Le silence des larmes

« Comment je suis arrivée dans cette forêt? J'en sais rien.

Comment je me suis retrouvée les fesses dans la boue à prier tout ce qui pourrais me sauver la vie? J'en sais rien non plus.

Mais la plus grande question qui demeure est: Pourquoi ? »

J'ouvrais difficilement les yeux, j'avais mal au crâne, aux muscles, partout. Le noir régnais autour de moi, je ne voyais ni le soleil ni la lune pourtant, j'était dehors. Je posais mes mains au sol pour me maintenir, je sursautais presque en sentant l'herbe fraîche de la rosée sous mes doigts. Je frissonnais, il ne faisais pas chaud non plus, ma veste en jean n'offrais qu'une faible protection contre le froid. Mon regard fût attiré par un objet cylindrique sur ma droite, je le ramassais et en le palpant je me rendis compte qu'il avais une petite excroissance. J'appuyais dessus, une lampe torche, au moins je n'étais plus dans le noir et je pouvais avoir un bref aperçu de l'endroit où je me trouvais, une grande forêt sombre à l'air glacial se dressait autour de moi. La cime des arbres étant assez haute, je ne parvint pas à distinguer la lune mais je pouvais au moins voir cet oppressant ciel rouge s'étendre jusqu'à l'infini.

Je commençais à avoir peur, comment ai-je pu me retrouver dans un endroit comme ça?

Un frisson me parcourut l'échine comme un souffle glacial dans mon dos, je fis volte face pour ne voir qu'un grillage suffisamment haut pour me faire renoncer à l'escalader.

Parmi toutes les douleurs que je ressentais celle à mon avant bras droit était insupportable, un picotement comme si je m'étais coupée. Malgré le froid, je retirais ma veste et retroussais ma manche droite, le spectacle m'horrifia, une inscription était gravé à même le bras et du sang coulais le long de celui-ci:

« Meurt »

Rien de plus, je recouvris ma blessure de mon pull et remis ma veste, encore un de ces canulars pour faire peur au gens et les humilier en direct sur le net. J'allais jouer le jeu, et mettre un direct du droit à celui qui ma gravé ça sur le bras.

Je pointais ma torche en direction des sous bois, une légère brume y régnais:

-Charmant, annonçais-je pour moi seule.

Trois chemin en terre battue se dressaient devant moi, longer le grillage me semblant une mauvaise idée, je décidais d'opter pour la droite

Au début tout allais bien mais après quelques minutes je commençais soudainement à perdre tout espoir de sortir de cette forêt c'est comme si toute ma volonté s'était dissipée en l'espace d'un instant. Le froid devenant de plus en plus prenant me gela sur place, c'est toute tremblante que j'arrivais à un grand silo, il devait être là depuis longtemps vu l'état dans lequel il était, rouge de rouille et pour tout dire aucune parcelle de l'édifice n'a été épargnée par le temps ni par l'humidité omni présente de cette forêt. Je fis brièvement le tour et trouvais une étrange feuille de papier accrochée au silo rouge je la lu à voie haute:

-Ne regarde pas derrière toi.

Par réflexe je me retournais pour faire face à un arbre, je me suis remis à trembler comme tétanisée par ce bout de papier pourtant insignifiant, je l'arrachais vivement, le fourra rapidement dans ma poche et fis marche arrière pour retourner sur le sentier. J'entendis un craquement, fébrile je pointais la torche sur le lieu d'où provenais le son, une silhouette se dessinais dans la brume opaque à une dizaine de mètre entre deux arbre. Mon cœur se mit à battre la chamade j'espérais pouvoir sortir d'ici même si la taille de l'homme me pris au dépourvu mais je me dirigeais vers lui tentant de masquer mon stress:

-Si c'est toi qui m'a fichu dans cette forêt ne t'attend pas à une simple droite!

Quelque chose n'allais pas, je fût pris d'un soudain vertige comme si le sol s'effondrais autour de moi, mon bras droit se mit à me piquer encore plus fort, ma vue se brouilla et une migraine me lacéra le crâne. Je fermais les yeux et les rouvris, l'homme avait disparut en emportant tout mon malaise avec lui.

