- C'est fou ce que Kidd me manque.

- T'es sure de pas être tombée raide dingue de lui ?

- La ferme ! Il est juste si adorable et facile à vivre... il me manque vraiment, j'ai toujours l'habitude de lui ramener des glaces comme avant, comme s'il était toujours là.

- Faut te faire soigner Sylvia.

- Hey, fait pas le malin. A toi aussi il te manque, je le vois trop bien. Je ne comprends pas pourquoi tu veux le nier.

- T'es conne...

- Oui, oui, on me le dit tout le temps. Je me demande pourquoi !

Je traversais la rue, en me dirigeant vers ce qui serait ma nouvelle maison pendant trois semaines bien chargées de remords, de ressentiments et aussi de solitude. Après m'être installé j'arrive très vite à m'habituer à mon nouveau cadre de vie. Je ne fais que regarder la télé, même plus la force de bosser. Et je continue d'essayer de me vider l'esprit.

Ma mère m'appelle de temps en temps, toujours au moment où je veux l'entendre le moins. Donc à chaque fois que mon téléphone sonne je me dis que c'est elle et je décroche même sans regarder qui c'est. Seulement cette fois où mon téléphone se met à sonner alors que je suis devant la télévision, ce n'est pas elle. Mais sans le savoir je décroche très vite.

- Allô ?

°ça va ?

- Oui... et toi ?

°Je vais bien, tranquille. Où t'es ?

- A la maison, enfin la nouvelle.

°Pourquoi tu n'es pas venu ici ?

- Cain... je...

°Ok, je vois. Tu n'as pas besoin d'être aussi distant, tu sais ? Je ne sais toujours pas ce qui s'est passé entre vous, mais ça ne doit pas nous affecter autant.

- Tu ne sais vraiment pas ?

°Non lui aussi refuse de me le dire. Mais c'est votre choix et je le respecte malgré moi. Mais tu n'as pas besoin de t'éloigner.

- Je suis désolé.

°Pourquoi tu t'excuses encore ?

- Je veux rester seul pour l'instant s'il te plaît... je suis désolé.

°Kidd... qu'est ce qui s'est passé ?

- Je ne peux pas te le dire, je suis désolé.

°Arrête avec ça, je ne comprends pas ce qui se passe et ça m'énerve. Alors dis le moi enfin.

- Je...

°Tu quoi ?

- ...suis désolé.

°Fait chier Kidd, si tu ne veux pas en parler essaie au moins de régler le problème avec Clay. J'en ai marre, passe une bonne soirée.

- Cain ?

Il m'avait raccroché au nez. Je ne doutais pas un seul instant du fait qu'il devait être très en colère. Je l'avais habitué à toujours tout lui dire. Donc mon silence était forcément douloureux pour quelqu'un qui disait le considérer comme son meilleur ami.

Le lendemain je ne tenais plus alors je suis allé le voir dans sa classe. Je l'ai fait appeler sans donner mon nom pour éviter qu'il ne cherche à m'éviter. Je regrettais vraiment le faussé qui s'était creusé entre nous. En sortant de sa classe il m'observe avec une mine sévère, un visage de marbre. Mon cœur s'arrête presque de battre. Ma gorge s'assèche et je ressens une grande tristesse. Si grande que mes larmes me montent aux yeux.

- Kidd ? Tu pleu... ?

- ...

Son ton était différent du ton chaleureux et familier avec lequel il me parlait d'habitude. Sans lui répondre je le regarde attristé en sentant perler sur mes joues ce qui n'est autre que mes larmes. Pendant qu'il me fixe, je vois alors son visage s'éclaircir, ses yeux s'écarquiller et sa bouche s'entrouvrir. Je ne me sentais toujours pas la force de lui répondre alors je baisse les yeux pour fixer le sol et ne plus soutenir son regard choqué. Des bruits de pas dans mon dos me font sursauter, je me retourne et je constate que c'est le professeur de Cain qui arrive. Après tout nous n'étions pas loin de sa classe, j'étais venu le déranger et je commençais à penser à ce que j'allais lui dire avant de m'en aller pour le laisser suivre ses cours.

Je sèche mes larmes rapidement et je m'apprête à faire demi tour, ce n'était peut être pas nécessaire de lui dire quoi que ce soit. Je pensais qu'il ne voudrait pas l'entendre de toute façon, donc je suis surpris de le voir me saisir le bras et m'emmener ailleurs, loin de sa classe. Il me mène au toit ou nous nous retrouvons de nouveau seul. Il s'éloigne de moi et me laisse me calmer sans rien dire avant de revenir quelques minutes après.

