Affaire n°7.

Le samedi 27 janvier 2008.

Pension Vanilos.

05 h 00.

Ville :18 – C62 – V29.

Lieu :Mon appartement – Ma chambre.

Je suis allongé sous les draps de mon lit, dormant paisiblement. Tout à coup, j'entends une voix qui m'est totalement inconnue.

« Excusez-moi de vous déranger mais j'ai besoin de votre aide. »

Comme je n'aime pas être dérangé pendant mon sommeil, j'émets un petit grognement.

« S'il vous plait. »

Toujours pas de réponse de ma part.

« Très bien. Puisque vous ne me laissez pas le choix. »

A la fin de cette phrase, un vent violent commence à se lever dans la chambre. Mon radio réveil se soulève dans les airs et se déplace jusqu'à se trouver au-dessus de ma tête. Là, l'objet tombe lourdement sur mon visage. Le choc me tire de mon sommeil et me voilà assis sur la tête de mon lit. Immédiatement, le vent tombe. J'attrape l'interrupteur de ma lampe de chevet et l'actionne. Aussitôt, la lumière apparaît dans la pièce et c'est à cet instant que je peux remarquer la présence du défunt. A première vue, c'est un jeune homme d'environ vingt ans. Ses yeux sont marrons et ses cheveux, bruns. Son teint est mât bref, mon type d'homme. C'est avec une vue toute embrumée que je débute la conversation.

« Quoi encore ? Fis-je.

- Je viens de mourir et j'ai besoin de votre aide pour passer de l'autre côté.

- D'accord. Quel est ton prénom ?

- Victorien.

- Entendu. Peux-tu me laisser le temps de prendre un café avant de débuter la mission ?

- Bien sûr.

- Merci et pendant ce temps, tu me raconteras ce qui t'est arrivé. »

Je sors de mon lit et traverse la pièce en direction de sa sortie.

Lieu :Mon appartement – Ma cuisine.

Dès que j'arrive dans la cuisine, je constate qu'Aurélien est déjà à l'intérieur, installé face à la table. Il me remarque et me salut aussitôt.

« Bonjour Jason.

- Salut Aurélien. Puis-je savoir ce que tu fais debout à cette heure-ci ?

- Mon pendule m'a réveillé.

- Vraiment ?

- Oui et j'ignore ce qui se passe dans le domaine du paranormal. Toutefois, je pense que nous allons aux devants de très gros ennuis.

- Tu sais être rassurant dès le matin toi.

- Votre cousin n'a pas tort. »

Je me retourne et vois Victorien derrière moi.

« Prend place autour de la table Victorien pendant que je me sers une tasse de café.

- Entendu. »

Aurélien remarque mon attitude.

« Un défunt Jason ? »

En guise de réponse, je me contente d'acquiescer de la tête.

Lieu : Maison des parents d'Hakim – Chambre d'Hakim.

Hakim est assit sur la tête de son lit. Près de lui, Cyril et Jimmy. Sur le pied du pieu, Alexandre, Vincent et un tout nouveau visage, celui de Benjamin. Ce dernier est un jeune adolescent de quinze ans.

« J'ignorais que tu étais ami avec le chanteur Jaysher, s'exprime-t-il.

- Puisque je te le dis, répond le marocain avant de poursuivre. En réalité, nous sommes tous des amis de ce chanteur. N'est-ce pas Jimmy ?

- Exactement.

- Cette chance que vous avez.

- Pourquoi dis-tu cela ? Questionne Cyril.

- Parce que je suis fan de ce chanteur.

- Si tu veux, on pourra te le présenter dans la journée, informe Alexandre.

- Vous ferez ça pour moi ?

10 H 00

Lieu : Pension Vanilos – Devanture.

Me voilà devant une habitation qui se nomme la pension Vanilos. La personne qui la dirige est un homme qui se nomme Stanislas. Sa mission : aider de jeunes enfants à trouver un sens dans leur vie. Victorien était un pensionnaire avant que la mort vienne s'en emparer. Désormais, c'est à moi de découvrir ce qui s'est passé pour lui permettre de passer de l'autre côté. J'ouvre le portail qui délimite la propriété et commence à fouler le sol de mes pas. Quelques secondes plus tard, me voilà devant la porte de la maison. Je sonne et attends qu'une personne vienne m'ouvrir.

