Et voici une nouvelle histoire ! ^^ pour ceux qui ont déjà lu Voyage, ce sont les mêmes persos ^^ Leïs et Gaby.

Bien qu'ici, Leïs soit un peu moins... Humain x) mais ça va s'arranger.

Cette idée me trottait dans la tête depuis un moment (ainsi que nombreuses autres reprenant mes persos pref U_U) et à court de temps, j'avais demandé à ma soeur de l'écrire, ce qu'elle n'a jamais fait, et comme je tenais à avoir cette histoire écrite, j'ai commencé, même si je n'ai pas encore terminé Voyage (ce qu'il faut que je fasse d'ailleurs)

Voici donc le prologue, il ne se passe pas grand chose (voir rien) et c'est très doux et tranquille par rapport au rythme souvent animé de mes autres histoires, mais je voulais être sûre de bien placer le quotidien de Gaby en place avant de démarrer avec les choses sérieuse ;)

Et comme ceci est bien évidemment du yaoi (ceci est aussi un warning pour ceux qui n'aimeraient pas... x) quittez cette page, il s'agit ici de relation homosexuelles entre hommes) ils ne s'en sortiront pas sans un ou deux lemon ^^


Dog's days

- Bonne journée monsieur !

- Oui, oui, bonne journée.

Un pied dans une chaussette grise poussa le cadre de la porte pour l'ouvrir, la jambe à laquelle il était relié portait un jean clair un peu grand tombant sur des hanches fines et pâle, à peine dissimulé par le haut noir qui remontait sur le ventre, sûrement à cause des bras levés portant un lourd carton, ne laissant voir plus que des mains blanche, et au dessus une paire d'yeux gris balayés par des mèches noires.

- M'nerve, grommela le jeune homme d'une vingtaine d'année en posant son colis sur la table, ça fait deux semaine que j'attends ce colis et tout ce qu'il me sort c'est « une signature ? » et « Bonne journée monsieur ! », rah les gens !

Il arracha l'étiquette surmontant le carton, sur laquelle on put lire un court instant « Gabriel Dware, 11 chemin… » avant qu'elle ne trouve sa place dans la poubelle.

Il sortit enfin le contenu de son paquet et brandit un superbe livre de collection.

- Et voilà ! L'intégrale des Rougon Macquart, je n'arrive pas à croire que je ne les avais toujours pas. C'est une honte à la mémoire de Zola… Je vais les mettre à côté de Balzac.

Il posa le premier tome sur la table de sa cuisine avant de porter avec difficulté son carton et le reste des livres jusqu'à la bibliothèque.

Ouvrant la poignée du coude, un soupir de contentement s'échappa de ses lèvres en regardant sa pièce bien fournit.

Des livres.

Partout.

Les grandes étagères de bois vernies croulaient sous les romans, les mémoires, les nouvelles, les recueils...

- Vous au moins vous êtes sympa, lâcha-t-il à ses livres en rangeant ses dernières acquisitions, parce que je commence à en avoir un peu marre des gens… Et du reste du monde en fait.

Asocial ?

Oui, absolument, parfaitement, totalement asocial, c'était le mot décrivant le mieux Gabriel Dware, vingt et un ans et un mètre soixante-quatre.

Et si on se demande s'il y a une raison particulière à cela, une enfance malheureuse, un physique ingérable, un corps difforme dans une société superficielle comme la nôtre, une intelligence limité qui lui aurait valu des moqueries ou…

Et bien il n'y avait pas de raison, Gabriel avait eu une enfance normale, était intelligent et malgré sa petite taille, sa fine musculature se devinait sous son haut noir et ses traits élégants, ses yeux en amande et sa peau pâle le faisaient être tout sauf laid.

Non, Gabriel n'aimait simplement pas les gens.

Il avait pour cela trouvé une sympathique maison reculée au fond d'un village de campagne, sur un petit chemin comportant onze maisons assez éloignées les unes des autres.

Il était bien sûr dans la onzième, ainsi personne ne passait jamais devant chez lui polluer sa tranquillité.

Certes, il était chiant, mais pas méchant, le jeune homme avait beau se sentir exaspéré –et le montrer– après seulement quelques minutes passées en compagnies de ses semblables, il restait gentil… Quelque part… En cherchant bien.

Un aboiement résonna dans une pièce adjacente.

- Leïs ? Tu as faim mon chien ?

