1-3

Dans mon 'hallucinogène réaliste' je voyais les passagers qui étaient dans l'avions mais en noir et blanc et, parmi eux, se promenait des jets de couleurs. Parfois le jet de couleur était sur le visage d'une femme, parfois sur un siège, et parfois filtrait par les fenêtres. Et parmi ces jets il y avait des paillettes, des points, des traits et autres signes géométriques ou pas géométriques.

Une main sur mon épaule me fit émerger brusquement de mon H.R.

La main s'était trouvée être celle de Twelve.

Il m'avait dit pour se justifier :

- C'est pour te dire qu'on arrive dans une demi heure.

- C'est tout? j'avais répondu un peu abruptement.

- Et, relax, c'est pas comme si je t'avais tiré dessus avec une mitraillette.

- Désolé, c'est juste que tu m'a surprise, je m'étais excusée, un peu honteuse.

- Il faut aussi que je te donne mon numéro, pour que tu m'appelle quand tu veux, t'as un truc pour que je te le donne?

- Oui une seconde, je lui avais dit en fouillant mes poches. Voila, tient.

Je lui avais tendu un morceau de papier froissé sur lequel j'avais griffonné des dessins pour me défouler.

- Waou, classe le papier, m'avait-il taquiné en marquant son numéro avec un stylo qu'il avait lui aussi sorti d'une de ses poches.

- Alors comme ça tu veux qu'on garde contact, très intéressant, j'avais essayé d'analyser la situation. Pourquoi?

- Tu est une enfant spéciale et je ne veux pas perdre une telle occasion de gagner de l'expérience et puis tu m'as raconté ta vie et moi la mienne, et je veux pas l'avoir fait pour rien.

- Soit, je t'appellerai une fois par mois. Mais tu ne seras pas à Paris? je lui avais demandé presque par réflexe.

- Si mais je n'aurai guère de temps à accorder, que se soit à toi ou à n'importe qui d'autre.

- C'est dommage, bon, on est d'accord, une fois par mois, j'avais conclu en jetant au passage un coup d'oeil à Mo qui se trouvait à deux rangées devant moi sur la rangée de gauche. Il était à coté de Turky et avait l'air dans son monde que j'appellerais plus tard son ' hallucinogène permanent'.

- Attends, pourquoi pas deux fois par mois? Une fois c'est un peu short, m'avais réveillé Twelve.

- Si tu veux, je lui avais répondu au hasard.

- Elle m'as pas écouté, avait-il murmuré pour lui même. Bon, je disais que tu pourrais plutôt m'appeler deux fois par mois.

- C'est d'accord, deux fois par mois, je lui avais confirmé.

J'avais tourné les yeux vers Mo, qui me regardait d'un air méchant. Serait-il jaloux? Non, impossible! Surtout de Twelve.

- Bon, je retourne au travail. Tu voudrais voir une photo de ma femme? m'avait-il proposé comme ça.

- Pourquoi pas! je lui avais lancé en me rapprochant de l'écran.

Il avait ouvert un fichier, puis avait ouvert une photo représentant une jeune femme, rousse, les cheveux bouclés, les yeux marrons, en train de sourire. La photo avait été prise sous un arbre, un cerisier en fleur, et elle portait un chemisier bleu foncé pastel et un short en jean, ainsi que des sandales compensées rouges à pois blanc.

- C'est elle? je lui avais demandé.

- Non, ça c'est mon ex-femme, Natanaël. Tu n'étais pas sensé la voir, avait-il dit sèchement.

- Désolé, je m'étais excusé en me mordant la lèvre inférieure.

- Celle là c'est ma femme.

Il avait ouvert une autre photo, sur celle ci il y avait une autre femme, sa femme. Elle avait les cheveux noirs, coupés en une coupe garçonne, avec la mèche en biais sur un oeil. Elle portait juste un peu de crayon aux yeux. Elle était habillée d'un slim rouge, d'un long tee-shirt représentant des rats en train de manger une licorne. Elle avait des converses bleues électriques et un percing à l'oreille, une pique noire rayée jaune. Elle était recroquevillée dans un coin, sur le pont d'un bateau.

J'étais aspiré par son style, elle était la classe incarné.

- Waou, elle est géniale! je m'étais extasiée. Elle est magnifique!

- Elle est encore mieux en vrai, m'avait-il glissé songeur. J'ai pris cette photo il y environ un mois. On était en vacances aux îles Maldives et on faisait un petit tour dans un bateau qu'on avait loué.

- Elle a quel âge? je lui avais demandé en lâchant des yeux la photo pour les poser sur lui.

- Elle en a vingt-trois. On s'est rencontré dans un bar.

- Très romantique! j'avais lancé, ironique.

- C'était un soir où je repensais à Nathanaël, et pour oublier j'étais parti pour me saouler, et puis je l'ai vu, m'avait-il raconté d'un air mélancolique.

- Tu as trouvé le bonheur dans le malheur, c'est louable, je lui avais dit.

- Elles sont très différentes, elles sont même à l'opposé. Nathanaël était très sentimentale alors que Luca est plus forte. Je ne sais pas pourquoi je te raconte tout ça mais bon.

