Hello amis lecteurs ! Après une assez longue période de blanc, pendant laquelle j'ai un peu laissé tomber mon histoire (même si j'ai quand même publié une autre histoire, que vous pourrez également aller lire ! :p), I'm back ! J'espère que vous ne m'en voudrez pas trop et que vous continuerez à me lire. Maintenant que je suis en vacances, mes publications seront sûrement plus fréquentes ! ;)

Merci à tous pour vos reviews, qui m'ont beaucoup touchée et m'ont fait rire (n'est-ce pas Cerfuly :D)

Je sais que certains passages sont vraiment très clichés, mais je ne savais pas comment le tourner, et j'accepte vos critiques méritées ( fouettez-moi !) Bref, continuez comme ça, vous êtes les meilleurs ! Je vous aime ! 3

Voici donc (enfin!) mon chapitre 2, sur la même lancée de suspens et action ! J'ai essayé de montrer un peu plus les pensées de Aiby, de lui faire perdre son côté un peu conne (oui oui je sais, elle est très crédule, mais c'est l'adolescence, que voulez-vous !).

Sur ce, bonne lecture, et rendez-vous dans le coin des jolies reviews !


CHAPITRE 2

Passant nerveusement une main dans les cheveux, et faisant tomber au passage une multitude d'éclats de bois, je fis l'état des lieux. Dans l'entrée, habituellement si ordonnée grâce à ma maniaque de mère, le chaos régnait. Un vase ramené de Chine avait explosé sous l'impact d'une balle. Je repérai le téléphone posé sur le guéridon en bois, désormais hors d'usage. Génial.., pensai-je en poussant un soupir. Il fallait prévenir la police et notre père. Mais la priorité était de nous trouver un endroit en sécurité.

Je sortis mon téléphone. Plus de batterie. Je jurai et demandai le sien à Ian. Malheureusement, il l'avait laissé chez son ami dans la précipitation de son départ. Quelle veine ! On doit quitter cet enfer au plus vite, notre survie en dépend. On se croirait en plein dans un épisode d'une médiocre série B. Plus cliché tu meurs…

- Ian, il faut qu'on bouge. Fais ton sac, mets-y le plus de trucs possible, on sait jamais. J'ai un mauvais pressentiment, ces "imprévus" ne sont pas près de se terminer si tu veux mon avis…

- O-ok. Mais on ne pourrait pas faire charger ton téléphone ici, appeler la police et les attendre ?

Je voyais bien que mon frère avait perdu son sang-froid. Désormais, j'avais devant moi un petit garçon apeuré et sans aucun repère. J'étais responsable de lui.

-Je t'en prie, fais-moi confiance. On n'est plus en sécurité ici. "Ils" reviendront peut-être d'ici peu de temps, et on n'aura sûrement pas une nouvelle chance de survivre.

Un coup d'œil à l'horloge me confirmait ma pensée : le temps filait à toute allure, on ne devait pas perdre de temps. Une heure s'était déjà écoulée depuis le... meurtre de maman (un frisson glissa le long de mon échine au souvenir de ce moment).D'autant plus que nos ennemis semblaient déterminés à en finir avec nous.

-Prends les vêtements, je m'occupe de la trousse de toilette et de la bouffe.

J'empoignais un sac dans le placard à l'entrée, et je grimpai à l'étage en direction de la salle de bains. Je fourrai dans mon sac tous les produits qui me tombaient sous la main et qui me semblait utile, avant de rejoindre la cuisine pour remplir un second sac. Ian me rejoignit bientôt dans l'entrée chaotique, traînant un sac de voyage aux motifs militaires derrière lui. Son regard fatigué me renvoyait mon propre état d'esprit. En si peu de temps, je me sentais dix ans de plus. Passant nerveusement ma main dans mes cheveux blonds, je me retournai et marchai à grand pas vers la voiture garée en double-file juste devant la maison voisine.