Ah, voici la preuve vivant qu'il reste un peu d'humanité au fond du cœur du brun.

Son chien.

La seule créature vivante qu'il supportait, hormis les plantes, était son chien.

Ce n'était même pas qu'il le supportait, puisque s'il supportait quelque chose, c'était le reste de l'humanité, il devait bien leur parler et faire avec eux, même s'ils étaient très très énervants.

Il adorait son toutou, son bébé d'amour, sa grosse boule de poile, son bébé chien…

Il y a de ces personnes qui parfois changent radicalement de comportement face à certains semblables… Gabriel en faisait partie.

Il était chiant, exécrable, râleur, il n'aimait personne, il tirait toujours la tronche…

Et avec son chien… Il devenait une guimauve, un tas gluant de bons sentiments, de câlins, de bisous, de mots d'amour.

Il était déjà installé depuis quelques années dans sa maison, et il avait entendu un bruit monstre pas loin de son portail, il s'était dépêché de s'y rendre, heureux à l'idée de pouvoir hurler sur une ou deux personnes pour évacuer son stresse de la journée, et il s'était retrouvé face à une montagne de déchets renversés, et une grande benne à ordure retournée qui remuait de façon étrange.

Un gémissement s'était échappé de la poubelle.

Nous l'avons dit, Gabriel avait beau être un asocial, il n'était pas méchant.

Avec toute la force que lui permettait sa musculature présente mais guère entretenue, il avait soulevé et repoussé la benne, laissant s'échapper un Golden Retriever dont la couleur de poil était… Non identifié.

Avisant les côtes saillantes de l'animal, il l'avait ramené chez lui et avait appelé la SPA, qui lui avait demandé s'il pouvait nettoyer et nourrir l'animal avant de leur amener à une adresse dite.

Il ne prit pas sa voiture ce jour-là.

Ni le suivant.

Et aucun des jours qui suivit ne le vit se diriger vers la SPA.

Après lavage, il s'était avéré que l'animal était ce qu'on appelait doré, ses longs poils presque blonds étaient si doux, que Gabriel en avait aussitôt fait sa bouillote-couette-coussin-peluche officielle.

Et le chien avait l'air plus que ravi.

Ramant pour trouver un nom pour son chien, et ne voulant pas aller sur internet, il avait demandé à sa nièce –la famille, il supportait encore– un nom, et celle-ci accro à un personnage d'animé japonais s'appelant Ciel, lui avait proposé le nom de son personnage préféré à l'envers : Leic.

Mais de l'autre côté du combiné, Gabriel l'avait orthographié Leïs, sans comprendre le rapport avec le manga, et ainsi fut nommé son chien.

Posant soigneusement le dernier volume à sa place, le jeune homme sortit de ses pensées et retourna dans sa cuisine où son chien aboyait joyeusement devant sa gamelle, il sortit le paquet de croquette et en versa une quantité un peu plus importante que la norme dans le récipient.

- Voilà pour toi !

Il se pencha en avant et déposa un baiser sur la tête de Leïs et observa son regard pétillant alors que le chien semblait aviser la quantité de nourriture.

- T'es vraiment bizarre tu sais… Souffla-t-il en se redressant.

Ses yeux étaient verts.

D'un vrai vert profond, et les quelques recherches qu'il avait fait sur internet à ce sujet ne lui avait pas appris grand chose, à part que les Golden Retrievers n'avaient pas les yeux verts, certaines races avaient, dans certains cas, les yeux bleus, et parfois vairons s'ils avaient une tache sur l'œil, mais pas vert, où alors seulement sur les photos prisent au flash.

Si ça se trouve mon chien est une photo qui s'est détachée de son papier... Pensa-t-il avec humour avant de s'affaler sur une chaise et récupérer posé sur la table La Fortune des Rougon, le premier volume de la série de Zola.

Il attrapa son téléphone relié aux hauts parleurs de la maison et lança sa playlist préférée, chantonnant les paroles de la chanson en tournant les pages de son livre.

Il était si bien là, son chien dans la pièce, sa musique dans les oreilles et son bouquin à la main, sans personne pour le déranger…

C'était le pied d'être écrivain, il n'avait à supporter que son éditeur qui ne le harcelait guère puisqu'il mettait un point d'honneur à toujours finir ses livres avant la date limite.

Une parfaite petite vie de parfait petit asocial.