« J'espère que cette mission sera facile.

- Jason ? »

Je me retourne et vois Maxime se tenir à la limite du portail.Le jeune homme avance dans la propriété et se positionne face à moi.

« Que fais-tu devant cette pension ? Me demande-t-il.

- Je dois régler quelque chose. Par contre, j'aimerais bien que tu partes.

- Dis aussi que je te dérange ?

- Exactement. »

C'est à ce moment que la porte d'entrée du pensionnat s'ouvre sur un homme de couleur.

« Oui ? Dit-il.

- Excusez-moi de vous déranger monsieur. Je me nomme Jason et j'aimerais m'entretenir avec le directeur de cette pension.

- Vous l'avez devant vous.

- C'est vrai ? »

Cette information m'arrange beaucoup. De suite, je tends ma main droite pour saluer l'homme.

« Enchanté de faire votre connaissance. Pourrais-je discuter avec vous d'un sujet plutôt délicat ?

- Si vous le souhaitez. »

Stanislas s'écarte du passage pour me laisser entrer. Là, le directeur remarque Maxime.

« Excusez-moi Jason, m'adresse le directeur.

- Oui. »

Je me retourne pour savoir ce qui se passe.

« Ce jeune homme vous accompagne-t-il ? »

Maxime me devance pour répondre au directeur.

« Oui et je me nomme Maxime. Je suis son manager.

- Son manager ? »

Je fusille le cousin de Jeremy du regard.

« C'est exact. Jason est un chanteur à succès et si nous venons dans vos locaux, c'est pour une raison bien précise.

- Laquelle ?

- Savoir si l'un de vos protégés possède du talent afin de lui offrir une carrière artistique. »

Depuis quand Max s'autorise-t-il ce genre d'initiative ? Stanislas tourne son visage vers moi pour connaître le fin mot de l'histoire.

« Est-ce vrai ?

- Oui et je vous demande présente mes excuses pour ne pas vous avoir présenté ce jeune homme plus tôt. »

Du coup, Maxime peut entrer dans le hall du pensionnant, sous l'autorisation du directeur.

Lieu : Pension Vanilos – Hall d'entrée.

Stanislas s'avance vers moi.

« Si vous voulez bien me suivre ? »

Nous quittons le hall d'entrée au profit d'une autre pièce se trouvant au fond d'un couloir. Cette petite salle sert de bureau au directeur.

Lieu :Pension Vanilos – Bureau du directeur.

L'homme nous invite à nous installer sur des fauteuils plutôt confortables. Lorsque nous avons pris place, Stanislas en fait autant sur son propre siège.

« Vous êtes donc chanteur ? M'interroge-t-il.

- C'est exact.

- Et vous êtes célèbre ?

- En réalité, je viens tout juste de lancer ma carrière. Mon premier single se trouve actuellement à la quarantième place du classement.

- Quarantième sur cinquante ? Ce n'est pas terrible.

- Merci de me le faire savoir. »

Maxime décide de changer de conversation suite à la remarque blessante du directeur.

« Jason est très sensible aux causes orphelines et c'est pour cette raison qu'il est ici. Nous souhaitons faire passer des auditions à vos enfants pour savoir si l'un d'entre eux possède un potentiel artistique. Bien sûr, si notre visite vous dérange, nous pouvons repartir. »

Stanislas ouvre un tiroir de son bureau et en sort une liste.

« Il serait dommage que vous partiez de nos locaux alors que vous êtes ici, armés de votre générosité. Voici la liste de mes résidents et je vous souhaite bonne chance dans vos recherches.

- Merci monsieur le directeur. »

Maxime prend la feuille et constate que c'est bien la liste des résidents qui nous a été remise.

« Bien, nous allons pouvoir commencer les auditions. »

On se lève des fauteuils et nous quittons la pièce sans se presser.

Lieu : Pension Vanilos – Couloir.

Nous marchons dans le couloir à la recherche de la salle dans laquelle doivent se trouver tous les jeunes résidents. J'en profite pour passer un savon à Maxime.

« Je peux savoir ce qui t'es passé par la tête ?

- Je te demande pardon ?

- Manager, ça te dit quelque chose ?

- Excuse-moi Jason mais si j'ai agis ainsi, c'était pour t'aider à endormir ce directeur. D'ailleurs, je le trouve un peu louche.

