Bonne St-Valentin mes chéris ! J'espère que vous avez tous reçu un petit cadeau d'un admirateur qui vous a fait plaisir parce que moi, je poste ce chapitre du haut de ma quatorzième année de célibat consécutive ! (Vous connaissez mon âge à présent) Il n'empêche que j'ai eu droit à mes chocolats de célibataire que ma soeur et moi nous offrons chaque année.

Bonne lecture !

XXX

Florent se réveilla vers cinq heure à cause d'un chaton aventureux qui avait trouvé amusant de se frotter le museau contre son visage enfoui sous la couverture plaqué contre son coussin. D'abord avec quelques grognements, il émerga petit à petit de son profond sommeil et posa en premier une main endormie sur le dos de Charbon qui tourna sur lui-même pour trouver plus de frottements et qui, finalement, se faufila sous la lourde couette de l'allemand et finir par se mettre en boule quelques centimètres en dessous du menton du retraité qui accepta avec plaisir le petit animal qui se mit rapidement à ronronner.

Bercé par les gentils ronron, Florent ne tarda pas à ressombrer dans le sommeil, une main posée sur le ventre se soulevant à intervalles régulières de son gentil compagnon.

Deux heures plus tard, l'allemand se réveilla une deuxième fois mais ne bougea pas pendant un long moment pour éviter de déranger Charbon qui ronronnait tranquillement entre ses bras. Ce dernier se réveilla à son rythme et offrit quelques léchouilles en guise de bonjour au vieil homme puis sauta du matelas pour se réceptionner sur le sol et poussa un petit miaulement implorant qui fit craquer l'ancien coiffeur qui se leva, un léger sourire au lèvres, et le suivit au salon où il ne tarda pas à servir les chatons qui allèrent manger de bon cœur.

Après les avoir regardé manger pendant quelques minutes, Florent s'éloigna et alla s'asseoir sur son canapé où il se saisit de la télécommande et alluma la télé en espérant voir quelques chose de sympa. Il zappa une bonne dizaine de minutes avant de tomber sur un documentaire à la con traitant des tabous français en version édulcoré. Ne trouvant rien de mieux, il resta devant son écran à écouter à quel point la populace en France était choquée par la liaison de François Hollande avec une star.

Il resta une bonne demi-heure devant le reportage ô combien intéressant puis s'en alla à la cafétéria où il se mêla au groupe des Penseurs car Johnson n'était pas là.

Il s'était immiscé en pleine discussion sur les retombées de la Première Guerre Mondiale qui était apparemment directement liée à la deuxième. Au début, il n'y participa pas activement. Mais le temps passant, et le sujet de la persécussion des juifs arrivant, il commença à prendre un peu plus d'ampleur dans la conversation car, contrairement aux apparences, Florent était aussi historien et avait un jour fait parti de l'ONU.

-Oui, je comprend parfaitement votre position mais, ayant moi-même été près de ces martyrs, je sais que malgré ce que racontent la plupart des thèses sur la Deuxième Guerre Mondiale les SS travaillant dans les camps jouissaient d'une certaine libertée quant à leur agissements sur les incarcérés juifs.

Cela faisait bien deux heures que la discussion suivait son cours et Florent ne comptait plus ne nombre de tasse de thé qu'il avait ingurgité pour rester maître de lui-même car s'il savait bien une chose c'était que les argumentations de ce genre avait tendance à se transformer rapidement en poudrière. Aussi, il exposait intelligement ses arguments en faisant tout son possible pour garder son calme, bien qu'il voulait faire de cette conversation un simple champ de bataille.

-Et moi, Monsieur Leval, je suis certain que les ordres, violences comprises, étaient émis par des autorités plus hautes hiérarchiquement. Il me semble impossible humainement que les SS travaillant là-bas aient pu être aussi cruel. Depuis bien longtemps il a été prouvé que les Hommes ne sont pas fait pour tuer de façon violentes des individus de la même race.

