CHAPITRE 2 : ACCIDENT

Je suis effondré. A peine eu-je posé mon postérieur sur ma chaise que ma tête s'effondra sur le bureau sous mon gémissement de désespoir. Ce que je pouvais-être fatigué….

Du coin de l'œil, je voyais Manon me faire signe de me relever au plus vite mais trop tard, la main du professeur Blackwood se poser sur mon bureau. Sa voix me parvint, froide et détaché et qui me fis grimacé. Lentement, je relevai le visage vers notre professeur de Mathématique pour voir qu'il ne me fixait déjà plus et qu'il écrivait sur le tableau en face. Je soupirai de soulagement mais avant que je ne puisse me retourner vers mon amie, je me fis couper par Blackwood.

_ Avant de crier victoire trop vite, Miss, je vous colle une heure pour inattention pendant mon cours. Fit-il intransigeant.

Et je replongeai ma tête dans le bureau, en proie au désespoir. Encore.

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L'heure sonna et je dus courir après Manon qui était déjà sorti de la salle pour la rattraper. Parfois, je me demande si elle ne me traite par comme son larbin… Bof, et comme dis mon père : Je n'en ai cure. De loin, je pu voir Steven s'avancer vers nous alors qu'il sortait de son cours de Français. 3 heure d'affilé…Programme de Première apparemment. Surtout que Monsieur Pear était aussi mou qu'un mollusque et maladroit comme un enfant de 5 ans. Je le plains, sincèrement.

_ Salut, les filles ! Vous avez entendu ce qui était arrivé à Jessica Linski ?

Son ton était grave, si sérieux que mon sourire s'effaça et mon visage se fit plus neutre. Manon, elle, avait l'air tout à fait désintéressé par la nouvelle. Disons qu'elle ne portait pas Jessica Linski dans son cœur. De plus, c'était l'ex petite-amie de Dan, son copain actuel. Depuis le collège, une vraie compétition se déroulait entre les deux filles. Celle qui aura la plus bonne note en classe, celle qui aura le meilleur petit-copain en premier ou encore celle qui s'habillera avec de plus beaux vêtements aujourd'hui…

Autant dire que je trouvais cela à la limite du pathétique. Et Manon connaissait mon point de vue sur cette petite guerre sans intérêt.

Mais à présent que Manon lui avait volé Dan, Jessica faisait profil bas rejetant les prétendant avec autant de violence qu'elle le pouvait. C'est-à-dire avec son regard le plus noir et une réplique bien méchante. Jessica avait la puissance des mots. Et ne s'en privait pas pour l'utiliser.

_ Non et tu sais quoi Steven ? On s'en fout. Rétorqua Manon d'une voix agacée.

Je ne pris pas la peine de dire qu'en fait, moi, je ne m'en foutais pas. Steven soupira et se tourna vers moi, ignorant de ce fait Manon qui curieusement, avait froncé les sourcils.

_ Elle est à l'hôpital. Apparemment, elle serait dans le coma.

Pour le coup, Steven avait toute notre attention et l'expression auparavant irrité de Manon était cette fois inquiète pour sa rivale de toujours.

_P-pourquoi ? Que c'est-t-il passé ?

Ma voix bégayante fit sursauter Manon avant que celle-ci ne disparaisse derrière un couloir menant aux toilettes des filles. Ce doit être un vrai choc pour elle…

Steven et moi la suivîmes du regard avant que mon ami ne parle :

_ On ne sait pas. Personne ne sait, apparemment elle se serait fait attaquer dans la rue hier soir en rentrant chez elle mais ça, c'est ce que les rumeurs disent.

_C'est vraiment horrible…

Steven me fit un sourire triste et résigné puis posa sa main sur ma tête avant d'ébouriffer mes cheveux sous mes grognements indignés :

_ Le monde est parfois bien horrible Lili.

La cloche sonna tandis que nous partîmes chacun de nos côtés après s'être salué. En route pour le cours d'histoire.

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Quand les parents apprirent pour Jessica, ils en furent troublés et effrayés. Ils doivent se demander si cela ne serait pas mieux pour leur « petite » fille de la retirer de l'établissement. Bien sur je leur ai coupé l'herbe sous pied en défendant mon opinion et en assurant qu'il n'y aucune raison de me changer du lycée en sachant que Jessica s'était fait attaquer en dehors du bâtiment.

Dans ma chambre et allongé sur mon lit, je sorti mon journal.

Cher journal

C'est encore moi. Aujourd'hui, nous venons d'apprendre que Jessica Linski à eut un accident. Elle s'est fait attaquer. Par qui ? Nous n'en savons rien, le réseau d'information restant très limiter au lycée.

Je ne connais pas vraiment Jessica, je sais seulement que c'est la rivale de Manon. En fait, je ne lui jamais vraiment parlé. Sauf peut être un jour où j'étais en retard en cours. Je l'avais bousculé dans les couloirs nous faisant tombés par terre. J'avais relevé la tête dans l'intention de m'excuser quand le l'ai vu, ses cheveux bruns encadrant son visage et des larmes striant ses joues. Son mascara avait coulé et son regard azur était rougi par les pleurs. Elle s'est rapidement relevée puis après un regard noir et une réplique bien sentie, elle s'en est allée en courant. Je n'en ai jamais fait part à Manon. Elle serait bien capable d'aller la voir et de lui rire au nez. Même si Jessica était une petite peste, elle ne méritait tout de même pas l'humiliation suprême. Le fait qu'elle fut dans le coma depuis hier me tourmente et je me sens inquiète. Quand Manon était revenue des toilettes pour entrer dans notre salle de cours, j'ai bien vu ses yeux rouges. Cela me fait autant de peine et j'avais été troublé. Cela lui faisait si mal ? Se sentait-elle coupable de toutes les crasses qu'elles avaient bien pu se faire ?

