Règle n°1 : L'habit ne fait pas le moine.

Je sens … Quelque chose de chaud sur ma jambe … Je me souviens pas être rentrée avec un mec hier soir. Oh putin on m'a droguée ! Quoi que vu le mal de tête je dirais que j'ai la gueule de bois. Bon tant qu'à sacrifier ma virginité, autant le faire avec un beau gosse. Non mais je dis ca, s'il à une sale gueule j'me suicide … ouais c'est ça je vais me noyer dans du coca light.

J'ouvre les yeux et là, surprise ! En fait le truc chaud sur ma jambe c'est un rayon de soleil. Putin de merde de soleil, tu me fais flipper pour rien. Ouais je sais tu m'aime pas connard ben tu vois moi non plus. Je regarde vers la masse de poils étalée à côté de moi. Vu l'odeur, on s'est bourrés la gueule ensembles. C'est un mec. Et si j'ai encore mes fringues c'est que c'est Martin, il me déshabillerait jamais sauf s'il est stone au point de plus faire la différence entre les hommes et les femmes. Je pousse un peu l'Apollon à côté de moi pour qu'il aille s'avachir plus loin sur le canapé. Je décoince une canette de sous mes fesses et la balance dans la poubelle vers le coin cuisine. Et merde pour une fois que je ne visais pas à côté, là il y a le couvercle. Je laisse tomber ma tête en arrière. Vu le nombre de canette qu'il y a un peu partout je vais avoir de quoi faire des paniers. Je tourne la tête vers Martin qui s'est mis à ronfler. Je me lève et le tire par la jambe jusqu'à ce qu'il tombe par terre. Je viens à peine de remarquer qu'il n'a plus son t-shirt, ce qui me laisse mater ses tablettes de chocolat. Putin des fois j'en viens à regretter qu'il soit gay. Quoi que non, il a trop de poils, j'aime pas mais alors pas du tout les poils sur le dos, que ce soit les miens où ceux des autres. Ailleurs ça va, sur le dos c'est gore. C'est vrai que sur ce point là, martin est un véritable yéti. Le yéti en question ne se réveilla pas avant que je lui ai laissé tomber une canette sur le pif. Il regarda autour de lui le bordel indescriptible autour de nous et afficha un air affolé.

« C'est quelle heure ?

- Si je ne suis pas bigleuse, il te reste 10 minutes avant d'être en retard pour ton boulot alors tu ferais mieux de te grouiller parce que le premier jour ça la fout mal. »

Prenant mes mots au pied de la lettre il se jette littéralement sur ses basquets, saute par-dessus le canapé en prenant son t-shirt puis il court vers la porte tout en s'habillant.

« Et tes clés alors ? »

Il fait un tour complet pour d'un côté récupérer les clés et au retour se prendre la porte dans le nez. Pas ralenti le moins du monde il fonce par la porte et la laisse grande ouverte. A tous les coups il va fouttre la trouille à la vielle mémère et sa saucisse sur patte du deuxième en déboulant à moitié nu. Avec un peu de pot cette vielle mégère en fera une attaque. Et moi je fais quoi, je glandouille ? Décidée à servir à quelque chose je range le bordel qu'on a laissé pour fêter ma mention « très bien ». Mes parents étaient tellement contents qu'ils m'ont dit de passer autant de temps que je le voulais à Lyon avant de retourner à mon coin paumé dans la cambrousse ET ils m'ont officiellement offert la vielle moto de mon frère. J'ai envoyé mon dossier à la fac de droit et en attendant la réponse et d'autres circulaires, j'ai rien à faire. Donc je reste trois semaines ici pour obtenir les circulaires puis je rentre chez moi retrouver ma famille et mes chats adorés. Martin entame un CDD. Encore. Il cherche désespérément un CDI de mécanicien automobile. Il a vingt-quatre ans et moi dix-sept. Ayant redonné forme au studio, je prends la liste de course sur le frigo et la fourre dans mon sac à main avec ma carte de TCL et mes clés. Je laisse un post-it pour Martin au cas où et sort en faisant attention à fermer la porte à clés (la dernière fois que j'ai oublié j'ai stressé à mort toute la journée pour apprendre le soir que le yéti était revenu dix minutes après moi et que, vu qu'il avait oublié (encore) son porte clé à l'intérieur, si j'avais fermé il aurait pas été dans la merde.). Ah ben tiens l'ascenseur n'est pas en RTT pour une fois ? Bon bah pas question que je me tape les escaliers. J'appuie sur le bouton d'appel et là … le drame.

