J'ai enfin retrouvé l'inspiration ! Et même si je suis en train de crever à cause d'une p*tain d'angine je poste ce chapitre dans un ultime espoir.

Bonne lecture !

XXX

Le séjour à l'armée s'était déroulé sans encombre au vu de l'activité qui s'était emparée de la caserne, rendant Johnson complètement invisible aux yeux des supérieurs qui avaient eu autre chose à faire, et de loin.

Il était à présent sur le quai de la gare de Porrentruy et fixait la grande horloge dont les aiguilles pointaient le six et entre ce dernier et le cinq. Il faisait nuit. L'hiver n'avait épargné personne et le froid s'abattait depuis déjà plusieurs semaines sur la Suisse vivant au ralenti sous une épaisse couche de neige doublée de glace.

C'était donc lundi matin, cinq heures vingt-neuf, -10°C au thermomètre, sur un quai désert qu'attendait patiemment Johnson depuis plus de dix minutes déjà, espérant que le train arrive à l'heure pour qu'il se réchauffe rapidement. Sa prière fut exaucée. A peine l'aiguille des minutes passa sur une nouvelle petite coche que la silhouette du convoi se découpait dans l'obscurité lointaine, annihilant le noir de la nuit par la lumière qui filtrait au travers de ses vitres.

Il s'arrêta finalement devant Johnson qui soufflait pour la énième fois dans ses mains pour les réchauffer. Il les plongea ensuite rapidement dans ses poches et se mit à trottiner vers son compartiment dans lequel il monta en quatrième vitesse pour finalement trouver sa place et s'y affaler. Quelques minutes passèrent ensuite et le train se remit en marche, laissant le plaisir au retraité de regarder à travers la fenêtre pour se réjouir du lever de soleil qui n'allait pas tarder.

Il souriait en repensant à son week-end improvisé. Il avait eu l'opportunité de se remettre aux commandes d'un monoplace et n'avait pas hésité à en profiter. Faisant le tour du canton, il s'était de nouveau épris de la sensation grisante de se retrouver dans un appareil à une vitesse vertigineuse. Pourtant de vieux souvenirs avaient aussi resurgis et rapidement Johnson s'était rendu compte que cette demoiselle Reihner n'était peut-être plus qu'un souvenir mélancolique. Il avait beau être une vraie tête brûlée, il avait quand même commencé à avoir des doutes quant à l'identité de sa voisine tant aimée. Finalement, avec toutes les preuves que lui avait mis Florent sous le nez, il avait accepté la réalité. Et avec joie.

Le soleil commença lentement à s'élever au-dessus des plaines enneigées que parcourait le train.

Ainsi, dès qu'il avait su que Jeanne était - ou plutôt avait été depuis le vol de Florent - en possession de la photo qu'il lui avait donnée dans le passé, il s'était fait à l'idée qu'elle était cette demoiselle Reihner si souvent désirée. Il avait sombré dans la dépression après son départ et mis plusieurs mois à s'en remettre mais maintenant il était au comble de la joie. Rien ne pouvait le rendre plus heureux malgré le fait qu'il avait toujours des appréhensions quant aux sentiments que lui portait la retraitée.

Il soupira et passa un doigt sur ses lèvres. Ces mêmes lèvres qui avaient réussies à lui voler un baiser une quarantaine d'années plus tôt. Et il espérait que ce ne soit pas le dernier. Une heure passa jusqu'à ce qu'il arrive enfin à la gare escomptée, à une demi-heure de bus jusqu'au collège - ou lycée selon qui - de son petit-fils.

Il arriva in extremis à prendre le bus dans lequel il s'assit au fond, espérant ne pas trop attirer le regard des prochains usagers de part son uniforme militaire de travail assez voyant. Il n'avait pas mis celui de sortie pour la simple et bonne raison qu'il n'en avait plus. Il avait beau avoir réussi à entrer dans la caserne de Bure grâce à des anciens bleus ayant gradés, il ne pouvait pas tout avoir non plus.

