Affaire n°12.

Le lundi 12 février 2008.

Le baptême.

03 h 00.

Ville :18 – C62 – V29.

Lieu :Mon appartement – Ma chambre.

Une nouvelle journée arrive et elle est encore loin de commencer pour la plupart des gens qui réside dans cette ville. Pour moi, elle va débuter dans quelques minutes bien que je l'ignore encore. Actuellement, je dors tranquillement dans mon lit. Tout à coup, j'entends frapper contre la porte d'entrée de mon appartement. Pour les premiers coups, je fais mine de dormir profondément, tout en espérant que le visiteur partira. A la deuxième vague, je décide de me lever.

Lieu : Mon appartement – Porte d'entrée.

J'allume le plafonnier du couloir et avance jusqu'à la porte d'entrée. Là, je tourne la clef dans la serrure et ouvre l'issue. Lorsque je connais l'identité de mon visiteur, je suis dans l'incapacité de bouger.

« Je sais que ma présence t'étonne mais sache que cela ne me fait pas plaisir également. »

De suite, je retrouve ma rage vis à vis de ce mec qui me dégoûte vraiment.

« Je n'ai pas envie de te parler Michael. Si tu as un problème, va trouver quelqu'un d'autre. »

Je referme la porte mais Michael la bloque à l'aide de son pied droit. Ce geste est celui de trop. J'ouvre ma porte en grand et me dirige droit sur Michael. Une fois face à lui, je le pousse violemment à l'aide de mes deux mains. Le jeune homme tombe sur le sol et met beaucoup de temps pour se relever. Peut – être que le coup de la surprise y est pour quelque chose. Sans me soucier de son état, je retourne à l'intérieur de mon appartement et referme la porte après mon passage. Bien sûr, je la ferme à double tour.

Lieu : Mon appartement – Ma chambre.

Je retourne dans ma chambre une fois après avoir éteint le plafonnier du couloir. Je traverse la pièce en direction du lit lorsqu'une voix connue m'arrête.

« Jason !

- Que veux-tu Stéphane ?

- J'ai besoin de te parler d'un détail vraiment important.

- Cela me concerne ?

- Et comment ! »

Pendant que je pose mon postérieur sur le bord de mon lit, Stéphane me pose une question.

« Te souviens-tu de ce qui s'est passé dans la salle d'audience du tribunal des marchands ?

- De quoi veux-tu parler ?

- Du cours du temps qui a été figé.

- Je m'en souviens très bien.

- Dans ce cas, tu ne seras pas surpris de savoir que c'est toi qui as arrêté le temps.

- Quoi ? »

Là, je ne peux m'empêcher de regarder le défunt droit dans les yeux.

« Tu plaisantes Stéphane ?

- Face à une telle situation, sache que la réponse est non. Ce don que tu possèdes en plus des autres se nomme la projection.

- Et ça marche comment ?

- Tu penses très fort à quelque chose pour qu'il puisse se matérialiser et se produire, c'est aussi simple que cela.

- Ce pouvoir sera-t-il assez puissant pour vaincre cette entité que j'ai fait fuir ?

- Si tu parles de ton combat d'hier, la réponse est oui.

- Super. Je pourrais protéger Jeremy comme je le désirais et de cette façon, mon rêve ne se réalisera jamais.

- C'est ce que je te souhaite. »

Pour mettre un terme à cette conversation, je m'allonge sur mon lit. A cet instant, j'attrape mes couvertures pour recouvrir mon corps et tourne ma tête vers Stéphane.

« Merci de m'avoir prévenu mais j'aimerais continuer ma nuit, si c'est possible.

- Bien. »

Le fantôme disparaît pour mon plus grand plaisir. J'attrape l'interrupteur de ma lampe de chevet pour éteindre la lumière. Quand celle-ci n'est plus diffusée, je m'allonge correctement pour retourner dans les bras de Morphée.

Lieu : Immeuble n°3 – Devanture.

Michael sort du hall de l'immeuble dans lequel je réside et descend le petit escalier extérieur.

« Alors ? »

Le grand frère de Jeremy s'approche de Ludovic qui l'attendait.

