Parce que ces petites choses apparaissent sous multiples formes et font pourrir de l'intérieur. Parce qu'un fruit pourri contamine tout le panier de fruits.

Mini histoire sans prétention.

L'étrange trouble.

Il y a des choses qu'on ne contrôle pas vraiment, pas toujours, ou alors pas consciemment. Ces choses qui paraissent si inutiles, si futiles, celles dont on refuse l'importance. Ces petites choses, ces petits tocs, on les minimise, on les repousse, on les ignore. Mais quoi qu'il advienne elles demeurent. Attendant leur heure, attendant la faiblesse, la fatigue, le stress, l'émotion. Et elles frappent. Vous n'avez plus la force de vous battre vous vous jetez dans leur bras sans plus penser et pour un court moment vous êtes apaisé, l'enfer c'est après. L'enfer c'est quand ces petits choses vous abandonnent narquoisement, comme par vengeance d'avoir si souvent été refoulé et brimé. La torture peut démarrer, céder et se perdre doucement dans un univers parallèle ? Lutter et souffrir pour quelque chose d'inconnu ?

Ces petites choses sont toujours là. Tous les jours, à chaque minute, à chaque seconde. Et tous les jours il y a cette lutte intérieur pour oublier leur présence, les contenir les exterminer, les dissimuler.

Peut-être que le plus difficile c'est face aux autres justement. Ces petits choses ne sont pas sortables, elles sont laides et répugnantes, effrayantes même, alors si les autres voyaient forcément ils nous abandonneraient.

Un sanglot bruyant s'échappa de sa gorge. Evidemment que les autres fuiraient, pourquoi se voiler la face. Ces choses répugnantes sont en moi. Elles sont moi. Je suis hideuses, affreuse, répugnante, dégoutante, je suis un monstre et finalement je suis encore pire que ces petites choses.

Un nouveau sanglot s'échappa malgré elle de sa bouche. Surtout ne pas faire de bruit. Elle resserre ses genoux contre elle. Il fait noir. Elle se trouve cachée sous son bureau. Personne ne peut voir. Et personne ne doit entendre. Automatiquement ses mains se plaquent sur sa bouche. C'est laid, c'est affreux, ça fait mal, il faut cacher tout cela. Rien ne doit sortir. Sinon je serais vide. La panique la gagne. Vide, complètement. Ne plus être qu'une poupée de chaire. Une poupée monstrueuse. Les larmes coulent abondement. Mais en silence.

Elle reste là à se balancer pendant un long moment. Sans même imaginer que c'est un cri de l'âme qu'elle étouffe.

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