Bienvenue dans le monde d'Adam et de Cassandre, j'espère que leur histoire vous plaira! Tout est à moi, of course, donc j'apprécierai un minimum de respect (mais ne vous privez pas pour critiquer, ça ne pourra que m'aider). Pour ce qui est des update's et des review's, plus j'ai des secondes, plus vites les premiers arriveront ;) Mais de toute façon ça ne devrait pas excéder les deux semaines! Ah et les POV change, donc ce sera mentionné en haut de chaque partie :)

Enjoy!


Adam

« Il est temps de te lever, Adam! »

La voix stridente de ma mère me déchire les tympans tandis que la lumière qui coule à flots dans ma chambre achève de me réveiller. Elle a ouvert les rideaux. Heu… attendez, ça veux dire qu'il fait jour là? J'ouvre un œil et fixe les chiffres encore flous du réveil. 11h. Tout à fait réveillé, je repousse violemment le drap et me lève d'un bond. À côté de la porte, j'aperçois mon sac. Le sac que je devais emmener pour passer quatre jours de rêves sur le yacht d'un ami à Marseille. Séjour qui nécessitait que je parte aujourd'hui… à 3h. Inutile de dire que j'ai totalement raté mon départ. Mais le pire c'est que je suis absolument certain que Matthias ne serais pas partit sans moi. Il a dû arriver quelque chose, c'est la seule explication. J'attrape mon portable et compose le numéro de Matth.

« Salut Adam, bien dormi? »

La voix trainante de mon meilleur ami résonne à mes oreilles. Il a l'air fatigué. J'entends comme un vrombissement à l'arrière plan.

« Tu es où là? Pourquoi vous êtes pas venu me chercher? »

Ma voix est plus sèche que je ne l'avais prévu mais le savoir dans une voiture, probablement en direction de Marseille me met de très mauvaise humeur. Je me sens trahi, et ça n'a rien d'agréable!

« Entre Lyon et Valence. Ben ta mère m'a appelé hier pour me dire que vous aviez un mariage et qu'il ne servait à rien de venir te chercher. »

Quoi?! Je manque de m'étouffer. Comment a-t-elle osé faire ça?! Voyant que je ne réponds pas, Matth m'appelle.

« Adam? Adam t'es toujours là? »

« Elle t'a mentit »

« Ah bon, tu n'as pas de mariage ce week-end? »

Je me sens un peu mal à l'aise tout à coup.

« Heu… si. Mais je n'avais pas l'intention d'y aller. »

« Mais, c'est pas ta sœur qui se marie? »

« Ma cousine. »

« Vieux, elle vit avec vous depuis qu'elle a dix ans, c'est pareil. Vous êtes sa seule famille, non? »

« Merci de me le rappeler, on dirait ma mère… »

Il éclate de rire et je ne peux m'empêcher de l'imiter. Seigneur comme j'aimerai être avec eux! Comme s'il avait lu dans mes pensées, Matth reprend.

« Désolé vieux mais on est trop loin pour revenir en arrière. Tu nous aurais appeler à 3h, je dis pas, on serait venu. Mais là… D'ailleurs, pourquoi t'avais pas mis ton réveil? »

« J'avais mis un… »

Le reste de ma phrase meurt dans ma gorge. Mon regard vient de tomber sur ma radio. Quelqu'un a débranché l'alarme! Je fais part de ma découverte à Matthias qui, une fois de plus, éclate de rire. Cette fois ci je reste de marbre. Je ne trouve vraiment pas ça drôle.

« Elle était déterminée à te garder à la maison à ce que je vois. À mon avis, elle a même dormi devant ta porte. Va falloir que tu te fasses une raison, ce sera pour une prochaine fois. »

Je grogne et lui raccroche au nez. Oui je sais c'est pas sympa, il y est pour rien, mais qu'est-ce que ça fait du bien! Je prends le temps de m'étirer avant de dévaler les escaliers en courant. Je déboule dans la cuisine où mon père est tranquillement en train de lire son journal tandis que ma mère papote au téléphone.

« C'est quoi ce bordel, je hurle. »

« Je te rappelle plus tard. »

Ma mère raccroche précipitamment et me fait face.

« Ne crie pas comme ça Adam. »

« Je crie si je veux, continuais-je sur le même ton. Qu'est-ce qui t'as pris putain? Tu tiens à me pourrir la vie c'est ça? »

« Il faut toujours que tu exagère, Adam. Saskia n'a plus que nous, elle t'aime beaucoup, il me semble donc normal que tu viennes. Même si je dois pour cela employer des méthodes peu orthodoxes… »

Je la regarde, bouillant de fureur.

