Chapitre cinquante-trois

Joris arrive dans une clairière éclairée par le clair de lune et à ses côtés se tient la malheureuse. Cette dernière est très fatiguée et prend quelques secondes pour s'essuyer les gouttes de sueur qui perlent à son front. Lorsque la femme repose son bras le long de son corps, Joris remarque l'humidité de sa manche mais ce n'est pas ce détail qui l'intéresse le plus.

- Où sont votre famille et vos amis ?

- Je l'ignore.

Guidée par une tristesse sans limite, la femme s'approche de la zone de conflit et cherche un indice de ses yeux humides. Ne voyant rien, elle est à deux doigts de baisser les bras mais voilà que Joris se place à quelques centimètres d'elle.

- Y a-t-il un village ou une ville dans lesquels vos compagnons auraient pu être conduits ?

- Corinthiens, répond-elle. C'est une petite bourgade dans laquelle se déroule la vente d'humains. De plus, elle se trouve à proximité et je suis sûre que les miens m'attendent là-bas.

- Dans ce cas, il vaudrait mieux se reposer pour être en forme.

- Mais nous n'avons pas le temps.

- Les ventes se font-elles pendant la nuit ?

- Non.

- De ce fait, nous avons le droit de dormir un peu et puis de toute façon, je suis fatigué.

De ses yeux embrumés par le manque d'énergie, Joris cherche un endroit où il pourra se reposer. Très vite, le jeune homme repère un petit bois se situant un peu plus loin.

- Cet endroit sera parfait, allons-y !

Aussitôt, les deux individus quittent le sentier principal pour se rendre dans le petit bois. Une fois qu'ils y sont, Joris aimerait faire un petit feu mais il fait beaucoup trop sombre pour cela.

- J'ai du bois sec dans mon sac mais sans lumière, je ne vois pas comment je pourrais faire.

La femme qui l'accompagne ne dit rien, attendant qu'une idée germe dans l'esprit du jeune homme. Ne sachant quelle décision prendre, Joris s'énerve de plus en plus lorsque de la lumière pure commence à s'échapper de ses mains.

A Mystery Hill, Yolande est en train de nettoyer les nombreuses tables de son restaurant extérieur. Si elle le fait en ce moment, c'est parce que les derniers clients ont un peu tardé, à son grand bonheur. De ce fait, la femme s'est faite un joli pourboire mais elle est bien contente de terminer cette heure. Alors que la restauratrice est sur le point de terminer son rangement, voilà qu'elle entend des pas derrière son dos.

- Je suis désolée mais je suis fermée.

- Dommage.

Au son de cette voix, Yolande s'immobilise avant de se retourner. Là, en face d'elle se tient Renée qui est vêtue d'un très grand châle violet, présentant des motifs floraux.

- Renée, je suis super contente de voir que tu as réussi à sortir de chez toi.

Ecoutant son cœur, Yolande abandonne ses tâches pour s'approcher de son amie. Ensuite, elle l'a prend dans ses bras pour lui témoigner la joie ressentie résultant de cette surprise. Peu après, Yolande se retire pour discuter un peu avec celle qui se tient face à elle.

- Tu as faim ?

- Oui mais comme tu viens de le dire, tu es fermée.

- Uniquement pour les autres et d'ailleurs, il me reste du gratin si tu en veux.

- Aux pommes de terre et aux lardons ?

- Oui.

- Dans ce cas, j'ai bien fait de venir.

Yolande lui sourit chaleureusement avant de lui prendre l'un de ses poignets. Peu après, la restauratrice entraîne son amie à l'intérieur de son affaire pour protéger la prise de repas de cette dernière. Suite à la demande de la cuisinière, Renée s'installe à l'unique table de la pièce tandis que Yolande dépose une assiette et des couverts sous ses yeux.

Chapitre cinquante-quatre.

Joris est allongé sur le sol tout en gardant une certaine distance de la femme qui est venue le trouver. Les mains levées au-dessus de ses yeux, le protecteur regarde ses membres et il sait très bien que cette sphère de lumière qu'il a invoqué quelques secondes plus tôt n'est autre que son nouveau pouvoir. Maintenant, reste à savoir comment l'appeler pour s'en servir à chaque fois qu'il en a besoin. Alors qu'il ne cesse de plier ses doigts, le jeune homme sait que ce nouveau don ne lui sera pas d'une grande aide lors d'un combat.

- Merci d'avoir utilisé votre pouvoir pour avoir allumer ce feu.

- De rien, répond Joris sans tourner son visage.

Persuadé qu'il ne pourra invoquer son nouveau pouvoir pour ce soir, le garçon pose ses mains sur le sol. Dès qu'il sera en présence de son compagnon de sorcier, Joris n'hésitera pas à lui poser toutes les questions nécessaires pour comprendre ce don. Tout en songeant à cet entretien, le héros vient à regretter l'absence de ses deux amis. Ces derniers sont partis jouer les éclaireurs pour être sûrs qu'aucun brigand ne se trouve dans les parages. Même si ce n'est que temporaire, Joris n'aime pas être seul, surtout dans ce monde qu'il connaît à peine. Pour vaincre sa monotonie, le jeune homme se tourne vers celle qui l'accompagne pour faire un brin de conversation.