« Vous prenez l'ascenseur ? C'est bien les jeunes ca ! Plus le moindre effort ! De mon temps ...

Fait chier mémère t'aurais pas pu faire une crise cardiaque en voyant le yéti ? Et en plus elle a sa saucisse eh ben ce n'est pas mon jour. Si ce sale clébard me pisse dessus je l'écrase sous mon talon. Gentille Titi, mords pas la vielle, elle attend que ca pour demander au proprio de nous expulser. Je l'entends renifler en me jetant un regard noir.

- Vous avez bu ?

- Non j'ai fêté ma mention au bac. Différence.

L'ascenseur s'arrête enfin au moment où je shoote discrètement dans son chien. Pendant que je marche vers la sortie elle continue à me prodiguer des conseils.

- Vous savez ma petite, vous devriez arrêter les chaussures à talons et vous teindre les cheveux, les grandes blondes sont tellement vulgaires !

Pas plus que les vielles mégères se maquillant comme des voitures volées.

En sortant je prends à gauche alors qu'elle, elle continue tout droit.

- Je vous passerais l'adresse de mon coiffeur ! Me crie-t-elle de toute la force de sa maigre voix.

- Bonne journée Mme Vichy !

Je continue de marcher tout en ruminant contre elle. Heureusement que l'ascenseur ne s'est pas arrêté à tous les étages ou je lui aurais demandé si elle se coiffait chez le toiletteur de son chien. Qu'est-ce qu'elle a contre les grandes blondes celle là ? Complexe d'infériorité ? Bon d'accord je reconnais qu'avec 1m70 je ne suis pas si grande mais comme j'aime bien mettre des talons aiguilles je domine la foule. Mais ca n'a pas que des inconvénients, j'aime beaucoup savoir que les regards se tournent vers moi, bon d'accord certains sont des regards de dédain mais quelques uns sont admiratifs. J'ai gardé mes vêtements d'hier, c'est-à-dire une jupe et une veste légère beige ainsi qu'un débardeur et des escarpins rouges. Je regarde l'heure sur mon portable. Il est à peine dix heure, j'ai largement le temps de faire mes courses et de me doucher. Arrivée au supermarché, j'ai l'immense malheur de voir une bande de pestes du bahut. C'est pas vrai, il y a au moins une centaine de supermarchés à Lyon et il a fallut qu'elles se ramènent à celui qui est le plus près de chez moi ! Elles m'ont poursuivies ou quoi ? Euh … je crois que je peux raisonnablement dire que c'est plutôt Martin qu'elles voulaient voir. Faut que j'arrête de les mener en bateau et leur dire qu'il est gay, je me le dis dès que je les vois mais ca me fait tellement marrer tous les efforts qu'elles font. Elles foncent vers moi au moment où je me dirige vers les caisses. La petite chef du groupe se met devant les autres et me regarde droit dans les yeux en bombant le torse. Je crois qu'elle essaye de palier le fait que je fais actuellement une tête de plus qu'elle par sa poitrine plus volumineuse que la mienne. En même temps c'est pas dur mais je vais pas lui dire que je m'en fout ca la mettrais en colère et elle deviendrait hystérique en plein super U. Elle se décide enfin à parler par la bouche et pas par les mamelles pour une fois.

« T'en a pas marre de monopoliser Martin ? En plus je suis sure qu'il t'a jamais touchée …

Sa remarque déclenche un fou rire de la part des volailles qui lui servent de servantes.

- Déjà, je ne le monopolise pas je vis avec lui, ensuite pourquoi il me toucherait ?

Elle a l'air un peu décontenancée par ma question, comme si ca allait de soi.

- Ben vous vivez ensembles depuis un certain temps et puis … enfin merde quoi ! T'es une meuf c'est un mec, genre c'est logique !

- Ouais. Et les marmottes mettent du chocolat dans le papier alu aussi. »

Et sur ces bonnes paroles je vais payer mes achats. Et je lui ai toujours pas dis. Je sais, je sais les catholiques ne sont pas censés être des sadiques selon l'opinion populaire mais dans la vraie vie tout le monde est au moins un peu méchant.

Seigneur j'ai péché mais c'était pour mon bien.