Une demi-heure passa donc et il finit à sept heures pile devant le collège d'Adam où un ballet voitures s'opérait sur la grande place en demi-cercle recouverte de gravier d'où la neige avait été enlevée. Parachuté dans l'allée, il marcha en direction de ce qu'il aimait bien appeler château, de part son architecture, et y arriva après une petite minute à s'extasier devant le lieu. Il avait beau y avoir de la neige, cela n'en restait pas moins féerique. S'approchant de la porte principale en observant les hommes et femmes d'affaires en costumes resplendissants, il remarqua soudain Adam qui lui faisait un signe de la main et se mit à courir pour le rejoindre. La première chose qu'il entendit fut:

-J'ai cru que tu n'arriverais jamais ! Allez viens: ils vont bientôt fermer les portes de l'amphithéâtre.

Et ils se mirent en route alors que Johnson disait:

-Je me sens assez peu à ma place dans mon uniforme de travail militaire…

Il jeta un coup d'œil à son petit-fils, visiblement mal à l'aise dans ses habits normaux devant tous ceux des autres personnes présentes qui les regardaient comme des animaux bizarres.

-Qu'est-ce que tu veux qu'on y fasse, s'exclama-t-il en haussant les épaules, on a pas tous un costard chez soi.

Le retraité rit.

-Non ! Mais je t'avoue trouver ça assez marrant de me promener ici comme une tâche verte perdue au milieu d'une mer de béton !

Ils pouffèrent ensemble quand ils arrivèrent finalement devant les portes exagérément grandes de l'amphithéâtre qui se trouvait juste être un énorme salle où l'on avait installé des chaises en bois en huit colonnes, divisées chacune en cinq, étendues en une quarantaine de lignes au moins. Au fond, il y avait une grande scène en lattes noires cernée par de longs rideaux blancs tombant jusqu'au sol. Une petite esplanade avait été installée, avec un micro, pour finalement laisser resplendir au milieu le blason de l'école; un cerf et deux serpents sur les côtés. Un vrai décor digne des présidentielles en somme…

Adam et son grand-père allèrent s'asseoir dans les rangs du milieu, ceux à leur nom, et Johnson en profita pour poser son sac sous sa chaise. Son petit-fils s'exclama:

-Quelle idée de venir habillé comme ça en même temps !

-On est des anticonformistes ! 'Faut pas nous lancer la pierre !

Et ils rirent.

-C'est vraiment une école de riche…

Adam haussa les épaules.

-Ouais. Et encore merci de me scolariser ici.

-Quand on aime on ne compte pas ! Mais sinon… Aurais-je l'honneur de rencontrer ta charmante petite amie ?

Il s'enflamma.

-Ce n'est pas ma petite amie !

-Si tu lui disais bonjour ce serait déjà un bon début !

-Tais-toi stupide ancêtre…

Johnson sourit.

-Allez ! Fait pas cette tête !

Ses yeux furent alors attirés par les étiquettes sur les chaises en face de lui et ses lèvres s'étirèrent de plus belle.

-Devine qui c'est qui est devant nous !

Adam haussa un sourcil et porta son regard vers la direction concernée et lâcha:

-Merde. Les Reihner…

-Tu me diras laquelle est ta Béatrice puisqu'elles sont jumelles.

-Ce sera la plus belle des deux !

Le retraité rit.

-Pas sûr !

-Comment ça ?

-Oublie !

Et alors les places commencèrent à se remplir d'hommes et femmes sur leur trente-et-un tandis qu'Adam et son grand-père, les hipsters, parlaient ensemble en riant.

Puis vint le moment où les Reihner vinrent s'installer. Il y eut d'abord la dénommée Marion dans un robe de soirée courte crème. Elle salua son camarade avec un air hautain et ce dernier lui répondit avec un ton glacial qui fit rire son grand-père. Elle sembla ensuite avoir remarqué une amie ou autre et s'en alla pour s'asseoir avec elle.