« Je m'en fous, tu peux pas me forcer à venir! Je reste ici! »

Je sais, c'est infantile comme réaction. D'ailleurs ma mère lève les yeux au ciel.

« Mais bien sur! Tu vas rester ici à t'ennuyer comme un rat mort plutôt que d'accepter de céder!? De toutes façons, si tu ne viens pas, je te supprime ton argent de poche. »

Je reste sans voix devant une décision aussi injuste. Je me tourne alors vers mon père qui secoue la tête en haussant les épaules, l'air de dire 'débrouille toi avec ta mère'. Celle-ci me regarde d'un air triomphant. Elle sait que je vais venir. D'un pas rageur, je remonte dans ma chambre. Parfois, je déteste ma vie!

Narrateur externe

La citroën serpente dans la forêt, suivant un chemin de gravier menant au manoir. Enfin celui-ci apparait. Niché parmi les arbres comme une perle dans son écrin, la grande bâtisse de pierre blanche s'offre aux regards. Les parents s'extasient devant tant de magnificence et de beauté tandis qu'à l'arrière, Adam conserve son air renfrogné. Pour rien au monde il n'aurait avoué sa fascination devant un tel chef d'œuvre architectural. Cela ferait trop plaisir à sa mère. L'adolescent sort sans enthousiasme et se fait aussitôt happé par une jeune femme brune qui lui claque un baiser sur la joue.

« Adam! Je suis si contente de te voir! »

Lui aussi est content de la voir. Il lui sourit, l'embrasse et la serre brièvement dans ses bras avant de la lâcher et d'envoyer un regard noir à sa génitrice. Il s'éloigne à grands pas, ignorant le regard interrogateur de Saskia. Adam enfonce les écouteurs de son iPod dans ses oreilles et entreprend de visiter la propriété. Le manoir est entouré par un immense parc admirablement entretenu. Au milieu d'un bosquet à l'écart de tout, il découvre un étang aux eaux limpides. L'envie de se baigner le prend. Se rafraichir par cette chaleur serait bienvenu. Mais il n'a pas son maillot et il ne se voit pas nager nu dans cet endroit inconnu. Avec un soupir il s'éloigne de ce lieu accueillant et poursuit sa promenade.

Il fait ainsi le tour du manoir et finit par s'arrêter, indécis, devant l'escalier en fer à cheval qui mène à la porte d'entrée. Il n'a pas envie de rentrer. Supporter les bavardages de sa mère, les regards surpris ou peinés de sa cousine ne l'enchante pas vraiment. Adam monte quelques marches et s'assied. La tête dans les mains, il contemple la forêt qui s'étend entre le manoir et la route. C'est alors qu'il remarque une construction au sommet d'un arbre. Une cabane. Il sourit. Il a toujours adoré voir le monde de haut. Il décide d'aller explorer un peu ce bois devenu soudain plus intéressant.

Adam

Ça fait une heure que je marche dans cette jungle. Passés les premiers mètres d'accès relativement aisés, les sous-bois se sont épaissis. D'abord des fougères faciles à écartées puis des buissons, des arbustes. À présent, je suis obligé de me battre à chaque pas contre les ronces et les orties. Inutile de dire que je me félicite d'être vêtu d'un jeans et de baskets. N'empêche, je me demande pourquoi je n'ai pas fait demi-tour quand j'ai vu que les fourrés s'épaississaient. Trop têtu je suppose. J'arrive soudainement dans une clairière. La frontière est tellement nette que je m'arrête immédiatement. Je me retourne. La forêt m'oppose un mur de broussailles. Et il n'y a plus aucune trace de mon passage. C'est décourageant. Heureusement, devant moi s'étend un grand espace dégagé avec juste un arbre au centre. L'arbre à la cabane, je remarque en voyant l'échelle qui se balance le long du tronc. Je souris et m'avance. J'empoigne un échelon et m'apprête à commencer mon ascension vers le ciel. Il doit y avoir une vue formidable de la-haut!

« A ta place, j'éviterai. Elle a l'air solide comme ça mais les barreaux sont totalement pourris. Tu vas te casser la gueule. »

Je me retourne brusquement. Assis par terre en lisière de la clairière, le dos appuyé contre un arbre, un mec de mon âge me regarde, un drôle de sourire aux lèvres. C'est ce sourire qui me fournit l'identité du gêneur et mon visage se ferme. Cassandre. Pourquoi, sur tous les gars que je connais, faut-il que je tombe sur le seul que je ne peux pas encadrer?

