Pairing : Zan Galyas & Marc Deriaux

Famille Galyas : Deyna (28 ans) / Zan (26) / Jakan ( 23) / Gahan (18).


Chapitre 5 / La légende

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Le tireur de la flèche s'agenouilla près du corps ensanglanté. Il posa ses mains de chaque côté de la plaie mortelle en soufflant :

« Arcade, défunt fils de Zeus, envois la lumière à l'enfant que tu as choisi. »

La légère brise se leva, balayant les cheveux du blessé. Elle tournoyait progressivement autour de leurs corps, élevant les quelques feuilles jaunies en une danse virtuose jusqu'au ciel. Au centre de ce tourbillon que leur offrait la nature, le sang de Marc disparut en même temps que la pointe de l'arme se retirait seule.

« Arcade, défunt fils de Zeus, de l'acte impuni de Licao, offre-lui ta force »

Le corps de l'humain se souleva horizontalement de quelques centimètres de la terre. Les feuilles se figèrent comme si le temps s'était aussi tu en laissant à Marc le droit de s'imprégner de l'essence intemporel de celui qu'il représentait.

« Arcade, de mon sang, dit-il en se coupant légèrement la main pour faire couler son liquide écarlate sur le front du blessé, apporte-lui tes connaissances »

Les membres du jeune Deriaux se relâchèrent, effleurant le sol en signe d'accord. Le corps retombant doucement sur la terre, ce dernier semblait revitaliser.

« Arcade, à travers son âme, il exaucera la destinée que tu as tracée pour lui. »

Le visage de Marc reprenait lentement des couleurs, laissant une preuve sur les cheveux du jeune homme que l'enfant d'Arcade était parmi eux.

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Le jeune Deriaux redressa subitement son buste en avant lorsque ses poumons se gonflèrent à nouveau. Il posa instinctivement une main sur son cœur puis, les yeux écarquillés, il dévisagea l'homme à ses côtés. La seule chose qu'il put faire contre la douleur du geste et la colère qui l'assaillait fut de décocher une droite en pleine gueule.

— Mais nom de… ! Grand-père !

Marc se mit sur ses pieds en le toisant d'un air –si possible– froid.

— Tu viens de me tuer ! confirma-t-il avant de reprendre le souffle coupé, mais, Reynaud ! Qu'est-ce qui t'a pris ?

L'homme aux cheveux gris le regardait comme s'il avait devant lui un attardé…

— Quoi ! Grand-père ? gronda Marc, les joues rouges de colère.

Son interlocuteur croisa des bras puis, en grimaçant des lèvres en un rictus de désespoir, il lui demanda calmement :

— Marc, c'est tout ce que tu trouves à me dire ? Je viens de te planter une flèche d'or en plein cœur et toi, tu ne trouves rien d'autre à me dire que… ça ?

— Oh, parce que tu croyais que j'allais sauter de joie en te voyant ? répondit Marc sur un ton sarcastique,… tiens papi ? Comment vas-tu ? Et le paradis ? C'est bien ?

Pour toute réponse, Reynaud lui donna une tape derrière la tête. Marc lâcha un grognement de mécontentement.

— Même mort, tu continues à me faire mal ! s'indigna le plus jeune en fronçant des sourcils.

— Marc ! reprit plus sérieusement son grand-père, tu n'es pas mort !

— Oh… dit-il seulement en se tâtant le corps,… ah, bon ? T'es sorcier papi ? demanda-t-il l'air de rien.

— Marc ! grinça l'aîné, continue avec ton papi et là, je t'assure, tu seras un homme définitivement mort !

Le jeune Deriaux dévisagea le compagnon de son défunt grand-père en le tâtonnant à son tour… –fichtre, il est vraiment là papi Reynaud… – mais, alors ? se disait-il, ce dernier était aussi dans le monde d'Arcadia. Le visage soudainement décomposé, il commençait à ouvrir la bouche lorsque la voix de Zan l'appela.

— Non ! Pas lui ! s'écria-t-il en jetant un œil de chaque côté avant de se cacher derrière Reynaud.

