Bonjour tout le monde! Me voilà de retour avec un nouveau texte, également une suite du 1er chapitre. Ça faisait un moment que je voulais approfondir ce passage, voilà qui est fait.

J'espère que ça vous plaira, bonne lecture :)


Le jour gît

La jeune femme attend, anxieuse, serrant nerveusement son bouquet. Une boule d'angoisse lui noue le ventre et fait trembler ses mains. « Il va venir, il va venir. » se répète-t-elle intérieurement, inlassablement. Certitude émaillée de doute. Elle a peur de se retrouver seule alors elle se répète ce refrain dans sa tête, comme une prière, pour ne pas le laisser s'échapper. Elle veut tellement qu'il vienne, il ne pourra pas faire autrement. Elle sourit en songeant au bonheur qui l'attend, un pauvre sourire triste, loin de celui qu'elle s'imaginait arborer.

Elle se tient là, immobile, dans la vieille chapelle. Un rayon de soleil fait danser la poussière si légère, les vitraux sont illuminés par la clarté du jour. Et elle est là, au milieu de cet univers de couleurs et de lumière, entièrement vêtue de blanc, son beau bouquet à la main, un léger sourire incertain sur les lèvres. Le soleil joue avec ses longs cheveux blonds, illumine les boucles dorées, fait briller ses beaux yeux bleus, caresse le velours de sa joue. Elle est là. Elle attend. Elle l'attend. Il va venir, elle le sait. Elle doit juste attendre. Tout ira bien. Il va venir.

Le jour se lasse le premier de ce jeu, il part explorer d'autres frontières, et pour un instant, les vitraux explosent et se teintent d'or et de sang, dans un spectacle confondant de beauté. Et puis soudain, le soleil bascule entièrement derrière l'horizon, si vite que la nuit qui survient paraît irréelle. Le jour a fui, il s'est éteint, comme une frêle chandelle poussant son dernier soupir et la nuit est tombée, en une brusque sentence. Condamnée. La nuit l'a rattrapée.

Comme si sa victoire sur la lumière avait suffi à la satisfaire, la nuit se retire doucement, tendrement. Prise de compassion pour son ennemi vaincu, elle laisse le jour revenir pour un instant. Mais elle est la nuit et elle a gagné. Son adversaire le sait et ne parvient pas à s'imposer. Alors il s'incline et se retire dans un coin, écrasé par la présence de son ennemie. La jeune femme n'a pas bougée, piégée dans l'obscurité de la nuit, inconsciente de la pâle lueur abandonnée dans un coin.

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Une jeune femme se tient dans une vieille chapelle, immobile. Un rayon de lune fait danser la poussière si légère, les vitraux scintillent doucement dans la pâle lueur du soir. Elle est là, au milieu de cet univers argenté, féerique, toute habillée de blanc, son bouquet à la main, un sourire hésitant sur les lèvres, comme une pâle hallucination. Le jour gît, abandonné dans un coin de la toile, vaincu.

Un homme s'approche, regarde le titre du tableau : « Le jour-J ». Il ne comprend pas.

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Une jeune femme attendait, silencieuse, son bouquet de fleur à la main. Peu lui importait que son teint soit désormais plus pâle que sa robe de mariée, que son bouquet soit depuis longtemps fané, peu lui importait qu'elle soit morte (et sans doute l'ignorait-elle), elle attendait...


Voilà, merci d'avoir lu et à la prochaine ;)

Des reviews ?

(PS: c'est dingue à quel point ça a toujours l'air plus long sur papier et sur open office. Bref)