Cependant, la femme qui fait le voyage avec lui a réussit à s'endormir, au grand dam de Joris.

A Mystery Hill, Yolande débarrasse la table sur laquelle s'est restaurée Renée. Alors qu'elle lave l'assiette et les couverts, la porte d'entrée de la cuisine s'ouvre sur plusieurs de ses amis. Quand ces derniers sont dans la pièce, l'un d'entre eux referme l'issue derrière lui.

- Tu bosses toujours ? S'étonne Chow.

- Comme tu peux le voir mais de toute façon, j'ai terminé.

Yolande tourne les boutons de son robinet et attend que les dernières gouttes qui se trouvent sur l'assiette s'écoulent. Dès que le couvert est à peu près sec, la femme le pose sur un morceau de tissu prévu à cet effet. Ensuite, elle s'essuie les mains avec un second chiffon tout en se tournant vers ses amis.

- Au fait, j'ignore si tu es au courant mais le grand sorcier a donné une information dans la journée, lui dit Tracy.

- Avec le boulot que j'ai avec le restaurant, je n'ai pas vraiment le temps de me mettre à la page. Qu'a dit Célestin ?

- Que ceux et celles qui ont la chance d'exercer dans notre village doivent réduire leur emploi du temps de moitié.

- Quoi ? S'étonne Yolande.

- Le doyen est d'accord avec cette restriction, lui dit Pierre.

- Mais pourquoi ?

- Il veut qu'on se consacre du temps à l'entraînement en cas si le village devait être la cible de Salida, poursuit le frère de Matt.

- C'est absurde. De plus, la jeune génération sera bientôt envoyée en zone de test.

Chapitre cinquante-cinq

Il est huit heures du matin lorsque Joris ouvre les yeux. Très vite, ses narines sont chatouillées par une odeur qu'il reconnait très bien : celle de la viande. Alors que son nez se satisfait de ce parfum délicieux, son estomac se manifeste par un gargouillis bien caractéristique.

- Il faut croire que j'ai eu une bonne idée de nous préparer une soupe de viande.

Au son de cette voix féminine, Joris tourne sa tête sur sa droite et remarque celle qui l'accompagne. Cette dernière affiche un regard serein alors que leur voyage est loin d'être terminé. Par contre, une question traverse l'esprit du protecteur mais il prend le temps de s'installer sur son séant avant d'ouvre les lèvres.

- Comment avez-vous trouvé la viande que vous avez mit dans votre soupe ?

- Dans mon village, j'appartiens aux habitants qui ont la charge de ravitailler les réserves. Mon rôle est précis puisque je suis chasseuse.

- Vraiment ?

- Oui. Je sais que ce rôle est réservé aux hommes mais je suis la fille unique d'une famille de chasseur. J'ai pu accéder à ce poste facilement mais j'ai dû faire mes preuves.

- Je vois.

Même s'il ne laisse rien transparaître, Joris est content d'en apprendre un peu plus sur ce monde dont il ignore encore tout. Après tout, le jeune homme est le protecteur et il est important pour lui d'en savoir un peu plus sur les mœurs des nombreux pays qui composent cet univers.

- Et quel est l'animal que vous avez réussit à attraper ?

- Une caille des bois.

Très vite, le compagnon de Liane et d'Ed cherche un élément du regard sous les yeux attentifs de la femme. Très vite, il remarque une souche sur laquelle repose un tissu dont certaines parties sont rouges.

- Vous êtes toujours aussi méfiant ? Lui demande celle qui prépare la soupe.

- Oui et dans mon cas, il vaut mieux l'être.

Alors que le soleil vient tout juste de se lever à l'horizon, la vie au sein de Mystery Hill s'éveille doucement. Yolande est déjà levée et est assise sur la marche supérieure de son perron. Alors qu'elle tient une tasse de café dans ses mains, la femme n'ose croire à la décision prise par le grand sorcier. A ce moment, plusieurs de ses amis viennent la rejoindre et cette bande compte Michèle, qui vient tout juste de revenir de son devoir auprès du protecteur.

- Tu es rentrée depuis longtemps ? Commence Yolande.

- Depuis hier soir et je suis partie lorsque cela devenait passionnant.

- Tu peux t'expliquer ? Lui demande François.

- J'ai dû partir lorsque l'aide de Joris était sollicitée. Une bande de villageois a été agressé par des brigands et bien sûr, le protecteur a accepté de leur venir en aide.

- Je n'ose même pas imaginer ta frustration, conclut la cuisinière.

Après cette première conversation, la restauratrice promène son regard sur Faridah. Cette dernière possède de nouvelles bottines marron à ses pieds et ce détail n'échappe pas à la femme.

- Le grand sorcier veut t'y envoyer ?

- Visiblement mais comme il a le don de changer d'avis au dernier moment, je n'y crois pas de trop.

- N'oublie pas d'être respectueuse envers lui, se mêle Thomas.

- Mais je le suis ! Il ne me semble pas l'avoir insulté, si ?

- Du calme vous deux, intervient Rym. Cela ne sert à rien de vous disputez.

- Je suis d'accord avec notre amie, fait savoir Dana. On doit s'entraider au lieu de se monter les uns contre les autres.

