Comme d'habitude, court texte sans aucune prétention.

Ecrit pour un défi sur le thème "Prisonnier" (d'où le titre d'une originalité extrême...).

L'histoire ne sera pas plus explicitée que cela, ni le pourquoi du comment de cette situation, ni l'avenir du personnage (même si ce n'est pas dur de le deviner) sauf, bien évidemment, cas exceptionnel où l'inspiration poindrait brusquement ; ce qui serait très surprenant étant donné la date d'écriture de ce texte, c'est-à-dire début 2008.

Je vous laisse donc comme seuls juges.

Bonne lecture.


Prisonnier

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« Maintenant, tu es prisonnier. Et tu le resteras pour l'éternité. »

Ces mots résonnaient toujours dans sa tête, comme marqués au fer rouge sur sa chair. Cela faisait neuf ans qu'il était enfermé dans cette salle, prisonnier de ses propres démons, de ses propres rêves.

Dans cette pièce noire, avec pour seule fenêtre une meurtrière, il restait recroquevillé sur lui-même, hurlant en pensée jusqu'à ce qu'il soit pris de nausées et de convulsions. Il n'avait pas vu le soleil depuis le jour de ses six ans, ce jour qui avait changé sa vie, ce jour qui était la cause de son enfermement.

Sur ce sol de dalles froides, il repensait aux jours qu'il avait passé dehors, sans remarquer qu'il se faisait encore plus de mal. La douleur était atroce, cette douleur physique mais aussi psychologique qui le torturait. L'impossibilité de crier au monde entier sa souffrance, ce mal qui le rongeait un peu plus chaque jour. Et ces chaînes ! Elles le retenaient ici, où son esprit dérivait sans fin dans un ailleurs plus beau bien que plus douloureux.

Dans les profondeurs de son esprit torturé, la plus petite parcelle d'espoir, comme une lumière dans la nuit, s'était éteinte et ne s'allumerait plus jamais. Cela, il l'avait compris depuis longtemps. Oh, qu'il voulait en finir, que le noir absolu l'emporte loin de ses pensées, de ses souvenirs.

Mais c'était impossible. Il garderait toujours en mémoire sa vie d'avant, cette vie où croire au bonheur ne lui apportait pas souffrance et tourments. Cette vie où les odeurs, le goût des choses existait. Maintenant, il n'y avait plus d'odeurs, il ne lui restait que le noir et cette douleur lancinante, cette souffrance indescriptible qui le tourmentait jusqu'aux tréfonds de son âme. Tous ses sens avaient disparus, l'un après l'autre, dans cette salle où son esprit demeurait prisonnier de son propre corps. Il était las de souffrir, las de supporter le néant mais la seule chose qui lui restait, ce vestige de son ancienne vie, le détruisait encore plus. Il voulait s'évader de cette prison de néant, sans limites et pourtant terriblement étroite, en ne faisant qu'une seule chose, la dernière qu'il lui restait.

Rêver.

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