- J'ai la même impression mais je n'ai pas besoin de toi sur cette enquête. »

Soudain, Hakim sort d'une pièce et s'arrête devant nous. Mon ami semble paniquer.

« Bonjour Jason. Désolé de ne pouvoir rester plus longtemps avec toi mais j'ai du boulot qui m'attend. »

Suite à cette phrase, Hakim s'éloigne pour entrer dans une seconde pièce dont plusieurs voix s'échappent. Je décide de le suivre et mon idée s'avère payante.

Lieu :Pension Vanilos – Salle de vie.

Je me trouve à l'entrée de l'immense salle dans laquelle jouent tous les enfants vivants sous ce toit. Ce qui me frappe chez eux, c'est la crasse qui cache le véritable teint de leur peau. Leurs vêtements ne sont que de simples haillons et inévitablement, ce spectacle me bouleverse le cœur. De suite, les larmes me montent aux yeux.

« Est-ce que tout va bien Jason ?

- A ton avis Maxime ? »

C'est généreusement que je m'approche du premier petit garçon pour jouer avec lui. Là, je lève la tête vers le cousin de Michael.

« Maxime, tu veux vraiment m'aider ?

- Bien sûr.

- Dans ce cas, tu vas partir d'ici pour trouver mon cousin.

- Pour qu'il vienne dans ce pensionnat ?

- Oui. Dis-lui de prendre un bloc-notes et un stylo car je vais avoir besoin de lui. »

Maxime s'approche de moi et me donne la liste des enfants. Ensuite, il sort de la salle pour remplir la tâche que je viens de lui confier.

Lieu : Pension Vanilos – Devanture.

Maxime sort de la propriété lorsqu'il tombe sur Dany et Michael.

« Maxime, prononce le grand frère de Jeremy.

- Bonjour vous deux. Vous m'excuserez mais je n'ai pas beaucoup de temps à vous accorder. »

Maxime commence à partir lorsque son poignet est attrapé par une main. L'intuitif se retourne et voit que la personne qui le retient n'est autre que Dany.

« A quoi joues-tu Dany ?

- C'est plutôt à nous de te poser cette question.

- J'aide les enfants qui se trouvent dans ce pensionnat. Ils vivent dans une telle misère que je suis obligé de leur prêter main-forte.

- Depuis quand ressens-tu de la compassion pour les autres ? Demande Mika.

- Depuis que je suis ami avec Jason. »

Cette révélation déstabilise Michael.

« Tu plaisantes ?

- Du tout car je commence à mieux le connaître et je peux t'assurer que c'est un mec bien.

- Tu te trompes Maxime. Jason est un pervers et tu le sais tout comme moi.

- Faux. Si Jason tournait autour de Jeremy, c'est parce qu'il l'aimait sincèrement. D'ailleurs, ton frère acceptait doucement l'idée qu'il partageait les mêmes sentiments pour lui et malheureusement, tu es intervenu. Désormais, je vais tout faire pour aider Jason et Jeremy.

- Dans ce cas, tu ne fais plus parti de notre famille, crache Dany.

- Elle est belle, notre famille. »

Pour se retirer de la main de Dany, Maxime se paye l'audace de lui décrocher une sérieuse droite. Cela a pour conséquence de le libérer de cette étreinte contrainte.

« A bientôt les connards. »

Maxime quitte les lieux en courant. Michael s'approche alors de Dany.

« Dany, tout va bien ?

- Ne t'inquiète pas Michael. Il m'en faut beaucoup plus pour me calmer. Par contre, je vais être obligé d'appeler du renfort.

- Que veux-tu dire par-là ?

- Tu verras. »

Lieu : Quartier hlm – Immeuble n°1 – Marches.

Vincent et Rémi sont assit sur la plus haute de l'escalier extérieur appartenant à l'immeuble dans lequel réside la mère d'Alexandre. Pendant qu'ils discutent de choses et d'autres, Maxime arrive à l'horizon. Rémi le remarque et se lève aussitôt.

« Vincent, c'est moi ou c'est Maxime ? »

Vincent se lève à son tour et se rend à l'évidence.

« Tu as raison Rémi, c'est bien Maxime. Que vient-il faire dans les parages ? »

Aussi bizarre que cela puisse paraître, Maxime vient trouver les jeunes hommes.