En passant, un chat surgissant d'un buisson me fit faire un bond de trois mètres. J'étais vraiment sur les nerfs. Dans un autre contexte, je songeais avec tristesse que Ian se serait sûrement moqué de ma couardise. Mais cette époque semblait définitivement révolue.

Heureusement j'avais déjà pris des cours de conduite par le passé ; c'est donc sans hésitation que je m'asseyais à la place du conducteur. L'air hagard, je regardais Ian mettre sa ceinture après s'être docilement assis à la place du passager. Ses yeux voilés me donnaient des frissons.

En ouvrant la voiture, je regardais une dernière fois la maison vide, sans vie, gardant en son sein le corps sûrement déjà froid de ma mère, comme un tombeau funéraire. Je m'étonnais que les voisins n'aient pas réagi aux multiples coups de feu, mais nous ne nous entendions pas très bien avec eux, et notre sort leur était certainement bien égal. Vieux cons...

Je mis le contact et appuyai sur le champignon, faisant crisser les pneus.

Les cheveux au vent venu de la fenêtre ouverte, mon cerveau fonctionnait à cent à l'heure. Je jetais fréquemment des coups d'œil à Ian qui restait plongé dans son mutisme. Le silence régnant dans l'habitacle m'oppressait. Un sentiment de claustrophobie m'étouffait, je cherchais mon air. J'avais la tête qui tournait. Ian s'en rendit compte et me poussa à m'arrêter quelques instants

Je repérais un petit square désert et décidai de m'y arrêter. On descendit de la voiture. Je m'installai sur une balançoire rouillée et Ian choisi une toupie à quelques mètres de moi. Il avait retrouvé quelques couleurs, mais mes tentatives de discussion ne recevaient que des monosyllabes en guise de réponses. J'abandonnais.

Levant les yeux au ciel, je contemplais les étoiles lorsque j'entendis une voiture. Baissant la tête, j'aperçus une berline noire qui ralentissait à notre niveau. Tandis que nous la suivions des yeux, l'écho de la fusillade de tout à l'heure refit surface. Un premier homme en descendit, et j'aperçus, en l'espace d'un éclair, le reflet argenté d'une crosse de revolver éclairé par la lune brillante. Le temps ralentissait...

-Cours ! Criai-je à mon frère en descendant de mon perchoir.

Hélas, à peine ma phrase terminée, deux hommes en noir me saisissaient par les bras. J'en vis trois autres s'emparer de mon grand frère, horrifié. Je tentais de me dégager de leur étreinte en vain. Ma folie les secouait et d'autres arrivaient en renfort. Ian hurlait mon nom, et je lui répondais en faisant de même. Je savais qu'il ne pourrait leur échapper ; de nous deux, j'étais la plus forte.

Tandis que je me démenais en hurlant, je comprenais intérieurement que si les autres arrivaient jusqu'à moi, ce serait la fin. J'atteignis d'un coup de genou dans les parties celui qui était en face de moi, qui se courba sous la douleur et lâcha prise. Puis je flanquais un coup de coude dans les côtes du second qui recula également.

Ian était déjà maîtrisé, et il n'était déjà plus qu'à quelques mètres du van noir que je n'avais pas vu auparavant. Trop tard pour lui. Ça me faisait mal au cœur de l'abandonner mais essayer de le sauver serait vain et je me ferai rattraper à nouveau.

Je détournai le regard, des larmes plein les yeux, et continuai ma course éperdue pour semer mes assaillants. Heureusement que je fais partie de l'équipe d'athlétisme du lycée. Mes longues foulées et ma grande endurance eurent bientôt raison de mes assaillants qui abandonnèrent les uns après les autres.

Le sable et les cailloux roulaient sous mes pieds tandis que je continuais ma course. Bientôt, j'atteignis un endroit couvert de buissons épineux et de petits arbustes. La terre sèche et ocre avait remplacé les pierres. Une racine cachée par l'obscurité entrava ma course, et je chutai lourdement au sol. Je me relevai aussitôt, couverte de poussière rouge, et avançait à nouveau. La pleine lune m'aidait à m'orienter, tant elle éclairait le paysage. On y voyait comme en plein jour ; c'est pour cela que je me refusais une pause.