- Et puis je pense que Yolande aimerait terminer son petit-déjeuner tranquillement, termine Tracy.

Chapitre cinquante-six

Joris et son amie ont reprit la route tout en portant leur sac sur leur dos. Tandis qu'ils marchent, la femme ne cesse de se poser des questions sur la méfiance de celui qui se tient devant elle. D'ailleurs, elle ne se prive pas de connaître ses motivations.

- Je n'ai jamais vu quelqu'un d'aussi vigilant que toi, commence-t-elle.

- J'y suis bien obligé car je vis dans un monde qui n'est pas le mien.

- Et il est vrai que celui-ci regorge de mille dangers.

- Je ne te le fais pas dire. Par contre, je n'ai pas mené de beaucoup de combat jusqu'à présent et j'avoue que c'est une bonne chose.

- Pourquoi ?

- Je n'aime pas ôter des vies.

- Même si tu dois être confronté à des créatures effrayantes ?

- Oui.

- Tu es étrange comme Protecteur.

- Pourquoi dis-tu ça ?

- Parce que le précédent Protecteur n'hésitait pas à avoir la main lourde lorsqu'il s'agissait de se battre.

Suite à cette information, Joris cesse d'avancer, ce qui n'est pas le cas de l'innocente. Lorsqu'elle arrive à son niveau, elle s'arrête à son tour et tourne son visage vers le jeune homme.

- Que se passe-t-il ?

- Tu dis que je ne suis pas le seul Protecteur à fouler votre sol ?

- Non. Si je m'en souviens bien, tu dois être le troisième.

- Et où sont-ils ?

- Ils se sont volatilisés du jour au lendemain.

- Quoi ?

La femme semble prête à répondre à toutes les questions de Joris lorsque du bruit venant de la forêt se situant à leur gauche se fait entendre. Très vite, le jeune homme regarde dans la direction où se trouve le petit bois et remarque des brigands qui approchent. Aussitôt, le Protecteur se place devant celle qui lui tient compagnie et matérialise ses armes dans ses mains.

- Ils tombent vraiment au mauvais moment.

Soudain, Joris sent qu'un coup de pied lui est donné derrière l'un de ses genoux. Dès qu'il tombe sur ce dernier, une main lui attrape la gorge, donnant naissance à une quantité de questions qui se bousculent dans la tête du Protecteur.

A Mystery Hill, Jodie est assise sur le rebord de la fontaine de la place centrale et tient une boule de cristal entre ses mains. Grâce à la sphère transparente, la sorcière peut suive Joris et voir ce qui se passe pour ce dernier.

- Cette salope ! Lâche-t-elle.

- Que se passe-t-il Jodie ?

La blonde tourne sa tête sur sa droite et remarque Yolande, Marcia, Maria et Michèle, qui se tiennent à quelques centimètres d'elle. C'est d'ailleurs la dernière du quatuor qui s'est adressée à celle qui détient la boule de cristal. Tout en replaçant son regard sur l'objet transparent, la sorcière lui répond.

- La femme qui est venue vous trouver lors de ton départ Michèle, s'avère être dans l'autre camp.

- Quoi ? S'étonne la cuisinière.

Très vite, Michèle se place aux côtés de Jodie pour lui faire une demande bien précise.

- Peux-tu me faire voir ce que tu vois ?

- Bien sûr.

Aussitôt, Jodie attrape l'un des poignets de son amie et utilise ses dons pour lui faire voir la scène. Pendant ce temps, les autres femmes se montrent curieuses.

- Ed et Liane sont avec Joris ? Demande Marcia.

- Non.

- Ces abrutis, rétorque Maria.

Dans une rue du village, Matt est recroquevillé sur lui-même. L'homme reçoit actuellement des coups de pieds au ventre et au visage, lui venant de Pierre, son propre frère.

- Je suis vraiment désolé ! Hurle celui qui est à terre.

- Tes excuses ne pourront jamais effacer la trahison que je ressens.

- Arrête ! Fait une autre voix.

A ce moment, Pierre se retourne et voit Ben se tenir à quelques mètres de lui. Voulant conserver sa liberté, le frère de Matt décide de prendre la fuite.

Chapitre cinquante-sept

Joris est toujours maintenu à genoux lorsque la femme qu'il pensait innocente retire la perruque foncée qui recouvrait ses cheveux. Désormais, la traitresse présente une chevelure blonde et coupée au carré. Alors que sa main n'a pas quitté le cou de Joris, les brigands ne bougent pas, attendant un ordre de leur supérieure. Pendant ce temps, le Protecteur tente de nouer le dialogue.

- J'imagine que vous êtes une Protectrice ?

- C'est exact. Mon prénom est Marie et je suis la Protectrice du dieu du néant.

- Dans ce cas, pourquoi t'en prendre à moi puisque nous sommes de la même famille ?

A l'entente de cette question, Marie éclate de rire et les brigands l'imitent aussitôt. Les voyant faire, la femme s'empresse de retrouver son sérieux avant d'élever la voix à leur attention.

- Qui vous a donné l'autorisation de rire ?

Là, c'est le plus trapu des hommes qui se donne la peine de lui répondre. Néanmoins, il le fait sans témoigner la moindre obéissance dans ses gestes.

- Nous sommes navrés Protectrice.