-Eh bien justement. La grande question est là. Et le mieux, c'est que j'ai une réponse. C'est très simple en réalité. Comme vous l'avez si bien dit, les Hommes ne peuvent en violenter d'autres s'ils ne sont pas atteint de pathologies incluant un disfonctionnement nerveux de l'ordre de l'instinct ou de la santé psychique. Alors pourquoi les tuaient-ils ? Et bien ils les tuaient parce que pour eux, toutes ces personnes n'étaient plus que des animaux d'abattoir.

Son interlocuteur avait haussé un sourcil.

-Mais les appeler et les percevoir en tant qu'animaux est très différent.

-L'endoctrinement, à cette époque, était tel que les SS ou les partisants de l'idéologie Nazie pensaient réellement ou presque, pour la plupart – ne faisons pas de généralité -, que le juifs, les homosexuels, et ceux parqués dans les camps étaient des sous hommes. De fait, ils se comportaient avec eux comme un bourreau se comporte avec un animal qu'il dénigre. D'ailleurs, je ne sais pas si vous le savez mais les internés des camps étaient appelés des Stück. Ce qui veut dire "morceau" ou "pièce".

Une femme âgée aux joues flasque prit la parole.

-Mais les médecins, docteurs et infirmières ne pratiquaient-ils pas tous des expérimentations sur les internés eux aussi ?

-Bien sûr. Mais en fait ce que les livres rapportent comme "tous" sont en fait "beaucoup". Pourquoi ça ? Eh bien parce que ce qu'ont fait ces fous du corps humain ont fait des choses telles qu'elles ont choqué les opinions publiques à tel point que l'objectivité des livres s'en est retrouvée touchée. Mais il y avait aussi le fait que les médecins prodiguant de vrais soins aux patients étaient toujours soupçonné d'être des traitres et se retrouvaient fusillés alors qu'ils faisaient leur vrai travail. D'ailleurs, pour ceux qui n'étaient pas tués, ils étaient toujours mis en marge de la vie de camp par les autres SS.

Il y eut un petit temps de latence dont Florent profita pour s'humidifier la gorge et la bouche avec son thé qu'il avait espéré chaud mais qui était à présent froid. Ça faisait longtemps qu'il n'avait pas eu une longue discussion sur un sujet aussi sérieux avec d'autres personnes que Johnson et il devait avouer qu'il aurait dû faire ça plus tôt. Pas qu'il n'aimait pas son ami mais juste que voir d'autres gens était intéressant aussi. Plus qu'il ne l'avait imaginé.

Son premier interlocuteur reprit la parole.

-Pourquoi est-ce que tout cette haine a été canalisée vers les juifs ?

Florent haussa les épaules et un vieil homme sans cheveux dit:

-Il paraît que lors de son entrée aux Beaux Arts, Hitler s'était fait prendre la place par un israélite. C'est sûrement la moins plausible mais c'est celle à laquelle le plus de jeunes croit.

-Il faudrait revoir les cours d'histoire si vous voulez mon avis, dit Florent. En ce qui concerne cette question, on n'a pas beaucoup de réponses. D'après des analyses médico-légales, Hitler avait des racines israélite mais si c'était là sa raison pour haïr les juifs, je ne vois pas trop pourquoi. Il a été élevé dans les fondements d'une Allemagne grande et puissante, lâchement abbattue par la France à la Première Guerre Mondiale. Il y croyait dur comme fer et c'était sa politique: une Allemagne grande qui lavera l'affront de la France.

-Il y en a d'autres ?

-Oui. Par exemple, il y a celle que vous avez énoncé précédemment mais j'ai ma propre version.

La vieille femme demanda laquelle.

-Eh bien… Comme vous le savez, l'Allemagne était en pleine crise peu avant l'arrivée d'Hitler au pouvoir. Les temps étaient durs et la dette qu'elle devait rembourser à la France venait tout juste d'être supprimée après que la SDN se soit rendue compte qu'elle n'arriverait jamais à rembourser. De ce temps-là, quelques familles juives illustres de par leur richesse s'en sortaient parfaitement bien. De fait, lorsqu'il acceda au pouvoir, il pointa du doigt ces personnes qui n'avaient rien à voir en disant que tous les juifs contrôlaient tout. Il n'y avait pas de rancune particulière, il fallait juste un exemple et il s'est porté sur eux. Si des familles musulmanes avaient été riches à ce moment-là, ç'aurait été elles qui auraient été montré du doigt.