-C'est pas le grand amour, dis moi !

-Je t'avais dit qu'elle était horrible.

Johnson s'approcha de son oreille.

-Et pas très jolie non plus.

Ils rirent et se remirent à discuter quand finalement Béatrice arriva dans une robe bleu ciel avec une ceinture au niveau de la taille, coiffée d'un chignon "romantique" comme aurait dit l'autre. De son joli minois, elle salua, tout sourire, Adam qui lui rendit la pareille avant de présenter son grand-père par un:

-Béatrice je te présente mon grand-père: Johnson. Grand-père: Béatrice.

Ce dernier se leva et lui fit la bise en s'exclamant:

-Hey mais on s'est déjà vus ! Comment allez-vous ?

Elle lui offrit un sourire qui le réjouit de plus belle.

-Bien et vous ?

-Très bien malgré le fait que je sois coincé ici.

Elle rit.

-En tout cas ça me fait plaisir de te voir Adam ! Tu étais tellement réticent à l'idée de venir ! Je me demandais si tu allais être là.

Ce dernier fit mine de se présenter.

-Eh bien vois-tu. On peut vraiment faire des miracles même si j'ai un peu l'impression d'être une tâche dans le paysage.

Puis ils continuèrent d'échanger des banalités sous le regard bienveillant et rassuré de Johnson qui se demandait quand est-ce que ces deux allaient se mettre ensemble. La salle continua de se remplir et un brouhaha général s'élevait à présent dans l'amphithéâtre, coupé de rires guindés et de salutations d'usages. Soudain, Béatrice qui discutait tranquillement avec Adam qui avait de nouveau adopté son tic de la jambe se retourna vers l'entrée et leva un bras en l'air pour faire signe à quelqu'un. Cette personne ne tarda pas à arriver et le père Keith ne sut quoi faire d'autre sinon d'entrouvrir la bouche en signe d'ébahissement.

Jeanne venait d'arriver. Elle portait une longue robe de soirée de couleur parme, une sorte de violet pale, et avait de nouveau adopté son chignon romantique blanc comme neige. Son teint porcelaine faisait ressortir encore mieux ses yeux bleu foncé dans lesquels Johnson aurait bien voulu se noyer. Ça ne l'aurait pas dérangé le moins du monde. Celle-ci fit la bise à sa petite-fille qui s'extasia devant sa robe puis se retourna vers les Keith où le plus jeune des deux la salua poliment. Elle sursauta ensuite en voyant son voisin qui lui dit alors, perdu dans ses pensées:

-Vous êtes magnifique.

Ses joues s'empourprèrent et elle fuit son regard.

-Vous exagérez…

Il se leva.

-A peine ! Je suis assez tenté d'aller le crier sur tous les toits en ce moment même !

Elle le regarda d'un air paniqué.

-Vous n'oseriez pas.

-Qui sait ?

Ils se fixèrent ensuite un instant avant de commencer à rire de bon cœur et de revenir sur une conversation un peu plus banale. Ce fut Johnson qui commença.

-Alors comme ça vous accompagnez vos petites-filles ? La première nous a faussé compagnie à ce que je vois…

-Elle est tellement impolie ! Je m'en excuse. J'aimerais bien qu'elle change un peu mais ce serait trop lui demander vu à quel point elle est de mauvaise foi !

-Allons ne la blâmez pas comme ça. On ne peut pas tout avoir dans la vie et de toute façon votre jolie Béatrice est là non ?

-C'est vrai et-

Elle s'arrêta brusquement et jaugea le militaire des pieds à la tête pour finalement s'exclamer:

-Mais pourquoi êtes-vous dans cette tenue ?!

Il sourit.

