Lily

1

- J'en peux plus… Je peux plus… souffla Lily en reculant.

D'en haut on entendait tout, tout les bruits, les moteurs des voitures, les gens qui parlaient, le vent qui soufflait, le bruit des graviers sous nos chaussures…

D'en haut on voyait tout aussi, les toits des autres immeubles, les rues en contrebas, les nuages, le ciel, la fumée s'échappant des cheminées, la vapeur que nous émettions en respirant dans l'air frai, on voyait tout, et s'en était aveuglant. Les bruits semblaient me compresser, mais la peur me compressait surtout.

J'avais une boule au ventre, une boule qui venait du fait que Lily se rapprochait toujours plus près du vide. Une peur de ce qui allait se passer…

- Lily, pourquoi? Raconte-moi! Ne me laisse pas! je lui dis, les larmes aux yeux.

Même si je disais ça, je savais que c'était déjà fini, que Lily était déterminée, que mourir ne serai qu'une question de temps, pourtant je m'accrochais comme on peut s'accrocher à son dernier espoir, à sa propre vie…

- Ne me laisse pas… je lui murmure comme en un dernier souffle de vie.

- Arrête! Arrête de dire ça! hurla t'elle alors d'une voix de dément.

J'avais eue peur, sur le coup, peur de cette voix, de cette intonation, de cette folie dans les yeux et dans la voie de Lily.

- Pourquoi? ma voie se brisait sous l'émotion.

Le vent soufflait plus fort qu'avant, et tout s'était tu, sauf le vent, qui soufflait, autour de nous, nous entourant comme une tornade.

Une tornade d'émotion, c'est ce que je ressentais à ce moment là, à la fois de la peur, de l'incompréhension, de la culpabilité, de la tristesse aussi, mais surtout, un élan implacable d'amitié, envers Lily, cette fille qui me semblait si fragile, que j'aurai voulu prendre dans mes bras, que j'aurai voulu consoler, que j'aurai voulu sauver, si seulement elle s'était laissée faire…

Mais au contraire, la créature si fragile était devenu folle, pas une folie normale, qu'on pourrait qualifier de saine non, une folie démente, terrifiante, qu'on ne peut pas arrêter…

- Tu ne comprends pas! me hurla t'elle en tombant à genou. NE T'APPROCHE PAS!

J'avais alors été pétrifiée, autant par la peur que par la boule qui creusait des tunnels dans mon ventre.

Elle s'était relevée et avait continué son avancé vers le bord, d'une façon qu'on aurait pu juger intentionnellement dramatique.

Ses collants étaient déchirés, émaillés, et ses genoux en ressortaient, ensanglantés, tremblant.

Lucy tremblait de tout son être, ses gestes étaient désordonné par la folie qui l'habitait, elle était tordue par la haine qui la poussait à mettre un terme à sa vie.

Qu'est ce qui pouvait la pousser à ce moment là? Qu'est ce qui pouvait la ronger à ce point…

C'est cette question que je me posais à ce moment là, cette question qui me hante toujours…

- Mais arrête toi! Tout le monde t'aime, tu as une vie parfaite! je lui dis soudain consumée par la haine. Tu es si égoïste! PENSE UN PEU AUX AUTRES!

Et là elle avait fondu en larmes, des larmes de colère autant que de tristesse je pense.

- LES AUTRES? me demanda t'elle d'une voie furieuse. Mais ceux sont eux! Ce sont eux qui m'ont achevé! Tu ne sais rien! Même toi! Tu n'as pas cherché plus loin que l'amie que j'étais pour toi! Tu as délibérément fait l'aveugle devant mes problèmes!