Les quatres personnes l'entourant hochèrent de la tête et alors que l'une d'elles allait prendre la parole, une infirmière s'approcha d'eux et demanda gentiment:

-Excusez moi, mais l'heure du nettoyage est arrivée. Il faudrait partir messieurs dames.

-C'est à nous de nous excuser mademoiselle. Dans ce cas nous n'avons qu'à aller à la bibliothèque, qu'en dites-vous ?

Tout le monde acquiesca et se leva, pour ceux qui le pouvait, et se rendit à la bibliothèque en continuant de discuter de choses et d'autres.

Florent aimait bien se rendre là-bas, il y allait souvent d'ailleurs, et il y avait toujours un truc à lire. Aussi, cet endroit était magnifique. S'étendant sur quatre pièces consécutives et trois étages dont un était un balcon, la bibliothèque était une construction récente assez design mais s'appuyant sur le bois comme matière première. Les étagères étaient lourdes et hautes, en chêne massif et avec des échelles se déplaçant le long d'un rail discret permettant d'atteindre les livres les plus en amont. Contrairement à la plupart des bibliothèques dites "type", les rayonnages se faisaient face pour que le bruit soit tamisé et des fauteuils en velours et en bois étaient parsemés dans la salle autour de table massives en sapin. Il y avait aussi des escaliers en colimaçon mais ils étaient délaissés par les résidents qui, eux, prenaient tout le temps l'ascenseur.

Le petit comité parcourut ving mètres puis emprunta une grande porte pas très lourde qu'il refermèrent immédiatement.

Ils débouchèrent directement dans la véranda où il régnait une forte luminosité qui pouvait déranger ceux présents dans l'autre pièce. C'était l'endroit favori de Florent, il y restait souvent des heures en été à se prélasser sous le soleil qui filtrait à travers les longues et hautes fenêtres de la salle. Il adorait aussi la vue qu'il avait de là-bas. Il pouvait admirer des heures le jardin parfaitement entretenu rempli de roses, de lilas, de jonquilles, de cosmos, d'amarilis, d'anémone, etc… Il n'avait jamais été familié avec les fleurs avant son arrivée ici, mais à force de discuter avec Johnson pendant des heures dans cette grande salle, il avait appris à peu près toutes les variétés poussant dans les environs.

Le groupe de cinq personnes s'avança jusqu'à une table ronde en bois clair et chacun s'assit sur une chaise en rotin pour continuer la discussion, pour ceux qui le pouvait.

-Et voilà pourquoi la psychanalyse est restée interdite durant autant de temps.

De vagues murmures d'acquiesement s'élevèrent autour de la table tandis que l'homme de plus de nonante ans cloué dans sa chaise roulante terminait son monologue de plus de quinze minutes.

Le petit comité était installé dans la véranda depuis plus d'une heure et la discussion restait ciblée sur la Deuxième Guerre Mondiale et les découvertes faites dans cette période là.

Florent restait assez dubitatif quant à la persécussion d'Hitler sur Sigmund Freud et surtout sur les raisons assez inexisantes d'un tel choix.

Bien sûr il était juif mais en voyant quels étaient les point spositifs à le laisser en vie, pourquoi l'avait-il tué ?

Il en fit rapidement part aux personnes autour de lui et l'une d'entre elles répondit:

-Hitler était une personne instable psychologiquement et il se tenait à ses principes et puisqu'ils étaient de tuer les juifs en priorité, il l'a fait. Il n'y a pas besoin de chercher plus loin.

Florent fit non de la tête et exposa son point de vue.

-Je ne pense pas qu'Adolf Hitler ait pu être fou. Peut-être à la toute fin de sa vie mais pas au début. Il faut être un minimum futé pour accéder au pouvoir puis faire une telle propagande. Peut-être était-il psychopathe mais en tout cas pas dérangé. C'est tout à fait impossible pour moi.

Son interlocuteur fronça les sourcils.

