier.

Clemens reprit immédiatement sa course.

De quelques regards il inspecta les environs sans s'attarder mais le pied du jeune homme n'avait pas touché l'herbe fraîchement coupé du jardin.

Il devait être tout près..Il s'approcha d'un pas de loup, la canalisation qui pouvait bien cacher n'importe qui si on s'accroupissait bien.

Cet effort ne fut pas vain car Clemens ne fit à peine un autre pas qu'une forme plus maigre s'échappa.

Le jeune policier hurla à Alexander de s'arrêter pour ne pas aggraver le cas de son ami.

Mais le mystérieux invité continua sa course avant de sauter à son tour, se foulant presque la cheville.

A cause de l'urgence et l'étroit espace entre lui et le policier, Alexander ne vit pas la gouttière.

Wilson ne put risquer de relâcher Morelli pour choper un morveux, il laissa donc le travail à quelqu'un de plus jeune.

Alexander fit de grandes foulées, ne donnant aucune chance à l'homme de loi.

Il fut si proche de la liberté...si proche..mais son mal de crâne habituel recommença.

Jurant entre ses dents, il ne laissa pas tomber..

Si proche...il fallait que sa crise cesse à ce moment précis.

Alors qu'il avait un flic juste derrière lui..Sa vision se brouilla ensuite..tout devint noir et le jeune homme avait l'impression que le temps s'arrêtait.

Comme si il fut plongé dans un monde parallèle.

Ses jambes devinrent comme du plâtre et ses visions n'étaient que des femmes toutes mortes remplacées par les passants choqués de la scè d' visions cauchemardesques le hantaient depuis tellement longtemps...

Son corps ne tenant plus, il se laissa tomber, Clemens s'agenouilla peu après.

Quelques centaines de mètres plus loin, Wilson d'un regard mauvais, conseilla Morelli de se tenir question lui brûla les lèvres mais il préféra attendre le retour des deux plus jeunes pour la poser.

Quelques habitants du quartier furent curieux de l'arrivée des policiers encore plus de la poursuite aérienne.

Wilson n'aimait pas attirer l'attention lors des enquêtes et l'indiscrétion des poursuites l'avait irrité.

Quand le mystérieux gamin fut dans son champs de vision, Morelli mordit ses lèvres et détourna le regard rempli de détresse du jeune brun.

«Ecoutez jeune homme, vous allez venir avec nous, nous avons quelques questions à vous poser.

Quant à vous, monsieur Morelli, les preuves sont accablantes, votre avocat n'y pourra rien pour vous je pense. » lança le plus vieux.

«Miss Tharaldsen fut battue, étranglée et on a lui a subi des coupures sur le visage, elle est vivante mais nous ignorons si elle va survivre et si c'est le cas, sans trop de sé ne pouvions donc avoir aucun témoignage de la victime elle même..

-Bravo petit génie, elle va pas nous servir à grand chose.

-Un peu de respect Allan.. » lança Clemens d'un ton faussement sévère, cachant son sourire naissant avec sa main bandée.

Un malheureux accident de travail.C'était lors d'un interrogatoire pour une autre affaire pour le moins original.

Le témoin était à sa table dans un restaurant hors de n'était pas là en tant que client mais seulement patron qui dînait dans cet endroit là pour avoir le repas gratuitement avant de rattaquer le travail.

Clemens eut la mauvaise idée de poser sa main droite près de l'assiette et des couverts.

Il eut la mauvaise idée aussi de ne pas cacher la vérité : leur maison fut cambriolée et sa pauvre épouse n'avait pas su se défendre toute seule.

Le témoin avait brandit soudainement le couteau à viandes avant de le planter sur le centre de la main de l'inspecteur.

Wilson, après avoir entendu les hurlements de son collègue, l'aida à retirer le couteau et à coffrer le fameux patron.

Qui était en fait un imposteur et volait le fric de plusieurs entreprises et avait monté un coup avec son ami voilà le meurtre de sa femme ne fut pas du tout parti du plan.D'où sa réaction soudaine.

Mais Clemens ne regrettait pas trop cet interrogatoire qui vira au vinaigre cette soirée là.

Après que le faux patron fut emmené et qu'un serveur bienveillant eut apporté le nécessaire de premiers secours, Wilson emmena son coéquipier dans un coin discret avant d'essayer de désinfecter la plaie.

«Ce fils de pute..Crois moi, il ne va pas durer longtemps..

-La chambre à gaz ? » ria Clemens en fixant les mains habiles de Wilson qui ne répondit que d'un sourire.

«Alors...Morelli..cet idiot avait eut une relation avec Tharaldsen ?

-Non..il n'avait pas besoin de ça..

-Peut être un coup d'un soir mais c'est tout..Après tout elle était une traînée..

-Allan..

-Tu sais pendant le service, tu ne devrais peut être pas m'appeler par mon prénom.

-Excuse moi..mais en parlant de Tharaldsen..tu sais c'est...

-Oui je sais qui c'est...je connais ce gamin..

-Gamin..il devient vieux tu sais..sept ans de plus que moi..

-C'est vrai tu es un beau jeune homme toi.. »

Pour la première fois de sa vie, Clemens rougit, baissant la tête, tandis que l'aîné ricana, les yeux rivés sur la route menant à l'appartement de Morelli..