« Salut vous deux. Savez-vous où je pourrais trouver Aurélien s'il vous plait ?

- Désolé mais nous ne l'avons pas encore vu. » Répond Rémi.

14 H 00

Lieu : Pension Vanilos – Salle de vie.

Je suis toujours avec les enfants lorsque mon cousin arrive.

« Jason, Maxime est venu me trouver en me disant que tu avais … »

Aurélien est dans l'incapacité de finir sa phrase. La pauvreté des enfants qui m'entourent le bouleverse énormément.

« Comme c'est horrible.

- Je sais et c'est pour cette raison que je t'ai fait appeler. As-tu le bloc-notes et le stylo comme Maxime te l'a demandé ?

- Oui.

- Très bien. Voici la liste que je veux que tu rédiges. »

Aurélien sort le bloc-notes et le stylo de la poche droite de son pantalon. Quelques secondes plus tard, mon cousin est prêt.

« Ecris ce que je te dicte. Tout d'abord, tu vas contacter les associations qui vendent des vêtements d'enfants à prix bas. Ensuite, tu en feras autant pour leur trouver des jouets ludiques ainsi que des livres. Tu as bien tout noté ?

- Oui.

- Et pour finir, tu passeras prendre ma carte bleue et je t'autorise à dépasser les mille euros pour les habits et mille euros supplémentaires pour les jouets.

- Entendu. »

Aurélien range son bloc-notes et son stylo.

« Autre chose Aurélien.

- Oui.

- Si jamais je découvre ce qui se passe ici et que le directeur est impliqué, je te promets de tout faire pour le mettre sous les verrous et prendre sa place.

- Tu veux gérer ce pensionnat ?

- Si l'occasion se présente, oui. Maintenant, va faire ce que je t'ai dit.

- Bien. »

Aurélien sort de la salle pour exécuter mes ordres. Là, un petit garçon s'approche de moi pour me poser une question.

« Monsieur, c'est vrai que tu vas devenir notre nouveau directeur ?

- Je vais tout faire pour l'être et je te promets une chose. Très bientôt, tu auras de nouveaux vêtements ainsi que des jouets.

- C'est quoi des jouets ?

- Tu le sauras bien assez tôt mais une chose est sûre, c'est que tu aimeras. Toutefois, il faut garder tout ça secret.

- Toi aussi tu aimes les secrets ?

- Cela dépend. Pourquoi me dis-tu cela ?

- Parce que Stanislas adore les secrets.

- Et tu veux m'en parler ? »

Suite à cette question, le petit garçon semble embarrassé. Je sens qu'il se passe quelque chose dans ce pensionnat et que certains enfants sont gardés au silence. Je vais tout tenter pour gagner leur confiance afin de les sortir de cette misère.

« Comment tu t'appelles ?

- Matéo Monsieur.

- Moi, c'est Jason. Enchanté de faire ta connaissance Matéo. »

Je présente ma main pour saluer Matéo comme s'il s'agissait d'un adulte. L'enfant me salue correctement, ce qui m'étonne. Tout à coup, Hakim arrive dans la pièce dans le but de distraire les enfants.

« Hakim, cela fait longtemps que tu travailles ici ?

- Non et pour ta gouverne, sache que je suis stagiaire.

- D'accord. Depuis quand as-tu intégré ce pensionnat ?

- Depuis mon retour du Maroc.

- Ok et sais-tu si d'étranges évènements ont lieu ici ?

- Et comment.

- Peux-tu m'en parler ?

- Plus tard car je ne veux pas que cela arrive aux oreilles de Stanislas.

- Entendu. »

Lieu : Quartier hlm – Immeuble n°3 – Devanture.

Kévin sort du hall d'entrée appartenant à l'immeuble numéro trois de l'ensemble h.l.m. Lorsqu'il pose ses pieds sur le bitume du trottoir, l'adolescent voit Trébor venir vers lui.

« Bonjour Kévin.

- Bonjour Trébor. Si tu cherches Jason, sache qu'il n'est pas là.

- Tiens, comment se fait-il ?

- Je n'en sais strictement rien et j'avoue me poser beaucoup de questions.

- Pour quelles raisons ?

- Tu n'as pas besoin de le savoir. »

A cet instant, Nicolas, Jimmy et Benjamin arrivent vers les deux nouveaux amis.