-Vous croyez ?

Il hocha la tête.

-Oui. J'ai fait parti de l'ONU à l'époque. Les gens dérangés ont des tics spéciaux qui se traduisent souvent par des cris mais il y a plus discret bien sûr. Le fait est qu'ils sont complètement détruits psychologiquement et qu'ils ont l'impression de vivre dans une autre réalité. Adolf Hitler, lui, savait très bien quoi faire, quand le faire, pourquoi le faire et surtout il se tenait au courant de l'actualité, contrairement aux personnes dérangées qui ont l'impression que le temps n'existe pas. D'ail-

Alors qu'il s'apprêtait à rajouter quelque chose, un mal lancinant s'empara de lui et le prit au coeur et à la tête. Son corps se crispa et il se pencha en avant tandis que sa respiration se faisait sifflante et chaotique.

Les personne présentes autour de la table s'alarmèrent et allèrent chercher un médecin qui ne mit que quelques minutes à arriver mais déjà Florent commençait à perdre connaissance et rapidement tout ce qu'il vit ne fut plus que du noir et ce qu'il sentit une douleur insoutenable.

Une grande inspiration.

Comme s'il avait retenu sa respiration pendant trop longtemps, Florent eut l'impression de revenir à la surface de l'eau inexistante de son esprit dans une pénombre synonyme du vide.

Il se sentit se mettre en position assise sur un sol froid et dur sauf qu'il n'y avait ni sol ni rien en vérité.

Comme un aveugle, il avait l'impression de flotter dans le vide et alors, prit de panique, il commença à appeler quelqu'un, n'importe qui mais il lui fallait une personne pour lui tenir compagnie. Pour lui rappeler qu'il était vivant.

Hurlant à plein poumons, scandant le nom de ses amis, de sa famille ou autre, il commença à se déplacer dans l'univers vide de sens, vide de vie.

Ne sachant pas vraiment où il allait, ou même s'il y avait un point cardinal dans ce monde sans rien, il continuait sa route en appelant des personnes qui n'allaient sûrement pas venir. Finalement, craquant sous le poids de la panique, il commença à hurler le nom de son père en croyant être mort.

Personne ne vint.

Alors, s'il n'était pas mort, c'est qu'il devait être inconscient. Ou un truc qui s'en approchait. Tout du moins, il l'espérait. Du coup, il arrêta de scander les noms de ses proches et appela plutôt:

-ARTHUR !

Rien, absolument rien ne suivit ses paroles. Pas même un écho. Juste rien.

Merde. Si sa deuxième personnalité ne venait même pas à sa rescousse c'est qu'il devait y avoir un problème. Ou peut-être que son hallucination était une grosse flemasse. Ouais… Ça se tenait…

Il poussa un long soupir suivit d'un juron en allemand. Puis retenta sa chance:

-Arthur ! Woher bist du ? Komm hier. Ich habe Angst…
(Arthur ! Ou es-tu ? Viens ici. J'ai peur…)

Quelques larmes silencieuses vinrent glisser le long de ses joues et il ne prit même pas la peine de les essuyer. Finalement, il recommença à arpenter les lieux en espérant enfin pouvoir voir quelque chose même si ça devait être effrayant.

Ça faisait un bon bout de temps qu'il marchait. Peut-être deux heures. Mais il n'en était pas vraiment sûr vu l'endroit où il était.

Arthur, lui, n'était toujours pas arrivé. Peut-être ne l'avait-il pas entendu ou peut-être ne voulait-il pas l'entendre.

Cela n'avait plus beaucoup d'importance à ce moment précis. Florent avait arrêté de paniquer, de pleurer et avait plutôt entrepris de trouver une quelconque lumière dans cet endroit de malade.

Se rendant compte qu'il se sentait léger et qu'il ne ressentait pas la fatigue, il tenta de courir. Et comme il courrait vite ! Il ne s'arrêta pas durant une dizaine de minutes puis se lassa de son petit jeu et se mit à trottiner pour avancer plus vite.

-Arthur !