Une fois rentrée et lavée, je range mes achats, passe deux heures dans la salle de bain et enfile une robe verte à bretelles, des bracelets brésiliens avec pour une fois mes spartiates marron. Il est 14 heures. J'hésite entre aller au musé des beaux arts par le tram' ou rester ici pour me regarder un film en me goinfrant de pop corn. Finalement je choisi une troisième solution et prends mon sac pour aller passer l'après-midi à la piscine. Je sors à peine que je vois mon ennemie héréditaire par la fente des portes coulissantes.

« - Vous sortez ?

- Non, non là je … je rentrais chez moi !

- Vous faites quelque chose cet après midi ?

- Oui je vais au cinéma avec quelqu'un que j'ai rencontré en boite.

C'est pas bien de mentir. Moins 6 points dans l'alignement.

- Ah … bon »

Finalement je crois que je vais opter pour le cocooning. Aha ! Je t'ai vu venir vielle peau ! Tu voulais m'inviter à un bridge pour parler de ton clébard et te servir de moi comme exemple à toutes tes copines comme quoi les jeunes sont vulgaires et paresseux (pour répondre à la question informulée, oui je me suis déjà faite avoir). Bon si on me prend moi, je suis un bon exemple de sa théorie. Je rentre et m'affale sur le canapé pour regarder l'intégrale du gendarme de st Tropez. Pendant que de Funès engueule la poissonnière j'ai la drôle d'impression d'avoir oublié quelque chose. Mais bon cette impression me suit depuis que j'ai quatorze ans. En effet j'ai totalement oublié un an de ma vie, martin est persuadé que je suis une invention maléfique des extra-terrestres pour conquérir le monde ou le détruire, au choix. Ou alors qu'ils ont fait des expériences sur moi et m'ont lobotomisé après. Bon on en a d'autres mais il y en a trop pour que je les dise, en gros on n'est pas surs, mais les aliens sont impliqués ainsi que le gouvernement, Gandalf, Séphiros et Wonder Woman. J'en suis déjà au deuxième film quand quelqu'un sonne à la porte. Putin pas moyen d'être tranquille dans cette ville de merde ! Je me lève en grognant avec mon paquet de chips à la main et vais ouvrir.

« Salut ! T'es prête ?

- …Meuh ? »

C'est qui celui là ? Qu'est-ce qu'il me veut ? J'ai un vague souvenir de l'avoir vu au bowling … Bon il est très peu probable qu'on sorte ensemble vu mon néant intersidéral de vie amoureuse (et mieux vaut ne pas parler de la vie sexuelle…), A tous les coups c'est un con qui est en train de se tromper de personne.

« Euh … T'es qui ?

- Tu te souviens, le mec au bowling …

- Ben non justement je ne me souviens pas, c'était quand et pourquoi ?

- Tu m'avais dis hier où t'habitais et de passer te prendre.

- Ah ouiiiii ! Ca me revient. »

Le mec au bowling qui se prenait pour un dragueur du dimanche et à qui j'ai foutu ma main dans la gueule ! Celui qui a tellement de persings que je pourrais y attacher toutes mes clés ! Celui qui s'est trempé la tête dans le pot de gel ! Ah c'est ce mec du bowling là ! Putin de bordel de merde là c'est bon je me souviens, ca faisais deux mois que je l'évitais au bahut alors le jour des résultats avec Martin on est allés s'acheter deux bouteilles de Smirnoff , ensuite au bowling et là, pompette comme je l'étais à tous les coups je lui ai dis ca. Aaarg ! BEeerk ! C'est qu'il ma roulé une pelle c't'abruti ! Bordel de merde je suis bonne pour me faire des bains de bouche au désinfectant ! Bon cruel dilemme, soit je le rembarre et Mister Ze Yéti va m'engeuler, soit je sors et je lui explose sa face trouée s'il me pose la question qui tue (à savoir : « On va chez toi ou chez moi ? »)

Bon t'façon j'ai besoin de me défouler.