- Je l'espère car je ne tolère pas ce genre de comportement chez ceux qui travaillent pour moi.

A ce moment, c'est au tour de Joris de rigoler, ce qui étonne grandement celle qui le maintient par le cou. D'ailleurs, cette dernière resserre son étreinte, ce qui a pour conséquence de rendre la respiration du jeune homme plutôt difficile. Lorsque son visage commence à devenir rouge, Marie relâche la pression pour permettre à son prisonnier de respirer un peu.

- Et toi, pourquoi rigoles-tu ?

Joris regarde le leader des brigands droit dans les yeux avant de s'adresser à lui. En agissant de la sorte, le jeune adulte se doute bien que sa rivale ne l'entende pas de cette oreille mais c'est plus fort que lui, il doit oser.

- Dis-moi mon gaillard, est-ce normal que tu te laisses diriger par cette femme ?

- Oui car c'est une Protectrice.

- Dans ce cas, tu es tout pour moi sauf un homme.

Piqué au vif par cette remarque, le brigand s'approche de Joris pour le frapper lorsque la Protectrice lève sa main libre dans sa direction, ce qui le freine dans son envie.

- Que fais-tu ?

- Je me dois de lui donner une correction.

- Ose l'approcher et tu es un homme mort, me suis-je bien fait comprendre ?

Alors que le brigand s'apprêtait une nouvelle fois à lui répondre, celui-ci voit Marie se faire balayer par une explosion. Ignorant ce qui se passe, l'homme aux mauvaises intentions se tourne sur sa gauche mais à cet instant, un poignard va se loger dans sa gorge. Très vite, Joris bascule son visage dans la même direction et voit Ed et Liane venir à son secours. Dès que ses compagnons se placent devant lui afin de proposer leur corps comme barrage, Joris ne peut s'interdire de leur parler.

- Vous en avez mis du temps.

- Navré mais nous avons apprit une sombre nouvelle qui nous a retardé, lui répond Liane.

- Quelle nouvelle ? Demande le jeune homme.

- Nous verrons plus tard. Pour l'heure, on doit te sortir de ce guêpier. Ed !

- Charges-toi des brigands avec Joris. Moi, je m'occupe de la Protectrice.

Dès qu'il termine sa phrase, Ed s'approche de Marie qui se relève péniblement. Son flanc droit présente une jolie blessure qu'elle tente de dissimuler sous sa main droite.

- Comment as-tu pu me blesser alors que je suis invincible à toutes les formes de magie ?

- Peut-être parce que je suis un hybride.

Comme pour l'aider à trouver des réponses à ses nombreuses questions, Ed métamorphose ses bras qui présentent alors un joli gris métallique.

- Tu es un cyborg ?

- Et elle est intelligente.

A Mystery Hill, Jodie n'a pas bougé de la fontaine et tient toujours sa boule de cristal dans ses mains. A ses côtés se tient Yolande qui suit attentivement la scène opposant le groupe de Joris à celui de Marie tandis que Chow et Jean attendent le verdict.

- Alors ? Demande l'asiatique.

- Ed et Liane sont arrivés auprès de notre ami, répond la blonde.

- Ce qui veut dire que le Protecteur n'est plus en danger, conclut Jean.

De son côté, Yolande bouillonne d'impatience et parle à Ed comme si celui-ci se tenait à quelques centimètres d'elle.

- Vas-y Ed ! Donne-lui une bonne leçon à cette poufiasse !

Là, Jodie regarde son amie et se demande bien ce qui lui arrive. Sachant qu'elle n'a pas l'habitude de prononcer ce genre de mots, Yolande se sent confuse.

- Excuse-moi Jodie, j'ignore ce qui m'a prit.

- Mais il n'y a pas de mal. Toi aussi tu pensais qu'on allait le perdre, n'est-ce pas ?

- Oui et maintenant, je suis totalement soulagée.

Soudain, la boule de cristal émet un bruit étrange. Etonnée, Jodie abandonne Yolande pour se concentrer sur la sphère et se rend compte que l'image qu'elle voit à l'intérieur est légèrement brouillée. Pour tenter de résoudre le problème qu'elle songe passager, la sorcière tape dessus comme quelqu'un qui le ferait sur une vieille télévision. Néanmoins, l'image reste aussi trouble malgré ses nombreuses tentatives.

- Le matos de nos jours, lâche Jodie.

- Bonjour tout le monde, dit une autre voix.

De suite, les quatre amis regardent dans la même direction et remarquent Lara qui approche. Dès qu'elle s'arrête devant le groupe, l'amie de Salida ne peut s'empêcher de leur sourire, ce qui déplaît fortement à Yolande. D'ailleurs, elle ne se prive pour lui dire ce qu'elle pense.

- Qu'est-ce que tu fous ici ?

- Je te signale que je suis l'une des habitantes de ce village.

- Depuis ton exil, non.

Se souvenant brutalement de ce détail, Lara réalise qu'elle a commit une belle gaffe.

- Oups, se contente-t-elle de dire.

- Comme tu dis. Jodie ?

- De suite Yolande.

- Non les filles, s'il vous …

- Lexi, prononce la sorcière.

Aussitôt, la petite amie de Matt disparaît de la place centrale sous l'effet de la magie.