Ca avait à mon tour de m'écrouler en pleurs… C'est vrai, on ne voit ce que l'on veut… J'avais fait la sourde oreille devant les vrais problèmes de Lily… C'est vrai, qui s'embête avec les vrais problèmes des autres, c'est plus facile de s'occuper des tracas quotidien du monde. C'est plus facile de s'occuper de soi-même. Parce que finalement c'est la seule chose qu'on sache faire, s'occuper de soi-même…

On est égoïste, je suis égoïste, et je prétends être une amie…

- Je vais me rattraper… Je te le promet…

Elle avait souri, d'un air désolé, d'un air désolé et ironique.

- C'est trop tard, tu as joué, j'ai joué, on a perdu… J'aurai préféré qu'il en soit autrement…

Et elle avait sauté, elle s'était laissé tombé en arrière, j'ai couru pour la rattraper mais c'était trop tard…

Maintenant c'est le bruit qui me hante, le bruit de son corps, de ses os qui se sont écrasés, broyés, sur le bitume, et les cris, les cris des gens.

Sa phrase, je l'écris, partout, pour ne pas l'oublier, sur les murs.

Je m'étais dit que c'était un rêve, un cauchemar, que ça ne pouvait pas se finir comme ça… j'ai crié aussi, j'ai crié le plus fort possible, à m'en écorcher la gorge, à m'en enflammer tout le corps…

Un cri sauvage, un cri de terreur…

J'ai vomi aussi, sous le choc je suis tombé, ma tête à rebondit sur le toit, et je suis resté là à pleurer, à crier, seule, les cris des gens me poursuivant, le bruit des alarmes des urgences…

Je ne sais pas si j'ai imaginé certaine paroles venant d'en bas, des paroles définitives, morbides et surtout décisive sur la mort de Lily.

J'avais voulu mourir, sur ce toit, comme elle, mais je lui devais de vivre, dans la souffrance…

C'était sa vengeance, de me faire vivre dans la culpabilité, et je l'ai accepté, difficilement, je ne le nie pas, mais j'ai accepté. Pas directement sur le toit. Mais au fil du temps.

Sur ce toit j'aurai sauté si une personne n'avait pas eue l'idée de monter. Cette personne m'a fait me relever, elle m'a inspecté, pour voir si je n'étais pas blessé.

Je ne connaissais pas cette personne, cette femme, mais elle m'avait sauvé la vie…

Sans elle j'aurai sauté, difficilement, mais j'aurai rejoint Lily.

La boule, elle me faisait l'effet d'une bombe qu'on aurait jeté dans mon corps, faisant exploser mon coeur, mes poumons, ma vie, mon esprit, ne laissant la place qu'à la peur, qu'à la terreur et la douleur.

Et surtout la culpabilité…

J'avais beaucoup appris ce jour là, sur les gens, sur moi même, sur ce qu'une seule personne peut bouleverser, et sur comment une personne peut vous sauver la vie…

Encore aujourd'hui je me rappelle de tout, des bruits, des odeurs aussi, je pense que ça a été un traumatisme pour moi… Ce qui est normal…

Je pourrai parler de comment j'ai fait pour dépasser ça, seulement ce serai mentir, je n'ai pas dépassé ça… Ce serait dire que je ne rêve plus de ça, que je n'en fais plus des cauchemars, ce qui est faux, je fais toujours des insomnies à cause de cet événement.

Cette femme c'était une femme banale qui avait entendu mon cri, car elle habitait en dessous.

Elle était blonde, les cheveux coiffés en tresse, ça m'avait marqué car c'était comme si elle était Eve… Un ange, tout droit venu du ciel, un ange que j'ai supplié de me tuer, de me finir, sur le toit même…

Bien-sûr elle ne l'a pas fait, et je l'en remercie, car si elle l'avait fait je n'aurai pas pu savoir la raison du geste de Lily.

Vous pouvez croire que je suis faible, que je suis une petite pleurnicheuse, je m'en tape, je sais ce que j'ai ressenti ce jour là, je sais que ce n'était pas rien, que j'ai été choqué, et donc je n'ai pas honte de dire que j'ai plus pleuré les mois suivant sa disparition que le reste de ma vie.