« Bonjour Kévin. fit le premier, sais-tu si Jason est chez lui ?

- Désolé mais il est absent.

- Et tu sais où il est ?

- Non. »

Cette nouvelle attriste Benjamin qui baisse la tête pour cacher sa déception. Jimmy le remarque et tente de le rassurer.

« Ne sois pas triste Benjamin. Je te promets que tôt ou tard, tu feras sa connaissance.

- Je l'espère.

- Au fait, dit Kévin en s'adressant à mon fan, c'est la première fois que je te vois dans le quartier. »

Entendant cette constatation, Benjamin lève sa tête pour regarder Kévin.

« C'est exact et je me nomme Benjamin. Je suis un ami d'Hakim.

- Moi, c'est Kévin. »

Les deux adolescents s'échangent une poignée de mains en guise de salut. Lorsque Benjamin retire sa main de celle de Kévin, ce dernier lui pose rapidement une question.

« Puis-je savoir ce que tu veux à Jason ?

- Juste faire sa connaissance car j'ai appris qu'il habitait ici.

- Et pour quelle raison ? »

Nicolas sent que Kévin commence à se montrer jaloux. Il décide de venir en aide à Benjamin en s'adressant à mon petit ami.

« Si Benjamin veut faire la connaissance de Jason, c'est parce qu'il fait parti de ses fans. »

Cette nouvelle rassure mon mec.

« Tant mieux et je te prie de bien vouloir excuser mon attitude Benjamin. Je pensais que tu souhaitais voir Jason pour autre chose.

- Pour autre chose ?

- Oui. »

20 H 00

Lieu : Pension Vanilos – Salle de Vie.

La pendule de la salle de vie du pensionnat fait entendre son carillon. Je lève les yeux dans sa direction pour connaître l'heure qu'il est. Ses aiguilles indiquent vingt heures. A cet instant, le directeur arrive dans la salle.

« Les enfants, il est l'heure d'aller vous coucher. »

Un oui collectif s'élève de l'assemblée infantile. Les garçons arrêtent leur occupation et passent devant Stanislas pour rejoindre leur chambre respective. Lorsque Matéo arrive à hauteur de l'homme, ce dernier lui adresse quelques mots.

« Matéo. »

L'enfant s'arrête et se met à trembler, comme terrorisé.

« Oui monsieur le directeur.

- J'aimerais te voir dans mon bureau car j'ai appris que tu t'es mal comporté aujourd'hui. »

Je m'adresse à Stanislas pour défendre Matéo.

« Excusez-moi mais Matéo ne m'a pas quitté de la journée et je peux vous assurer qu'il a été adorable.

- Jason, J'apprécie beaucoup le fait que vous ayez passé la journée avec mes protégés mais en ce qui concerne leur bien-être, je me dois de remplir mon rôle.

- Mais ? »

Le directeur se désintéresse de moi pour s'assurer que Matéo viendra dans son bureau.

« Je compte sur toi.

- Oui Monsieur le directeur. »

A ce moment, Victorien se montre à mes côtés.

« Jason, il faut absolument que tu l'empêches d'être seul avec Matéo. »

C'est d'une voix basse que je lui réponds.

« Pourquoi me dis-tu cela ? Que se passe-t-il avec Stanislas ?

- Prend la liste qu'il t'a donnée et cherche mon prénom. »

J'élève la liste sous mes yeux et jette un coup d'œil sur tous les noms.

« Tu n'y es pas Victorien.

- Exactement.

- Jason ? »

Je lève mes yeux en direction de Stanislas.

« Oui.

- Pouvez-vous me remettre cette liste, s'il vous plait ?

- Bien sûr. »

Au moment où je lève la liste pour la remettre au directeur, le bout de papier subit une transformation. En effet, sa couleur passe du blanc neuf à un vieux jaune vraiment terne. Je ramène la liste sous mes yeux et regarde son contenu. De nouveaux prénoms se sont rajoutés dont celui de Victorien. A côté de ces prénoms, une mention « tué » est inscrit.

« Stanislas. Avant de vous remettre cette liste, j'aimerais vous poser une question.

- Laquelle ?

- Qui sont Victorien, Julien, Aidan… »

A l'entente de ces prénoms, l'expression de Stanislas change du tout au tout. Son visage exprime une certaine crainte. Moi, je continue l'énumération des défunts.