-Il y a eu une journée porte ouverte à mon ancienne caserne et je n'ai pas résisté à l'idée de passer entre les mailles du filet pour reprendre les commandes d'un appareil.

Elle ne répondit rien et le retraité haussa un sourcil en se demandant si tout allait bien. Peut-être se demandait-elle s'il était l'homme sur la photo… Ou bien alors était-elle tout simplement choquée. Au choix. Johnson trouva la première option plus plausible et brûlait d'envie de lui dire que c'était bien lui mais déjà, une femme en costume s'approchait de l'estrade et les lumières s'éteignaient pour la laisser commencer son discours.

Alors, profitant du petit temps de latence qui lui était offert, l'ancien militaire attrapa le bras de sa belle et lui glissa rapidement en la fixant avec intensité:

-Ne paniquez pas. Calmez-vous car il ne va rien se passer qui pourrait vous nuire. Compris ?

Elle hocha la tête et Johnson lui décocha un sourire rassuré qui eut le don d'avoir le même effet sur Jeanne qui se rassit, apaisée.

Et c'était parti pour une heure de discours mortifiant.

-Je t'en supplie ! Joues-en !

Il était à présent cinq heures de l'après-midi. Johnson et Adam avaient parcouru l'école de fond en comble pour visiter tout ce qu'il y avait à visiter. La plupart des accompagnateurs étaient partis et il ne restait plus qu'une quarantaine de personnes vacant de çà et là dans le complexe. Pour leur part, les Keith étaient dans une salle de musique insonorisée à fixer un violoncelle posé contre un meuble spécialement aménagé pour son utilisation. L'archet était posé dessus, dans un petit étui ouvert tapissé de velours violet de mauvais goût.

Cela faisait bien dix minutes que le plus jeune des deux suppliait son grand-père pour qu'il joue quelque chose. Ce dernier était quelque peu réticent à l'idée de se remettre au violoncelle mais il en avait quand même envie. Alors, il demanda à son petit-fils de lui donner une partition, n'importe laquelle, puisqu'il ne connaissait pas de morceau par cœur. Le visage orné d'un sourire, Adam lui mit dans la main un cahier de feuilles recouvertes de notes. Son regard fut attiré par la danse macabre de Camille Saint-Saëns et il jeta son dévolu dessus tandis qu'il disait au plus jeune:

-Mets toi au piano. J'ai besoin de toi pour un duo.

-Un duo ?! Vraiment ?!

Il hocha la tête.

-Yes !

Et il alla s'installer au piano à queue de la pièce tandis qu'il travaillait un peu la partition pour se mettre dans le bain. Pour sa part, Johnson s'assit sur une chaise, derrière un pupitre où il posa ses partitions et commença à se remémorer sa façon de jouer. Après quelques instants, il lança à Adam:

-On va la jouer rapide ok ?

-Tu es sûr ? Tu m'as dit que ça faisait longtemps que tu n'avais pas joué.

-Je ne pense pas que ce sera aussi compliqué. On commence alors ?

-C'est moi qui donne le coup d'envoi.

Quelques minutes passèrent puis son petit-fils donna le top départ et la musique commença.

La danse macabre était une mélodie assez dissonante au début. Le violon ou le violoncelle jouait des notes qui se voulaient rêches et sèches avant de clarifier les accords et les rendre plus doux à l'oreille. La mélodie se voulaient hypnotisante et oppressante à la fois. Le pianiste répétait souvent les mêmes notes pendant une dizaine de secondes en crescendo avant de changer et de faire balader ses doigts tout du long du clavier. Le violoniste se devait d'imiter une sorte d'insecte volant de çà et là avant de repartir de plus belle. Au début la mélodie incitait la panique, la peur, l'hypnose. Vers la fin elle s'adoucissait pour marquer une pause, un suspens, avant de recommencer à une tonalité bien plus forte et avec un tempo plus rapide. Finalement, la mélodie se terminait par quelques accords au violon. Nostalgiques, léthargiques, mélancoliques. Et le piano entamait une dernière série de notes qui marquait une sorte de pause avant que quelque chose ne recommence. Et apparemment, Johnson était complètement happé par cette musique. Il jouait dans une sorte de transe et ne lisait même plus les notes de la partition posée devant lui. Il se contentait d'écouter ce qu'il faisait instinctivement.