Dans ce genre de moment même les gens que tu aimes ne peuvent rien faire, tu es seul, seul pour te reconstruire.

Vous allez me dire qu'il y a pire, qu'il y a pire que de voir sa meilleure amie se détruire puis se suicider devant vos yeux, vous faisant ainsi profiter du son de son corps percutant le sol, oui je vous l'accorde, ça aurait pu être pire, mes parents, ma famille aurait pu mourir, pourtant à cette période là, j'étais détruite.

Peut-être parce que pour moi Lily n'était pas qu'une amie, peut-être que j'étais folle amoureuse d'elle, peut-être que la voir se consumer, se bouffer de l'intérieur ce fut trop.

Peut-être que c'est le fait que j'en ai été pour quelque chose… Le fait que j'ai ignoré délibérément ses problèmes, que je l'ai laissé tomber…

Des fois je me suis demandée si elle n'était pas marié au diable par son passé…

Seulement, ce n'était pas si facile…

- Tu dois en discuter, me dit ma mère en posant sur la table devant moi mon bol de céréales.

- Et si je n'ai pas envi, si je sens que je suis bien? je fais semblant sans vraiment jouer la comédie.

L'odeur de café est partout dans l'air, ma mère est debout contre la table, j'ai l'impression que je suis en plein interrogatoire, et ça me trouble, d'autant plus que cet interrogatoire appuie sur mes plaies, s'infiltre dans mes sentiments et renverse le peu d'équilibre que je suis arrivée à établir après la mort de Lily.

- Tu va devoir en parler, avec moi ou avec un psychologue, ou encore avec ton frère, mais tu va en parler, que tu le veuille ou non, me prévint-elle en se passant la main sur le visage d'un air désespéré.

Elle a vraiment l'air désolé pour moi, seulement elle ne me comprends pas et me fait plus de mal que de bien…

- Pourquoi tu t'obstines? Pourquoi tu veux me faire du mal? je lui dis en sachant tout à fait que c'est mal et qu'elle ne veux que mon bien.

- Tu sais quoi? Parfait, tu veux te détruire? Ne te gêne pas, ruine ta vie! Ca fait quatre mois maintenant que j'essaie de te comprendre et j'en ai marre, sache que moi aussi je suis triste, je suis minée quand je pense à cette enfant, mais il faut tourner la page! s'énerva t'elle de désespoir en crispant ses mains sur la table.

Elle me regardait dans les yeux, essayant d'y voir ce que je pensais quand j'ai lancé :

- Mais je l'ai tourné ta putain de page! Lily est morte! Je l'ai accepté mais tu ne peux pas me demander de l'oublier, c'était mon amie, elle a changé ma vie, et moi je n'ai pas pris de temps pour la sienne, et tu veux savoir? Ca fait mal, ça fait mal quand je repense à elle, quand je voie ses parents, quand je regarde en haut d'un immeuble, quand je vois une personne avec des cheveux blonds, quand… j'ai les larmes aux yeux en disant cela mais je continue, pour enfin faire comprendre à ma mère mes sentiments… Quand j'entends le vent souffler… Tout le temps j'y pense et ça me tue et le pire c'est que j'y peux rien, je dois vivre avec…

Le silence, c'est tout ce qui a suivi ce discours, c'est tout ce qui a suivit le résumé de ma vie ces quatre derniers mois.

Ma mère avait l'air soulagé, mais elle a pleuré tout de même. Elle a pleuré parce qu'elle a compris qu'elle ne pouvait plus rien pour moi, car c'était perdu d'avance et que seul moi pouvait changer les choses, et en ce moment j'avais pas trop la tête à changer les choses…

- J'y vais, je lui dis pour briser le silence, tout en essuyant les larmes sur mes joues. Je veux pas être en retard…

Elle ne m'a même pas regardé, à croire que c'était elle qui devait supporter la mort de Lily…

Je me suis levée de ma chaise, j'ai attrapé mon sac, me suis préparée et suis allée au collège.

