Willkommen, Bienvenue, Welcome

In Redemption, à Redemption, to Redemptioooooon !

*Mode cabaret off*

Redemption... Une petite ville tranquille - ou pas. Pour vous qui allez nous suivre - du moins je l'espère - pour de longs et de longs chapitres, voici tout d'abord le traditionnel ...

Avertissement au lecteur : Cet ouvrage s'adresse à un lecteur averti (plus de quinze ans), car il est rédigé par deux auteurs sadiques qui aiment torturer mentalement et physiquement leurs personnages, en leur faisant croire que c'est pour leur bien. Considérant les diverses natures des couples à venir, tout aussi bien en matière de sexe que d'espèce (ET, loup-garous, ... Zombies ... ?), elle est également réservée au lecteur ouvert d'esprit et aux nerfs solides. Toutefois, que les plus jeunes se rassurent, nous leur épargnons les descriptions graphiques. L'histoire est de toutes façons supposée suivre une intrigue un peu plus solide qu'un Marc Dorcel ou qu'un shoot 'em up.

Nous vous souhaitons la bienvenue à bord et espérons que vous ferez un agréable voyage en notre compagnie.

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La Terre … De toutes les planètes habitables qui auraient pu se trouver à proximité, il avait fallu qu'il s'agisse de celle-ci. Il se rajusta avec difficulté sur son siège, jeta un regard un brin découragé au paysage qu'on apercevait de l'autre côté du hublot. Il serait bien forcé de s'en tenir à ce choix, quel que soit son point de vue sur la question. L'ordinateur de bord des navettes de secours Phoenix comme celle où il se trouvait actuellement n'était pas vraiment connu pour l'efficacité de ses performances : juste de quoi programmer un point sûr d'arrivée et s'assurer de s'y rendre en évitant les obstacles qui pourraient endommager l'habitacle, ou plus simplement le faire exploser. Ce qu'il aurait, dans la mesure du possible, tout aussi bien préféré éviter. Le souffle de la déflagration - à laquelle il n'avait échappé que de justesse - avait tout aussi bien abîmé les boucliers en eux-même que quatre-vingt pour cent des systèmes de commande de la Phoenix, et il était prêt à accepter d'envisager de poser un pied sur la planète bleue si cela pouvait lui permettre, disons, de ne pas imploser au beau milieu de l'espace intersidéral … Même si de la façon dont s'annonçaient les choses, son pied risquait fort de se trouver à quelques bons mètres du reste (ou des restes) de son anatomie lorsque effectivement il s'y poserait.

« Planète de destination disponible : Terre, troisième planète du système solaire. Temps d'arrivée estimé à trois minutes. Verrouiller la destination ? »

Il se redressa lorsque la voix fluide et définitivement masculine de l'ordinateur résonna dans l'habitacle, hochant machinalement la tête avant de réaliser que ce dernier ne pouvait pas le voir. S'éclaircissant la gorge, il répondit d'une voix rauque.

« Verrouiller. »

Reportant son regard au-dehors pour tenter d'y apercevoir sa destination, il posa une main sur la minuscule vitre qui le séparait de l'infini de l'espace et de la vue familière qui se dessinait, fantomatique, au travers de la buée que son souffle y avait formée. Écartant les doigts comme s'il avait pu la toucher, il resta silencieux tandis que le petit point au loin se rapprochait pour prendre les traits de la petite boule d'un bleu mêlé de blanc qui l'avait accueilli maintes et maintes fois par le passé. Si fière de son statut d'unique planète habitable de son système solaire, vue d'ici elle ne ressemblait pourtant qu'à une absurde goutte d'eau jetée en suspens dans le vide de l'espace. Il fit glisser ses doigts le long de la paroi de verre pour chasser la condensation qui s'y était accumulée, mais le geste ne servit qu'à la remplacer par de longues traînées de sang parallèles qui lui conférèrent un teint rougeâtre, maladif.

Sa vision commençait à se troubler … Il baissa les yeux en direction de la plaie qui lui fendait l'abdomen en deux, le bras qu'il avait plaqué en travers d'une faible utilité quant à ralentir l'hémorragie et moins encore en ce qui s'agissait d'atténuer la douleur. Il eut un petit rire crispé : il pouvait au moins s'estimer heureux que ce dernier empêche à un ou deux organes de se faire la malle … Le spectacle qu'offrait le patchwork de chair et de tissu déchiré et ensanglanté n'était guère brillant ; à cette allure les chances qu'il tienne jusqu'à l'arrivée de la capsule sur Terre étaient quasi-nulles. Le type au costume blanc ne l'avait pas loupé, même sur le point de mourir, le sang lui montant à la bouche et la moitié de l'épaule arrachée par un tir de blaster. Il n'avait vu la dague que ce dernier gardait dissimulée dans le revers de sa veste qu'au moment où elle s'était enfoncée dans son abdomen. Un sourire fier avait étiré les lèvres de son ennemi lorsqu'il avait reculé – échouant à réprimer un cri – ses yeux s'attardant sur lui avec un éclat de satisfaction malsaine jusqu'à ce qu'il rende enfin son dernier soupir, persuadé que même s'il avait gagné, il l'accompagnerait dans la tombe peu de temps après.

« Entrée dans l'atmosphère terrestre imminente. Arrivée à destination dans cinquante-sept secondes. »

Il retira sa main de la vitre, la ramenant à lui avec peine tant son bras semblait s'être alourdi. Vue d'ici, la planète ne semblait pas avoir pris une ride mais il était évident que ce ne serait pas le cas, et il n'était pas vraiment sûr de vouloir savoir ce qui avait bien pu y changer. Plus de dix ans le séparaient de son dernier passage : une brève escale de trois jours ; à peine le temps de comprendre l'engouement pour la coiffure et la plastique des chanteurs populaires de l'époque ou fêter l'avènement de la mini-jupe, encore moins pour méditer sur sa résolution de ne plus jamais s'y attarder ... Il aurait probablement dû se douter qu'il n'aurait pas son mot à dire sur le sujet. Cette maudite Terre lui avait d'ores et déjà cloué la bague au doigt à la façon d'une ex-femme vindicative, et ne semblait pas près de le lâcher. Il finit par fermer les yeux, laissant les ténèbres usuelles l'emporter alors que la capsule pénétrait l'atmosphère - la surface de métal s'enflamma au contact trop rapide, faisant grimper la température interne de l'habitacle à un rythme effréné. Ses poils se mirent à roussir tandis que les systèmes informatiques rendaient l'âme à grands renforts de bip-bip effrénés, mais il savait qu'il n'aurait de toutes façons pas le temps de brûler, car le crash surviendrait bien avant.

Des kilomètres en dessous, dans une ville de Virginie, un groupe de lycéens qui s'étaient assis sur le parvis de l'Eglise Sainte Rita autour d'un pack de bière brune accompagné d'extras un peu moins légaux avait entamé à haute voix le décompte de la nouvelle année. Ils étaient bien trop occupés à rechercher ce qui pouvait bien venir après cinq pour remarquer la flèche enflammée qui décrivit un arc de cercle dans le ciel nocturne, allant s'écraser en périphérie de la ville tandis qu'ils s'embrassaient.

To be continued...