Le réveil sonne, je l'éteins.

Quel jour sommes-nous ?

Je ne sais pas.

Je ne sais plus.

Peu importe.

Je travaille.

Je glisse mes pieds encore chauds dans le duvet de mes chaussons et me rends à tâtons dans la cuisine pour lancer le café. Habillée en deux temps trois mouvements, mon petit-déjeuner englouti et deux cafés plus tard, je suis face au miroir dans la salle de bains.

... Pas jolie à voir.

Je me coiffe, je me maquille et j'accroche un sourire à mes lèvres.

C'est mieux.

Je suis presque moi.

Monsieur Lapin en place dans mon sac à main ; le seul qui puisse consoler les gros chagrins des petits anges à l'hôpital, je suis prête à partir. Mon regard croise le tableau mémo dans l'entrée, je m'arrête et je te lis. Toi et tes pattes d'oie de médecin.

Je t'aime pour la vie.

Je caresse du bout des doigts, avec tendresse et révérence, ces quelques mots qui font battre mon coeur et me rendent unique. Je dépose un baiser sur l'ardoise et ouvre la porte de mon appartement, celle qui donne sur le monde, celle qui m'emmène loin de toi.

Je te murmure, à mon tour, ces quelques mots simples et magiques; ces quelques mots que la vie ne m'aura pas donné le temps de t'offrir.