- Je suis désolé...

- De quoi ?

- D'être aussi idiot, Cain je ne veux pas te perdre... ne te fâche pas contre moi !

Je sens encore mes larmes couler à nouveau. Bien que j'essaie de me retenir, c'est trop frustrant pour que j'y arrive. Cain penche la tête légèrement sur le coté, me regarde et finit par se rapprocher encore plus de moi. Il me saisit le visage et m'essuie les larmes d'un mouvement tendre et lent de son pouce.

- Dis moi ce qui s'est passé.

- Clay m'a dit qu'il croyait que je...

- Que tu quoi ?

- Hmm, que j'étais amoureux de toi.

- Quoi ? Tu rigole j'espère ? Mais... mais pourquoi il est aussi con celui là ?... Attend, c'est pour ça que t'étais bizarre ? Tu croyais qu'on se moquait de ta virilité peut être ? Tu as douté de moi Kidd ?

- Non, arrête ! Ça n'a rien à voir.

- Si, si... ça a tout à voir, putain il est trop con !

- Je te dis que non !

- Mais non quoi ? C'est quoi le problème alors ?

- En fait je suis amoureux de Clay !

Je l'avais crié si fort et si fermement que Cain se tut immédiatement, non pas à cause de ce que j'avais dit. Je savais par son expression qu'il n'avait pas encore réalisé la teneur de mes propos. Ce n'était qu'ensuite, juste après quelques secondes que en réalisant moi même que je venais de le lui avouer qu'il comprit. Mais c'était déjà trop tard pour faire machine arrière alors je décidais de le faire jusqu'au bout.

- Je... je l'aime tellement que quand il me l'a dit, je me suis sentis mal. Il pensait carrément que c'était de toi que j'étais amoureux et ça m'a rendu jaloux. J'étais jaloux du... du fait qu'il était si attaché à toi, j'étais jaloux de toi Cain... je suis vraiment désolé.

- Alors... tes « désolé », c'était à cause de ça...

- Excuse moi !

- Kidd, je ne pense pas pouvoir te parler de si tôt...

- Atte... attend Cain, je suis désolé.

- Ouais tu peux.

Sans m'écouter, ni même me regarder, il s'en alla et me laissa tout seul sur le toit. J'avais le cœur en miette, Cain avait l'air si blessé par mes propos que je culpabilisais dix fois plus. J'étais le pire ami qui avait jamais existé et ça me faisait mal de lui avoir fait un truc pareil.

Le visage blême et la mine triste je finis enfin par descendre du toit des heures après Cain. Je retourne ne classe prendre mes affaires et je suis accueilli par Heran.

- Tient Kidd, enfin ! Je t'ai cherché partout. Dis donc, où étais tu ?

- Hum... désolé.

- Wahou, mais qu'est ce que tu as ? Tu as pleuré ?

- Ah, non... j'ai... j'ai juste mal aux yeux.

- Sure ? Parce que ça a l'air...

- Qu'est ce que tu veux Heran ?

- ... Juste que tu me prêtes ton cahier de note de math.

- Je ne l'ai pas sur moi...

- Où alors ?

- Bah, à la maison.

- Allons y donc. Ça ne te dérange pas si je m'incruste ?

- C'est... c'est pas un bon mom...

- S'il te plaît, j'en ai grave besoin. Tu es mon dernier espoir.

- Mais je...

- S'il te plaît, S'il te plaît, S'il te plaît, S'il te plaît...!

Heran avait encore su s'incruster et malgré le fait que je ne sois pas de bonne humeur, je l'ai quand même ramené chez moi. Il me parlait de tout et de rien pendant le trajet, moi je lui donnais des réponses évasives et brèves mais il ne le prit pas particulièrement à cœur. Une fois sur place je le fais attendre au salon et je pars dans ma chambre chercher le cahier dont il avait besoin. Je mets quelques minutes à le trouver, mes affaires n'étaient pas très ordonnées cette fois. J'avais été tellement distrait que je ne maitrisais plus rien. Juste au moment où je trouve enfin le cahier, quelque chose derrière moi me fait sursauter. Je sens Heran se presser contre moi, dans mon dos. Je ne l'avais pas senti arriver alors grande est ma surprise.

- He... qu'est ce que tu fais ?

- T'en met du temps Kidd.

- Ah... je l'ai trouvé.

- Trop tard.

- Quoi ?