Deux heures plus tard :

Ca y est, je lui ai défoncé la gueule. Quand même il l'avait fait en me foutant la main au cul en plus. S'il refait des gosses après je serais étonnée. Je suis donc accoudée au bar et je me fais chier. J'ai refusé les avances du type au regard lubrique à côté de moi. Je lui ai dit que s'il voulait tirer un coup il avait qu'à aller voir les putes qui trainent devant. Nan mais oh, faut pas se gêner en plus, il a quoi ? Quarante ans ? C'est pas parce qu'il est dépressif qu'il peut se faire une jeunette ! Et oui il était dépressif ! Je le sais c'est le prof de maths des collégiens et il est parti en dépression la semaine dernière. Eh bah on voit comment il la soigne ! Le barman pose devant moi un cocktail coloré. Il me montre du doigt un brun me faisant un grand sourire et retourne à ses clients. Bordel ce n'est pas mon jour. Quand est-ce qu'ils vont piger hein ? Je ne sais pas draguer, je suis asociale, je n'ai pas de conversation et ma meilleure réplique a pour origine les pubs de milka !

Apparemment pas découragé par mon regard de tueuse, il se pose sur le tabouret à côté de moi et me fait un grand sourire en posant sa main sur mon épaule. 200 euros qu'elle va glisser plus bas. Je le regarde un peu mieux et finalement il est plutôt mignon. Non en fait c'est clairement un canon. Il est mince, assez musclé avec la peau blanche, de grands yeux argentés et un sourire Ô combien enjôleur. D'habitude quand les dragueurs sourient c'est soit un regard lubrique, soit un regard méchant, soit un regard niais mais dans tous les cas j'ai toujours l'impression d'être une confiserie devant un hypoglycémique. S'il n'a pas l'air en manque je suis certaine qu'il est dangereux. Mais bon tant que mes warnings sont pas en alerte …

« Vous savez que dans toutes les séries américaines ils ont utilisé cette tactique au moins une fois ?

- Ca doit prouver que ca marche non ? »

Il est marrant. Désespérant mais marrant. Autant enfermer mes warnings dans le placard. Ne sachant quoi répondre je souris en levant les yeux au ciel et tourne les yeux vers mon cocktail. Il se commande quelque chose. Merde qu'est-ce que je suis censée répondre ? Voila ca y est il va me prendre pour une coincée, putin quelle journée de merde pour une fois que je trouvais un mec mignon, plus grand que moi et avec de l'humour ! Il récupère son verre en donnant un bon pourboire au barman et se tourne vers moi avec un grand sourire.

« On va à la table là bas ? »

Je hausse les épaules et me lève avec lui. Oh mon dieu warnings en alerte ! Il a plus de 25 ans, il a plus de 25 ans. Table éloignée, il va me peloter je le sens. Moi-même qu'est ce que je fais ? Comment ça saute lui dessus ? EH OH LES HORMONES C'EST PAS LE MOMENT DE DELIRER LA ON EST EN ALERTE MAXIMALE ! Warnings vous dîtes quoi vous ? Prendre mon taser et électrocuter tout le monde ? Euh non quand même pas c'est un peu extrême ça.

Bon vous savez quoi ? Direction le placard TOUS ! Je peux très bien assurer sans vous. N'est-ce pas ? Bon tout va très bien se passer zen…

On discute tout en buvant et ca y est je suis saoule. Si ca continue je vais virer alcoolique moi ! Quoi que je ne pense pas c'est seulement la deuxième fois que je me bourre la gueule. Ou troisième. Ou … C'est moi ou il est de plus en plus près ? Ou alors c'est moi qui me rapproche. Finalement il pose une main sur ma cuisse et l'autre dans mon dos (aboule les 200 euros !).

« J'ai 20 ans et toi ? Me susurre-t-il, Dangereusement près

Je savais bien qu'il était majeur. C'est moi ou les portes de mon placard intérieur tremblent ?

- Bientôt 18 et si tu me traite de gamine je t'en fous une.

Mon dieu je dois vraiment être saoule pour dire des conneries pareilles. Et le pire c'est que je m'en rends compte !

- T'es vierge ?

Ouilla le placard va imploser là.

- Pff bah non. »

Sans même faire attention à ma réponse il baisse son visage sur le mien pour m'embrasser. C'est précisément le moment où mon placard explose, s'ouvrant sur mes warnings hurlant à mort comme des chiens à la lune alors que mes hormones et ma libido font la chenille sur du hard rock. Maladroitement je passe mes bras autour de lui et sens quelque chose sous sa veste. MERDE ALORS ! Ce sont des flingues ! Je m'éloigne vivement de lui et me jette sur mon sac à la recherche de mon taser. Il reste étonné quelques secondes avant de comprendre. Il me prend le bras pour m'obliger à le regarder dans les yeux.