Dès que Leïs eut fini de manger, il se rapprocha de son maître et se roula en boule juste sous ses pieds, par réflexe, Gabriel retira ses chaussettes de ses orteils pour les plonger dans la douce et chaude fourrure de l'animal, lui caressant le dessus des oreilles d'un mouvement régulier.

Si l'humain avait été un animal, il aurait été un chat et aurait ronronné de plaisir.

Son après-midi se déroula dans une monotonie affligeante, comme il les aimait, son chien le suivant à la trace partout où il se déplaçait dans la maison, car si Gabriel était fou de son bébé poilu, Leïs éprouvait une adoration totale pour son maître, le lâchant à peine, grondant tous ceux qui, trop exaspérés par le caractère exécrable de Gabriel, s'énervaient contre lui, léchouillant la moindre plaie qui apparaissait sur le corps de son maître, lui sautant dessus les rares moments où il avait le malheur de s'absenter de chez lui.

Posant son livre sur le comptoir, le brun s'étira longuement en observant le soir tomber, dévoilant son ventre blanc, ventre rapidement recouvert d'une léchouille de son chien, ce qui chatouilla le jeune homme.

- Mais arrête, je ne suis pas de la nourriture, idiot.

Il se leva et lui donna un coup de pied taquin.

- T'es un peu blond hein, lâcha-t-il, heureux que personne n'ait entendu sa pitoyable tentative de jeu de mots, et en plus je crois qu'on dit doré dans ton cas.

Il se dirigea vers sa salle de bain, mais lorsqu'il passa à côté de sa fenêtre, avisant le coucher de soleil qui s'installait sur la campagne, colorant les arbres et enflammant le ciel, il ne put résister et sortit sur sa terrasse, se calant contre le mur pour mieux observer le doux déclin de l'astre. Enregistrant le moindre détail de ce spectacle qu'il connaissait déjà par cœur, le gardant dans un coin de sa tête pour le ressortir un jour dans un de ses livres.

Bien évidemment, Leïs s'installa à ses côtés, et les lumières changeantes des rayons perçant presque à l'horizontale coloraient la robe de l'animal d'un feu incroyable, laissant sa silhouette élégante se découper sur le paysage s'assombrissant.

Ce qu'ignorait le jeune homme, c'est que les lumières de la soirée ne se contentaient pas d'illuminer son chien, mais dansaient sur sa propre peau, accentuant les ombres de son visage et enflammant ses yeux mercures, et le maître comme l'animal étaient en admiration devant la beauté frappante de l'autre sous ce coucher de soleil, au fond de la campagne silencieuse.

Lorsque tout fut sombre et que le froid picota les bras nus du brun, il se décolla de son mur d'un mouvement de hanche, se laissant porter jusqu'à sa douche, profitant de la douceur et du silence de la soirée, l'esprit dans le vague.

Lorsqu'il en sortit, frissonnant sous le changement thermique entre la brûlure de l'eau et la fraîcheur de sa maison, il se dépêcha de se rouler en boule sous sa couette, souriant lorsqu'il rencontra une masse chaude dans ses draps.

- Je t'ai autorisé à monter dans mon lit peut-être ? Grogna-t-il pour la forme en passant ses bras autour de l'animal, plongeant son visage dans sa fourrure et se collant encore un peu à lui pour profiter de sa température, plus haute que celle d'un humain.

L'animal n'eut même pas la décence d'avoir l'air contrit et lui lécha le visage à la place.

- Parfois j'ai vraiment l'impression que tu comprends tout ce que je te dis, toi… Je me demande à quoi tu penserais si tu étais un humain… Ce serait cool quelque part, grommela-t-il, déjà à moitié endormi.

Et quelque part dans le ciel, un étoile brilla plus fort que les autres.


Et voilà ! ^^ ça vous a plu ? je ne sais absolument pas si ça va être long ou court, même si je prévoyais quelque chose de simple sans un milliard de rebondissement, alors surtout dîtes moi ce que vous en pensez ! J'ai malheureusement une affreuse tendance à abandonner quand je ne reçois pas de commentaires (Cf Voyage, que je ne continue à écrire que lorsque je suis motivée par une review x))

Et en passant, je n'aime pas mon titre, j'espérais que vous pourriez me conseiller ;)

Et ne vous inquiétez pas si vous vous êtes ennuyé pendant ce prologue... C'est un prologue ;) il ne me sert qu'à poser la base de mon histoire ^^

Au prochain chapitre ?