Mot de l'auteur : Cette fois-ci, j'ai choisi d'écrire sur un sujet particulier, très personnel et à la fois très facile à comprendre de tous : mes chats. Mew et Grouchat vivent chez mes parents, et je ne les vois pas souvent. Le premier est un vieux doyen d'environ 15 ou 16 ans, difficile à dire. On l'a rencontré lorsqu'on venait de déménager dans cette maison avec ma famille, et il est toujours resté près de nous, bien qu'on ne le laisse pas rentrer. Puis, ces dernières années, Grouchat, un chat un peu con fréquente également notre cour et notre terrasse aux côté de Mew. Bien que je ne sois pas très proche de Grouchati, Mew est sans doute ce que je peux considérer comme mon meilleur ami. Alors ce petit texte lui est dédié, à lui et à ce que Grouchat semble représenter pour lui.
Bonne lecture !


自分

Le vieux matou


On lui avait confectionné un trône avec une vieille chaise de jardin et une couverture en lambeaux. On lui avait dit qu'il pouvait y dormir et on lui apportait ses repas chaque matin. Parfois on le soulevait et on le caressait en souriant. Il n'avait rien de plus à demander. Il ramenait parfois un cadeau ou deux sur le pas de la porte, puis avait cessé lorsqu'il comprit que les maîtres ne le mangeaient pas.

Au cours des années, de nombreuses choses se passèrent. Il était impossible de prédire ce qu'amènerait l'hiver ou l'été. Il devait sans cesse être à son poste d'observateur impassible pour comprendre comment les choses allaient évoluer. Un nouveau chat qui grandit dans la maison, qui en sort, qui en meurt. Des humains qui partent, qui reviennent, qui déplacent leurs affaires, qui ne reviennent plus. Des livraisons de choses très lourdes dans de très grands camions, des gens qui hurlent et qui empestent la haine.

Devant le cours du temps, s'il devait résumer la façon dont il s'était tenu, il pouvait le faire en un mot : seul. Il ne savait pas trop si c'était parce qu'il le voulait ou pas, mais c'en était ainsi, et il n'y avait rien de plus à savoir.

Un jour, le petit chat gris qui avait grandit dans la maison s'enfuit loin, et plus jamais on ne vit à nouveau le bout de son museau. Lui, il trouvait ça bizarre, parce que les deux maîtres qui tenaient à ce chat n'étaient pas là. Seraient-ils tristes en voyant sa disparition ? En tout cas, il y en avait un qui l'était. Son frère, qui était visiblement incapable de se débrouiller tout seul. Ou plutôt, il l'était. Mais il faisait constamment preuve d'une maladresse sans égale.

Au début, il le chassait. Il n'avait pas à partager son repas avec un imbécile.
Puis, quand il vit que malgré le fait qu'il le chassait, ce crétin ronronnait de plaisir, il abandonna.
Mais il ne le laissait quand même pas trop s'approcher non plus.
Parfois il l'attaquait par surprise puis lui courait un peu après, pour faire jouer ses vieilles pattes aigries.
C'était si drôle de le voir détaler à grande vitesse dès qu'il avait peur. Et il avait tout le temps peur.

Il fallait bien qu'il s'occupe le temps que le jeune maître revienne, et désormais, il n'était plus seul dans son attente.