Des larmes de rage, d'impuissance et de peur roulaient sur mes joues, mais mes pieds ne s'arrêtaient pas. J'étais seule, sans aucun moyen de communication, perdue de nuit dans un lieu inconnu. Le désespoir commençait à refaire surface. Il m'enveloppait, et je me laissai finalement tomber au sol, épuisée par ma course effrénée. Je remarquais mon jean déchiré par la chute de tout à l'heure.

Une chouette me souhaita bonne nuit, et je fermai les yeux.

L'aube pointait lorsque je fus réveillée par le bruit d'un oiseau pris dans les ronces non loin de moi. Les souvenirs de la veille affluèrent, déclenchant mes tremblements, causés par la peur, mais aussi le froid de la rosée matinale qui trempait mes vêtements. Je me levai, et entrepris de revenir sur mes pas afin de retrouver éventuellement la voiture et mes affaires.

En marchant, je me questionnais sur les motivations de ces gens qui nous en voulaient tant. Pourquoi s'acharnent-ils contre nous ? Papa est-il seulement au courant de ce qui s'est passé hier ? Parti il y a trois semaines au Mexique pour affaires, il me manquait terriblement dans ces moments-là. Je devais absolument trouver un moyen de le mettre au courant.

Au bout de ce qui me semblait une demi-heure, j'atteignis enfin le square où on nous avait attaqué hier. Jetant des coups d'œil méfiants aux alentours, je m'approchais lentement de la voiture qu'avaient abandonnée les ravisseurs. Ils l'avaient sûrement oubliée là, pressés de quitter les lieux de leur crime, pourtant vide de témoins. Je me précipitai à l'intérieur, soulagée de retrouver une des seules choses qui m'étaient désormais familières.

Rassurée par les sièges en skaï beige, je caressais la place du passager, dont le fauteuil était usé et déchiré par endroit, souvenirs des griffes de notre ancienne chienne Kali, morte six mois auparavant. Kali, une de mes amies les plus fidèles… Ce détail s'ajoutait à la liste de souvenirs qui me plongeaient dans une perpétuelle tristesse nostalgique depuis la veille.

Secouant la tête pour éviter de retomber dans la faiblesse, je me retournais pour atteindre le coffre tout en restant dans l'habitacle. Je basculai l'un des sièges arrière, et fouillai dans les sacs, à la recherche d'un quelque chose pour assouvir ma faim. En ouvrant un des bagages, l'odeur familière de Ian me submergea et je sentis soudainement mes larmes monter. Je les essuyai rageusement, refusant de tomber dans la détresse, inspirait un grand coup et saisis un sac de victuailles.

Piochant à l'intérieur, je vidais rapidement une petite bouteille d'eau ainsi qu'un sandwich. Revigorée, je redémarrai la voiture, et pris la direction de l'autoroute. Il faut que je m'éloigne de la ville. Quand je serais planquée, je pourrais enfin réfléchir à ce que je dois faire, après avoir appelé Papa. Espérons qu'ils ne retrouveront pas ma trace. A cette pensée, mon pied appuyait plus férocement sur la pédale de l'accélérateur. Je m'engageais alors à vive allure sur la route à quatre voies.

Les panneaux verts et blancs annonçant différents noms de villes défilaient devant mes yeux, sans que j'y prête la moindre attention. Je n'avais pas de but précis, il fallait seulement que je m'éloigne, et que j'appelle la police pour ma mère que reposait toujours seule à la maison, et mon père, si loin dans ces moments où l'angoisse régnait en maîtresse de mon corps. Le soleil de plomb lançait ses rayons incandescents sur le goudron brûlant, et je m'étonnais qu'il soit encore solide sous cette chaleur infernale. Les mirages étaient nombreux. Je roulais toutes vitres ouvertes, laissant le vent s'engouffrer dans la voiture, rafraîchissant mon visage en sueur et éparpillant mes cheveux.