Tout était comme d'habitude, personne n'osait m'approcher ou me contredire de peur de me déstabiliser. C'était énervant et avantageux en même temps, car d'une part tout le monde me regardait comme une bête de foire, et de l'autre au moins on me fichait la paix, personne pour essayer de communiquer…

La paix la vraie, comme quand il neige et qu'autour tout et blanc et le silence règne partout. Le silence règne sur le blanc, te faisant profiter d'un laps de temps où tout est calme et où tu peux t'allonger et rester à ne rien faire tandis que rien ne perturbe le silence…

C'était comme ça au collège, en moins bien et moins féerique bien-sûr, mais ça avait ses avantages…

De plus tout mes amis d'avant ne voulaient pas partager mon fardeau en se sacrifiant, ce que je peux comprendre. Sérieusement qui se présenterait pour aider une personne en détresse totale sans rien recevoir en retour?

Personne.

Le retour du " les gens s'occupent de leurs affaires ".

Le collège, je ne vais pas le décrire précisément car je ne m'y attarderai pas plus, était comme tout les autres collèges j'imagine, autant attirant qu'un dictionnaire, et d'une architecture tout à fait française et propreté.

La seule chose qui pouvait y attirer un temps soit peu les adolescents semblait être la cour, grand jardin où l'on pouvait se reposer sous ou dans un arbre, à condition de savoir y monter, et où le gazon était coupé aussi droit que celui des maisons américaines dans les banlieues chics.

Je ne passerai pas mon temps ici à raconter mes journées collégiennes ou ma vie qui consiste à me nourrir et à dormir.

Je vais raconter ici comment j'ai découvert la vérité sur Lily, sur sa vie, et comme je me plais à le dire, sur sa malédiction.

Je raconterai quelques discussions qui vous paraîtront peut-être inintéressantes mais qui auront plus de sens que les longues tirades sur ma psychologie…

Et avant de commencer le vrai récit je vais vous donner un conseil : ne jamais sous-estimer les détails, car ce sont eux qui font de certains moments ce qu'ils sont…

