Chapitre 5

Son enfant ne lui fut pas enlevé.

Ainsi, Mirus put bénéficier de la chaleur maternelle, enfermé avec elle dans un de ces cachots sordides de Londinium.

Affamée, assoiffée et épuisée, elle luttait cependant toujours.

Il fallait qu'elle sorte, qu'elle retrouve Marcus et qu'elle...

Clea ?

Lentement, elle releva la tête.

Face à elle, Marcus.

Elle esquissa un pâle sourire :

Bonjour Marcus.

Je n'ai pas put venir plus tôt.

Je sais.

Je regrette, Clea. Si je n'étais pas parti, rien de tout ceci ne serait arrivé.

Elle haussa les épaules.

Mais c'est le cas.

Me pardonneras-tu un jour ?

Te pardonner quoi ?

De ne pas avoir sut te protéger comme il le fallait.

Sans bruit, les larmes se mirent à couler.

Une goutte tomba sur le front de Mirus qui releva la tête, intrigué.

Marcus s'approcha alors, s'accroupissant aux côtés de sa femme et de ce fils, encore inconnu.

Elle le lui tendit, il le prit le plus délicatement possible dans ses bras.

Père et fils firent connaissance, dans la pâle lueur de ce cachot sordide.

Il déclara alors en relevant la tête vers Clea :

Je vais te faire sortir d'ici, Clea. Je te le promets.

Athenedora est ta femme.

Non, tu l'es. Tu l'as toujours été et tu le resteras toujours.

Oo*oO

Un mois plus tard, Clea et Mirus retrouvaient la liberté.

Athenedora ne fut pas inquiétée, trop influente, mais la jeune maman ne s'en souciait pas.

Tout ce qu'elle voulait, c'était retrouver une vie normale, auprès de Marcus.

Donnez-moi Mirus, je vais aller le mettre dans sa chambre.

Merci.

La servante s'éloigna, emportant son fils à moitié endormi.

Retrouvant les jardins, elle s'y promena avec délice, retrouvant la sensation si agréable du vent passant dans ses cheveux.

La voix grave de Marcus lui fit rouvrir les yeux :

Clea ?

Elle tourna la tête vers lui, se dirigeant immédiatement vers lui.

Sans hésiter, il la prit dans ses bras, retrouvant tout en une seconde.

Elle ferma les yeux, heureuse à en avoir mal.

Plus jamais, Marcus.

Non, plus jamais. Tu m'accompagneras partout.

Elle sourit contre son épaule puis releva la tête.

Plongeant son regard gris-bleus dans celui, ténébreux, de son époux, elle chuchota :

Et tu seras là lors des naissances.

C'est un endroit réservé aux femmes, Clea.

Je m'en contrefiche. J'ai trop souffert, toute seule.

Je sais.

Il lui caressa la joue, elle fit de même avec la sienne.

Après un an de séparation, ils s'embrassèrent, enfin.

Le baiser, charnel et passionné, la fit gémir, postée sur la pointe des pieds, les bras enroulés autour du cou de Marcus.

Il sourit contre ses lèvres, elle fronça les sourcils.

Et quand ils durent se séparer, en manque d'air, elle arqua un sourcil.

Il ne fit que sourire à nouveau, simplement heureux de la serrer contre lui.

Je t'aime.

Je t'aime.

Depuis la nuit des temps...

Et pour l'éternité.