« Laisse tomber. Il n'est pas encore prêt à faire une croix sur tout ce mal que je lui ai fait. Dans un sens, je ne peux lui en vouloir car son comportement est normal.

- Ne t'inquiète surtout pas Michael, j'irai le voir dans la journée et je promets que je discuterais du cas de ton cousin.

- Merci Ludovic. »

Ludovic remarque que Michael est peiné par l'accueil que je lui ai réservé. Mon partenaire de combat décide de lui faire changer les idées.

« Cela te dit de boire un verre dans ma caravane ?

- Avec plaisir.

- Dans ce cas, je vais te demander de me suivre. »

Les deux garçons descendent du trottoir et se dirigent doucement vers la sortie principale du quartier.

Lieu : Pension Vanilos – Hall d'entrée.

La porte d'entrée du pensionnat s'ouvre sur une silhouette de taille moyenne. C'est Hakim qui arrive dans le bâtiment. Une fois dans le hall, le Marocain se retourne sur lui-même pour refermer tranquillement l'issue. Soudain, l'adolescent entend un bruit. Il quitte alors la porte et s'avance dans le couloir sur la pointe des pieds. Au bout de quelques pas, le garçon arrive à la hauteur d'une entrée appartenant à la salle de vie.

Lieu : Pension Vanilos – Salle de vie.

Hakim entre dans la grande pièce et distingue une ombre accroupie devant un fauteuil.

« Que fais-tu ? »

La silhouette tourne sa tête, dévoilant ainsi son identité.

« Julien ? »

L'enfant se lève et range une petite boîte dans l'unique poche de son pantalon de pyjama. Ensuite, le garçonnet cherche à s'enfuir mais Hakim se montre plus vif en l'attrapant.

« Où vas-tu comme ca ?

- Lâche-moi !

- Hors de question, Julien. »

Hakim glisse sa main dans la poche du pyjama et en sort la boîte.

« Une boîte d'allumettes ? »

Là, l'enfant parvient à se libérer en mordant le stagiaire au poignet. Julien s'éloigne de quelques pas et toise méchamment Hakim du regard. Toutefois, le Marocain souhaite obtenir des réponses.

« Puis-je savoir comment tu t'es procuré cette boîte d'allumettes ?

- Je ne te le dirais pas.

- Très bien. J'irai voir Jason cet après-midi pour tout lui expliquer et le connaissant, je suis sûr qu'il ne te laissera pas sortir de ta chambre.

- Pour toute la journée ?

- Oui. »

Cette réponse fait réfléchir Julien.

« D'accord. Je veux bien tout te dire et sache que j'ai trouvé cette boîte dans la cuisine.

- Très bien et pourquoi étais-tu devant ce fauteuil ?

- Parce que je voulais mettre le feu.

- Et pour quelle raison ?

- Parce qu'il est revenu/

- De qui parles-tu Julien ? »

Hakim s'approche du jeune garçon et pose ses genoux sur le plancher en bois de la salle. C'est naturellement qu'il prend Julien dans ses bras dans le but de le réconforter.

« Ne pleure pas mon grand car tu sais très bien que plus personne ne te fera du mal.

- Si.

- Dans ce cas, si tu veux qu'on te protège correctement, tu dois me dire qui est revenu. »

Entre deux sanglots, l'enfant trouve le courage de prononcer le prénom qui lui fait tant peur.

« Stanislas. »

Suite à ce prénom, Hakim sent une rage monter en lui. Cependant, il le dissimule pour ne pas faire peur à son jeune protégé et décide de lui poser d'autres questions.

« Il est venu ici ?

- Oui.

- Pourtant, tu devrais savoir que Stanislas est enfermé dans une cellule de prison.

- Je sais mais il est ici, parmi nous.

- A mon avis, tu as fait un cauchemar. Maintenant, retourne te coucher s'il te plait. »

05 H 00

Lieu : Mon appartement – Ma cuisine.

