L'attente

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Hier soir je me suis rendue compte de quelque chose de très important: je dois extraire ma douleur car j'ai bien peur qu'elle n'empiète sur moi et finisse par m'étouffer.
Je refoule les larmes, l'oppressions et les souvenirs l'emportent ne gardant que le sentiment de perte et la souffrance.
Tout cela pour vous est bien abstrait, on ne se connait pas et déjà je vous expose une page gênante de ma vie.
Il est difficile d'accepter sa tristesse, à différents degrés soit-elle, alors celle d'autrui...

Intégrer autrui dans un second temps. C'est ça qui me force à vous écrire aujourd'hui. Vous n'étiez pas là ces dernières semaines où j'ai eu l'impression d'avoir combattu contre un fantôme noir et froid, présence nocturne et à la fois diurne devant qui ma psyché tremble toujours.

Je ne suis pas vieille et je me dit souvent: j'ai vieillis prématurément, alors je me compare à d'autres. A ces femmes, à ces hommes qui ont connus pire, puis je tais cette voix en moi: chacun son destin, chacun son acceptation.

Je ne suis pas ennuyeuse dans ma vie. J'aime rire, pleurer, tout est extrême chez moi et mon amour l'est d'autant plus.

J'ai passé une grande partie de mon enfance et de mon adolescence à me chercher.
Que se soit sur le plan de l'amour, de l'amitié, de l'avenir, du palpable, de l'impalpable.

Aimais-je les hommes, les femmes? J'ai passé de nombreuses heures à construire des amitiés et à les défaire.
A aimer autrui avec passion et déraison, à chercher mes limites et pousser mon imaginaire dans ses derniers retranchements. Aujourd'hui le chemin n'est pas finis, il me reste mille et une chose à découvrir et je n'en suis qu'au prélude.

Je ne suis pas de celles qui écrivent pour poser le bilan, je ne suis pas en fin de vie, loin de là.
Mais pourquoi cette impression? Est-ce la culpabilité de m'affronter, la souffrance de penser, où bien cette attente qui m'a fait réviser une vie entière?

J'ai 27 ans, j'ai vécue une vie très protégée, entourée d'amour et d'amis attentifs. Jusqu'à maintenant je n'avais jamais connu ce qu'était une souffrance réel. Je suis amoureuse et mariée depuis un an. Accepter l'amour dans ma vie a été très difficile car mon ego semble laisser peu de place à autrui. J'ai finis par penser cet autre qui n'est pas moi afin de construire notre « nous», tout en gardant son « je» respectif. Cette démarche est l'une des choses les plus difficile que j'ai eu à faire. Il est entier et complexe, terrible et doux, charmeur et sensible, à la fois masculin et féminin.

Les étapes de la vie je les ai toujours passées en témoins impassible comme si je n'étais pas actrice de ma propre vie. Mon cursus universitaire c'est déroulé dans l'oisiveté et la fête, la découverte de nouvelles amitiés et la recherche de l'instant d'or, ma dernière année à laisser entrer l'amour.

Je me rappelle que mon coeur penchait entre les deux sexes, toujours aujourd'hui, et la personne que j'aime est un homme. Je ne sais pas, il y a moins de cinq ans, si cela faisait partie d'une recherche identitaire. Une chose est sûr la femme me plaît et me plaira tout au long de ma vie.

Je ne suis pas de celle qui se projette à long terme dans la vie, ce qui est ambiguë avec le mariage n'est-ce pas ? Seulement avec lui j'ai envie de tout. Je veux dire par là que peut-être dans quelques années, dans quelques mois qui sait, lui ou moi tomberont amoureux d'une autre personne ( chute terrible que mon coeur ne peut envisager ). Aujourd'hui mon coeur est indubitablement relié à cet homme dans ma chair et dans mon âme, sentiment puissant et frustrant où les limites du «je» s'en trouvent maltraitées.

Une chose est certaine nous allons passer les plus grandes étapes ensemble, main dans la main.