Pour l'anniversaire de Violette b ! Avec une jolie pluie de cotillons et un câlin...

Moi c'est Luna. Et le premier qui me sort la référence à Harry Potter se mange un pain. Mes parents ne connaissaient même pas. De toute façon, les livres n'étaient pas encore sortis. Et pourtant ils ont choisi de m'appeler comme ça. Quand même, parfois, je me demande ce qui leur est passé par la tête. La dernière fois que je le leur ai demandé, ils ont répondu qu'ils avaient dû être dans la lune ce jour-là. Quel jeu de mots. Non mais vraiment. Comme si on ne m'avait pas déjà sorti ça une bonne centaine de fois.

Bref. Nous ne sommes pas là pour ça, aujourd'hui. Non, pas pour ça du tout. Parce qu'aujourd'hui, c'est un jour très important. Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de mon amie Violette. Et pas question de le rater. On va faire une jolie fête. Je dis « on » parce qu'il y aura aussi notre ami Ted. C'est avec lui que je dois tout organiser. Enfin, c'est vite dit. Je ne suis pas sûre que ça soit très poussé comme truc. Le connaissant, faudrait déjà qu'il se soit souvenu de réserver la salle. Il m'a dit hier qu'il l'avait fait et j'espère que nous n'aurons pas de problèmes.

L'avantage, c'est que je suis avec lui. Je ne serai pas toute seule si jamais il y avait un souci. Ça j'aime bien. Ça me rassure. Il me rassure. Mais j'évite de trop lui dire, il va encore prendre la grosse tête sinon. Et après il est intenable. Je traverse les couloirs de l'université en essayant de ne pas me perdre. J'aurais aimé qu'il me donne un plan. Je n'ai pas l'habitude de venir ici moi. Ce sont Violette et lui qui sont en fac, pas moi. Et d'habitude, je ne viens pas ici, on se retrouve chez l'un ou chez l'autre, ou devant mon école. Là je galère entre les différents couloirs pour retrouver mon chemin. Enfin, je vois l'indication qui me sauve. Je suis obligée de courir pour être à l'heure. Je n'ai pas le sens de l'orientation. Vraiment pas. Mais si je dis ça à Ted, il va se ficher de moi en disant qu'il aurait dû me prendre par la main pour m'amener.

J'arrive enfin et je m'appuie sur le chambranle de la porte après avoir frappé un petit coup, histoire de vérifier que c'était bien là. D'après ce que je peux voir, Ted vient d'arriver. Et la salle n'est pas si mal, elle fera tout à fait l'affaire. Par contre, à laisser la fenêtre ouverte comme ça, je vais encore attraper froid. Et je ne suis pas sûre que ça soit une bonne idée. Tant pis, je garde mon manteau et puis voilà. C'est vrai que ça sent le fauve ici. Je ne sais pas ce à quoi réfléchissent les étudiants de médecine, mais ça doit sacrément leur torturer le cerveau. Et je doute que tous pensent à leurs cours. Ted et moi échangeons les politesses habituelles alors que je remonte mes manches. Il est temps de se mettre au travail.

« Allez, on n'a pas trop de temps devant nous alors on ferait mieux de s'y mettre. Je propose de virer les tables déjà. » dis-je.

Il fait craquer ses doigts sous ma grimace. Il sait pourtant que je déteste ça. Tout ça pour m'embêter. Je me vengerai. Et il le sait pourtant. Ou alors il est vraiment bécasson. Nous nous mettons tout de suite au travail. Il nous faut seulement quelques minutes pour déplacer toutes les tables le long des murs et empiler les chaises. Etre motivé aide largement à aller vite. D'autant que nous n'avons pas beaucoup de temps. Ce n'est pourtant pas faute d'en avoir parlé. Mais parler ne fait pas avancer les choses et ça, nous avons failli l'oublier. Heureusement, nous sommes largement assez motivés pour rattraper tout notre retard et être à l'heure. Il faut que la fête soit belle. Pour Violette.