Aussi étrange que cela puisse paraître, je n'ai pas réussi à dormir très longtemps. A peine deux heures pour être précis. Actuellement, je suis assis face à ma table de cuisine, buvant paisiblement une tasse de café bien chaud. Lorsque je porte ma tasse à mes lèvres, des frappements contre la porte d'entrée de mon appartement se font entendre. C'est légèrement énervé que je repose la tasse sur la table et que je me lève de ma chaise.

« Visiblement, il n'a pas comprit. »

Je sors de la pièce pour me rendre dans le couloir.

Lieu : Mon appartement – Porte d'entrée.

J'ouvre la porte et tombe nez à nez avec Jeremy. Voyant ses blessures au visage, je m'inquiète de suite.

« Jeremy ?

- Bonjour Jason. Excuse-moi si je viens te déranger mais j'ai besoin de te parler.

- Bien sûr, entre.

- Merci. »

Jeremy entre dans mon appartement suite à mon invitation. Une fois à l'intérieur de chez moi, je prends soin de fermer l'issue et me tourne vers mon ancien petit ami.

« Que t'est-il arrivé ?

- Je me suis fait agresser par Dany.

- Quoi ?

- Oui. Mon cousin s'est vengé sur moi, armé d'un poing américain.

- Le lâche. Cela te dit de m'en parler un peu plus autour d'une tasse de café ?

- Avec plaisir.

- Dans ce cas, je t'invite à entrer dans ma cuisine.

- Merci. »

Jeremy quitte en premier le couloir au profit de la cuisine.

Lieu : Mon appartement – Ma cuisine.

Mon ancien petit ami se tient à l'entrée de la pièce pendant que je le devance dans le but d'aller lui servir une tasse de café. Dès que je suis devant la cafetière, je lui adresse ces quelques minutes.

« Tu peux t'asseoir si tu veux, je ne vais pas te manger. »

Jeremy s'exécute en prenant la place qui se trouve face à la mienne. Quelques secondes plus tard, je reviens auprès de lui pour poser la tasse sous son nez.

Lieu : Maison de Joris – Cuisine.

Joris vient de se lever. Pourquoi ? Parce que dans deux heures, il doit se rendre au pensionnat Vanilos pour prendre son poste. C'est dans un état d'extrême excitation que le jeune homme est attablé, buvant sa tasse de café. Toutefois, l'adulte n'est pas seul. En effet, il a invité Nicolas à venir passer la nuit chez lui et c'est ensemble qu'ils se sont levés à la même heure.

« Tu es drôlement vif ce matin. D'habitude, tu marches au radar lorsque tu sors de ton lit.

- C'est parce que je suis pressé de prendre mon poste.

- A ce point ?

- Oui. »

Joris avale la totalité de son café d'une traite. Ensuite, il se lève de sa chaise et s'empresse d'aller laver sa tasse dans l'évier de la pièce.

« En tout cas, je te remercie de m'avoir invité à passer la nuit chez toi.

- Tu n'as pas à remercier car je trouve normal d'inviter ses amis de temps en temps. Surtout que dorénavant, j'en aurais sûrement plus trop l'occasion.

- Quelles sont tes horaires pour aujourd'hui ?

- Je commence à sept heures pour finir à treize heures. Plus tard, je reprends à vingt et une heures pour terminer le lendemain matin.

- Ton planning est très chargé pour ta première journée de boulot.

- C'est normal parce que je remplace Trébor.

- Quoi ? Trébor est déjà absent ?

- Oui mais ce n'est pas de sa faute. La gendarmerie l'a monopolisé toute la journée pour lui offrir un pot de départ.

- D'accord. »

Joris a fini de laver sa tasse et commence à l'essuyer. Soudain, une information lui traverse l'esprit et il juge bon d'en parler à son ami.

« Au fait, pourras-tu transmettre ce message à nos amis ?

- Bien sûr. »

Nicolas ouvre grand ses ouïes pendant qu'il porte sa tasse aux bords de ses lèvres.

« Voilà. Jason souhaite que l'un de nos camarades occupe la nouvelle place qu'il propose au sein du pensionnat. »

Suite à cette révélation, Nicolas repose la tasse sur la table.

« Quel genre de poste ?

- Celui de secrétaire.