« Christopher, Jérôme, Timothée et j'en passe ? »

Là, je lève mes yeux vers le directeur. Ainsi, je remarque sa nouvelle apparence faciale.

« Stanislas, que se passe-t-il ?

- Comment sais-tu le prénom de mes anciens protégés ?

- Grâce à la liste que vous m'avez confiée.

- Impossible. »

L'homme m'arrache la liste des papiers et regarde son contenu.

« Où l'as-tu trouvé et c'est quoi ce mot qui se trouve à côté de leur prénom ?

- Justement, je pense que vous pouvez répondre à cette question.

- Que veux-tu insinuer ? »

Stanislas me regarde avec des yeux rageurs.

« Je pense tout simplement que vous n'êtes pas exclu de toutes ces mystérieuses disparitions.

- Tu n'as pas de preuve.

- C'est vrai mais je sais que j'en trouverais, tôt ou tard. »

Se sentant menacé, l'homme m'ordonne de quitter le pensionnat.

Lieu : Pension Vanilos – Devanture.

Je quitte la propriété tout en restant devant le portail que je viens de refermer. Là, je ne peux m'empêcher de regarder la demeure dans son ensemble.

« Comment vais-je faire pour le coincer ? »

Suite à cette question, je vois un losange minéral relié à une petite chaîne se tendre sur ma droite. Je me tourne et vois Aurélien.

« Aurélien.

- J'ai l'impression que tu as besoin d'un petit coup de mains ?

- C'est exact. Ton pendule a trouvé quelque chose ?

- On dirait. Que dirais-tu de braver la loi qui interdit la violation de propriété ?

- Je pense qu'elle n'est pas applicable pour certaines situations. »

J'ouvre une nouvelle fois le portail pour faire mon entrée sur la propriété de la pension. Naturellement, Aurélien me suit en se laissant guider par son pendule.

Lieu : Maison des parents d'Hakim – Chambre d'Hakim.

Hakim est rentré chez ses parents après une dure journée au sein du pensionnat. L'adolescent est assit sur la tête de son lit et est en compagnie d'Anthony, Vincent et Benjamin. Ce dernier est toujours aussi triste.

« Arrête d'être triste Benjamin. lui adresse l'arabe, si tu n'as pas vu Jason aujourd'hui, c'est sûrement parce qu'il avait de bonnes raisons.

- Oui mais lesquelles ?

- Personne ne peut le savoir à part Jason, bien sûr. se manifeste mon ancien petit ami.

- Et de toute façon, son emploi du temps lui permet de rester le plus souvent dans les parages. » renchérit Vincent.

23 H 00

Lieu : Pension Vanilos – Propriété – Entrée de la cave.

Le pendule d'Aurélien nous a menés jusqu'à l'entrée d'une cave qui était dissimulée à l'arrière du pensionnat, sous un tas de branchages. Me doutant de ce que nous allons découvrir, j'ai demandé à Aurélien de quitter l'endroit et de trouver Trébor. Désormais, je suis seul face aux portes closes de la cave. En concentrant mon ouïe, je peux entendre des bourdonnements provenant de l'intérieur.

« Courage Jason. m'insufflai-je. Si tu arrives à le faire coincer, c'est la vie d'une vingtaine de garçons que tu sauveras. »

C'est avec cette motivation que j'attrape les poignées des deux battants dans mes mains. Là, je tire dessus et j'ouvre l'accès. De suite, une armée de mouches s'échappe de la cave pour se disperser à l'air libre. Cependant, un bourdonnement persiste à l'intérieur. Je descends les marches et j'entre enfin dans la cave.

Lieu : Pension Vanilos – Cave.

Lorsque mes pieds sont sur le sol poussiéreux de la cave, je cherche un interrupteur de ma main droite. Dès que la lumière apparaît, je jette un coup d'œil rapide dans l'intégralité de l'endroit. Devant moi, rien. Sur ma gauche, un petit mur en bois. C'est de ce côté que le bourdonnement se fait plus audible. Je me dirige vers cette direction et découvre une forme étrange recouverte d'une immense paillasse. De temps en temps, le carré de matière bouge à certains endroits. A ce moment, je remarque une légère odeur de putréfaction provenant de ce mystérieux tas. D'une main, je me pince les narines et de l'autre, soulève la paillasse. Le spectacle que je découvre alors me remue l'estomac et me manque de me faire défaillir. En effet, des cadavres d'enfants sont entassés les uns sur les autres et se font dévorer par des asticots. Pour le bourdonnement, plusieurs mouches se promènent sur les cadavres pour y pondre leurs œufs. Je relâche la tapisserie et recule de plusieurs pas.