Peut-être était-ce la centième fois qu'il disait ça. Il n'en savait rien mais ce qu'il savait c'était que s'il rencontrait son jumeau, il lui sauterais dessus de soulagement. Il le frapperais après. Chaque chose en son temps.

Puis, pensant être au fin fond de son inconscient, l'idée qu'il fut le roi de cette endroit lui traversa l'esprit. Alors, il tenta d'imgainer quelque chose qui se matérialiserait devant lui.

Un échec cuisant.

Alors, puisque son sens premier avait décidé de l'abandonner, il imagina plutôt une musique qui tournerait dans cet espace vide et qui remplirait son sentiment de solitude.

Son choix se porta sur "Under Cover of Darkness" des Strokes et enfin, quelque chose d'autre que sa voix porta dans l'univers vide.

Ça le calma un peu et son esprit un peu paniqué se clarifia enfin. Il ne fallait jamais sous-estimer le pouvoir de la musique. Et puis, Arthur décida enfin de se montrer à son jumeau qui, comme prévu, lui sauta au cou en criant:

-Hast du eine Ahnung, das wie viele ich Angst hatte ?!
(As-tu une idée de combien j'ai eu peur ?!)

Arthur fit oui de la tête puis répondit:

-Das war lustig das wie du panik.
(C'était drôle la façon dont tu paniquais.)

Un coup de poing vola dans le visage de l'être inexistant.

-Scheisskerl !
(Connard !)

Ce dernier tomba sur le sol en riant un peu et rapidement, Florent se mit à sourire tant son soulagement était fort.

-Ich schlate das Licht.
(Je rallume la lumière.)

Et, comme par magie, un petit coin d'herbe apparut sous les pieds de Florent et tout autour de lui. Un ciel bleu prit place au-dessus de sa tête et quelques nuages se rajoutèrent à la peinture, en plus du soleil. Plus loin, un banc en chêne se construisit et Arthur s'en approcha doucement. L'ancien coiffeur le suivit docilement et s'assit à côté de lui sur le bois frais du fauteuil. Le maître des lieux dit alors:

-Erinnernst du diesen Ort ?
(Tu te souviens de cet endroit ?)

-Ja. Das ist das unser Dorf Park.
(Oui. C'est le parc de notre village.)

Il hocha la tête et une balançoire vint se rajouter au tableau.

-Waren sie blau oder rot ?
(Etaient-elles bleues ou rouges ?)

Il lui asséna une petite frappe sur l'épaule.

-Weiss, Idiot !
(Blanches, idiot !)

Elle se colorèerent de cette couleur-ci.

-Und war es ein Rutschbahn ?
(Et y avait-il un toboggan ?)

Florent ne savait pas trop où il voulait en venir mais il se prêta au jeu.

-Ja ! Eine grosse blaue Rutschbahn mit viele Blumen um rund !
(Oui ! Un grand toboggan bleu avec plein de fleurs autour !)

Une fois de plus le tableau changea.

-Wie waren dieses Blumen ?
(Comment étaient ces fleurs ?)

Il haussa les épaules.

-Sie geändernen sie jedes Jahr.
(Ils les changeaient chaque année.)

-Welches waren deine Lieblings ?
(Quelles étaient tes préférées ?)

Nouveau haussement d'épaule.

-Ich liebe lila Blumen.
(J'aime les fleurs violette.)

Arthur sourit fugacement et rajouta quelques bleuets et des clochettes au paysage devant eux ce qui rendit son jumeau encore un peu plus content pour une raison inconnue.

Ils restèrent comme ceci deux heures, peut-être trois, à parler du passé, des choses qu'ils auraient voulu faire et effacer quand finalement Florent resentit quelques picotements dans les mains ce qui l'alarma quelques peu:

-Ich habe Kribbeln in Händen Arthur. Was ist los ? Es ist beunruhigend !
(J'ai des picotements dans las mains, Arthur. Qu'est-ce que ça signifie ? Putain c'est dérangeant !)

L'interloqué tourna la tête vers lui et répondit d'un calme olympien:

-Es bedeutet, dass du Kenntniss nimmst.
(Ça veut dire que tu reprends connaissance.)