Il se demandait comment il avait fait pour se passer de cette sensation depuis si longtemps. Peut-être que l'adrénaline de l'armée lui avait servi de substitut ou peut-être avait-il toujours été dans une sensation de manque. Il ne savait pas. Et puis il voulait savoir ce qu'en penserait Jeanne. Jeanne qui semblait avoir pris conscience de qui il était en réalité. Il songeait sans cesse à comment elle accueillerait la nouvelle. Serait-elle triste ? En colère ? Heureuse ? Il avait peur. Peur d'être rejeté à nouveau. Peur de revivre la séparation qu'il avait eu avec sa femme. Peur de ressentir à nouveau cette sensation de mort. Comme si quelque chose avait sauté chez lui. Comme si quelque chose avait été détruit à tout jamais. Pourtant il retentait sa chance avec Jeanne. Pourquoi le faisait-il ? Il avait déjà essayé auparavant mais s'était rapidement rendu compte que les choses n'étaient pas aussi simples. Et puis n'était-ce pas trop tard ? Les choses n'avaient-elles pas déjà été faites ?

Ce fut sur cette dernière interrogations que lui et Adam terminèrent finalement le morceau. Il y eut un petit silence de quelques minutes puis le jeune homme déclara, tout sourire:

-He beh si je m'attendais à ça ! Tu joues super bien ! T'étais un pro ou un truc comme ça à l'époque ?

Johnson fit non de la tête et alla ranger le violoncelle en silence. Quand il posa l'archet dans son étui, il dit faiblement, en proie à des maux lancinants:

-Je… J'ai mal au crâne Adam. Rentrons. Nous avons passé assez de temps ici. C'était très enrichissant.

Et il se précipita vers la porte d'entrée avec son sac dans les mains avant de commencer à courir pour respirer de l'air frais, son petit-fils sur ses talons. Quand il arriva enfin dehors, le vent froid lui fouetta le visage et il s'arrêta brusquement pour prendre une grande inspiration. Il étendit les bras et respira fort en espérant que ses jambes ne se dérobent pas sous lui.

Il avait la tête qui tournait et l'impression qu'il allait vomir dans la seconde. Il était secoué de frissons et ses paupières fermées le brûlaient. Sa gorge était nouée et il avait du mal à respirer en plus de cette impression de nausées à laquelle venait se rajouter un mal de tête lancinant. Il ne comprenait pas. Lorsqu'Adam arriva à ses côtés, complètement essoufflé, il s'exclama, alarmé:

-Mon Dieu ! Tu as le teint livide ! Tu te sens bien ?!

Johnson ne répondit rien. Il tentait de faire abstraction du monde qui tanguait tout autour de lui. Il avait chaud et froid à la fois, il se sentait lourd. Lourd comme du plomb. Chaque respiration lui pesait sur les poumons et était un vrai exploit à relever. Son petit-fils l'obligea à s'asseoir sur un banc à quelques mètres et ce fut au bord de l'évanouissement que le retraité se laissa tomber dessus, la respiration archaïque. Puis, tandis que ses oreilles et son esprit se remplissaient de ouate, un nouveau mal de crâne lancinant s'empara de lui et il perdit connaissance.

Il avait mal.

XXX

Et moi aussi d'ailleurs ! Enfin bref. Désolé de ne pas avoir écrit plus tôt mais je ne trouvais plus rien pour continuer. Mais je vais arrêter de blablater. Vous pouvez, comme d'habitude, laisser un commentaire: ça fait toujours plaisir !

(X_X)/

Argh...