- D'accord. Dès que je verrais nos amis, je leur transmettrais le message.

- C'est génial. Merci Nicolas.

- De rien. »

Nicolas se lève de sa chaise et apporte sa tasse à Joris qui ne perd pas une seule seconde pour la laver. Dès que la petite tache ménagère est finie, les deux garçons décollent.

Lieu : Mon appartement – Ma cuisine.

Ma conversation se poursuit avec Jeremy.

« C'est pour cette raison que ton frère est venu me voir très tôt dans la matinée ?

- Oui et d'après ce que j'ai comprit, tu l'as très mal reçu.

- Effectivement. Je pensais qu'il venait me voir simplement pour m'attirer des ennuis, comme à son habitude.

- Jason, je sais que tu ne vas pas me croire mais mon frère a beaucoup changé sur le plan mental.

- Explique-toi ?

- Il aimerait me voir redevenir ton petit ami.

- Quoi ? »

Cette nouvelle me laisse bouche bée. Jamais je n'aurais cru que Michael pouvait se ranger de notre côté. Lui qui a tant participé pour défaire ce couple que je formais avec son petit frère, à l'époque. Pourtant, ma vigilance me tient sur mes gardes.

« C'est bizarre mais j'ai l'impression que cela cache encore un mauvais coup.

- Je peux te jurer que non, Jason. »

Tout à coup, j'entends la porte d'entrée de l'appartement s'ouvrir et se refermer. Des pas se font audibles et quelques secondes plus tard, Kévin apparaît à l'encadrement de la cuisine.

« Kévin, que viens-tu faire ici ?

- Te faire une surprise mais visiblement, ma visite te dérange.

- Bien sûr que non. »

Sans prévenir, Kévin quitte l'encadrement et sort de mon appartement. Je me lève en catastrophe de ma chaise et court après mon petit ami pour le rattraper.

Lieu : Immeuble n°3 – Hall d'entrée.

C'est sous le hall d'entrée que j'arrive à rattraper Kévin par son poignet droit.

« Lâche-moi !

- Pas tant que je me serais expliqué.

- Tu perds ton temps Jason. »

Kévin se tourne pour me faire face. Là, je remarque que des larmes perlent aux bords de ses yeux.

« Kévin ?

- Je pensais que tu dépenserais ton énergie à défendre notre couple vis à vis de Jeremy et j'ai bien fait de passer à l'improviste car de cette façon, je sais maintenant que tu es le pire des hypocrites. »

Suite à cette insulte, je donne une gifle à Kévin. Ce geste malheureux a pour conséquence de tendre davantage notre relation. Résultat, Kévin libère violemment son poignet de ma main.

« Je suis navré Kévin mais je ne suis pas un hypocrite De plus, il faut que tu saches que si Jeremy est venu me trouver, c'est parce qu'il s'est fait agresser par Dany.

- Je m'en fous. »

Mon petit ami sort du hall par l'immense porte d'entrée, me laissant seul.

Lieu : Mon appartement – Ma cuisine.

Jeremy ignore complètement ce qui vient de se passer entre Kévin et moi. En ce moment, mon ancien petit ami a son portable plaqué contre son oreille gauche. A l'autre bout du fil, son frangin.

Conversation téléphonique : Jeremy – Michael.

« Je pense qu'il est d'accord pour nous filer un coup de mains.

- Bonne nouvelle. Je savais par avance qu'il accepterait de nous écouter si c'était toi qui te présentais, surtout dans l'état dans lequel tu te trouves.

- Michael, qu'allons-nous faire pour comprendre Dany ?

- Pour l'instant, je n'en sais rien. La seule chose qui faut espérer, c'est qu'il ne croise pas Rémi pour s'allier avec lui.

- Tu penses qu'il en serait capable ?

- Avec ce qu'il t'a fait, oui. »

La porte d'entrée de mon appartement se fait entendre.

« Je vais devoir te laisser car Jason revient.

- Entendu. Tiens-moi au courant lorsque ta visite sera terminée. »

Lieu : Mon appartement – Ma cuisine.