Je n'étais donc pas seul dans cette forêt, il fallait que je le retrouve pour qu'il m'indique la sortie mais bizarrement je n'avais aucune envie de le revoir ni de lui demander où se trouvais la sortie ce serais comme allez dans une eau pleine de requin et se couper les veines -du suicide quoi. Je repris ma route, un peu plus loin entre tout les bruissement de feuille et craquement de branche je ne tenais plus en place, sursautant à chaque grésillement ou bruit ne provenant pas de moi. Je levais les yeux au ciel à la recherche de la lune, mais celle-ci ne daignant pas se montrer je baissais les yeux. Je fis un bond et poussa un cris en voyant un rocher se dresser devant moi:

-Bon je dois me calmer et vite sinon je vais faire une crise cardiaque d'ici peu, plaisantais-je.

Même si au fond de moi j'avais peur et peu d'espoir de revoir la sortie je ne me découragerais pas pour autant et si ça ce trouve ce n'est pas un canular mais un enlèvement, après tout il y a des fous partout de nos jours.

En contournant le rocher je trouvais une seconde feuille, dessus était dessiné la silhouette d'un homme se tenant la tête et criant « non non non non non ». C'est la main tremblante que je l'arrachais du rocher et la rangea vivement dans ma poche. Comme si quelqu'un m'épiais je me retournais pour de nouveau faire face à cet homme étrangement grand. Certain détail qui m'avais paru obsolète précédemment me prirent par surprise, ses bras descendais au niveau de ses mollets ce qui est impossible, c'est alors que l'idée du canular me revins en mémoire « ça ne peut être qu'un déguisement ! »

Je m'approchais vers lui:

-Bon, ton petit jeu est fini. ça ne marche plus avec moi.

Rien, toujours pas de réponse, il jouais vraiment son personnage a fond ce type. Je commençais à m'impatienter:

-Bon tu te bouge et tu m'indique la sortie je vais pas passer ma nuit ici.

Pas le moindre mouvement ni même le bruit d'une respiration ne résonnais dans le bois, énervée je luis lançais ma lampe torche:

-ça t'apprendra à me prendre pour…

Je ne fini pas ma phrase, il avait disparut en un instant. Ma torche se retrouvait à rouler paresseusement devant un grand arbre devant lequel cet homme se tenait. Je couru la ramasser et balaya une courte zone du faisceau lumineux de la lampe, rien il avait disparut et pas un bruit ne résonnait. Je rigolais d'un rire nerveux:

-Pas de quoi s'inquiéter, ça doit être encore mon imagination débordante!

Ma lampe s'éteignit. Je paniquais « Bon sang ce n'est pas le moment ! » Je la secouais et la frappa de la paume désespérément jusqu'à ce qu'elle se rallume cependant la lumière avait baissée en intensité. Je devais me dépêcher avant de ne plus avoir de pile et me retrouver dans le noir le plus complet. Je relevais la tête a la recherche d'une éventuelle lune qui restait toujours invisible de là où je me trouvais:

-Pourquoi je ne suis pas chez moi entrain d'embêter mon chat et d'harceler ce pauvre Josh.

Je pleurais bien malgré moi, j'avais peur, je savais pertinemment que je ne trouverais pas la sortie avant le délai imposé par les piles de la torche.

Je me remis en marche bien contre mon gré, je voulais sortir d'ici rentrer et oublier toute cette histoire, mais plus le temps passais plus je me sentais oppressée par cette forêt tout sauf accueillante. J'arrivais sur une grande prairie dégagée qui semblait être le centre de la forêt, celle-ci était peuplé de long baril contenant un liquide inflammable d'après une étiquette collée sur un des conteneurs.