2

- Comment ose-tu venir ici? me cria Linda, la mère de Lily quand elle me vit devant sa porte.
- J'aimerai comprendre, j'aimerai comprendre pourquoi elle a fait ça... je lui dis honnêtement en la regardant dans les yeux.
- Il faut que tu arrêtes de nous harceler maintenant, il faut que tu passes à autre chose! me dit-elle d'un air désolé.
- Pas avant d'avoir compris ce qui n'allait pas chez Lily, je vous jure que je ne lâcherai pas l'affaire Linda, je la préviens en la poussant doucement pour entrer.
Elle ne résista pas et je découvris que toutes les photos de Lily et celles ou elle apparaissait avaient été enlevé. La maison était propre, nette, comme si rien ne s'était passé, seulement derrière la propreté de la maison, derrière la blancheur des carreaux et la cuisine immaculée se cachait la mort de Lily. Entre ses murs s'était passé une chose que seule Linda pouvait me raconter...
- Qu'est ce qui se passait? Qu'est ce qui, dans la vie de Lily, allait de travers Linda? je lui demandai en m'affalant sur son canapé en signe de mépris pour la propreté de celui-ci.
- Lily était une enfant modèle, jamais elle ne bravait les interdits, elle respectait toujours mes règles, je ne comprends pas ce qui l'a poussé, m'avoua t'elle en se posant doucement sur une chaise comme si elle craignait de la faire grincer.
- Elle n'agissait pas bizarrement avant sa mort? Elle ne s'absentait pas? Elle n'a jamais séché les cours? je lui assenais questions après questions en prenant une position allongée.
- Si elle avait séché tu aurai été la première au courant, et si bien-sûr elle avait un comportement bizarre, enfin son comportement de d'habitude, mystérieux, ajouta t'elle d'un air de mépris. Elle était comme un de ces personnages dans les livres, ceux qui ont une double vie et qui voient le beau dans chaque chose...
- Apparemment ça ne lui a pas réussi, je dis d'un air fataliste. Se pourrait-il qu'elle ait fait le mur?
- Je n'en sais rien! Voila! Vu qu'elle ne faisait pas de vagues je l'ai peut-être négligé, mais elle avait l'air si mature et responsable... En fait c'est possible qu'elle ait fait le mur...
- Où est votre mari d'ailleurs? je lui demande en m'asseyant correctement. Il travaille?
- On a divorcé! elle me dit d'un air surpris, Tu ne le savais donc pas?
- On va dire que c'est dernier temps les petits potins n'étaient pas mes principaux centres d'attraction, je lui dis sans cacher mon mépris. Comment pourrais-je le contacter?
- Il n'est pas disposé à répondre à tes interrogatoires, m'envoya t'elle une pique que je pris soin d'ignorer. Avant notre divorce il commençait à fortement boire, je ne voudrais pas qu'il s'énerve et te mette en danger.
- Je suis flattée que vous vous inquiétiez pour moi mais je comptais seulement l'appeler... la rassurai-je en sortant un calepin de ma sacoche. Son numéro?
Et ainsi elle me l'énuméra tout en me conseillant de ne pas aller le trouver, ce que je ne suivis qu'à moitié car toute mon attention était aspirée par l'horrible peinture qui trônait dans le salon, au dessus de la télé. Celui ci représentait une petite maison dans la montagne, ce qui me fit tout de suite penser à Heidi, et renforça mon mépris pour la maison de Linda.
Après m'avoir répété une bonne centaine de fois de ne pas aller voir son mari, Linda me laissa entrer dans la chambre de Lily, sans toutefois m'y accompagner.

La chambre était comme je m'en souvenais, moyenne, lumineuse, les murs étaient tous d'une teinte différente de bleu, bleu marine, bleu turquoise, etc...
Sur ces murs étaient accrochées des affiches représentant soit des groupes de musique, soit des dessins complexes et noirs et blancs, soit encore des photos axées sur la nature.
Son lit était simple, sans fioritures, modeste, avec des draps blancs et rouges.
Quant aux meubles, ils faisaient sans aucun doute partis d'un quelconque héritage familial qui empêche ses héritiers de montrer leur gouts.
Rien ne clochait dans sa chambre, mis à part le gout douteux d'une mère que l'on pouvait deviner dans le choix des rideaux, des monuments à la gloire des papillons.
Tout était bien dans cette chambre, tout était trop bien, si bien que j'en vins à la fouiller de fond en comble. Sans rien déceler bien évidemment, c'était comme si Lily avait tout préparé avant sa mort.
Seulement un message avait été laissé, un message que seule moi pouvait comprendre, ( comme quoi le hasard fait bien les choses ) une lettre en notre langage, le langage que nous avions créer toute les deux... Celui ci disait :

Si tu lis ces mots c'est qui j'ai craqué, tu dois te demander pourquoi, et bien tu va devoir le comprendre toute seule... Je te fais là un cadeau, je donne un sens à ta vie en t'offrant une chasse au trésor, une énigme, et tu n'aura qu'un indice de ma part.
Si seulement tu avais compris auparavant...
Mon premier indice se trouvera à l'endroit de notre rencontre... Vas-y et pense comme si tu étais moi...

Je suis désolé pour le tort que je te cause, mais telle est ta punition pour m'avoir ignoré.

Ne crois surtout pas que je me suis suicidée rien qu'à cause de toi...

Adieu, Lily.

Je n'en crus d'abord pas les yeux, c'était du pur délire, puis j'ai bien réfléchi et je me suis dis que Lily avait bien réussi son coups...