Si j'avais parcouru ce chemin dans d'autres conditions, j'aurais pu sentir ce parfum de liberté et de vacances qui semblait flotter dans l'air. Mais seules les odeurs de mort et de peur m'entouraient en cet instant, comme une bulle qui m'emprisonnerait, me privant de ces petites choses qui font notre bonheur.

A ce moment, seules la vitesse et la route défilant devant moi existaient. Je roulais depuis si longtemps que j'avais perdu le fil des kilomètres que je parcourais. Comme si mon corps agissait d'instinct, un instinct pur et bestial, pour lequel seule la survie compte.

La radio allumée déployait à pleine puissance la voix d'un pitoyable chanteur qui n'avait pas mué. Il n'avait vraiment pas pire que ces chansons commerciales, sans aucun sens et pour unique motivation que l'appât du gain. Ça me donnait la gerbe, et rien d'autre.

J'appuyai avec fureur sur une des touches pour trouver une musique convenable. J'en voulais une pure et dure, créée seulement par un mélomane ambitieux, passionné par ces notes, ces instruments et mélodies qui composaient un mélange si magique et incroyable. Je tombais vite sur une chanson de Fun, Carry'on. Le timbre de voix unique du chanteur envahit l'habitacle et calma pour un moment toute mon angoisse et ma fureur. Je me laissais emporter par le rythme de la guitare électrique et de ce solo hypnotisant. La musique me faisait un bien fou…

Trop vite à mon goût, le plaisir d'écouter cette chanson s'interrompit, et Nate Ruess fut remplacé par une voix éraillée, débitant des paroles puissantes et seulement accompagné d'une basse.

Je focalisais donc à nouveau mon attention sur la route et les autres véhicules qui m'entouraient. Ce n'est pas le moment de se planter dans le décor. Ian a besoin de moi !

Enfin, je remarquai en bord de route un petit motel, isolé et presque caché par la station essence et les arbres avoisinant. Ma fatigue se faisant sentir, je décidai de m'y installer pour la nuit, car le soleil amorçait déjà sa descente vers l'occident, plongeant le paysage dans ces couleurs merveilleuses et dignes d'un tableau de maître. Heureusement, j'avais eu l'intelligence d'emporter le portefeuille de maman en quittant la maison la veille. J'avais donc de quoi payer ma chambre.

Je me garai, et empoignai deux des sacs avant de m'engouffrer dans le hall de l'hôtel.

Le réceptionniste derrière le comptoir était en train de lire un vieux magazine relayant des potins people, son regard fatigué en disant long sur son ennui et la basse fréquentation du lieu.

Je m'éclaircis la gorge et il daigna enfin lever le nez de son torchon. En me voyant, je crus déceler une lueur d'espoir et de joie passer dans ses yeux. Il accourut à ma rencontre afin de me débarrasser de mes bagages et me guida jusqu'à une chambre répondant à mes maigres attentes.

Dans les couloirs, j'eus le temps de détailler la moquette murale que je devinais de couleur crème usée et parfois maculée de taches suspectes, ainsi que les tapis au sol, pourpre et élimés jusqu'au fil. Le luxe ne serait certainement pas de la partie, mais je ne m'en plaignais pas. Pas de temps pour les chichis, j'avais des problèmes plus sérieux et importants à résoudre. Et de toute façon, je me devais d'être économe dans les prochains jours.

Le temps de songer à tout cela, le "groom" avait déjà déposé mes bagages dans ma chambre et écrasé le plus discrètement possible un cafard qui se promenait tranquillement là. Il me quitta dans une petite courbette, tandis que je le remerciais d'un hochement de tête, avant de me m'affaler sur le lit, sans même prendre le temps d'ôter mes baskets couvertes de terre et de poussière.