Heeeey ! Je suis là après quelques absences - longues ! - mais une motivation renouvellée ! Et pour fêter ça, voici le prélude d'une nouvelle histoire. Pour les autres, voir mon profil.

Bonne lecture ! N'hésitez pas à reviewationner tout plein !


Un sentiment de froid, de vide, s'empara de moi. Je regardais mes doigts griffés et rougis par les frottements. J'observais mon morceau de bois, tout sculpté. Un petit sourire s'afficha sur mes lèvres. Il était magnifique. J'entendis du bruit, et je glissais mon œuvre sous mon oreiller. Avant de me redresser, droit comme un « i » pour pouvoir observer la personne qui venait ouvrir la porte. « Viens… Non. Habille-toi mieux, puis viens. » Il n'était pas méchant comme les autres, mais il me parlait juste parce qu'on lui avait demandé. J'avais l'habitude. Je me déshabillais et enfilait une chemise blanche et un pantalon noir. Mes pieds nus tapaient doucement sur le sol frais, et il me fit marcher devant lui. Il tira doucement, mais fermement, sur ma chemise et sur mon col pour les remettre correctement, puis il me donna une tape sur la tête quand j'osais faire mine de protester. Il me conduit jusqu'à une grande pièce claire, aux murs blancs et au sol doux. Rinato Salvatore se tenait assis sur une chaise, au bout de l'immense table déjà jonchée de plats fumants. Et j'avais faim. Il souriait, et ses yeux émeraude s'étaient plongés dans les miens. J'évitais discrètement son regard pour observer sa coiffure, ses vêtements. Il portait presque la même tenue que moi, et il semblait trouver cela amusant. Il avait une veste en plus, et ses cheveux noirs de jais étaient plus longs que les miens. J'aurais pu être son fils. Mais ce n'était pas le cas. Il n'avait pas de femme, ni de fils. Il n'aimait pas les femmes. Il m'indiqua une chaise et j'allais m'y assoir prudemment. Mon estomac gargouillait déjà et je ne quittais pas ce festin des yeux.

Le repas sembla durer une éternité. Celui que l'on appelait poliment « Monsieur Salvatore » – ou encore, pour les plus intimes « Capitaine » ou parfois, même, « Nato » mais c'était plutôt dangereux – mangea tranquillement, tapant parfois sur mes doigts lorsque ma tenue à table lui déplaisait. Le reste du temps, il discutait « affaires » avec ses conseillers et diverses personnes de son entourage… Et moi. Moi, qui regardait par moment le plafond avec un air béat, jusqu'à-ce qu'une main passe sous ma tête et referme ma bouche sèchement. Le repas se termina, et il me prit par la main pour m'emmener au grand salon – son salon privé, ou peu de gens avaient le privilège d'aller. Je restais silencieux tant qu'il ne me posait pas de questions. Il me donna deux livres, et je le remerciai. Les titres m'étaient inconnus, mais j'étais très heureux d'avoir de nouveau de la lecture. Je posais les livres sur la table basse. Il me dit en souriant : « Ce soir, je t'apprends un nouveau jeu. » Je souris et hochai la tête. J'aimais bien ses jeux, ils m'occupaient beaucoup, et il m'avait dit qu'on pouvait gagner beaucoup en jouant à quelque chose, et que les hommes aimaient les jeux. Ma petite tête enregistrait tout ce qu'il me disait, toujours, depuis que j'étais ici. Je m'assis en tailleurs face à lui, de l'autre côté de la table, et il commença à m'expliquer. Il était toujours content, car j'apprenais vite. Je me demandais parfois depuis combien de temps j'étais dans cette immense maison. Je n'arrivais plus à m'en souvenir.

Lorsqu'il eut fini de m'apprendre, et que nous avions joué quelques parties, il me prit par la main et m'emmena dans sa chambre. J'avais l'habitude. Quand je me réveillais dans sa chambre, j'avais toujours un petit déjeuner de Roi, le même que lui. C'était vraiment bien ! La jeune dame qui m'apportait le plateau me regardait toujours bizarrement. Peine. Dégoût. Comme beaucoup de gens ici. C'était lui qui m'avait appris à reconnaître toutes les émotions, juste en regardant quelqu'un. Il me félicitait toujours, en disant que j'étais très doué. Ce soir-là, il me fit un peu mal, et il s'excusa à la fin. Comme à chaque fois. Je ne comprenais pas souvent ce qu'il faisait, ni pourquoi. Cela ne m'importait pas de le comprendre : il le faisait, c'était tout. Puis après, il me caressait doucement les cheveux et me parlait. J'aimais bien l'entendre parler avant de dormir. Il souriait. « Après-demain, c'est ton anniversaire, Elvio. » Je souris et me redressais. « Je t'emmènerais où tu voudras. » Il me serra contre lui. « Dors, maintenant. » J'enfouis ma tête contre son torse, il était chaud, et accueillant. Je fermais les yeux doucement.