Réponses aux reviews :

- Kheree, tu me connais bien lol. En tout cas, voilà la suite, en espérant pas te décevoir.

Sinon, à tout le monde :
Voilà enfin la suite qui est pourtant écrite depuis un moment, puisque actuellement j'en suis au chapitre 21. J'espère que ça vous plaira :).

Pensée


Chapitre 06
La quatrième dimension, mythe ou réalité ?


Ses recherches dans les méandres de la bibliothèque furent laborieuses. C'est peut-être un avantage d'avoir tous les livres à disposition, mais ça devient vite un inconvénient quand on est comme Syrill et que les recherches se faisaient plus sur le terrain que derrière un bureau.

Le journaliste avait dû éplucher une bonne vingtaine de livres scientifiques parlant de voyage dans le temps, de vie extraterrestre et de dimensions diverses et variées. Et une chose était certaine, c'est que les scientifiques étaient soit fous, soit tordus, soit très imaginatifs. Ou peut-être étaient-ils un peu des trois à la fois. Il ne saurait trop le dire. Toujours est-il que dans tout ce que le jeune homme avait pu lire et analyser, il n'avait retenu que très peu de choses. Premièrement, si les extraterrestres existaient, ils ne se prendraient pas la tête à venir sur terre pour enlever des enfants en plein jour. Deuxièmement, le voyage dans le temps est une chose impossible, sauf si on s'appelle H.G. Wells et qu'on a un personnage qui a créé la machine adéquate. Troisièmement, la téléportation est un truc complètement impossible, nous ne pouvons pas être à deux endroits en même temps. Pour cela, tous les scientifiques sont bien d'accord. Et enfin, quatrièmement, les dimensions parallèles sont les meilleurs scénarios pour les livres de science-fiction. En clair, il n'était pas beaucoup plus avancé.

Cependant, il avait quand même retenu une possibilité. Même si le faire le conduisait de l'autre côté de la frontière, et le faisait passer du côté des siphonnés du boulon. Mais avec ce qu'il avait vu et les résultats d'analyses, il n'avait pas d'autres choix que d'envisager cette possibilité… La quatrième dimension n'était peut-être pas qu'un mythe ou une série télévisée.

Ce fut qu'avec ses maigres résultats qu'il quitta la British Library pour rentrer chez lui dans l'espoir de s'octroyer une bouteille de bière bien méritée et une longue nuit de sommeil. Cependant ce programme fut étouffé dans l'œuf quand son téléphone sonna. Après avoir sorti l'appareil et jeté un bref coup d'œil sur le numéro qui s'affichait, le brun lâcha un soupir. Pas moyen d'être en paix dans cette fichue ville. C'était le bureau. Qu'est-ce qu'ils lui voulaient bon sang ? Avec agacement, il finit par décrocher quand même. Il avait hésité à laisser sonner. Mais il ne tenait pas à être harcelé toute la soirée. Il était déjà dix-neuf heures passé.

— Quoi ?

Son ton fut si cordial qu'il fallut un petit moment à son interlocuteur pour prendre à son tour la parole.

— Allo ? Y a quelqu'un ?

Syrill commençait à s'impatienter. Il était épuisé et ne désirait qu'une chose, que cette journée se termine.

— Euh oui ! Désolé monsieur Brook…

Se ressaisissant la voix fluette à l'autre bout du fil se fit reconnaître. Il s'agissait de Mary, la secrétaire standardiste du journal. Une jeune femme assez mignonne quoi qu'un peu cruche selon les critères de Syrill.

— Ouai, ouai, vous êtes désolé !

Le journaliste laissa passer un autre soupir avant de continuer.

— Alors ? C'est pour quoi ?

— Pourquoi quoi ?

La jeune femme était nerveuse. Syrill avait ce pouvoir sur les gens parfois.

— Ah oui… Je suis vraiment désolée de vous déranger, mais un homme vous attend au bureau. Il dit que vous le connaissez et qu'il a des nouvelles qui pourraient vous servir pour votre enquête… Alors j'ai pensé qu'il valait mieux vous prévenir. Il attend depuis déjà plus d'une heure…

— Alors si vous avez pensé… On n'a plus de soucis à se faire !