« Si je ne te tue pas, on pourra dire que tu auras vraiment de la chance, Stanislas. »

Soudain, Victorien se montre face à moi, me faisant sursauter.

« Navré de t'avoir fait peur mais c'est très urgent. Matéo est dans le bureau de Stanislas et est en train de subir les mêmes sévices que moi.

- Quoi ?

- Regarde derrière toi. »

Je me tourne et constate la présence d'une seconde porte au fond de la cave.

« Où mène cette porte Victorien ?

- C'est un passage secret qu'utilise Stanislas lorsque les enfants se montrent trop dangereux.

- Dangereux ?

- Oui. Lorsqu'ils font des fugues pour dénoncer ses agissements.

- Le salaud. »

Je me dirige vivement vers la porte et l'ouvre sans rencontrer la moindre difficulté. Là, je vois les marches d'un escalier qui monte. Avant d'entamer son ascension, je regarde Victorien.

« Peux-tu me retrouver de l'autre côté de cet escalier Vic ?

- Oui mais dépêche-toi. »

Je ne perds pas davantage de temps pour m'engouffrer dans ce tunnel entièrement sombre.

Lieu : Pension Vanilos – Bureau de Stanislas.

Stanislas est sur son siège. Devant lui, le petit Matéo. Ce dernier est en pleurs et il ne lui reste plus que son slip en guise de vêtement. Les autres habits reposent sur le sol. De son côté, le directeur caresse le garçonnet.

« Arrête de pleurer Matéo. Si tu veux devenir un homme plus tard, tu es obligé de passer par-là.

- Je sais mais je n'aime pas. »

Cela n'empêche pas l'homme de poursuivre ses mauvais gestes.

Lieu : Pension Vanilos – Tunnel souterrain – Fin.

Je monte toujours les marches dans l'obscurité totale. Soudain, je me heurte à un obstacle. De mes mains, je devine ses contours en les passants sur sa surface lorsque ma paluche droite croise une tige en fer largement recourbée.

« A mon avis, c'est la porte qui dissimule l'entrée de ce tunnel. »

J'attrape correctement la poignée et l'abaisse. C'est vivement que je pousse la porte pour faire irruption dans la pièce.

Lieu : Pension Vanilos – Bureau de Stanislas.

La lumière qui éclaire l'endroit m'aveugle le cours d'un instant. Lorsque je retrouve ma vue, Stanislas est face à moi, les mains posées sur le corps partiellement nu de Matéo. Suite à mon intrusion dans la pièce, le directeur retire ses membres et se lève de son fauteuil.

« Jason, puis-je savoir ce que tu fais ici ?

- A ton avis ? J'ai enfin réussi à trouver les preuves de ta perversité et avec ce que je suis en train de voir, ton cas vient de s'aggraver.

- Pauvre idiot. »

Stanislas s'avance vers moi en tentant de m'impressionner par sa carrure.

« Je n'ai pas pour habitude de reculer à chaque fois que j'entreprends quelque chose.

- Ben voyons. »

Pour lui prouver la vérité de mes dires, je glisse mes mains sous mon polo. Là, je sors mes saïs dont je dirige les pointes vers le directeur. Voyant mes armes, Stanislas arrête d'avancer.

« Tu n'oserais pas t'en servir ?

- Bien sûr que si. Matéo.

- Oui Jason.

- Prends tes affaires et retourne dans ta chambre. Là, tu t'habilleras et ensuite, tu iras réveiller tous tes copains.

- Pourquoi faire ?

- Pour les garder dans ta chambre en attendant les gendarmes qui viendront vous sauver. Tu es d'accord ?

- Oui.

- Dans ce cas, ne perds pas de temps. »

Le garçonnet hoche positivement de la tête avant de ramasser ses vêtements. Ensuite, il contourne le bureau pour éviter de passer près de Stanislas. D'ailleurs, ce dernier le remarque.

