Chapitre 49

Tous les regards étaient tournés vers Talan. Toutes les pensées divergeaient. Ils avaient crus à a mort de Hinary, car Talan leur avait assuré. Les deux souverains et Nasira n'en étaient plus aussi sûr, Thian réfléchissait à plusieurs solutions possibles et Kelen se demanda ce qu'il allait devenir, si Hinary était bien vivante. Il commençait à prendre goût aux attentions nocturne du vampire. Ce dernier, lui, ne pensait même pas. Son regard était de nouveau plongé dans l'eau, comme s'il voulait avoir une confirmation des dires de la reine. Thian mit fin au débat de tout le monde en reprenant la parole.

- Vous êtes sûrs qu'il a dit Hinary ?

- Parfaitement sûre. Et elle correspond à la description qu'a faite Talan. Grande avec les cheveux longs noirs et une peau bronzée. Et ses yeux surtout, qui étaient orangés. On n'en voit pas tous les jours, des comme ça.

- Talan, tu nous as dit qu'elle était morte. Tu es sûr…commença Nasira.

- Oui, j'en suis sûr. Et les autres pourront te le dire aussi. Je ne suis plus son Compagnon car elle est morte et ça se voit. Si elle n'était pas morte, je ressemblerais aujourd'hui à un vampire comme on en voit dans les livres, mais ce n'est pas le cas.

Talan partit soudain dans un rire démentiel qui glaça le sang à toutes les personnes présentes. Kelen, qui était le plus près de lui, vit dans son regard la petite flamme de folie qui venait s'inviter de temps en temps depuis que Hinary était morte. Son rire était effrayant mais il tenta de rester près de lui, et il l'implora.

- Talan, s'il te plait, arrête. Tu nous fais peur.

- Si c'est comme ça qu'il croit m'avoir, il se met le doigt dans l'œil, dit le vampire en se calmant.

- Tu es sûr de toi ? S'inquiéta Kelen. Vous étiez Compagnons. On peut difficilement faire plus fusionnel, comme relation.

- Je t'ai déjà dit que je n'ai jamais aimé Hinary, et j'ai accepté sa mort depuis un moment. Nous ne sommes plus Compagnons. Et on ne ressuscite pas un sang pur. Elle ne sera pas un vampire, et elle n'aura pas les mêmes capacités qu'avant.

- Que toi, tu veux dire, affirma Nasira. Et il s'agit peut-être seulement d'une illusion.

- J'en doute. Il se donne beaucoup de mal pour me nuire. Merci beaucoup, majestés, vous nous avez été d'une grande aide. Et Thian a raison quand il dit qu'on a besoin de gens comme vous. Je n'approuve peut-être pas vos méthodes mais c'est sans doute ce qui vous a permis d'être encore libre aujourd'hui. Votre peuple aura besoin de votre force d'esprit.

- Je vais y réfléchir, Talan. Mais quand on sait ce qui risque de ce passer, ça ne donne pas vraiment envie de rester en vie.

- Je peux comprendre, mais on a vraiment besoin de gens comme vous. Je vous laisse la nuit pour réfléchir. Allez donc vous coucher. Vous semblez exténuer.

Otal acquiesça et murmura quelque chose à l'oreille de sa femme avant de sortir. Dehors, le soleil s'était couché depuis quelques minutes déjà mais il faisait encore un peu jour. Thian donna le miroir à Nasira. Lui aussi avait envie de dormir, ce qui ne semblait pas être le cas de Naliko. Il sortit en se bouchant les oreilles, la vampire émettant toujours plus de remarque et Nasira répondant avec beaucoup d'enthousiasme. Kelen se leva aussi en s'étirant. Il ouvrait la porte doucement quand il surprit le murmure de la reine à Talan.

- Tu peux venir avec moi, si tu veux. Otal a envie d'être seul cette nuit, ce qui n'est pas mon cas.

Kelen claqua violemment la porte derrière lui et n'attendit pas le vampire. Il arriva rapidement dans sa chambre, qu'il ne prit même pas la peine de fermer. Il faisait sombre, le feu étant éteint et les rideaux tirés. Il se jeta sur le lit et resta sur le ventre en se maudissant. Il n'avait aucune raison pour avoir réagi ainsi. Il ne devait pas être jaloux, Talan l'avait prévenu. Mais il ne comprenait plus rien à la situation. Et puis, il savait parfaitement que le vampire était un coureur de jupons. C'était presque le propre du vampire.