« Désolé de t'avoir fait peur, je suis gendarme.

Je me dégage en lui jetant un regard noir. Pas si bourrée que ca en fait.

- Je ne te crois pas.

- Pourquoi ?

Je me lève et lui grogne une dernière phrase.

- Parce que mon père est gendarme et t'es loin d'être aussi chiant. »

T'as pas le même modèle de flingue aussi mais ça sonnait moins bien.

Je m'élance vers la sortie d'un pas vif. J'en étais sûre, c'était trop beau. Un mec canon, intelligent, drôle, qui embrasse bien et dont le sourire doit faire parti du top ten des sourires les plus sexy, il faut obligatoirement qu'il soit armé, dangereux et … et … Putin! Je suis vraiment stupide. Je devais être bien pompette en fait il m'a même pas demandé mon nom alors que moi je lui ai demandé le sien, tien d'ailleurs il m'a pas répondu. J'en suis certaine maintenant, c'est un criminel notoire. Je suis dans un parking souterrain en train de chercher ma moto, tien y a la voiture de martin. Avec un peu de chance je vais pouvoir finir la journée devant la télé avec un pot de glace entre les pattes et martin à côté pour me remonter le moral. Bon il va être content là j'ai mis du mien pour me caser, deux mec en une soirée pour moi ca tien du miracle (en sachant qu'avant cette soirée je ne suis sortis qu'avec deux garçons en trois ans … pitoyable…).

« Lily attends !

Ben tiens v'là l'autre. Je crois que pour ma fin de journée idéale c'est raté.

- Fout le camp tu m'a assé pourri ma soirée. Et pis comment tu connais mon nom ? Tu me l'as pas demandé.

Il me tend mon portefeuille que je lui arrache des mains. Evidemment. J'ai laissé un papier avec écrit dessus « Si vous trouvez ce portefeuille, merci de le retourner à Lily Deauclair au 6 boulevard Stalingrad, appartement 65. »

- Ecoute j'ai pas voulu ca, laisse moi une deuxième chance ! T'es sûre qu'on pourrait pas se revoir ? »

Pendant que je balance mon sac dans le coffre de ma moto il pose ses mains sur mes hanches. Je me retourne vivement dans l'intention de lui fouttre ma main dans la tronche mais il arrête ma baffe et m'attire contre lui

« LACHE MOI CONNARD !

Il rit de plus belle. Et franchement s'il avait un sourire sexy tout à l'heure maintenant il fait prédateur et j'ai la méchante impression que je vais pas m'en sortir en un seul morceau.

- Pas avant que tu ais promis de me donner une deuxième chance.

- Crève ! »

Il approche de plus en plus son visage du mien. Oh putin là j'ai peur ! A tous les coups demain je serais dans la rubrique nécrologique ! Mais qu'est-ce qui m'a pris d'aller en ville hein ? J'étais bien dans la cambrousse moi ! L'une de ses mains relève ma cuisse contre lui pendant que l'autre m'agrippe la taille pour que je ne m'échappe pas

« Toujours aussi sure ?

- Euh à la réflexion …

- Va pour jeudi ?

- Euh ... Oui ! Oui ! »

Content de sa victoire il se penche pour m'embrasser mais cette fois j'ai la parade ! Je gonfle le chewing-gum qu'il y avait dans ma bouche et celui-ci lui explose à la figure. Le sentant relâcher la pression je le repousse et le défie du regard. J'entends un applaudissement lent derrière moi ainsi qu'un rire encore plus machiavélique que mon vis-à-vis. Une fille en cuir noir et couettes roses sort de l'ombre.

« Bravo ! Magistral ! Ca c'est un beau râteau ! Mais bon comme nous ne devons pas laisser de témoins tu ne pourras pas t'en vanter auprès de qui que ce soit »

Des hommes en armes apparurent derrière elle et braquèrent les armes sur nous.

J'entendis des centaines de détonations mais à la vitesse de l'éclair le grand méchant séducteur me poussa derrière lui pour me préserver des balles. La salve s'arrêta sur ordre de la fille aux cheveux roses. Son corps tomba sur moi, qui tombai à mon tour. Je me mise à genoux à côté de lui pour prendre son pouls. Inexistant.

Le sang …

« Comme c'est chevaleresque … »

… dégoulinait …

« … se sacrifier ainsi … »

… teintant le sol …

« … pour une fille qu'il connait à peine ! »

… de vermillon.