Lorsque je suis de retour dans ma cuisine, j'ai le temps de voir Jeremy ranger son portable dans la poche de son pantalon.

« Excuse-moi Jeremy mais je vais te demander de partir. Sans le vouloir, j'ai crée un énorme problème dans mon couple et j'ai besoin d'être seul pour rattraper le coup. »

Jeremy se lève de sa chaise et s'approche de moi. Lorsqu'il me fait face, l'adolescent me caresse la joue droite du revers d'une de ses mains.

« Arrête Jeremy.

- D'accord. »

Lieu : Appartement d'Anthony – Salon.

Anthony a veillé toute la nuit car il tient absolument à présenter ses plus belles photos concernant chacun des membres éducatifs du pensionnat pour la publication du journal mensuel de la mairie. Cependant, le photographe n'est pas seul car Vincent et Benjamin sont venus le rejoindre dans le courant de la nuit. Actuellement, toutes les photos reposent sur la grande table de la pièce et Anthony ne sait lesquelles choisir.

« Tu as besoin d'un coup de main Anthony ?

- Non mais c'est gentil de le proposer.

- Tu es sûr ?

- Puisque je te le dis. »

12 H 00

Lieu : Quartier hlm – Immeuble n°3 – Devanture.

Je suis sur le trottoir bordant la seule route du quartier. A mes côtés, Cyril. Ce dernier arbore plusieurs pansements sur ses bras et son visage.

« Je te félicite Cyril d'avoir été à ton travail malgré ton état de santé.

- Je n'ai aucune félicitation à recevoir. Par contre, il va être temps qu'on retrouve Rémi pour le punir comme il se doit. »

Je regarde Cyril et constate que ses yeux expriment que de la sincérité et une certaine détermination.

« Cyril, il faut que tu saches que Jeremy a également été victime d'une agression.

- Rémi ?

- Non, c'est Dany.

- Quoi ? »

Cyril n'en croit pas ses oreilles. Soudain, il repense à sa matinée de travail et juge important de m'informer d'un certain détail.

« Jason, il faut que je te dise quelque chose.

- Je t'écoute.

- Hakim est passé au pensionnat cette nuit et il a trouvé Julien essayant de mettre le feu à l'un des fauteuils de la salle de vie.

- Quoi ?

- Oui. Autre chose, Julien prétend avoir vu Stanislas au sein de la pension.

- Un cauchemar ?

- C'est ce que nous pensons Hakim et moi mais ce n'est pas le cas.

- Comme c'est curieux. As-tu contacté la prison dans laquelle est enfermé Stanislas ?

- Oui et le gardien m'a juré que ce dernier ne bouge pas de sa cellule. En plus, il paraît que c'est un gros dormeur.

- Comment un homme aussi actif que lui peut passer la plupart de ses journées à dormir ?

- J'avoue que cela m'a beaucoup étonné.

- Jason ! »

Michael arrive vers moi, en compagnie de Sylvain et de Jimmy.

« Alors, vos recherches ont donné quoi ?

- Dany n'est pas chez lui et cela va faire plusieurs heures qu'il n'est pas rentré. Son absence commence à inquiéter mon oncle et ma tante.

- Jason, doit-on continuer nos recherches ?

- Non.

- Dans ce cas, que faisons-nous ?

- Pour le moment, il faut rester prudent en espérant que Dany retournera chez ses parents. »

Soudain, les feuilles des arbres se secouent violemment. Manifestement, un vent plutôt fort vient de se lever. Bien sûr, mes amis le remarquent.

« Ils avaient annoncé du vent à la météo ?

- Pour aujourd'hui, non. »

Le vent arrive sur nous et lorsque son souffle me caresse le visage, je suis balayé par une force incroyable. Là, je tombe sur le sol et suis traîné sur plusieurs centimètres. Avec le frottement du bitume contre le tissu de mon polo, au niveau du dos, des flammes commencent à naître. Bien sûr, à cause du choc, j'ai perdu connaissance.

