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Je me suis naturellement dis, c'est trop facile, mais bon, avec Lily, comment savoir…

J'ai donc ouvert la fiole, en prenant des précautions bien trop exagéré face à cet objet, en tirant doucement le bouchon et en la retournant pour faire glisser le papier dans ma main.

Il était tout petit, enroulé sur lui même, et comme je l'aurai fait pour une carte au trésor me disant où serai la pierre philosophale, j'ai déroulé le petit papier et ai vu la petite écriture de Lily, qui disait en gros sur toute la feuille, répété des centaines de fois : " je suis née d'un viol ".

J'ai suffoqué, je suis tombée à genoux tant ça m'a surprise et révulsé.

Comparé à mon corps et à mon esprit qui était en pleine tempête, l'herbe était calme et joyeuse, sautillante, bien verte, bien grasse, toute douce, seulement je n'avais pas eue l'occasion d'en profiter, tant j'étais secoué par cette nouvelle.

Et apparemment Lily aussi avait été choqué, car les centaines de fois ou elle avait écris ces quelques mots, elle avait bien écorché de mille manière le mot viol en l'écrivant d'une manière qu'elle voulait sûrement méprisante.

Au fond de la fiole reposait un autre mot, tout petit lui aussi, mais qui contenait la suite de mon ' aventure ', et qui disait, " va voir Julien et dis lui de tout te raconter, et que le zèbre et entré dans la garderie ".

On aurait plutôt dit une devinette pour enfants, seulement j'avais deviné que derrière cette phrase se cachait un mot de passe.

Seulement pourquoi Julien ? Je n'avais jamais vu Lily et lui trainer ensemble…

Il faut d'abord que j'aille voir Linda, je me suis dis, on verrai après pour …

Un viol, je m'en étais un peu douté, mais pas sur Linda…

Etait-ce une bonne idée d'aller remuer ses souvenirs douloureux? N'était-ce pas égoïste de ma part d'aller la faire souffrir avec ça? Je m'en souciais peu à cette époque là, tout ce qui m'importais était Lily, et son énigme.

Un coup de vent a secoué les branches de l'arbre et a fait tomber quelques une de ses fleurs autour de moi, comme dans les films, mais en mieux.

La beauté de ce lieu était aux antipodes de mes sentiments… Tout était magnifique, et moi je m'en fichais… Je l'apercevais mais n'en profitais pas… Du coin de l'oeil…

Je suis retournée chez Linda, et j'ai toqué encore une fois sur sa porte en bois, foncé et avec un oculus qui grossissait l'oeil de son utilisateur.

Linda est donc venu m'ouvrir et a accueilli mon retour avec un mouvement de tête réprobateur.

- Que veux-tu encore? dit-elle en appuyant sur le encore et en prenant appuis au chambranle de sa porte.

- Je sais pour Lily, je sais dans quelles circonstances elle a été mise au monde…

- Entre, m'ordonna t'elle sans méchanceté ni même violence en s'effaçant.

Je regardais son visage et son attitude corporelle, cherchant quelque chose qui témoignerait d'un quelconque stress ou d'un peu d'angoisse.

- Le viol, je suis au courant, je lui dis sans cacher mon jeu et en m'asseyant sur une chaise au hasard.

- J'avais bien compris, marmonna t'elle avant de s'asseoir à son tour. J'imagine que je dois tout te raconter en détail…

- J'aimerai entendre la même chose que vous avez dit à Lily.

- Entendu, me dit-elle en prenant une grande bouffée d'air comme pour commencer un long récit.

« J'avais vingt ans à peine, j'étais célibataire et mes parents, des gens stricts et incompréhensifs, avait honte de mes moindres faits et gestes.

Je devais faire le mur pour sortir, et un soir ou j'étais avec des amies, je me suis fais agressé par un homme d'à peu près mon âge, et je suis tombée enceinte… C'est comme ça que mes parents ont était mis au courant. Ensuite ils m'ont marié à mon agresseur pour qu'il ne parle à personne de ce qu'il m'avait fait, et cet agresseur est le père de Lily ».

- Mais c'est horrible, et comment as-tu pu rester avec lui? me suis-je révoltée.

- Mes parents m'ont tellement répétés que c'était de ma faute que j'ai fini par les croire, et j'ai eue tellement honte que je n'ai jamais quitté Lens.

- Comment l'a pris Lily? je suis revenue à la raison première de ma venue.

- Comme toi, elle a été dégouté par cette histoire et a fugué chez son ami Julien, dont les parents sont des amis moi.

- Je suis désolée d'avoir réveillé tout ça, ai-je dis sans mentir.

- Maintenant tu pourrais partir s'il te plait, m'a t'elle dit d'un air souffreteux…

- J'aimerai juste avoir l'adresse de Julien s'il vous plait, lui ai-je demandé en sortant mon calepin.