Je le savais bien que j'aurais pas du me lever ce matin.

Je prends les pistolets sur le cadavre et me lève, tout à l'air si irréel, ma journée passe devant mes yeux, le soleil, Mme Vichy et son chien, les pestes, le crétin du bowling et ce type qui m'offre un verre. J'aurais du mieux latter ce crétin. C'est de sa faute si j'en suis arrivée là. Et je vais exploser le soleil pour m'avoir réveillée.

« Quoi tu pense quand même que tu vas pouvoir me battre ?

- Et pourquoi pas ? Moi j'ai pas besoin d'une bande de gorilles pour me torcher le cul. »

Elle grimace et fait un signe à ses hommes de main. Ils rechargent leurs armes et les pointent vers moi. Après je crois que mon cerveau est entré en mode bug et que j'ai laissé mes réflexe faire le reste. Il n'a été rebranché qu'au moment où martin s'est ramené, assommant d'un coup de clé à molette (gérard lambert !) un type qui m'attaque, les autres sont tous à terre et en sale état.

« C'est toi qui a fait ca ?

- Il parait … finalement je suis peut être une bestiole extra-terrestre.

Je me laisse tomber par terre et entoure mes genoux avec mes bras. Il se baisse et me secoue.

-Euh ève c'est pas le moment de déprimer les gens a qui t'a cassé la gueule ils se recouvrent de tentacules …

Je regarde et effectivement les hommes en noirs et rose bonbon se transforment en grosses mélasses tentaculaires d'une intéressante couleur verte. Je me retourne vers mon prince pas vachement charmant et le voie se régénérer vitesse lumière, sont corps éjectant les balles. Je cours vers lui et prends à nouveau son pouls. Parfaitement normal.

- Les extra-terrestres envahissent enfin la terre ? C'est pas trop tôt depuis le temps que je leur laisse des messages ! Allez on ramène celui-là à la maison mais prends ma voiture avec lui parce que si on te voit en moto comme ca … »

Je me regarde et effectivement je fais peur voir. Mes jambes sont couvertes de sang ainsi que mes poings et mes cheveux sont tellement en pétard que le casque ne ferait que les aplatir. Je prends ses clés comme un zombie et essaye de lever le beau au bois ronflant.

« Martin à l'aide ! L'extra- terrestre il pèse un âne mort ! »

A deux nos arrivons à le mettre sur la banquette arrière puis je le ramène à la maison. Bon je prends l'ascenseur et devinez qui je vois ?

« Vous montez ?

Mme Vichy ! C'est pas possible qu'est-ce qu'elle fout là dedans à deux heures du mat' ? Elle vit dedans ? Ca expliquerais pourquoi je l'y voie toujours.

- Il n'a pas l'air en bon état votre ami il aurait besoin d'un bon verre de cognac. Bagarre qui s'est mal finie ?

J'entre avec Machin le bras par-dessus mon épaule et mon bras le soutenant par derrière en jetant un regard bizarre à la vielle peau.

- qu'est-ce que vous faites debout à cette heure ci ?

- Kiki voulait faire son petit caca du soir.

Formulation intéressante. Sans lui répondre je sors et entre dans l'appartement. Et machin qui ronfle toujours pff. Je le pose sur le canapé et, bravant ma pudeur, je lui enlève sa chemise pour nettoyer le sang de son torse. Inutile de dire que je suis vachement rouge en faisant ca. C'est pas pareil que pour martin parce que lui je touche pas son corps (comme si j'en avais envie), il m'a jamais draguée et lui il a des poils. J'aime bien les mecs poilus, j'adore ça c'est très masculin. Mais martin c'est un yéti c'est plus un homme. 'Tin je suis crevée ! Bon il ne m'en voudra sûrement pas si je pique un roupillon sur lui … ZZZZZZ…

On me secoue. Bordel j'ai pas envie de me lever. Ah c'est martin.

« kessilla ?

- C'est le matin et il faudrait peut être que tu ailles te laver, même si le mignon là doit être délicieusement confortable

Je le regarde comme s'il avait deux têtes.

- Martin je rêve ou on a craqué sur le même mec ?

- Et alors c'est peut être un homo qui s'assume pas !

On se regarde et on éclate de rire.

- Putin quelle situation de cons !

- Demande lui au réveil s'il est homo ou hétéro.

- Et je fais quoi s'il est bi ? »