Chapitre cinquante-huit

Maria a désormais une corde attachée autour de la taille et ses bras sont glissés sous le lien, afin de les maintenir immobiles, contre son corps. Concernant les brigands qui sont venus la rejoindre, leurs cadavres reposent sur l'herbe de la plaine. Leur bourreau n'est autre que Liane puisque cette dernière a demandé à Joris de garder un œil sur la Protectrice en cas si les choses devaient mal se passer. Maintenant, le Protecteur se tient devant son ennemie tandis que le cyborg maintient un canon sur elle.

- Je voudrais que tu répondes à deux de mes questions, commence Joris.

- Pourquoi le ferais-je ? Dit-elle avec un sourire sur les lèvres.

- Ed, s'il te plait.

Aussitôt, le grand frère de Jodie se place entre les deux Protecteurs et frappe la femme au visage. Lorsque l'homme se retire, Marie présente des lèvres en sang et cette dernière crache l'une de ses dents.

- As-tu besoin que je te pose ma question pour la seconde fois ?

- Oui car je sais que tu me maintiendras en vie.

- Je n'en suis pas si sûr ma chérie.

C'est alors que Marie plonge son regard dans celui de Joris afin de connaître sa détermination. Lorsqu'elle y voit une haine sans limite, elle décide tout de même d'ironiser.

- On voit de suite que nous sommes issus de la même famille, Protecteur.

- Pourquoi dis-tu cela ?

- Parce que toi aussi tu es guidé par une folie meurtrière.

- N'importe quoi. Maintenant, réponds à ma question concernant l'autre Protecteur.

- Si c'est ton souhait. Ce second sauveur est venu dans ce monde il y a de cela une vingtaine d'années. Je sais même son prénom si cela t'intéresse.

- Je me fous de ce détail.

- Vraiment ? Pourtant, je suis persuadée que cela t'aiderait à réaliser certaines choses.

- Comme … ?

- Le fait que tu sois ici.

A Mystery Hill, les villageois ont été prévenus au sujet de l'acte gratuit dont Pierre est l'auteur. Depuis, une chasse à l'homme a été lancé et le frère de Matt n'a pas eu d'autres choix que de s'isoler dans l'église. Se tenant devant la statue de la Déesse, l'homme sourit.

- Ici, je ne crains rien.

- Vraiment ? Prononce une seconde voix masculine.

Pierre se tourne sur ses talons et voit François et Yolande se tenir à l'entrée du bâtiment religieux.

- Je vous conseille de me foutre la paix, menace l'agresseur de Matt.

- Tu veux qu'on te laisse tranquille alors que tu n'as pas été capable d'en faire autant avec ton propre frère ? Rétorque Yolande.

- C'est de sa faute, il n'aurait pas dû accepter de sortir avec Lara.

- Donc, si je comprends ton raisonnement, poursuit la femme, il serait arrivé la même chose à François si celui-ci avait accepté de sortir avec ton ancienne petite amie, je me trompe ?

- Du tout.

- Depuis quand es-tu devenu aussi con ? L'interroge François.

- Je ne le suis pas, rassures-toi.

- Peut-être mais nous allons devoir te ramener devant notre maire.

- Et comment comptez-vous vous y prendre ? La violence n'est pas tolérée au sein de cette église.

- Sauf depuis le jour où Joris a prit soin de la modifier avant de partir.

Ne sachant pas si l'homme qui se tient devant lui dit la vérité, Pierre opte pour la prudence. De suite, il se positionne en garde et attend de voir si l'un des deux individus qui se tiennent à l'entrée de l'église, passera à l'action. Soudain, François use de sa rapidité de Lycan pour se déplacer à vive allure et se montre juste devant Pierre.

- Game-over, cousin.

Chapitre cinquante-neuf

Joris est toujours devant la Protectrice qui ne cesse de sourire. Liane se tient auprès du jeune homme et peine à se retenir pour ne pas frapper celle qui se trouve tout près d'elle. De son côté, Ed maintiens certaines parties métalliques de son corps et conserve le silence.

- Alors Protecteur, commence l'ennemie. Dois-je me montrer silencieuse ou dois-je être bavarde ?

- La deuxième option serait préférable.

- Dans ce cas, je voudrais négocier.

- Pas de problèmes. Ed !

Aussitôt, le grand frère de Jodie place les doigts de sa main droite autour du cou de la Protectrice. Cette dernière, comprenant qu'elle ne pourra rien négocier, décide de se montrer plus loquace.

- C'est bon, je vais tout lui raconter.

Voyant de la sincérité dans le regarde de Marie, Ed libère son cou et recule de plusieurs pas.

- Nous t'écoutons Protectrice, lui lance Liane. Comment se nomme celui qui est venu avant Joris ?

- Il s'appelait Arthur.

- Arthur ? Répète Joris.

- Tu le connais ? L'interroge son amie.

- Mon père se nommait ainsi mais je ne pense pas…

Soudain, Joris se souvient de ce qu'il a vu lorsque son esprit a fait un bond dans le passé. Il savait bien que l'homme qu'il avait vu avec Salida était une personne qui lui était familière. Néanmoins, Joris était bien loin de s'imaginer que cet être était…

- Mon père.

- Quoi ?