Syrill était ironique. Il ne releva pas le fait que quelqu'un l'attendait depuis plus d'une heure. Ce n'était pas le plus important.

— Cet homme, il vous a donné un nom au moins ?

— Euh oui monsieur… C'est…

Elle cherchait l'information sur son bureau, si Syrill se fiait aux bruits qu'il entendait de l'autre bout du fil.

— Monsieur Simons, monsieur…

— Simons vous dites ?

Simons, Simons… Ce nom lui disait quelque-chose. Mais quoi ? Il mit un long moment avant de se souvenir. Se rappeler que Simons était James Simons, le témoin grognon mais néanmoins canon de son affaire. Et il avait de nouvelles informations ? Parfait ! Tant pis pour la bonne nuit de sommeil. Mais par contre, il comptait bien se faire offrir une bière ou deux.

— Hm… Ok. Informez-le que j'arrive Mary. »

Et sans attendre la réponse de la secrétaire, il raccrocha au nez de cette dernière.. Il devait se dépêcher. Étrangement, il n'était plus du tout fatigué. Bien au contraire, il était mu d'une nouvelle forme. Il s'imaginait déjà le déroulement de la soirée, espérant secrètement que son précieux témoin ne supporte pas l'alcool. Ainsi, il l'aurait son « plus si affinité ». Après tout, il n'était qu'un homme. Il avait des besoins à assouvir.

Prolongeant de quelques stations de métro son trajet, il descendit pour la deuxième fois de la journée à la station Tower Hill pour aller directement à son bureau. Il ne fut jamais aussi rapide pour saluer correctement Karl, le gardien, ainsi que le collègue qui commençait un peu à lui devenir familier. Il montra sa carte et gravit les escaliers sur trois étages.

Et il le trouva, là, assit sur un des sièges réservés aux visiteurs, patientant sagement une revue automobile entre les mains. Tellement prévisible mais si adorable. Enfin s'il pouvait le dire. Il se racla la gorge pour signaler sa présence, avant de s'avancer d'un pas et tendre la main, tout en prenant la parole.

— Monsieur Simons, Mary m'a dit que vous vous vouliez me voir ?

Un sourire éclaira le visage du journaliste, alors qu'il gardait toujours son bras tendu, attendant que son vis-à-vis lui serre la main. Ce qu'il ne fit pas. Au lieu de cela, James posa son magazine et se leva, laissant tomber ses bras le long de son corps.

— En effet… Pouvons-nous parler en privé ou tout du moins ailleurs que dans l'accueil de votre journal ?

— Bien entendu… Suivez-moi !

Quelque peu vexé d'être ainsi ignoré, il en oublia presque sa bière et « plus, si affinité ». Si bien qu'il s'arrêta net quand la boisson lui revint en tête, ce qui provoqua un petit accident. Le témoin venait de lui rentrer dedans. Ce qui n'était pas pour lui déplaire. Bien au contraire. Il prit d'ailleurs la parole comme si rien n'était.

— Allons plutôt dans un pub. J'ai eu une longue journée et je n'ai encore rien pu avaler de la journée.

— Un pub ?

James n'était pas chaud pour aller dans un lieu fréquenté. Il avait beaucoup de choses à dire. Mais il devait aussi avouer que ça l'arrangeait. Ainsi, ce type ne lui ferait pas des allusions aussi lourdes qu'agaçantes sur le fait de coucher avec lui. Un mal pour un bien comme on dit.

— Pourquoi pas… Je vous suis.

Syrill fut surpris que l'homme lui donne son accord aussi facilement. Il avait même préparé tout un argumentaire pour le convaincre. Mais n'en ayant plus besoin, il se contenta de sourire et l'inviter à le suivre.

Le journaliste ne les conduisit pas très loin. Juste au coin de la rue où se trouvait le pub qui lui servait de quartier général, de défouloir et de coin de drague. Il rentra comme s'il était chez lui, et se rendit directement vers le fond de la pièce, à une table qui avait vue sur tout l'établissement mais qui restait en retrait par rapport au reste. Un vrai lieu d'observation dont le jeune homme se servait pour son travail mais plus souvent pour son plaisir.