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Quelques minutes auparavant, Zan avait rejoint ses frères qui lui indiquèrent sans un mot le chemin qu'avait emprunté Marc. Gahan n'aimait pas du tout l'odeur du sang qui narguait ses narines tandis que Jakan, le cadet, scrutait le moindre reniflement de son grand frère. Il n'avait pas revu Zan dans un état de rage difficilement contenu depuis la mort de leurs parents. Le silence était lourd. Les seuls bruits provenaient des feuilles qui trainaient sous leurs pieds nus…

Zan ruminait intérieurement. Rien n'allait depuis que Marc était apparu dans sa vie. D'abord cette pimbêche de Loria qui se révélait être une traitresse et… maintenant, il venait de déclarer la guerre aux Fallan ! D'un autre côté, en fronçant des sourcils, sans cela, il n'aurait jamais su pour cette dernière… Il s'arrêta subitement en reniflant une odeur connue mêlée d'un parfum métallisé.

— Merde ! s'écria Gahan en écarquillant les yeux, ne serait-ce pas…

— MARC !

— Je ne pensais pas à lui, reprit rapidement le benjamin avant de suivre ses deux frères dont chaque battement de cœur semblait se rythmer au gré de leur pas.

Le souffle court, Gahan n'en croyait pas ses yeux.

— Oncle Azano ! tonnèrent les trois Galyas qui le contemplaient d'un air incrédule.

— Bonjour mes enfants.

Pendant que le clan Galyas se retrouvaient, Marc, le cœur palpitant, se posta devant son grand-père en hachant nerveusement :

— On-cle-A-za-no !

Marc recula d'un pas lorsque Reynaud –si cela était bien son prénom– tenta de poser une main sur son épaule. Un sourire des plus stressés se dessinait sur ses lèvres en même temps qu'il regardait tour à tour chaque membre de la famille de Zan.

— Co… comment es-tu venu jusqu'ici ? Et, pourquoi es-tu un Galyas ? Comment…

— Marc, soupira Azano.

Les mains dans sa chevelure noire, le jeune Deriaux essayait de réfléchir… réfléchir avant de péter un plomb ! Le regard brusquement vide, en arrivant chez Zan, il aurait dû se douter de leur similitude. Reynaud avait les yeux aussi émeraude que les frères Galyas. Des cheveux gris partiellement encore châtains… Marc sentait la panique envelopper ses membres.

— Marc, tu dois entrer dans la grotte des anciens, lui conseilla son grand-père.

— Pour-pourquoi ? Pour mieux me tuer ? tenta-t-il de grincer de ses dents entrechoquant de peur.

— Non, reprit Azano, tu es destiné à réunifier une paix entre les Galyas et les Fallan.

— NOOOONNNN ! grogna Zan.

— Soit, poursuivit le plus âgé en décochant un regard sombre à son neveu, nous accordons la place de Grand Arcade à Marc, soit c'est l'extinction de notre race !

Le jeune Deriaux pivota nerveusement ses yeux de Zan à son interlocuteur.

— QUOI ?... Gr… grande… Arcade… de quoi ? Mais merde ! C'est quoi votre charabia !

— Marc, murmura son grand-père en le secouant légèrement des épaules, s'il te plait reste avec nous et évite de paniquer.

— Pa-ni-quer ? Mais non papi ! ? Quelle idée, pfff ? Jamais ! Regarde-moi ? Ai-je l'air de pa-ni-quer ? Ah non du tout ! chuchota-t-il en haussant soudainement le ton,… j'ai atterri ici à la façon ''Alice au pays des merveilles" ! Sauf que rien n'est merveille ! Et, c'est bourré de loup-garous,… okay, certes sympatoches ! Mais qui, hurla-t-il en désignant Zan et ses frères,… voulaient me chasser comme un vulgaire bout de porc ! Et ! tonna-t-il en levant son index au ciel,… tu viens aussi de me planter une flèche en plein cœur !

Essoufflé, il les toisa avant de hurler tout en secouant docilement de la tête :

— BAH NON ! JE NE SUIS PAS DU TOUT EN TRAIN DE PA-NI-QUER !

— Rentre dans la grotte, intima Azano, tu auras toutes les réponses !

— Pourquoi tu n'y vas pas ? osa-t-il dire en le défiant de ses orbes nuageux,… après tout, c'est toi qui m'as donné le plan pour y venir ? Qui ne me dit pas que c'est aussi un piège ?

— Oh, oh, souffla Gahan qui força Jakan de reculer avec lui avant de murmurer à Marc,… si tu as subi le rite des passages oubliés alors, je te conseille vivement d'y pénétrer…

— Sinon quoi ? ! grinça Marc qui ne saisissait pas le grondement intérieur de son corps.

Il y avait tellement de haine en lui qu'il n'arrivait pas à la maitrisée.