Liane regarde le Protecteur et ne sait quoi penser suite à ce qu'elle vient d'entendre. De son côté, Joris ne prononce plus un seul mot, ni ne bouge du moindre centimètre.

- Alors Protecteur, lui lance Marie. A quoi songes-tu ?

- A rien.

- Vraiment ?

Pour l'heure, Joris préfère changer de sujet pour moins s'encombrer la tête. De ce fait, le voilà qu'il parle du village qu'il devait rejoindre avec la Protectrice lorsque cette dernière jouait encore la comédie.

- Ce village dont tu m'as parlé, existe-t-il vraiment ?

- Pourquoi changes-tu de sujet ? Lui répond la blessée, un sourire arrogant sur les lèvres.

Voyant que Marie s'amuse avec la gentillesse de Joris, Liane décide de le renseigner à sa place.

- Si je ne me trompe pas, il y a effectivement un village dans les parages.

- Un village est un bien grand mot, rétorque la Protectrice. Je pense que mes sœurs ont fait du ménage pendant je faisais diversion.

- Comme pour le village précédent, poursuit Liane.

La curiosité piquée au vif, Marie regarde la partenaire de Joris, droit dans les yeux. Cette attitude a le don de l'énerver et de suite, Liane se montre agressive.

- Un problème ?

- Nous avons reçu l'ordre d'attaquer un seul village, pas deux.

- Et comment pouvons-nous te croire ?

- Les Protectrices sont honnêtes. Vous pouvez nous accuser de tous les défauts du monde sauf celui du mensonge.

C'est alors que Liane juge préférable de s'accorder plusieurs secondes pour réfléchir. Dans son esprit, la femme se revoit petite et devait être âgée de huit ans. Alors qu'elle s'apprêtait à dormir vu l'heure tardive qu'il se faisait, sa mère lui raconta une légende, celles des Protectrices. A ce moment, Liane se souvient des paroles de celle qui l'avait mise au monde, les mots qui viennent juste d'être prononcés par Marie.

- Excuse-moi, je viens tout juste de me souvenir de ce détail.

Se foutant complètement des regrets de Liane, la Protectrice détourne son regard pour s'adresser à Joris.

- Pouvez-vous me conduire à ce village pour que je puisse savoir ce qui s'est réellement passé ?

A plusieurs kilomètres de là, Yolande est affairée dans la partie couverte de son restaurant. Alors qu'elle s'active à préparer des plats, Jodie est assise à l'unique table de la pièce et continue de suivre ce qui se passe pour Joris, par l'intermédiaire de sa boule.

- Alors, comment cela se déroule avec la Protectrice ?

- Bien pour le moment mais elle vient de dire qu'elle et ses sœurs n'y sont pour rien dans le massacre du village.

- Et une Protectrice dit toujours la vérité.

- Oui et c'est bien ça le problème.

Curieuse, la petite sœur d'Ed frôle sa boule de cristal du bout de ses doigts et lui parle dans la seconde qui suit.

- Montre-moi qui est responsable du massacre s'il te plait.

Suite à cette demande, une fumée grise et épaisse se répand à l'intérieur de la sphère minérale. Du coup, la scène qui opposait la bande de Joris à la Protectrice disparaît de la vue de la sorcière. Ensuite, c'est une autre image qui fait son apparition lorsque la brume se dissipe. Dès que ses yeux se posent sur la créature responsable du massacre, Jodie se met à trembler et des larmes lui montent aux yeux.

- Ce n'est pas vrai ?

Très vite, la blonde renverse sa chaise qui tombe avec fracas sur le sol. Ensuite, la sorcière recule jusqu'à ce que son dos heurte le mur qui se trouvait derrière elle. Pendant ce temps, la cuisinière se retourne et s'inquiète lorsqu'elle voit le comportement de son amie.

- Jodie, que se passe-t-il ?

En guise de réponse, la sorcière se glisse le long du mur et ramène ses jambes contre elle. Là, la femme se met à pleurer et semble ne plus pouvoir s'arrêter. Voyant le désarroi de sa camarade, Yolande abandonne ses plats et va vers la sœur d'Ed afin de la prendre dans ses bras.

Au bureau du shérif, Pierre est enfermé dans une cellule tandis que Tracy se tient de l'autre côté des barreaux.

- J'ignore ce qui t'a pris Pierre mais tu vas avoir de gros ennuis.

- Je n'ai pas peur Tracy, sache-le.

Pendant ce temps, Matt se repose dans l'une des chambres de la clinique du village. Allongé sur un lit, le garçon s'est vu panser ses blessures et à son chevet veille Renée. Le garçon ne cesse de se passer son agression en tête et ce douloureux souvenir le fait pleurer. Devant sa peine, la femme ne peut rester de glace et tente de le faire parler.

- Confie-moi ta peine Matt.

- Je n'arrive pas à comprendre ce qui lui ai passé par la tête. Comment a-t-il pu se comporter ainsi ?

- L'amour nous pousse à faire des choses qui sont parfois atroces.

- Et je veux bien te croire.

Entre deux sanglots, l'homme blessé parvient à poser une question à celle qui veille sur lui.

- Que va-t-il se passer pour lui ?

- Le conseil des anciens doit se réunir pour statuer son sort.