Je m'éloignais prudemment de cet endroit pour le moins dangereux, j'entrevis une bâtisse en brique rouge dénuée de porte et loin d'être accueillante. Malgré ça je serais à l'abris pour la nuit et demain je trouverais un moyen de sortir d'ici, après tout la nuit porte conseil. J'entrais dans le bâtiment sombre, il n'y avait aucun interrupteur pour une éventuelle lumière, les mur et le sol étaient étrangement carrelé on aurais dis une piscine mais sans lumière, sans eau et beaucoup moins peuplé. Quelque chose me disais de ne pas y entrer mais la perspective de passer une nuit au sec et à l'abris de toute sorte de bestiole me rassura. Une fois dedans une odeur que je connaissais mal me pris au nez, on aurais dit un mélange de renfermé et d'aliment dépassé depuis un bout de temps.

-J'espère que je vais pas trouver de cadavre ici, ironisais-je.

Tout un tas d'idée surgirent de mon esprit mais aucune ne semblait probable ou un tant soit peu raisonnable. Mon choix était fais j'allais a droite, plus j'avançais plus mon bras droit me lançais, un moment la douleur devient insupportable. Je continuais massant mon bras endoloris de ma main libre quand j'arrivais à une seconde intersection, un bruit a me glacer le sang résonna, il ressemblait à un craquement macabre suivis d'un succion et de nouveau le craquement retentis. Je pointais ma torche sur ma gauche pour découvrir cet « homme ? » agenouillé devant la dépouille d'un animal. Horrifié je mis ma main devant la bouche en reculant doucement priant pour qu'il ne m'ai pas vue, trop occupé a dévorer son repas il ne fis pas attention à moi jusqu'au moment où mon pied percuta dans une sorte de balle a la fois molle mais dure par la suite. Il amorça un lent mouvement pour se retourner tandis que mon deuxième pied marchais dans un liquide visqueux et nauséabond, sur le point de m'effondrer en larme je murmurais les seuls mots qui me vinrent en bouche:

-Mon dieu.

Ma phrase se perdit dans l'écho du bâtiment, j'apercevais cette « balle ». Elle avait des cheveux et des yeux, je détournais le regard pour fixer la chose en face de moi me lancer un sourire pervers, sans demander mon dût je fis volte face et me mis à courir à en perdre haleine, enjambant des troncs, zigzagant entre les arbres, me griffant dans les ronces, je ne voulais qu'une seule chose, m'éloigner le plus possible de ce dévoreur de chair.

C'est en nage que j'arrivais près d'un pick-up, à deux doigt de craquer je vis une feuille attaché à la portière:

« Il regarde toujours sans yeux »

Ce n'est pas un canular, un véritable monstre vis ici bon sang. J'ouvris la portière et fis tout mon possible pour tenter de démarrer sans les clefs, c'est en tripotant les câble que je sentis de nouveau mon bras me brûler. Je levais vivement la tête paniqué et vis cette « chose » s'approcher de moi à une vitesse irréelle, j'ouvris ma portière et me remis a courir épuisé, je lançais désespérément ma lampe derrière moi espérant faire mouche mais le seul bruit me parvenant était ma respiration saccadée. Je passais sous un long tuyau blanc et quand j'arrivais au bout le monstre se matérialisa devant moi, d'un bond je fis demi-tour er repartis en sens inverse reprenant ma course effrénée.

Au bout du compte j'était épuisé, vidé et je me retrouvais à pleurer dieu sais qui pour que quelque chose me sauve. Dos au grillage coincé entre plusieurs arbres, j'étais les fesses dans la boue, ma vessie m'avais lâché depuis bien longtemps et je reculais fébrilement en rampant à l'approche de cette « chose ». Je vis son visage macabre, une bouche avec des point de suture arraché couverte d'un liquide noir et rien de plus, pas d'yeux ni nez ni trait.

-Dis moi ce que tu veux, tue moi, mange moi mais arrête ça, le suppliais-je à genoux.

Mon bras me lacéra, une main glacée se posa sur ma joue me forçant à lever la tête, c'est de ce sourire pervers qu'il dit son seul et unique mot:

-Chut.

Fin.