— Tu risquerais de nous tuer et tant que tu n'as pas choisi ton camp, tu restes intouchable.

Un rire presque inconnu franchit de la gorge de l'humain.

— IDIOT ! tonna Zan, pourquoi tu lui as dit ça !

Ce dernier prit une profonde respiration lorsque dans les yeux de Marc, une lueur remplie d'éclairs, le regardait en penchant la tête sur le côté. Ce n'était vraiment pas bon…

— Marc ! s'écria Azano, ressaisis-toi ! Ce n'est que la colère d'Arcade qui t'envahit !

Le visage déformé de l'humain donnerait presque la chair de poule à Zan mais, ce dernier se planta tout de même devant lui dans l'intention de le repousser dans la grotte.

— Zan ! conseilla son oncle, ne tente rien ! tu ne peux plus rien contre lui !

— Pourtant je l'ai déjà touché ! grogna-t-il en se sentant brutalement repousser par deux mains.

— C'était avant que je ne lui fasse subir le passage…

Zan, un genou à terre, vit ses frères reculer pendant que Marc semblait ne plus être lui-même. En tuant et en ramenant Marc, Azano avait donné à ce dernier la force d'Arcade. Comme si la tête de Marc était disloquée au corps, une voix froide lui cingla :

— Galyas ! Voilà tout ce que tu vaux ?

Marc marchait autour de l'aîné de la fratrie puis, en le voyant se transformer, il esquiva un coup de griffe en sautant un bond en arrière.

— On fait moins le fier !

— Marc !

La tête pivotant d'un cran en direction de Zan, le regard de l'humain était juste noir et dénué de vie.

— Zan ! conseilla Azano, tu dois le ramener à la réalité !

— Comment veux-tu que je le fasse ? Fallait y penser avant !

— Tu ne serais pas intervenu, Marc serait déjà dans la grotte !

Azano fixait Marc qui paraissait en vouloir à son neveu. Nul doute que Zan avait déjà dû lui en faire voir de toutes les couleurs. Mais, se disait-il en se pinçant les lèvres, cela lui servirait de leçon. Même un lycan aussi fort que l'alpha avait besoin de se rendre compte que les mots et les gestes étaient bien plus importants que des muscles... Sans plus s'inquiéter, il s'adossa à un arbre en les regardant s'affronter.

— J'espère que Zan s'est bien entrainé ces derniers jours, demanda-t-il en fixant ses deux autres neveux qui, en affaissant leurs épaules, n'y pigeaient que dalle.

— Dis-moi, Oncle Azano, demanda Gahan en plissant des paupières, tu ne m'as pas l'air d'être inquiet ?

— Oh, non, pas le moindre du monde… enfin, j'espère ne pas m'être trompé.

Pendant que Zan et Marc se battaient à force égale, Azano expliqua aux deux jeunes loups que la place du Grand Arcade n'était plus réservée à l'un des Alphas mais à Marc. Il était vrai que le successeur du représentant du fils de Zeus avait été planifié depuis très longtemps et que cet avènement devait définitivement mettre un terme aux lignées des lycans. Cependant, Arcade, vivant entre les airs du temps, avait vu l'œuvre de la malédiction de son père contre le royaume d'Arcadia.

— Mon arrière-grand-père, informa le plus âgé qui avait toute l'attention des deux jeunes lycans, était le dernier Chaman de notre clan… avant la rébellion…

De cet homme, Azano avait appris qu'Arcade désirait que la colère de Zeus et des hommes –lycans et humains confondus– cessent. Pour cela, il avait enfermé dans une flèche d'or toute l'essence de la haine qui avait découlé de sa mort atroce. Ce ne serait que planté dans le cœur d'un humain au cœur pur que tout serait dévoilé. Marc avait été choisi pour le représenter mais pour ce faire, l'humain devait surmonter la colère d'Arcade.

— Je pensais que selon le clan que l'Arcadien choisirait, l'autre serait obligatoirement condamné, demanda Jakan.

— Cela ne dépend que de l'Alpha, répondit Azano, et je sais que les Fallan ont une soif de pouvoir et si jamais Marc devait les choisir alors, oui, notre clan serait en danger.

— Et, coupa Gahan en secouant de la tête, ça ne t'effraie pas que Marc puisse échouer ?

— Non.