Chapitre soixante

Joris, Marie, Ed et Liane arrivent au village où les Protectrices ont sévi. Comme il fallait se douter, il ne reste plus aucun survivant aussi bien du côté des adultes que celui des enfants. Néanmoins, des vêtements vides de leurs propriétaires trainent aux quatre coins du village. Aussitôt, la Protectrice y va de son petit commentaire.

- Voilà ce que font les Protectrices lorsqu'elles attaquent un village.

Alors que les yeux de Joris se promènent sur les cadavres d'enfants, de la tristesse et de la rage habitent rapidement le cœur du jeune homme.

- Comment pouvez-vous ressentir du plaisir à tuer des êtres aussi innocents ?

- C'est quelque chose que tu ne pourras jamais connaître Joris, j'en ai bien peur.

- Et je n'y tiens pas.

Tout à coup, une idée traverse l'esprit de Joris. Sans détacher son regard du spectacle désolant, le jeune homme interroge le sorcier.

- Ed, peux-tu matérialiser une boule de cristal ?

- Bien sûr.

Ni une ni deux, Ed lève sa main gauche à hauteur de son buste et récite une incantation. Lorsque ses lèvres se scellent, un sceptre sur lequel repose une boule de cristal se matérialise entre lui et Joris.

- Merci. Maintenant, peux-tu faire voir à Marie ce qui reste du précédent village ?

- Sans aucun problème.

Prononçant une autre formule, Ed libère une fumée grisâtre au sein du cristal. Ensuite, le village que souhaitait montrer Joris se dévoile sous les yeux de Marie. En observant le massacre, la Protectrice ne peut s'empêcher de se sentir insultée et elle le fait savoir.

- Comment osez-vous comparer notre art à la boucherie d'un Drakkarim ?

- Quoi ? S'horrifie Ed.

- Un art ? Tu oses appeler vos crimes, un art ?

Ne pouvant plus se retenir, Joris se poste face à Marie et matérialise un saï dans sa main droite. Comprenant que sa vie est sur le point de s'achever d'une minute à l'autre, Marie décide de confier un secret au Protecteur.

- La lumière que tu sais créer t'aidera à venir à bout d'un Drakkarim.

- Merci de cette information.

Tandis que le sorcier fait disparaître sa boule de cristal, Joris passe la lame de son arme sur le coup de la Protectrice. Rapidement, du sang s'écoule de la plaie récemment ouvert et quelques secondes plus tard, le corps de Marie repose sur l'herbe de la plaine. Tranquillement, Joris sort un morceau de tissu de l'une des poches de son pantalon et essuie la lame sur celui-ci. De son côté, Ed est impressionné par la froideur dont vient de faire preuve Joris.

- Tout va bien ? Demande-t-il.

- Oui, pourquoi me poses-tu cette question ?

- Parce que c'est la première fois que je te vois tuer de sang-froid.

- Et je te rassure sur un point, cela ne sera pas la seule fois.

Comme si de rien n'était, Joris glisse son arme dans le fourreau libre qui se trouve dans son dos. A ce moment, une pensée traverse son esprit et aussitôt, le Protecteur en discute avec son ami.

- Sais-tu ce qu'est un Drakkarim ?

- Oui et je suis effrayé à l'idée de savoir qu'il y en un qui traine dans les parages.

Ed fait tout son possible pour ne pas trembler de peur mais par moment, un frisson s'empare de son corps. Lorsqu'il remarque le trouble chez son compagnon, Joris s'interroge.

- Elle est si terrible que ça, cette créature ?

- Si tu savais. Si un Drakkarim est dans le coin, cela veut dire que nous avons un adversaire en plus de Salida.

- Et qui est-il ?

- Le grand maître des enfers.

Comme Joris ignore complètement qui est cette personne, il ne peut partager la crainte de son camarade. Du coup, le jeune héros retourne sur le sujet qui concerne le Drakkarim plutôt que de s'attarder sur le grand maître des enfers.

- Dis-moi tout ce que tu sais sur les monstres de cette grande puissance.

- Très bien mais je dois te dire avant tout que nous courrons à notre perte.

Pendant ce temps, plusieurs habitants du village de Mystery Hill se sont réunis chez le grand sorcier. Comme les résidents sont au courant de l'existence du Drakkarim, ils veuillent obtenir des réponses. Alors que les hommes et les femmes attendent quelques précisions, le grand sorcier observe l'extérieur en étant posté devant l'une des fenêtres de son bureau.

- J'ignore quoi vous dire pour vous rassurer au sujet de ce Drakkarim. Néanmoins, savoir que le grand maître des enfers se mêle de notre guerre contre Salida, nous avons des raisons de craindre le pire.

Alors que certains villageois bavardent entre eux, une femme se détache de l'assemblée en s'avançant d'un pas. Cette dernière n'est autre que Yolande, ce qui n'étonne pas certains individus du groupe.

- Grand sorcier, y a-t-il une personne capable de vaincre cette créature à l'heure où nous discutons ?

- Joris, visiblement.

- Et de quelle façon ?

- D'après la Protectrice, notre ami possède un pouvoir qui pourrait leur poser souci.

- Vraiment ?