James, se contentant de suivre, nota la familiarité qu'avait Syrill avec les lieux et se demanda si venir ici était une si bonne idée que cela. Il pressentait que la soirée allait être longue et lourde. Mais gardant ses pensées pour lui, il prit place sur la chaise libre et fixa le journaliste, avant de prendre la parole. Ne laissant pas ainsi le temps à ce dernier de commencer son petit jeu de séduction.

— La dernière fois que nous nous sommes vu, vous avez parlé d'une affaire similaire qui remonte à trente ans. Vous vous souvenez ?

— En effet… mais avant de com…

— Et bien vous allez être surpris, mais j'ai découvert qu'entre ces disparitions et celles de cette année, il y a eu d'autres cas !

James avait coupé Syrill, ne voulant surtout pas laisser le temps à ce dernier de jouer au séducteur qu'il n'était décidément pas.

— Pardon ?

Le jeune homme en reposa la carte pour plonger son regard émeraude dans le noisette de son vis-à-vis.

— Que voulez-vous dire par là ? J'ai fait moi-même des recherches, et je n'ai rien trouvé.

— Vous n'auriez rien pu trouver même si vous aviez retourné toutes les archives du Royaume-Uni ! Alors évitez de monter trop vite sur vos grands chevaux.

James avait préféré temporisé son vis-à-vis tout en profitant pour rajuster ses lunettes sur le bout de son nez.

— J'ai moi-même fait cette découverte par chance. »

— Par chance ? Là, vous commencez à m'intriguer ! »

A la surprise générale, le journaliste ne prit pas la mouche à la réflexion du témoin sur son emportement. En fait, il ne se vexa pas. Il ne s'énerva pas. Il se calma juste et en oublia même sa bière et ses idées de séduction. James avait éveillé sa curiosité et ça, ça valait toutes les bières et les coucheries du monde pour le brun.

— Je m'en doute…

Le châtain ajusta encore ses lunettes sur son nez. Elles glissaient sans cesse.

— Je vous disais donc que j'ai eu par chance de nouvelles informations. Une femme est venue me voir. Un peu comme vous. Mais les raisons différaient. Cette dernière m'a rendu visite car après avoir été prendre des nouvelles de l'enquête qui la concernait, l'inspecteur responsable de son affaire l'a dirigé vers moi. »

— Dirigez vers vous ? Vous êtes détective ?

Le journaliste était de plus en plus perplexe.

— Non…

James lâcha un soupir las.

— Je suis romancier pas détective. Mais cette femme n'est pas venue à moi à cause de mon métier, mais comme je vous l'ai dit, pour les mêmes raisons que vous… Pour ce que j'ai vu !

— Là, je ne vous suis plus… Qu'est-ce que cette femme a à voir avec notre affaire ?

— J'y viens. Et cessez de me couper !

Le témoin s'agaçait et ça se voyait. Syrill cessa sa tentative de prise de parole et se renfrogna un peu.

— Je fus un peu surpris au début. Enfin jusqu'au moment où elle m'a informé que son fils ainsi que ses trois copains avaient disparus il y a de cela cinq ans et ce, sans laisser de traces. Ils étaient là à un moment et ensuite plus rien. Comme dans les deux cas que nous connaissons. Et avant que vous montiez sur vos grands chevaux, la presse n'en a jamais rien su. La police a tout fait pour garder cela secret. Voilà pourquoi vous ignorez l'existence de cette affaire. »

La révélation laissa Syrill sans voix un long moment. Il y avait une autre affaire. Et s'il en avait une autre, cela voulait dire que d'autres affaires devaient exister. Inconnues du publique mais aussi de la presse. Mais à quoi ils avaient à faire ? A une famille de fou qui bouffait des gosses à tous leurs repas ? C'était vraiment étrange… Surtout que la vision du parc s'imposait de nouveau à lui.

Il secoua la tête et revint à son témoin. Il devait avoir plus de détails. Beaucoup plus de détails. Quelque chose clochait, et il n'arrivait pas à mettre le doigt dessus. Il se mit en tête d'interroger James, sans vraiment lui laisser le choix, oubliant tout son programme d'origine. Il avait autre chose à penser que manger, boire ou draguer. Il avait un prix Pulitzer à gagner.

A suivre~