« Où vas-tu Matéo ? »

L'enfant s'immobilise sous la voix grave du directeur. Bien sûr, Matéo ne peut répondre car tout est confus dans sa tête. Stanislas en profite pour causer davantage de trouble dans son esprit infantile.

« Matéo, je suis toujours le directeur, n'est-ce pas ?

- Oui.

- Ne l'écoute pas Matéo. coupai-je, lorsque Stanislas sera en prison, je te promets d'être ton nouveau directeur.

- Et tu me toucheras toi aussi ?

- Surtout pas mon grand. Maintenant, va réveiller tes copains. »

Matéo commence à se diriger vers la porte qui mène au couloir principal du rez-de-chaussée lorsque Stanislas se fait entendre.

« Désolé Matéo mais tu ne vas nulle part. »

L'homme de couleur se dirige à la hâte vers l'enfant. De suite, je plie mon coude droit et quelques secondes plus tard, Stanislas n'avance plus. Il tourne sa tête sur sa gauche et voit un de mes saïs planté dans le mur. Matéo profite de ce moment d'inattention pour sortir de la pièce. Désormais, me voilà seul avec le directeur.

« Maintenant, je vais pouvoir te punir comme il se doit. » lui dis-je.

Stanislas s'empare de mon saï et retire la lame du mur.

« Parce que tu crois que je vais me laisser faire ? »

Là, l'homme me pointe de ma propre arme.

« Navré mais tu ne feras jamais le poids contre moi Stanislas.

- C'est ce que nous allons voir. »

Le directeur s'avance vers moi en fendant l'air avec l'aide du saï. Je recule par petits sauts, ne pouvant m'empêcher de sourire.

« C'est bien ce que je disais, tu ne fais pas le poids. »

Je passe mon arme de ma main gauche à celle de droite. A cet instant, j'attends que Stanislas s'amuse avec le frère jumeau de mon saï pour tournoyer sur moi-même. Lorsque je suis devant lui, je lève mon poing gauche sans jeter le moindre regard derrière mon dos. Ma main fermée rencontre son visage et la force du coup le fait reculer. Dès que je me retourne, celui-ci porte sa main libre sur son nez. Entre ses doigts, du sang s'échappe. Soudain, des sirènes se font entendre au loin.

« Ton règne s'arrête ici, Stanislas.

- Non car tu plongeras avec moi.

- Je ne pense pas. »

Je m'approche du directeur et lui transperce le poignet avec la lame de mon arme. Bien sûr, je n'ai pas frappé un poignet au hasard. Celui que je viens de transpercer portait mon second saï. C'est avec un cri de douleur que mon ennemi lâche mon arme que je ramasse aussitôt. Ensuite, je m'empresse de les ranger sous mon polo.

« Bonne fin de journée, Stanislas. »

La porte de la pièce s'ouvre sur des gendarmes qui entrent les uns après les autres. L'un d'eux vient vers moi.

« Que faîtes-vous ici Patrick ?

- Nous avons été contactés par un certain Hakim.

- Hakim ?

- Oui. D'après lui, tu sauras nous expliquer la raison de notre présence.

- Effectivement. Le directeur qui est parmi nous se livrait à des perversités sur les enfants dont il avait la responsabilité. D'ailleurs, je vous conseille de demander à certains de vos hommes de sortir d'ici pour faire le tour du pensionnat. Là, ils tomberont sur des portes qui mèneront à une cave dans laquelle reposent des cadavres. »

Suite à cette révélation, Stanislas baisse son visage. L'indication que je viens de fournir à Patrick est son arrêt judiciaire. Le chef de l'escadron s'adresse à l'un de ses sbires.

« Eric, prend des hommes avec toi et va jeter un coup d'œil à l'arrière de ce pensionnat. Si les dires de Jason sont exacts, fais-le moi savoir.

- A vos ordres chef. »

Lieu : Pension Vanilos – Devanture.

Hakim se tient devant le portail qui ferme l'accès à la propriété du pensionnat. Avec lui, Nicolas, Sylvain et Joris.

« Désormais, les enfants qui résident dans ce pensionnat arrêteront de souffrir. libère le stagiaire.

- Tu peux être fier de toi Hakim. prononce Nicolas.

- Je partage son avis.

- Et je me joins à Nicolas et à Joris. »