« Vite, il faut aider Jason. »

Michael fonce sur moi pendant que Cyril, Jimmy et Sylvain retirent leur tee-short. Dès que le grand frère de Jeremy est à mes côtés, il s'empresse de me mettre à plat ventre pour que mes amis étouffent les débuts de foyer. Quelques secondes plus tard, tout danger est écarté. Michael me retourne sur le dos et me prend dans ses bras.

« Réveille-toi Jason ! »

Aucune réponse positive venant de ma part. Au même moment, Cyril entend la porte d'un hall d'entrée s'ouvrir. Il tourne son visage et voit Alexandre sortir de l'immeuble dans lequel se trouve l'appartement de sa mère.

« Je ne vais pas te louper. »

Sans prévenir nos amis, Cyril fonce en direction du Portugais. Bien sûr, ce dernier ne l'a pas remarqué.

« Pourquoi Cyril fonce sur Alexandre ?

- Des rumeurs racontent que c'est Alexandre le véritable responsable de l'agression de Cyril. »

17 H 00

Ville : 18 – C19 – V14.

Lieu : Clinique de la ville – Premier étage – Chambre d'Alexandre.

Alexandre est allongé sur un lit d'hôpital. Son visage présente plusieurs plaies qui lui ont été causé par Cyril. Cependant, Alexandre est conscient et semble très content de nous voir autour de son pieu. Je dis "nous" parce qu'on est plusieurs. Michael est présent, ainsi que Vincent, Nicolas et Victorien, un ancien collègue de Trébor. D'ailleurs, ce dernier tient un bloc-notes dans une main et de l'autre, un stylo.

« Franchement, je ne sais pas ce qu'il lui a prit. »

Suite à cette phrase, Michael décide d'intervenir.

« Tu es sûr de ne pas savoir la cause de cette agression ?

- Non. »

Cette question posée intrigue Victorien.

« Michael, pourquoi as-tu posé cette question à Alexandre ?

- Parce qu'il te ment depuis le début de cette interrogation.

- Tu es sérieux quand tu dis cela ?

- Oui.

- Faux. »

Au tour de Vincent de se mêler de la conversation.

« Dis-moi Alexandre ?

- Oui Vincent ?

- Puis-je savoir de quelle façon tu t'es procuré cette console de jeux qui se trouve dans ta chambre ?

- Avec l'argent de poche que me verse ma mère.

- C'est étrange.

- Quoi ?

- Je suis allé rendre une petite visite à Cécile hier matin pour en avoir le cœur net.

- Pour en avoir le cœur net ?

- Oui et ta mère m'a affirmé qu'elle était complètement étrangère à ta soudaine fièvre acheteuse. »

Alexandre baisse son visage, sachant qu'il vient de se faire coincer. Soudain, Nicolas décide de tout avouer.

« Si Cyril s'est vengé sur Alexandre, c'est uniquement parce que ce dernier l'a balancé à Rémi. »

Le Portugais ne proteste pas. Victorien comprend alors que le jeune homme est sur le point de tout révéler.

« Victorien ?

- Oui Jason ?

- Personnellement, je n'ai pas besoin de connaître les motivations qui ont poussé Alexandre à conclure un tel acte. De plus, je dois retourner sur mon lieu de travail car mes protégés vont se demander où je suis encore parti.

- D'accord. »

Victorien range son bloc-notes et son stylo dans la poche droite de son pantalon. Ensuite, le policier détache la paire de menottes qui se trouvait sous sa ceinture et l'utilise pour maintenir Alexandre attaché sur son lit.

« Voilà. A plus tard Alexandre.

- A plus tard Victorien. »

Je suis le premier à sortir de la chambre d'hôpital suivi de très près par Nicolas. Michael est le troisième et lorsque le tour de Vincent arrive, nous sommes très étonnés de ne pas le voir bouger.

« Vincent ?

- Excuse-moi Jason mais même si je n'approuve pas le comportement d'Alexandre, il reste mon cousin.

- Je comprends.

- Je te tiendrais au courant de ce qui se décidera.

- Entendu. »

Victorien sort de la pièce et referme la porte sur le visage attristé de Vincent.

Lieu : Couloir de l'hôpital.

Nous commençons à marcher vers la sortie de l'étage lorsque Victorien se fait entendre.