-Was ?! Aber ich will nicht dich verlassen !
(Quoi ?! Mais je ne veux pas te laisser !)

Arthur se leva et se mit devant son jumeau pour lui dire, un petit sourire tranquille sur le visage:

-Es ist nicht mir, wer gewählt.
(Ce n'est pas moi qui choisi.)

Florent hurla qu'il ne voulait pas mais déjà sa vision devenait floue, son ouïe atténuée et son touché indistinct et la seule chose qu'il pouvait apercevoir était Arthur qui lui souriait en disant:

-Ich werde kommen für dich bald.
(Je viendrai te voir bientôt.)

Et tout redevint noir et froid.

Une grande inspiration.

Comme s'il avait retenu sa respiration pendant trop longtemps, Florent eut l'impression de revenir à la surface de l'eau inexistante de l'existence matérielle.

Le corps secoué de spasmes chaotiques, il tourna la tête sur le côté pour apercevoir quelque chose de sa vision floutée qui buta sur un obstacle de chair recouvert d'une chemise bleue à carreaux. Comme si cela allait arranger quelque chose, il plissa les yeux pour voir au travers mais bien vite, une voix à la tonalité bien connue accompagnée de mouvements précis lui dit de ne pas bouger car il était encore faible.

Cherchant la source du son, il leva les yeux vers le haut jusqu'à croiser le regard bienveillant de Johnson qui avait une lueur de soulagement. Sans vraiment comprendre pourquoi, le patient tenta de poser quelques questions à son ami mais son articulation était tellement molle et sa bouche si pâteuse que les seuls sons qui sortaient de sa gorge ressemblaient à des grognements.

-Reste tranquille s'il te plaît. Tu m'as déjà fait assez peur comme ça. N'en rajoute pas.

Florent poussa cette fois un grognement qui se voulait en être un et tourna la tête sur le côté pour fuir le regard de mère poule de Johnson en faisant la moue.

Tous deux restèrent comme ceci une demi-heure, jusqu'à ce que la bouche de l'alité reprenne sa mobilité plus ou moins optimale et qu'il demande:

-Qu'est-ci s'est passé ?

Johnson quitta son livre des yeux et les posa sur le dos de son ami toujours retourné avec un petit air étonné.

-Tu n'as même pas une idée ?

Il se cala un peu plus contre son coussin.

-Si mais toi tu as l'avis des méd'cins.

Il poussa un long soupir et son regard se fit encore plus doux tandis qu'une ride prenait place sur son front.

-Tu t'es évanoui. Le doc' dit que tu peux sortir aujourd'hui si tu te sens bien.

Florent se retourna face à son interlocuteur et ses épaules s'affaissèrent.

-Depuis combien de temps 'suis endormi ?

Il haussa les épaules.

-Quatre heures au moins.

-Et t'es là d'puis ?

-Quatre heures.

Il prit un air renfrogné.

-Ça veut dire qu'i fait nuit. Rentre immédiatement chez toi.

Ce dernier prit le ton d'un enfant.

-Mais ! Pourquoi j'ai pas le droit de rester ?!

-Parce que.

-T'es pas sympa.

-'sais. Pars maintenant. Jeanne doit se faire un sang d'encre.

Johnson rougit violemment et bégaya des paroles décousues puis, battu, il capitula et sortit de l'infirmerie en adressant un dernier salut à son ami qui ne tarda pas à se retourner et à s'endormir dans la seconde.

Qu'il se sentait seul.

XXX

Et oui les amis ! A présent vous savez que connard se dit Scheisskerl en allemand ! (Je vous apprends tellement de choses...) D'ailleurs, si vous voulez savoir pourquoi j'écris en allemand, c'est parce que ça fait plus vrai et en plus, ça me fait réviser (bah oui, la Suisse, tout ça...). Alors autant joindre l'utile à l'agréable.

Salut mes loulous ! Tout plein de bisous aux célibataires ! (^o^)/

Ps: si toi aussi tu passe ta St-Valentin tout seul, laisse une review. Et même si tu as eu la chance de te trouver le compagnon de tes rêves tu peux laisser un commentaire. J'accepte tout le monde.