Sans me laisser le temps de comprendre ce qui m'arrivait il me retourne vers lui et m'embrasse. Il m'immobilise délicatement les bras alors que ses lèvres se frayent tant bien que mal un chemin entre les miennes. Son baiser est si doux et langoureux que doucement je suis pris de frissons intenses et je me surprends à aimer cela. Il me fait perdre pieds l'espace de quelques secondes. Puis tout rouge et les yeux grandement ouverts, je le fixe surprit et confus alors qu'il met fin au baiser.

- Ne crois pas que je t'ai tendu un piège avec le cahier de note... c'est juste que je n'ai pas su résister. Tu me plais Kidd, tes quelques petits sourires distraits me rendent dingue et de te voir en larme tout à l'heure... j'ai cru péter un plomb.

- Heran ! Je... c'est...

- Je suis trop loin de toi pour te forcer à m'expliquer ce qui se passe, mais je veux être proche de toi... je t'aime !

Il me prend doucement le cahier des mains et me laisse sur place sans dire un mot de plus. Moi, je reste immobile dans la position où il m'a laissé et cela pendant un très long moment.

Bientôt plus de deux heures qu'Heran est partit. Me laissant seul sans attendre de réponse de ma part suite à sa confession. Je suis toujours choqué, je ne réalise pas bien encore ce qui vient de se passer. Maintenant assit sur le rebord de mon lit, je me laisse violemment tomber dessus et je fixe le plafond l'air rêveur et confus. Plusieurs questions se bousculent en moi, questions qui n'ont guère de réponses immédiates. Doucement je porte ma main à mes lèvres pour épouser leur forme sous une caresse. Je sens encore la chaleur de son souffle sur ma peau et l'intensité de son regard. Il n'était plus le Heran hyper sur de lui que j'avais l'habitude de rencontrer, il était plein de doute en me confessant ses sentiments. C'était troublant de le voir comme ça, mignon mais troublant. Je rigole doucement en me roulant en boule et je ferme les yeux sous la couverture.

Heran était un de mes camarades de classe, tout comme Clay. Bizarrement, bien qu'on ne se connaisse pas vraiment et que nous ne parlions pas très souvent ensemble, il était toujours très familier avec moi. Je ne savais rien de lui, rien de vraiment important vu que toute mon attention avait toujours été centrée sur Clay. A cette pensée j'ouvre les yeux et j'arrive à me hisser hors du lit pour prendre une douche très froide. Pendant ma douche j'entends mon portable sonner, je finis et je me met à le chercher.

°Mon cœur tu n'es pas encore couché ?

- Non, maman.

°Ça tombe bien, j'avais très envie de t'entendre. Comment ça va chéri ?

- Je vais bien.

°Ah tant mieux, bonne nuit donc mon cœur.

- Bonne nuit maman.

Je raccroche avant elle et je me couche, soupirant intérieurement comme à chaque fois après nos très courtes discussions. La douche froide m'a fait du bien, je parviens à m'endormir normalement et cela jusqu'au matin sans interruption. Mais je sentais que ça avait quand même été un sommeil de courte durée.

Je me rends à l'école, nonchalant et l'esprit ailleurs, mais je m'arrange pour ne pas me perdre en route.

- Ah, tu es très matinal Kidd !

- Je sais Rebecca, j'ai passé une mauvaise nuit.

- Oh, pauvre poussin. Ça va aller tu crois ?

- Oui, oui ne t'en fait pas.

- Ok alors. J'espère que tu es prêt pour l'exposé, je veux que Clay et toi passiez en premier.

- Ah ! Non, s'il te plait, on n'est pas prêt.

- Quoi ? Mais tu es toujours avec Clay non ?

- On a été... un peu occupé tous les deux.

- Ok, je vais voir ce que je peux faire. Je vais user de mes talents de délégué pour vous mettre en seconde position.

- Ahem, sixième serait bien !

- Hein ? Tu rigoles Kidd ?

- S'il te plait !

- Ah... Ok, d'accord. Donc juste après moi et Heran...

Mon cœur fit un bond inexpliqué à la simple mention du prénom d'Heran. De l'entendre si soudainement me donne des frissons, à peu près comme ceux de la veille et du coup je me repasse très clairement le film de la soirée d'hier et mes lèvres deviennent toutes tremblantes.

- Kidd tout va bien ?

- Ou... oui, alors donc on fait ça. Moi et Clay on passera après toi et... et...

- Et ? Heran ?

- Ah oui, oui, bon j'y vais.

- Déjà ?

- Oui, exposé oblige.

- D'accord, bye.