- Oui mais tant que Joris ne se sera pas confronté à un Drakkarim, le pire ne sera pas écarté. D'ailleurs, il va être temps pour l'un d'entre nous de rejoindre le Protecteur.

- Et votre choix se porte sur… ?

- … Pour le moment, sur Ben.

Etonné de cette décision, le concerné reste un moment sans voix. Pendant ce temps, Yolande continue de discuter avec Célestin.

- Peut-il se préparer avant d'être envoyé ?

- Oui mais je ne suis pas convaincu de mon choix à cent pour cent.

- Ce n'est pas grave. Ben !

- Oui Yolande ?

- Rentre chez toi et prépares-toi !

- Entendu.

Alors que Ben quitte le groupe des habitants pour se diriger vers la porte d'entrée de la résidence, Farida le rattrape.

- Je peux venir avec toi ?

- Si tu veux.

Après cet échange, les deux amis quittent la maison du grand sorcier afin de se rendre dans la résidence de l'homme. De son côté, Thomas sent une terreur s'emparer de lui et se demande si le suicide ne serait pas la meilleure des solutions. A ce moment, Renée et Rym s'approchent de lui afin de lui proposer une idée.

- Je pense qu'il est grand temps de solliciter la protection de la Déesse, dit la première.

- C'est ce que vous pensez ?

- Oui et nous allons à l'église, lui répond Rym. Tu veux te joindre à nous ?

Chapitre soixante-et-un

Joris, Ed et Liane ont quitté l'endroit où reposait le cadavre de Marie et se sont gardés de lui offrir des funérailles dignes de ce nom. Désormais, ils sont en marches vers un temple afin que le Protecteur puisse obtenir des réponses à certaines questions. Concernant celles du Drakkarim, le garçon sait tout ce qu'il y avait à savoir sur ce type de créatures, grâce à Ed. D'après ce dernier, le grand maître des enfers possèdent un certain nombre de soldats mais aucun d'entre eux n'est aussi puissant que le monstre qui foule actuellement la terre des vivants. Les Drakkarims étaient des humains avant leur décès et la plupart était de grands seigneurs de guerre.

Lorsqu'ils sont morts, leur âme a été envoyée dans le monde des enfers à cause des vies qu'ils ont ôté sur leur passage. Une fois dans le monde du grand maître infernal, leur enveloppe charnelle a complètement été dévorée par les âmes errantes qui se trouvaient dans ce sombre univers. Peu après, ce qui reste d'eux reste animé par leur désir de vivre malgré ce qui leur est arrivé. A ce moment, une autre âme bien plus maléfique se glisse à la place de leur volonté et la détruise dans le seul but d'acquérir une seconde vie. Là, les nouveaux soldats attendent que le grand maître des enfers leur ordonne de fouler les terres du dessus.

Enfin, une fois que ces monstres remontent à la surface, ils se doivent d'envoyer de nouvelles âmes dans le monde des enfers afin de nourrir leur nouveau leader. Avec cette histoire concernant les Drakkarims, Joris sait qu'il aura fort à faire avec ces derniers. Alors qu'il marche avec ses compagnons à ses côtés, le jeune homme lève ses mains afin de les regarder.

- Je doute que mon nouveau don soit capable de m'aider contre les Drakkarims. De plus, j'ignore comment l'éveiller.

Alors qu'il attendait une réponse de Liane et d'Ed, Joris est surpris d'entendre que le silence.

Du côté du village d'où viennent les compagnons du Protecteur, Yolande effectue les services dans son restaurant. Alors que tout le monde est servi, la femme promène son regard sur toutes les tables pour être sûre qu'il ne manque rien. A ce moment, la cuisinière aperçoit Rym qui est assise seule, autour d'une table, et qui semble occupée à jouer avec sa nourriture. Intriguée, Yolande s'approche d'elle et se montre curieuse dès qu'elle se trouve à proximité.

- Besoin de parler ? Lui demande-t-elle.

- Discuter ne servirait pas à grand-chose.

- Si tu ne me dis rien, il est clair qu'il existe un problème. C'est ton repas qui ne te convient pas ?

- Au contraire. Tu sais à quel point j'aime ta cuisine et c'est pour cette raison que je traine très peu dans ton restaurant. Si je venais tous les jours, je pense que ma ligne n'y survivrait pas.

A l'entente de ce compliment, Yolande sourit mais souhaite toujours savoir ce qui se passe. De ce fait, la propriétaire des lieux s'accorde une pause et s'installe sur la chaise qui fait face à celle de Rym.

- Allez, dis-moi ce que te tracasse.

- C'est ce Drakkarim. Je me demande pourquoi le grand maître des enfers a décidé de nous punir.

- L'un d'entre nous a sûrement fait quelque chose qui lui a fortement déplu.

- Oui mais quoi ?

- Je ne saurais te dire.

- En tout cas, je nous présage des périodes difficiles.

- Il ne faut pas se laisser faire. De toute façon, le grand sorcier nous a dit que Joris avait les moyens de vaincre cette créature.

- Dans ce cas, qu'il s'en charge au plus vite. Savoir ce monstre à des kilomètres d'ici ne me rassure guère.

- Comme nous tous. En attendant, veux-tu que je te réchauffe ton assiette ?

- Merci Yolande mais j'ai assez mangé pour aujourd'hui.