« Qu'est-ce que tu fous là? »

Il hausse les épaules.

« Comme toi je suppose: j'attends d'assister à un mariage qui m'emmerde… Le marié est mon voisin… »

Je hausse un sourcil interrogateur.

« Je croyais que seule la famille était logée au manoir. »

Son sourire disparait.

« Il manquerait plus que l'on me vire de chez moi! »

Je fronce les sourcils. De chez lui?

« Tu habites ici? »

Il éclate de ce rire moqueur que je déteste tant.

« Mais bien sur. Et je fais tous les jours trois heures de trajet pour venir au lycée! Non. La propriété appartient à mes parents. On y vient pendant les vacances mais ma mère a accepté de prêter le manoir à Dorian pour son mariage. »

Son expression s'est à nouveau durcie. Comme à chaque fois qu'il parle du mariage, je remarque.

« Mariage qui ne t'enchante pas, je me trompe? »

Il me lance un regard indéchiffrable.

« Ça ne te regarde pas. »

Il se lève d'un mouvement souple et élégant. Comment diable fait-il pour être élégant en pleine forêt, habillé d'un baggy délavé et d'un tee-shirt extra large à l'effigie des Who? Tiens, d'ailleurs où sont passé ses slims taille basse ultra moulant et ses pulls serrant? Et ce n'est pas le seul changement! Ses cheveux, que j'avais toujours connu longs, ont été recoupés au niveau des oreilles. Mais je doute que l'aspect ébouriffé soit celui que le coiffeur ait voulu donné à sa chevelure. Je remarque soudain que je le fixe et qu'il détaille aussi ma tenue. Et le sourire moqueur qu'il arbore ne me dit rien qui vaille.

« Quoi, je demande brusquement. »

Son regard noir se plante dans le mien. J'ai toujours trouvé bizarre que quelqu'un avec des cheveux blond platine comme les siens possède des yeux aussi sombres. C'est une des choses qui me dérange chez lui, mais ce n'est certes pas la seule!

« Tu n'as pas choisi le chemin le plus facile pour venir à ce que je vois… »

Je baisse les yeux sur mon jeans verdi, mes chaussures boueuses (comment peut-il y avoir de la boue alors qu'il fait aussi chaud?!) et mon tee-shirt déchiré par les ronces. Je relève la tête et sursaute. Cassandre se tient juste devant moi. Je ne l'ai même pas entendu se déplacer! Il tend la main vers moi et je recule. Je lui lance un regard noir tandis que son rire emplit l'air.

« Tiens-toi tranquille, je ne vais pas te manger tu sais? T'as juste pleins de trucs dans les cheveux. »

Et avant que j'ai pu esquisser le moindre geste, il commence à enlever les feuilles, brindilles et autres présents que la forêt m'a offert sur mon passage. Je le laisse faire. Vu ce qui tombe de ses doigts, je dois ressembler à un épouvantail. Ce qui me fait prendre conscience que lui ne ressemble pas du tout à quelqu'un qui vient de traverser une jungle. Bien que décoiffé, ses cheveux sont cleans, ses vêtements propres et sans accro et il n'y a aucune trace de boue sur ses tongs. Il doit voir ma surprise car il demande

« Qu'est-ce qu'il y a? »

« T'es passé par où? »

Il comprend tout de suite les implications de ma question. Il émet un petit rire. Mais sans se moquer pour une fois, ça change.

« Je connais cette forêt comme ma poche. »

Il s'éloigne de moi et je me rends compte que ça fait un moment qu'il a cessé de s'amuser avec mes cheveux. Il entre dans le bois à l'opposée de l'endroit où j'en suis sorti et se retourne.

« Si tu ne veux pas revenir au manoir plus sale que tu ne l'est déjà, tu ferais mieux de me suivre. »

Il s'enfonce entre les arbres sans attendre ma réponse et je me dépêche de le suivre. Pas besoin d'être un génie pour comprendre que la situation est totalement différente d'au lycée. Ici, c'est son domaine. Et moi je suis tout seul et loin de ce que je connais. J'ai l'impression que les règles ont changé sans qu'on ai daigné m'en informer. Je me dis que le mieux c'est encore de l'éviter pendant trois jours. Dans un tel domaine, cela ne devrait pas être trop compliqué. N'empêche, j'ai rarement vu quelqu'un se déplacer en forêt avec autant d'aisance.