Encore une autre raison d'être mal à l'aise en classe. D'abord Clay puis maintenant Heran que je ne verrais plus jamais de la même façon. Pour éviter d'être beaucoup trop mal à l'aise je me refugie à la bibliothèque en me rappelant que mon exposé de biologie courait toujours. Les thèmes donnés par le principal dans chaque domaine ne sont pas très compliqués, moi même je m'en sors tout seul et assez bien. De plus les recherches que je fais me font oublier à peu près la situation complexe dans laquelle je me trouve et j'avance tant bien que mal. J'avais gardé les notes que Clay et moi avions fait au tout début. Je les fis donc sortir et je les complétais avec celles que j'étais venu faire. J'espérais trouver dans cet exercice un moyen de m'évader complètement, d'oublier tout ce qui c'était passé ces derniers jours et en particulier ce qui m'est arrivé hie...

Pourquoi ce baiser me mettait il autant la panique ? Pourquoi je réfutais toutes les possibilités que cela ne soit pas un rêve ? Était ce parce que j'en aimais un autre ? Ou étais je simplement trop surpris par Heran et sa déclaration ? Le fait qu'il soit gai et tout ce qui suivait, qu'il soit attiré, en tout cas, par un garçon comme moi. Pour une fois depuis ma dispute stupide avec Clay et Cain, je me remets en question. J'ose affronter la vérité, me poser des questions et sans que je me rende compte, je me mets moi même devant le fait accompli et je décide de ne pas fuir la réalité.

- Kidd ?

- Je... voulais, enfin, je devais te parler... au sujet... d'hier.

- Ah, je vois. Tu dois te poser des questions, c'est ça ? Tu doutes.

- No... non je te crois Heran mais je ne peux pas.

- Tu ne peux pas ?

- Oui.

- Mais tu ne peux pas quoi ?

- Je ne peux pas sortir avec toi Heran., je suis désolé...

- Eh, petite tête de mule !

Sur ces mots Heran s'approche dangereusement de moi. Automatiquement je me mets à reculer jusqu'à me faire bloquer par le mur derrière moi, celui qui orne la portion de terre ou nous discutions. Par instinct je m'attends au pire. Il me rejoins contre le mur et y pose une de ses mains à hauteur de ma tête, l'autre demeure immobile dans sa poche. Il me sourit en me regardant dans les yeux, me dévisageant jusqu'à me faire baisser les miens.

- Quand exactement te l'ais je demandé ?... De sortir avec moi.

Mes yeux baissés remontent immédiatement vers lui en s'écarquillant plus que le nécessaire. Je le fixe donc et sans même cligner des yeux. Etait ce possible que je me sois trompé ? Non, jamais. Pas avec la douce chaleur de ses lèvres gourmandes toujours sur les miennes.

- ... Mais tu m'as dit que je te plaisais et que tu... tu... m'aimais, non ?

- Tu es si fragile Kidd. Oui j'ai bien dit tout cela, mais je ne peux pas te demander de sortir avec moi.

- Hein ?... mais alors, je me suis mépris... je...

- Pas vraiment. En fait j'aimerais bien te le demander mais... je sais que tu aimes déjà quelqu'un.

- ... Co... Comment ça ? Comment le sais tu ?

Il se mit à rigoler gaiement et passa délicatement ses doigts sur mes lèvres moites en m'observant avec douceur. J'étais surpris mais ça ne me semblait pas effrayant qu'il sache mon secret. Peut être était ce parce que nous étions les mêmes. Cela dit ça me surprenait qu'il s'en soit rendu compte et je voulais savoir comment.

- ... Ces larmes que tu versais étaient sans aucun doute pour une personne à qui tu tiens énormément et je ne peux que penser que c'est la personne que tu aimes Kidd.

- Je... c'est...

- Hahaha, je vois alors j'ai donc tout juste.

- Je suis désolé.

- Mais non idiot... tu n'as pas à l'être, en plus ce n'est que partie remise. Pour t'avoir fait pleurer je dois lui en coller deux ou trois.

- Hahaha... tu es fou Heran.

- Ah, tu souris enfin... c'est fantastique.

- ... merci.

- Bon, je vais te laisser.

Je sentais la main d'Heran tremblante sur ma peau. Elle avait abandonné mes lèvres pour ma joue qu'elle caressait tendrement. Il était triste mais gardait le sourire. Après quelques instants à me fixer il se dégagea brusquement de moi. Quand je sens sa chaleur si réconfortante s'éloigner de mon corps, je me mets à paniquer et je fais un truc inhabituel et irréfléchi. Je retiens son bras en m'agrippant à sa manche. Je ne voulais pas retourner encore à cette solitude et à cette angoisse douloureuse.