Je remets quelques chaises au milieu de la pièce, quatre ou cinq, des fois que Violette vienne avec quelqu'un. Je ne voudrais pas qu'elle soit gênée alors autant faire comme si c'était prévu. Elle va être très bien cette salle. Mais j'ai envie de taquiner Ted. Ça fait déjà trop longtemps que je résiste.

« Bien. Enfin la salle est un peu petite quand même.

_ J'ai fait ce que j'ai pu. »

Et voilà. En plein dans le panneau. Je ne sais pas s'il le fait exprès, mais on dirait une constante chez lui. A chaque fois il se fait avoir. Je me demande si ça n'est pas une ruse pour me faire plaisir. Je n'ose pas lui demander de peur qu'il se vexe encore plus parce que ça ne serait pas le cas. J'avoue que j'adore le taquiner. Il ne marche pas, il court. Ça nous fait tellement rire à chaque fois. Alors je continue mon petit jeu. Tout en éclatant de rire. Je ne peux pas me retenir là non plus, il tire une de ces têtes.

« Oh pour nous ça ira. Mais toi, faut te caser avec ton ego surdimensionné. La place de la Concorde ne suffira pas à tout faire rentrer. »

Et le voilà qui me tire la langue. Quel manque de répartie. Presque trop facile. Je suis prête à lui sauter dessus pour une guerre de chatouilles mais il bat en retraite. Il sait d'avance qu'il va perdre. Il est bien trop sensible à ça, contrairement à moi. Et je sais me défendre bien mieux que lui. Allez, je suis gentille et je n'insiste pas. Après tout, il ne nous reste pas beaucoup de temps non plus. Et nous n'avons fait qu'organiser la pièce comme il fallait. Il faut encore décharger le reste de sa voiture.

Nous nous y mettons gaiement. C'est quand même bien pratique qu'il puisse tout transporter. Parfois, je rêve d'avoir mon permis de conduire, ça me simplifierait tellement la vie. Nous faisons de nombreux aller-retour pour tout prendre. Je me demande ce qui m'a pris de d'acheter tout ça. Surtout quand je vois le poids qu'on doit transporter. On ne peut pas s'empêcher de se vanner sur le chemin bien sûr. A coups de « du nerf, pousse au cul Tassin ! » et autres idioties dans le genre, à coups d'éclats de rire, nous parvenons à tout acheminer. On est bêtes. Et on le sait. Parce qu'on le vaut bien. Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de Violette, alors c'est la fête.

Ted finit quand même essoufflé. Tsss. Petite nature. Je lui avais pourtant dit de bien se reposer, que je n'allais pas le ménager. Je ne retiens pas mes remarques et il finit par se prendre une banderole en pleine figure. Quelques minutes plus tard, je me retrouve hurlant de rire, des confettis plein les cheveux et lui couvert de crème chantilly. Il m'a cherchée, il m'a trouvée. Bon, maintenant, on n'est pas très présentables pour Violette. Mais on devrait avoir le temps de…

Retirez ce que j'ai dit. Pas le temps. Elle est déjà là. Tant pis, elle nous verra au naturel comme ça ! Je n'hésite qu'une microseconde avant de lui sauter au cou. C'est vrai quoi, elle a l'air toute timide, faut pas. Faut la détendre un peu. Alors très élégamment, je lui hurle un « bon anniversaire ! » dans les oreilles. Ted ne tarde pas à nous joindre et cet idiot nous met de la crème partout. Et le premier qui dit que c'est de ma faute, je l'étripe.

Ted sort le gâteau. Un vrai morfal celui-là. En même temps, je ne peux pas le blâmer, il a l'air trop bon. Et voir Violette aussi contente me fait plaisir. Elle est là avec nous, elle rigole, balance des confettis à Ted, ce dont je lui suis reconnaissante car là, il va vraiment ressembler à rien. La voir aussi heureuse me suffit. C'était le modeste but de notre petite fête. Elle est trop jolie quand elle sourit. Ça n'a pas de prix.

« Pour le reste, il y a Master Card ! » je lance, sans réfléchir.

J'y peux rien, culture pub oblige. Et je suis sûre qu'ils y ont pensé aussi.