« Franchement, je me demande ce qui se passe actuellement dans la tête de nos jeunes. Alexandre, Rémi, qui sera le prochain ?

- Dany.

- Dany ? Qu'a-t-il fait ?

- Il a agressé mon frère avec un poing américain et depuis ce geste malheureux, il demeure introuvable.

- De mieux en mieux. Voudras-tu venir au commissariat pour déposer une plainte contre ton cousin ?

- Oui, aussitôt que nous serons rentrés.

- Très bien. »

Lieu : Voiture de Victorien – siège passager.

Voilà ! Cela fait déjà quelques minutes que nous sommes sur la route qui doit nous mener à cette petite ville dans laquelle nous vivons tous. Victorien est au volant alors que je suis assis à ses côtés, sur le siège passager. Derrière nous, Michael et Nicolas.

« Jason .

- Oui Victorien ?

- Quand envisages-tu de passer ton permis de conduire ?

- Quand j'aurais le temps, ce qui n'est pas le cas actuellement. »

Soudain, le visage de Stéphane apparaît sur une partie du pare-brise. Bien sûr, c'est sur mon côté que le défunt a jeté son dévolu. Pour participer à la conversation sans éveiller le moindre soupçon, je sors mon portable d'une des poches de mon pantalon. Là, je fais mine d'appuyer la touche verte du combiné et le porte aussitôt contre mon oreille gauche.

« Oui ?

- Jason, il vient de se passer une chose vraiment horrible et je crains pour ta sécurité.

- Que veux-tu dire ?

- J'aurais préféré t'en parler ailleurs mais il faut absolument que tu sois sur tes gardes.

- C'est bon, accouche !

- Très bien. Rémi et Dany viennent d'être enrôlés par l'entité maléfique.

- Quoi ? »

Sous le coup de la surprise, je laisse mon portable m'échapper des mains. Ma réaction inquiète Victorien.

« Jason, que se passe-t-il ? »

Aussi étrange que cela puisse paraître, j'entends la voix de Victorien mais de loin. Pour l'instant, c'est l'annonce que vient de me faire Stéphane qui me trou le cul. D'ailleurs, le défunt se montre très soucieux des jours à venir, pour ma situation.

« Qu'envisages-tu de faire face à eux ? »

De suite, je me penche en avant pour ramasser mon portable et ni une, ni deux, je poursuis la conversation.

« As-tu évalué leur puissance ?

- Jason ?

- Quoi ? »

Je libère ce mot sèchement.

« Te rends-tu compte de l'endroit où tu te trouves actuellement ?

- Oui mais ne t'inquiète surtout pas.

- Si tu le dis. »

Stéphane laisse écouler quelques secondes avant de répondre à ma question précédente.

« Pour l'instant, leur puissance individuelle est à la limite du risible. Par contre, ils ont eu pour consigne de s'entraîner chaque jour et je crains le pire pour ton futur.

- Je trouverais un moyen pour leur barrer la route.

- Ce qu'il te faut surtout, c'est éveiller un exorciste.

- Oui mais où le trouver ?

- Justement, aucune énergie ressemblant à celle d'un exorciste se trouve dans notre ville.

- Comment vais-je faire ?

- Je ne sais pas mais il existe un autre problème.

- Dois-je m'accrocher ?

- De préférence. »

D'instinct, je m'enfonce un peu plus dans le siège passager.

« Vas-y !

- Rémi a reçu l'ordre de se charger personnellement de Kévin pendant que Dany s'est vu transformer en roi vampire.

- Ce n'est pas possible ?

- Si et son adversaire attitré n'est autre que…

- … Ludovic.

- Exact. Ton ennemi a décidé d'emprunter un corps mortel pour les mener à la victoire.

- Je ne sais pas pourquoi mais je sens que tu vas m'annoncer une nouvelle encore plus excellente que la précédente.

- A toi de voir. Ton ennemi vient de prendre possession du corps de Marek. »

Suite à cette avalanche de nouvelles, mes nerfs lâchent. Des larmes s'échappent de mes yeux pour s'écouler le long de mes joues.

« Ce n'est pas possible ? »