— Pourquoi ? s'interrogea soudainement Jakan qui retroussait ses lèvres en un rictus de douleur partagé lorsqu'il vit le corps de Zan s'aplatir contre un tronc,... parce que, là, Marc n'a pas l'air de se reprendre...

— Il faut juste laisser à l'Arcadien le temps de comprendre que le secret d'une alliance à la possibilité de naitre entre leurs mains...

— Mouai,... si tu le dis... souffla piteusement Gahan qui avait tout de même mal pour son aîné, j'espère que Marc réagira avant de le... tuer...

— Si, comme vous me l'avez dit, Marc aime Zan alors, je crois que nous pouvons juste patienter et admirer le spectacle...

Un sourire aux lèvres, Azano avait confiance en son petit-fils par alliance. Avec Hector, ensemble, ils l'avaient éduqué de manière à ce que tout ce que ce dernier apprendrait ne soupçonne pas leur réelle intention tant que Marc n'affronterait pas son destin. Le dernier Deriaux avait le cœur aussi juste que celui d'Hector. Il n'était pas méchant. Il était un simple rêveur et de temps en temps maladroit… mais Marc avait une chose qui le différenciait de Hector : la gentillesse et peut-être, souhaitait-il qu'un jour, il puisse devenir le compagnon de Zan. Marc avait toutes les qualités pour le devenir. Maladroit mais réfléchi. Parfois amusé mais tout de même sérieux.

Hector,... Azano l'avait aimé de ton son cœur… tellement aimé qu'il ne pouvait pas se résigner de vivre loin de lui. En quittant le monde d'Arcadia, il avait légué le titre d'Alpha à Zan pour pouvoir vivre en tant que humain auprès d'Hector. Il ne pensait pas vraiment revenir sur cette île. Ce ne fut qu'en allant chez Marc, qu'il avait compris. Personne ne se volatilisait tout en laissant tout derrière soi. Puis, en réalisant que l'absence de Marc était au lendemain de l'équinoxe, il n'y avait plus de doute : Marc était l'Arcadien.

Hector était-il au courant ? Azano ne le savait pas lui-même… Sur la tombe de son amant, avant de retrouver leur petit-fils, il avait tenu entre ses doigts la clé d'Arcade. Une main tremblante sur la pierre, il avait laissé ses dernières larmes à son compagnon d'une vie… Une vie qu'ils avaient tous les deux bien vécue… Un jour, ils se retrouverons mais pour le moment, Marc devait s'allier corps et âme avec Arcade.

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Parallèlement, Zan faisait face à un Marc survolté et colérique depuis quelques minutes. Bien que le jeune Deriaux soit protégé, ce dernier acceptait d'affronter son aîné.

— Alors, poussin ? nargua-t-il en se tournant autour, c'est tout ce que tu sais faire ?

A ces mots l'humain se rua sur le corps poilu de son adversaire et lui décocha une droite, paume contre la poitrine tout en hurlant de rage :

— Et là ! Dis-moi que tu souffres !

Zan, les pattes profondément ancrées dans la terre, dut reprendre son souffle. Il s'avouait qu'à cette seconde, le jeune homme avait de la poigne.

— Okay, grogna-t-il en sortant ses griffes.

Marc, le regard toujours rempli d'obscurité, le fixait en souriant d'un rire sadique. Zan faisait peut-être deux têtes de plus que lui mais cela ne l'effrayer pas du tout. Il y avait en lui une force qui le poussait à aller bien au-delà de ses simples coups. Dans sa tête, il ne voyait que la couleur du sang… une teinte qui envahissait lentement sa mémoire… En apercevant la patte droite du lycan prête à lui atterrir sur le torse, Marc fléchit des genoux pour sauter au-dessus de ce dernier qui, durant une fraction de seconde, put le lacérer à la jambe droite. Pendant ce laps de temps, Marc, en hauteur, prit appui sur l'épaule de Zan tout en lui donnant un sacré coup de pied en pleine figure. Le corps du loup partant à volée contre un arbre, la douleur le mit hors de lui. Ce gamin commençait un tantinet à le gaver. Fini de jouer ! Fini le gentil alpha !

— Alors, cingla Marc qui semblait ne pas se préoccuper de sa blessure, ton poussin est-il à la hauteur de tes espérances ?

Zan grognait en se relevant sur ses pattes.

— Je n'ai pas encore dit mon dernier mot, pous-ssin !

