Après une longue absence de publication, je reprends petit à petit en commençant avec cette histoire-ci.

Je vous le rappelle, ceci est une version « premier jet » non retravaillée ni rien… Alors soyez indulgent )

Bonne lecture !

CHAPITRE 3

— On ne peut pas rentrer maintenant !

— Ouais ! Il va nous tuer sinon !

— Je ne veux pas finir comme l'autre !

— Ouais !

— Oooh ! Vous allez arrêter de vous plaindre tous les deux !?

— Mais Zora…

— Pas de mais ! Retrouvons ce maudit sceptre et plus vite que ça !

Les trois acolytes farfouillèrent encore dans les buissons. Depuis le début d'après-midi, ils n'avaient cessé de chercher dans le moindre centimètre carré aux alentours du crash. Cela n'avait pas été si facile que ça avec les pompiers et policiers qui officiaient près de celui-ci, tentant vainement à déterminer la cause de ce désastre. Mais heureusement pour les Ants, la nuit, les hommes abandonnaient leur travail.

Un silence s'installa, uniquement dérangé par les petits cris d'animaux effrayés ou par le bruit des feuillages qu'ils secouaient. Puis, l'un d'eux demanda à sa sœur :

— Dis, Zora… Tu crois que…

— Non.

— Mais comment…

— Est-ce que tu vois une catastrophe autour de toi ?

Elle leva les bras pour montrer la plaine dévastée qui les entourait. L'incendie avait ravagé cette partie de la forêt ; tout avait brûlé, ne laissant qu'une terre de buissons saccagés et d'arbres morts. Juste après la fin du travail des policiers, pompiers et autres artisans venus constater les dégâts et proposer diverses solutions d'amendements, Zora et ses frères vinrent immédiatement inspecter la zone. Chaque recoin de la forêt, dans les kilomètres à la ronde, avaient été examiné par leur bon soin… En vain, malheureusement.

— Si cela avait été le cas, il ne resterait plus rien !

Elle éleva sa voix grave, effrayant quelques oiseaux nocturnes à la recherche de leur diner. Devant l'évidence, ses frères approuvèrent cette constatation d'un hochement de tête et se remirent au travail. En effet, si la Créature avait été libérée, la forêt entière aurait été décimée, puis le pays, voir même le monde ! Et cela n'aurait pas passé inaperçu.

Zora regarda ses frères qu'elle côtoyait depuis trois ans maintenant. Son image pensive se réfléchit sur la brassière en métal que portait Rydal, son aîné ; présent offert par leur père pour son fils héros de chasse - elle servait surtout à accueillir les faucons de chasse qu'il élevait. Appartenant au peuple des Nivdals, elle en avait tous les traits caractéristiques : cheveux roux flamboyants et hirsutes, petits yeux noirs, lèvres quasi-inexistantes et les éternelles cornes - signe que leur peuple descendait de ligne directe du Dieu Vodas, Dieu de la Chasse, qui lui-même en portait quatre, chacune de la taille d'un avant-bras d'un adulte. Comme tous les Nivdals, ses frères lui ressemblaient, à l'exception près où elle avait un petit nez en boule - signe distinctif de la femelle -, et que son frère aîné s'était rasé le crâne. Elle était la plus intelligente et la plus cruelle des trois, menant toujours leurs missions. Son cadet, Bouza, était le plus chétif - cependant plus robuste que la plupart des hommes de par ses origines nivdalloises -, mais connaissait des sorts de magie très puissants appris à l'époque où leur père encore en vie enseignait la magie à ses disciples. À cette époque, Rydal ne pensait qu'à la chasse - comme la plupart des hommes de sa tribu -, tandis que Zora cherchait un but dans sa vie. Quand elle rencontra Darkös il y a cinq ans de cela, elle en tomba immédiatement amoureuse. Elle décida alors de se mettre à son service, emmenant ses frères avec elle après la mort de leur père deux ans plus tard.

— C'est pas vrai ! Si ça continue, on aura des problèmes avec le chef !

— Cesse de grogner et bouge tes fesses !

— Tu peux parler ! Au lieu de poireauter, viens nous aider !

La femme grogna et se joint à ses frères. Si seulement le sceptre émettait une quelconque aura magique ! Il serait alors beaucoup plus simple de le trouver.

Loin dans la nuit, un oiseau en plein vol semblait vraiment épuisé. Mais il ne pouvait s'arrêter maintenant. Il avait déjà failli une fois ! Il ne pouvait abandonner maintenant !

