A toi,

je t'ai menti quand je t'ai dit ne pas croire en l'amour. Comment pourrais-je en nier l'existence alors que j'en ai la preuve tous les jours quand je te vois en aimer une autre.

Alors me voilà, moi et ma carapace que je pensais indestructible. S'attacher ? Oui, je tiens à ma famille, je tiens à mes amis. Avoir le béguin pour quelqu'un ? Oui, ça détourne l'attention des curieux quant à ma vie sentimentale. Et tomber amoureuse me diras-tu ? Jamais, c'est ce que je répondrais, sans hésitation, naturellement, et ce serait un mensonge. Un beau mensonge auquel j'aimerais croire.

Parce que vois-tu, je m'étais bien gardée de tomber amoureuse jusque-là, et j'avais très bien réussi certainement la plus grande réussite de ma vie... Jusqu'à ce que tu viennes tout foutre en l'air, sans même le vouloir. Parce que non, tu ne m'as pas draguée, tu n'as pas cherché mon affection, rien de tout cela. Je suis tombée amoureuse, toute seule, comme une grande comme une conne oui.

Alors aujourd'hui, dans une tentative pitoyable de te sortir de ma tête comme il y en a eu tant d'autres. Alors aujourd'hui, disais-je, je t'écris cette lettre dont tu ne sais pas être le destinataire, la destinatrice ? Oui, la bisexualité a du bon, plus de possibilités il fallait bien ça pour une difficile comme moi afin de trouver chaussure à mon pied comme le dit l'expression...

Chaussure à mon pied ? Mes fesses oui ! Parce que pour tomber amoureuse ça oui, je suis tombée ! Mais de là à dire que j'ai trouvé l'amour il y a un monde; tiens, encore une expression toute faite. En réalité il n'y a pas un monde mais plusieurs milliers de mondes entre mon amour pour toi et une potentielle réciprocité. Réciprocité impossible, j'en ai pleinement conscience. Et je n'ose même pas me l'imaginer de peur de tomber de la hauteur de ces milliers de mondes dont je parlais.

Alors voilà, juste au cas où tu me lirais un jour probablement jamais si on considère les statistiques. Mais sait-on jamais, tu serais capable de les défier juste pour foutre un peu plus ma vie en l'air en fait tu l'as déjà fait. Donc il est probable que tu recommences en fait. Donc, au cas où tu me lirais et dans le cas inenvisageable, que je prend la peine d'imaginer vu ce dont tu es capable... Dans le cas inenvisageable, disais-je, où tu te reconnaîtrais cas très improbable je persiste, mais je ne peux m'empêcher de me méfier de toi.

Dans ce cas-là, je veux juste que tu saches que je t'aime. De manière irrationnelle, sans conteste stupide mais je t'aime, et souhaite, plus que tellement de choses qui devraient avoir pourtant plus d'importance je souhaite que la personne extraordinaire que tu es soit heureuse.

Alors faisant fi du peu de chance pour que cela t'atteigne, je t'envoie cette prière :

peu importe tes sentiments à mon égard

peu importe mes sentiments au tien

je te supplie à genoux

la personne que tu es mérite d'être heureuse

donnes t'en les moyens

je t'en prie

crois en toi avec la même force que moi

fais-toi confiance autant que je t'aime

que la personne que tu es soit heureuse

même si cela doit-être à mon détriment

Ainsi je termine ma lettre, d'une personne anonyme à une autre personne tout aussi anonyme. Seulement j'ai un avantage sur toi, je sais qui je suis et qui tu es. Et toi, toi qui lis cette lettre, tu ne sais pas qui je suis et à qui je la destine.