Il sentit soudain quelqu'un lui souffler dans la nuque alors qu'il n'avait entendu personne entrer dans la chambre. Il se retourna et se retrouva nez-à-nez avec Talan, qui le regardait étrangement.

- Je peux savoir ce que tu fais là ? Demanda-t-il froidement.

- Quel accueil ! J'ignore ce que j'ai pu faire mais ça ne t'a apparemment pas plus.

- Je pensais que tu préférais tenir compagnie à la reine. On aurait dit que ce n'était pas la première fois qu'elle te demandait ça.

- Tu es jaloux ! Je t'avais pourtant prévenu. En effet, il m'est déjà arrivé de passer du bon temps avec elle, mais pour ta gouverne, je préfère être avec toi qu'avec elle.

- Quel honneur. Et Hinary ? Ne viens pas dire que ça ne change rien, je ne te croirais pas.

- Ça ne change rien. Je ne fréquente pas les morts. Si je devais la croiser, je la tuerais. Les morts n'ont rien à voir avec les vivants. Puisque apparemment, je ne suis plus le bienvenu ici, je vais aller chasser.

- Attends ! Je suis désolé de m'être emporté comme ça. Je ne sais pas ce qui m'a pris.

- Moi, je sais. Et je t'avais dit de ne pas tomber amoureux, nigaud. Mais si ça peut te rassurer, je ne vais pas voir ailleurs que je suis engagé auprès de quelqu'un.

- Mais tu n'es engagé auprès de personne. Je ne suis pas ce qu'on pourrait appeler ton amant.

- Je ne suis pas sûr que ta cousine le prenne comme ça. Elle ne m'aime pas et je devrais craindre pour ma vie si je t'abandonnais maintenant. Je peux aller chassez ou tu vas encore me faire une crise de jalousie.

- Je t'ai dit que tu pouvais me demander. Ça ne me dérange pas.

- Tu es sûr ? Je pensais plutôt te demander quand j'aurais convaincu Otal.

- Je te fais confiance pour ne pas m'anémier.

Talan se recoucha sur Kelen en l'embrassant doucement. Puis, il dériva lentement mais sûrement vers son cou, tout en continuant de déposer des petits baisers. Tout aussi doucement, il le lécha pour le préparer, puis fit rentrer doucement ses canines dans la chair. Kelen gémit un peu en fermant les yeux mais ne dit rien de plus. La sensation était plus désagréable que lorsqu'il s'était servit de son poignet mais elle n'était pas insupportable. Il ne somnola pas et sentit bien les mains du vampire se balader sur son corps mais il n'avait aucune envie de l'arrêter. Brusquement, il sentit un froid au niveau de la morsure et lorsqu'il rouvrit les yeux, il découvrit que Talan était revenu à sa position initiale, c'est-à-dire au-dessus de lui. Il le regardait avec un air inquiet.

- Ça va ?

- Oui, ce n'est rien. C'est sans doute parce que j'étais un peu en colère contre toi. Je ne veux pas te faire subir ce que tu as déjà subi. Alors ne prend pas la curiosité de Nasira comme un acte d'engagement. Tu peux me laisser tomber quand tu veux.

- Jaloux et têtu. Si je dis que j'ai envie d'être avec toi, c'est que j'en ai envie. Maintenant, je n'ai pas vraiment envie de discuter. Dit-moi ce que je peux te faire pour te réconforter.

- Au moins, l'avantage avec toi, c'est qu'on comprend tout de suite ce que tu veux dire. Et moi, je t'ai déjà dit que si tu attendais mon autorisation, tu allais y passer le reste de ta vie.

- Tu es sûr de toi ? J'ai vraiment très faim, ce soir.

- Arrête de discuter et fait ce que tu veux. Mais vas-y doucement.

- Promit.

Talan l'embrassa une nouvelle fois, puis embrassa son cou meurtri. Kelen avait encore de nombreuses questions en tête mais elle s'évanouir d'un coup quand une main baladeuse décida de passer la barrière de son pantalon alors que l'autre entreprit de lui enlever le haut.

Derrière la porte, Nasira poussa un soupir de dégout, résignation et soulagement mêlé. Elle s'éloigna après avoir fait en sorte qu'aucun son ne sorte de la chambre, les gémissements de Kelen lui vrillant les oreilles. Naliko protesta. Elle aurait bien aimé assistée à ce qui était en train de se passer, mais Nasira ne l'écouta pas, trop occupée à se répéter qu'elle devait les tolérer.


Voila pour aujourd'hui !

A demain !