Je n'avais jamais vu Manon pleurer. Elle était bien trop fière pour cela.

Salut, au plaisir de pouvoir encore écrire dans ce calepin à la fourrure rose, à ma plus grande horreur et à la plus grande moquerie de mes amis. Heureusement que ma famille n'est pas au courant où j'aurai déjà vu mon journal déchirait par les plus grands soins de Julien et des railleries incessante de Derek et de Victoria.

Lili

Je reposai mon journal où il était et me précipita vers mon téléphone qui affichait un message de Manon.

_ Désolé pour cet aprèm, j'ai un peu péter les plombs.

Je lui répondais que ce n'était rien et lui demanda si elle allait mieux.

_ Oui, un peu.

Et pendant tout le restant de la journée nous nous envoyâmes des tonnes de messages, riant de choses futiles sans évoquer Jessica Linski.

J'entendis ma mère qui m'appelait d'en bas afin de l'aider pour éplucher les pommes de terre du diner. J'en fis part à Manon par message et elle me répondit qu'elle me reverrait demain en cours. Nous nous saluâmes et je partis vers les cuisines.

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_ Non Alice ! Ne coupe pas les tomates ainsi ! cria ma mère à l'autre bout de la cuisine.

Une fois de plus, je soupirai et me demandai si maman allait bientôt arrêter de me reprocher ce que je faisais au moindre petit détail qui ne lui plaisait pas du tout. Quelques minutes plus tôt, c'était « Nan Alice ! Tu épluche mal les patates » ou encore « ah mes pauvres carottes, tu les assassines ! » Comment pouvait-on mal épluchait un légume ? Y avait-il une notice quelque part pour cela ?

_ Si tu trouve à chaque fois quelque chose qui va pas dans ce que je fais, pourquoi tu continue à me demander de l'aide ? Répliquai-je alors, refoulant ma colère sous une bonne couche de tics nerveux qui agitait mon visage.

Ma mère leva les yeux au ciel tout en marmonnant dans sa barbe pendant quelques minutes avant de finalement me regarder :

_ Pour te préparer à devenir plus débrouillarde ma fille !

Je haussais un sourcil, sceptique alors que maman se replongeait dans son saladier.

_ Ce n'est pas plutôt parce que tu avais besoin de quelqu'un pour t'aider à faire la conversation ?

Elle me fusilla du regard et se détourna. Ma mère était connue comme étant un vrai moulin à parole alors que mon père était du genre calme et serein. Quand j'étais plus petite, j'avais demandais à mes parents comme ils s'étaient rencontrés et comme ils s'étaient aimés.

_ Un merveilleux coup du hasard ma chérie. Tu dois savoir que ton père et moi, nous ne sommes pas tombé amoureux l'un de l'autre tout de suite ! Il aura fallu plusieurs années pour nous réunir ! Quand j'étais plus jeune, je détestais ton père. Il était comme ton frère : Charmeur, dragueur et un véritable cancre à l'école. Moi, j'étais plus calme et réfléchis mais j'avais tout un tas de préjugés. Maintenant que j'y pense, j'étais plutôt arrogante. Avait-elle dit en rigolant.

J'avais 8 ans à cet instant. Je croyais encore au prince charmant et savoir que mes parents ne s'étaient pas aimés dés la première secondes qu'ils s'étaient vus m'avait refilé une petite dépression. Et puis au final, j'ai compris que les coups de foudre n'existaient pas et que l'histoire de mes parents était autant merveilleuse qu'une histoire dans un livre de conte. J'avais imaginé ma mère avec un air hautain du même style que Jessica Linski et cela me faisait rire. Mon père en dragueur invétéré me filait la frousse et pendant plusieurs semaines, j'avais regardais mon père d'une autre façon.

Ma mère avait l'air de trouver cela très drôle alors que papa s'inquiétait pour moi. Une fois que maman avait raconté que j'avais écouté le récit de leur jeunesse, il avait émit un rire bref et m'avais pris dans ses bras puis dit :

_ Ne t'inquiète pas pour ça Alice. J'aimerai toujours ta mère même si à l'époque ce n'était pas encore le cas. Je serais toujours là ma petite Lili.

Je revins au présent quand ma mère passa une spatule devant mon visage avec un air interrogateur sur le visage. Je lui souris et elle déclara :

_ Je te trouve trop souvent dans la lune ces derniers temps…c'est un garçon ? fit-elle la voix surexciter comme un enfant de 10 ans.

Parfois, je me demande laquelle était plus mâture entre elle et moi.

_ Non maman. Je repensai à quelque chose.

Elle hocha la tête un peu déçu et je partis vers le salon tandis que ma mère finaliser le dîner. Je pris la télécommande tout en me demandant si un jour, moi aussi j'aurai droit à cette romance qu'avait eu mes parents dans leur jeunesse.

Je soupirai. Ce n'est pas pour toute suite en tout cas.