- Kidd ?

- Je... je...

Je n'ai pas la possibilité de terminer mes baffouillements que moi et Heran nous retrouvions contre le mur à nous étreindre et à nous embrasser passionnément. Je perdais encore une fois, comme la veille, la tête. Toujours un peu plus à chaque fois. Mais les baisers de ce blondinet aux yeux argentés étaient si doux, si tendres et il me paraissait lui même si sensible malgré les airs de mecs intouchables qu'il arborait normalement. A travers ses baisers tous ses sentiments me parvenaient parfaitement et j'avais encore plus chaud au coeur. J'essayais cependant de le retenir, de l'empêcher de continuer et d'approfondir encore plus cette magnifique liaison que nous avions mais cela sans vraiment y mettre du mien.

-... Putain Kidd si tu veux que je m'arrête... soit plus catégorique.

Son souffle haletant et chaud sur mes lèvres me faisait frissonner, il me fixait avec une telle intensité dans les yeux que je sombrais à chaque minute. Comme la veille et il me souriait tendrement passant une main sur mon visage confus et rougeâtre ainsi que dans mes cheveux. Il me dévisagea toujours un peu plus, plongeant son regard argenté et pétillant dans le mien. Son sourire charmeur et craquant me fait me mordre doucement la lèvre inférieure. Je ne l'avais jamais observé de si prêt, à vrai dire je ne l'avais même jusqu'à maintenant jamais observé et je réalisais ma bêtise. Il avait un magnifique sourire franc et chaleureux qui lui trouait joliment les coins des joues. Plusieurs choses se bousculaient dans ma tête et mon cœur battait à se rompre les ventricules.

- Dé... désolé ! Je me suis emporté... je suis désolé, bon là vaut mieux que je m'en aille avant de faire une bêtise... à plus... Kidd.

Il m'embrasse doucement sur le front et s'en va cette fois pour de bon car je m'abstiens de le retenir de nouveau. Non pas que je ne le pouvais pas ou que je ne le voulais pas, mais je devais me ressaisir et me contrôler. Heran me laisse et rejoint la classe, moi je retourne à la bibliothèque mais une fois devant la porte de celle ci je fais demi tour. Je n'ai plus la tête de faire des recherche et je déambule dans le couloir non loin de ma classe.

- Ah, Kidd tu es là ! Mon sauveur.

- Ton... quoi ?

- Désolé mais Bill me rend folle, s'il te plait Kidd change de partenaire avec moi. J'ai toujours rêvé de faire un projet de... de...

- Biologie !

- Ah oui, de biologie avec Clay.

- Laure, on ne peut pas changer de partenaire. Le professeur l'interdit.

- Rhooooo, s'il te plait Kidd.

- Dé... désolé. Faut que j'y aille.

- Hmmm...

Je m'éclipse à nouveau. Je n'ai définitivement aucun endroit ici ou être bien donc finalement je rentre chez moi. Sur le chemin mon portable se met à vibrer et donc je le décroche.

- Oui ?

°...mais qu'est ce que tu fais ? Pas par là Tom.

- Quoi ?

°Oh, il a décroché... mon chéri c'est maman ! Tout va bien ?

- Oui, maman.

°Ah, ce que tu me manques à ton père et à moi.

- Oui, oui vous me manquez aussi.

°La conférence se termine bientôt, tu pourras rentrer.

- ...ok.

°Oh, oui, je voulais te demander de...

- ... Maman désolé les cours reprennent, faut que j'y aille... à plus.

Je lui raccroche au nez mais avec une bonne justification, certes fausse, mais bonne. Je me fourre les mains en poche, la tête basse et je fais comme tout le monde, je rentre chez moi. Je commence à en avoir assez de ses appels sans limites, ils sont courts et ils ne m'annoncent jamais rien de vraiment constructif.

Même nuit courte et mouvementée que je passe encore. Le lendemain est presque une délivrance pour moi. A peine réveillé que j'entends encore mon portable vibrer et là lorsque je vois l'icône d'un message s'afficher avec un numéro inconnu, je soupire en pensant à l'un de mes parents. J'ouvre ma boite de messagerie et en lisant le contenu du message je tombe des nues et mon cœur se remet à battre très fort encore et même beaucoup plus fort qu'il n'a battu ces deux derniers jours.

« Salut, c'est Clay. Il faut vraiment que je te parle s'il te plait, viens en cours demain. Bonne nuit Kidd. »

A suivre...