Bondissant derrière Marc, il le saisit fermement par la taille pour le jeter violemment et, sans regret, à quelques mètres de lui. Marc, le corps heurtant brutalement la terre ferme, savait que sa force ne valerait pas celui d'un alpha mais, peu importait, il sentait encore la rage animer ses membres. Les mains écartées, ses muscles le firent soudainement souffrir et, avant même de s'apercevoir que son adversaire ne se mette à côté de lui, il reçut deux coups violents contre sa colonne vertébrale. Un craquement digne d'un choc brutal le fit geindre de douleur. Étendu sur le ventre, les paupières plissées, il grinça des dents en osant rire de ses blessures mortelles. La force d'Arcade coulait en lui et elle était si agressive et si déchainée que son âme semblait accueillir dignement cette fatalité.

— Marc ! gronda Zan, tu dois pénétrer dans la grotte !

— Pourquoi ? cingla-t-il en posant son regard toujours noir, ne devrais-tu pas en profiter pour m'achever ?

Les os fracassés et en miettes, le jeune Deriaux avaient besoin de temps pour se ressouder. Les mains en appui, il redressa son buste en grommelant de ses craquements quand, un autre coup parut lui arracher la tête de son cou.

— Non Marc ! s'énerva Zan qui, le cœur meurtri d'en arriver là, ne le reconnaissait plus,… cesse de me voir comme ton ennemie !

Marc, le souffle coupé, n'arrivait pas à contrôler la haine qui le consumait de l'intérieur. Elle était si intense qu'il percevait chaque fragment de douleur… puis, comme s'il détenait les souvenirs d'Arcade, la chaleur du feu paraissait le brûler,… cuisant et chauffant son corps entier… Même le vent ne parvenait pas à calmer ses blessures imaginaires… Il avait si mal que Marc essayait par tous les moyens de retenir son attention sur Zan. Cependant, les mots que ce dernier avait employés envers lui résonnaient encore dans sa tête.

— Tu m'as à peine regardé… marmonna-t-il enfin de sa voix naturelle,… tu n'as vu en moi qu'un simple imbécile… quand moi, j'ai accepté de t'épouser… tu ne m'as pas regardé non plus quand tu es revenu sur ta décision… alors,… ne me parle pas d'une amitié… je ne suis rien… n'est-ce pas ?

Marc parlait avec son cœur en espérant un instant que Zan lui réponde seulement quelques mots d'affection. Puis, en fermant les yeux, comme rien ne vint couper le silence qui suivit ses mots, une bulle de protection l'entoura soudainement, le ravivant entièrement de ses forces. Debout, face à Zan qui le fixait d'un regard incrédule, il s'avança sans plus aucune égratignure.

— Tu ne mérites pas que je te rejoigne ! tonna-t-il de ses lèvres vibrantes de déception, tu veux la guerre ! Le petit ignorant que je suis va te prouver le contraire !

— Marc ! grogna Gahan en s'approchant de ce dernier, ne rejoins pas les Fallan… supplia-t-il.

— Au nom de qui devrais-je t'écouter ? émit-il en inclinant son visage froid.

La colère d'Arcade et ses propres émotions l'assaillaient tellement que Marc ne savait plus quelle partie il devait suivre.

— Votre alpha est à peine capable de parler avec son âme alors, dis-moi, susurra Marc à l'oreille de Gahan qui fixait durement son aîné,… qui devrais-je rejoindre ? Les Fallan ou vous ?

Azano admirait la ténacité de Marc mais son neveu Zan faisait peine à voir. Ce dernier en voulait encore aux humains. Bien que la précédente rébellion avait mis un terme entre la guerre des Galyas et des hommes qui vivaient dorénavant dans leur cité, une vieille colère que ses jeunes frères ne se rappelaient plus ou, du moins, ne souhaitaient pas s'en souvenir semblait retrancher Zan dans ses pires colères. Pourtant, ce dernier devait faire un choix et, avec tristesse, Azano ne pourrait qu'obéir à la décision de son alpha.

Marc, le sourire narquois aux lèvres, leva ses mains en tonnant à l'alpha :

— De toute façon, tu as toi-même déclaré la guerre !

— Pour te sauver ! grinça-t-il avant de lâcher un grognement rempli de rage.

— Non ! Ce n'était que pour sauver ta peau ! Crois-tu que je sois si bête que cela ? dit-il en posant un index contre sa tempe,... Je sais ce qu'Arcade désire ! Mais toi ! Zan ! que veux-tu ? !

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à suivre

Chapitre 6

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