Plus tôt dans l'après-midi, il avait vu son ami Dren, à moitié mort devant l'impitoyable Darkös, puiser dans ses dernières forces pour lui envoyer ce maudit sceptre.

Et lui l'avait manqué !

La pie poussa un couinement de rage. Une vague de désespoir la submergea en pensant à l'inévitable : Dren était sûrement mort à présent. Et tout cela était de sa faute ! Si seulement elle avait su le protéger… Il serait à ses côtés pour ramener en lieu sûr le sceptre…

Mais d'autres pensées aussi alarmantes lui venaient à l'esprit. Elle avait vu une forte lumière émettre de la pierre et senti une aura écrasante. Il avait été activé, elle en était sûr. Mais à part une explosion, il n'y eut rien. Pas de paysages dévastés, pas d'êtres vivants décimés, pas de planète détruite.

L'objet était lourd pour ses petites pattes mais elle tenait bon. Elle ne pouvait vraiment pas abandonner maintenant ; si ce n'était pas pour elle ou pour le monde, cela devait être pour Dren qui avait mis sa vie en jeu pour le protéger.

Un frisson d'effroi lui parcourut l'échine. Elle avait un mauvais pressentiment. Bien que sa raison lui expliquât que la Créature n'avait pas été libérée, quelque chose au plus profond d'elle-même lui disait que quelque chose n'allait pas. Son sang se glaça et elle accéléra le battement de ses ailes. Elle ne devait pas lâcher, elle était presque arrivée au Repaire.

Ses ailes faiblirent et elle perdit de l'altitude. Le vent souffla à ses oreilles et elle entendit le murmure chaud et rassurant de Dren. Il lui donnait de la force et le courage de continuer. Alors n'écoutant plus que cette voix, elle se fit violence et vola vers l'horizon, tout le long de la nuit.

Au lever du soleil, elle vit se dessiner l'ombre d'une montagne…

— Mardz !

Le majordome vint s'agenouiller devant son maître.

— Des nouvelles des Ants ?

— Non, maître, ils cherchent encore…

Darkös poussa un profond grognement, déversant sa rage sur son pauvre sujet. La puissance du grondement aurait pu tuer un homme au cœur fragile.

Jetant un regard vers la carcasse abandonnée près de la fenêtre, le chef dit à son majordome :

— Donne-le aux Badors.

— Bien, monsieur.

Darkös replongea dans ses pensées. Voilà bien maintenant 8 ans qu'il cherchait le sceptre. La course pour le retrouver contre les résistants fut rude et semée d'embuches ; et ils perdirent finalement cette bataille. Le récupérer chez ces idiots de rebelles en fut tout aussi difficile. Il perdit deux fidèles hommes et il s'était affreusement épuisés aux cours des combats. Il avait même mis trois jours avant de récupérer totalement. Heureusement que cette idiote de Zora était toujours là à le suivre et le servir. Elle et ses frères pouvaient être très utiles quand ils le voulaient. Il se souvenait de sa rencontre avec cette tigresse. Sa tribu avait organisé un raid chez de pauvres paysans. Mais l'Armée les avait devancés et était prêt à les recevoir. Loin de se laisser faire, elle se battit comme une déesse guerrière. Elle organisa les ripostes et vaincu l'Armée Royale en exhibant la tête de leur chef. Son fort caractère lui avait plu et il partit en quête de sa coopération. Il avait déployé tout son charme pour la ranger à ses côtés, et elle le rejoignit dans ses recherches.

Mais il avait finalement réussi à récupérer son dû… qui lui réchappa tout aussitôt. Il se retrouvait une fois de plus sans sceptre et sans Créature pour l'aider dans sa domination du monde.

Il poussa un puissant hurlement de rage semblable au tonnerre qui en fit trembler les cieux.

Prier les étoiles était un rituel pour tout homme perdu sur cette planète. Rudy n'échappait pas à cette règle. Debout devant la fenêtre de sa chambre, il priait Thandras et Clairen, Déesses du Chemin et de la Bienfaisance, de l'accompagner durant son voyage.

Jetan, quant à lui, puisait dans leur force unie pour y trouver le courage de supporter une soirée de plus chez lui, de pouvoir ouvrir cette porte qui le séparait de son foyer et d'espérer y retrouver une atmosphère vivable, de ne plus découvrir chaque jour un père de plus en plus détruit par la tristesse.