- C'est vrai qu'on se raconte un peu nos vies privées, c'est un peu bizarre surtout qu'on se connaît que depuis trois heures, j'avais remarqué.

- Bon, je t'ai montré des photos des gens de ma famille alors montres moi un peu la tienne.

Je lui avais fais signe de se retourner et je lui avais montré Mo du mieux que je pouvais et je lui avais dit :

- Ça c'est Mo, il est très spécial, il vit dans son monde.

Puis montrant Shadow je lui avais dit :

- Elle c'est Shadow, elle est forte et un peu sombre comme le dit son nom.

Je lui avais montré Garrett qui était assis deux ranges devant nous en disant :

- Lui c'est Garrett, le grand frère, et celle à coté c'est Damian, elle n'aime pas trop Shadow, et c'est réciproque. La c'est Turky, le plus jeune des garçons, j'avais continué en changeant de position. Puis à coté c'est Tika, la plus jeune de tous. Et à coté de Ask c'est Flint, il a le même âge que Damian, c'est un peu le clown. Voila, j'espère que t'as tout suivi.

- J'aime bien ta famille. Ils ont tous l'air très sympas, il m'avait confié. Quel âge a Shadow?

- Elle a eu quatorze ans cette année, je lui avais répondu sans chercher pourquoi il m'avait demandé ça.

- Plus que dix-minutes, m'avait-il annoncé en éteignant son ordinateur et en le rangeant dans une pochette. Tu est prête?

- Damian est né à Paris et c'est drôle car Flint est d'Argentine, là où ta soeur habite! j'avais dit en faisant le rapprochement.

- Quelle drôle de coïncidence! C'est bizarre, avait-il avoué en y songeant. Je le dirai à ma soeur quand je lui rendrai visite.

- D'ailleurs, quel âge à Monday? je lui avais demandé du tac au tac.

- Elle a un an, avait-il répondu tout guilleret.

- Mais pourquoi elle a un enfant et toi non vu que c'est ta petite soeur? je lui avais demandé un peu perplexe.

- Luca n'en veut un que lors de ses vingt-quatre ans, c'est assez bizarre mais c'est comme ça. En faite elle a calculé nos prénoms, c'est à dire les chiffres que représente nos prénoms à mon frère, ma soeur et moi et ça a donné vingt-quatre, c'est pour ça. Douze plus cinq plus sept ça donne vingt-quatre.

- Ah d'accord, c'est vrai c'est assez spéciale, je lui avais confié. Mais bon à chacun ses techniques!

- Nous allons atterrir dans cinq minutes, avait dit la voix dans le mégaphone. Nous vous demandons de bien vouloir redresser vos sièges merci.

- J'ai la dalle, j'avais glissé à Twelve. Et toi?

- Moi je pense à la bonne gaufre que je vais me payer en arrivant, avait-il fanfaronné en songeant à sa gaufre.

- C'est très bas ce que tu viens de faire! je l'avais prévenu en prenant un air sévère. Tu vas te coucher sans manger ce soir!

- Non ça le fait pas Briss, désolé, j'ai essayé de me mettre dans ton délire mais c'était trop me demander! c'était-il défendu en riant tout en levant les mains en l'air.

- C'est moi aussi, j'ai visé trop haut pour toi! j'avais feinté pour faire basculer la situation en ma faveur. Tu est encore un débutant!

- Joli, très bien joué, s'était-il incliné.

L'avion avait entamé sa descente et j'avais ressenti un pincement au coeur en pensant que je ne le verrai pas avant longtemps.

- Tu savais qu'on pouvait rêver en anglais, je m'étais exclamé pour balayer ce coup de blues.

- Moi je rêve en anglais des fois, et même en espagnol! c'était-il vanté en exagérant un peu.

- C'est passionnant! j'avais dit en faisant semblant de me moquer de lui. Tu vois je fais semblant de t'écouter et toi tu y crois.

- Ah ah ah, avait-il fait semblant de rire. T'as mangé un clown aujourd'hui?

- C'est la danse des canards! je lui avais répondu sans réfléchir ce qui le plongea dans l'incompréhension. Trop génial!

Il était figé dans une moue d'incompréhension totale et il hocha la tête comme s'il comprenait tout.

- Mais oui bien-sûr! La crise financière ramène un taux de suicides exorbitants ce qui emmène la baisse de la chasse au canard, permettant ainsi aux canards de faire la fête plus longtemps et donc de danser, d'où la danse des canards., avait-il débité sa propre théorie.

J'avais alors explosé de rire, un fou rire de ceux qu'on ne peut pas arrêter. Il avait rit avec moi, ce qui fait qu'on entendait que nous et que tout les passagers c'étaient retourné vers nous pour nous foudroyer du regard.

Lorsque l'avion avait été arrêté et que tout le monde était sorti nous avions fini de rire et nous étions plutôt mélancolique de ne plus nous voire.

J'étais descendu et m'étais retrouvé en face de l'avion à attendre que les autres sortent.

Ils étaient descendus et Twelve était sorti juste après eux.

Il m'avait dit au revoir de la main et m'avait fait signer de l'appeler.

Je lui avais aussi dit au revoir de la main et étais parti avec ma famille vers l'entrée de l'aéroport en serrant dans ma main le papier où été écrit son numéro de téléphone.